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Laïcité en France

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également les rubriques Laïcité : international, La loi de 1905, Foulard islamique et Loi sur le port du foulard.



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Un prof de droit complotiste et anti-laïque pour former les imams à l'Université de Lorraine (Etienne Girard)
Marianne - 26 septembre 2018

""Marianne" s'est procuré le plan de cours d'un professeur de droit de la laïcité à l'Université de Lorraine: il fustigeait le droit français... auprès de futurs aumôniers officiant dans les prisons, les hôpitaux ou dans l'armée ! Un diplôme subventionné par le ministère de l'Intérieur. Il a récemment été écarté. Le détail de son cours est édifiant.
C'est une affaire pour le moins gênante qui ébranle actuellement l'Université de Lorraine. Pendant toute l'année universitaire 2017-2018, un enseignant du diplôme d'université (DU) "Religions, laïcité et inclusion sociale" a donné un cours de droit de la laïcité. ouvertement anti-laïque. Dérangeant quand on sait que cette formation fait partie des 20 cursus agréés par l'Etat à délivrer un diplôme obligatoire pour les aumôniers religieux rémunérés dans les hôpitaux ou les prisons. Le juriste y a notamment exposé auprès de ses 24 étudiants, dont 9 sont - d'après les chiffres communiqués par l'Université - des imams ou de futurs imams, son aversion pour la loi d'interdiction des signes religieux à l'école publique."
[...]
https://www.marianne.net/societe/un-prof-de-droit-complotiste-et-anti-laique-pour-former-les-imams-l-universite-de-lorraine


Les pires arguments des députés qui ont retiré les religions de la liste des lobbies (Hadrien Mathoux)
Marianne - 28 juin 2018

"Les élus LREM et de la droite qui se sont opposés à l'amendement défendu par plusieurs députés LREM et par la gauche afin de maintenir les associations religieuses dans le registre des lobbies ont, pour justifier leur position, fait assaut d'explications vaseuses, voire hors sujet. Démontrant une vision bien particulière de la laïcité...
Une bouillie de sophismes. C'est ce que trouveront les curieux désireux de savoir pourquoi les députés ont décidé, à une courte majorité de 88 voix contre 85, de rejeter dans la nuit du 26 au 27 juin l'amendement proposé par Stéphanie Kerbarh (LREM) et cosigné par près de 80 parlementaires de la majorité, sur l'article 38 du projet de loi de confiance. Ce texte, approuvé par le Parlement, prévoit de retirer toutes les associations religieuses de la liste des représentants d'intérêts. En clair, des lobbies qui sont tenus de rendre compte à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) de leurs rencontres avec les décideurs publics. Ce registre des lobbies a été institué en 2013 et les associations cultuelles y ont été ajoutées trois ans plus tard. C'est sur cette disposition qu'a souhaité revenir le gouvernement.
L'Etat créant ainsi une distinction spécifique évitant aux religions d'avoir à informer les citoyens de leurs interactions avec les élus, plusieurs députés de la majorité ont voulu contrer cette atteinte à la laïcité."
[...]
https://www.marianne.net/politique/les-pires-arguments-des-deputes-qui-ont-retire-les-religions-de-la-liste-des-lobbies


Laïcité. À Rome, Emmanuel Macron se rêve en fils aîné de l'Église (Lionel Venturini)
L'Humanité - 26 juin 2018

"Après son discours aux évêques de France, en avril, le président de la République est reçu aujourd'hui au Vatican. Cette rencontre prend un relief particulier pour le chef de l'État, soucieux de nouer un lien fort avec l'électorat catholique.
La rencontre ce mardi entre le pape et Emmanuel Macron, officialisée la semaine dernière, sera doublée d'un épisode peut-être moins médiatique que l'audience papale, mais tout aussi important aux yeux du chef de l'État, qui n'a de cesse de renouer avec les catholiques. Le président de la République sera fait premier et unique chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran, cette "?cathédrale du pape?" qui marque pour les chrétiens la France comme "?fille aînée de l'Église?". La tradition commencée depuis Louis XI sied parfaitement à un Macron soucieux d'inscrire le pays dans cette longue histoire - et de s'en faire l'héritier naturel. Ce matin, il assistera à une célébration liturgique, comprenant une prière et la lecture d'un texte biblique, avant de prendre possession de sa stalle (virtuelle) dans la chapelle Colonna. Il rencontrera ensuite la communauté catholique française réunie dans le palais attenant à Latran.
Si son prédécesseur François Hollande n'avait pas formellement refusé le titre, proposé à chaque président de la République, il n'en avait pas formellement pris possession, tout comme Georges Pompidou et François Mitterrand."
[...]
https://www.humanite.fr/laicite-rome-emmanuel-macron-se-reve-en-fils-aine-de-leglise-657308


Danièle Sallenave : "L'identitarisme est la maladie du XXIe siècle" (Propos recueillis par Nicolas Truong)
Le Monde - 23 juin 2018

"Dans un entretien au "Monde", l'académicienne explique comment le républicanisme néoconservateur et le catholicisme traditionaliste s'allient pour défendre une Europe blanche et chrétienne.
Ecrivaine, membre de l'Académie française et auteure de L'Eglantine et le Muguet (Gallimard, 544 pages, 22,50 euros), Danièle Sallenave analyse les raisons du tournant identitaire d'une partie des intellectuels français, qui prend notamment sa source dans les dérives du combat antitotalitaire.
Assistons-nous à un tournant identitaire des intellectuels français ? Danièle Sallenave : C'est indéniable. Par exemple, lorsqu'on lit dans le manifeste du "Printemps républicain" (mouvement issu de la gauche, fondé en mars 2016) l'éloge des notions de nation, d'universalité, de laïcité, on voit bien qu'elles sont convoquées pour une restauration, un combat, où du reste la figure de l'ennemi n'est pas nommée. Mais tout suggère que ce sont l'islam et les musulmans qui sont visés.
La laïcité ici évoquée n'a plus pour but, comme en 1880, dans une France encore sous régime concordataire, d'opposer au pouvoir spirituel et temporel de l'Eglise le principe de la souveraineté du peuple. Elle constitue plutôt l'un des fondements d'un cadre national devenu forteresse identitaire.
A travers ces prises de position récurrentes, on voit bien que le républicanisme identitaire a choisi sa version de la République, et que ce ne sera pas "la sociale". Les habitants des quartiers ont retrouvé le rôle qu'on assignait au XIXe siècle aux "classes dangereuses". Leur rassemblement en masse découpe dans la République autant de "territoires perdus". La question sociale s'efface devant la question religieuse, l'islam étant réputé "insoluble dans la République"."
[...]
https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/06/23/daniele-sallenave-l-identitarisme-est-la-maladie-du-xxie-siecle_5319970_3232.html?xtmc=religion&xtcr=24


Signes religieux, dispenses de cours, enseignements contestés : l'école se dote d'un nouveau guide de la laïcité (Mattea Battaglia et Luc Cédelle)
Le Monde - 29 mai 2018

"Distribué dans les établissements à compter de mercredi, un vade-mecum livre, au cas par cas, des réponses aux enseignants. Sans chiffrer l'ampleur des contestations.
L'éducation nationale sera mieux outillée face aux atteintes à la laïcité et aux contestations adossées à la religion dans ses établissements scolaires : c'est le message qu'entend faire passer le ministère de l'éducation en distribuant, à compter de mercredi 30 mai, un vade-mecum de la laïcité à l'école, rédigé par son conseil des "sages".
Installée en janvier par Jean-Michel Blanquer, l'instance dirigée par la sociologue Dominique Schnapper - réputée pour sa lecture plutôt "ferme" du principe de laïcité - était, jusqu'à présent, restée silencieuse, au point qu'on puisse s'interroger sur la capacité de ses membres - dont Jean-Louis Bianco, Laurent Bouvet, Patrick Kessel ou encore Jean-Louis Auduc - à se retrouver sur une ligne commune.
Leurs délibérations auront finalement abouti : le document de 83 pages, dont Le Monde a pu consulter une première mouture, avant présentation de sa version définitive mercredi, a fait consensus parmi les "sages", selon plusieurs sources. Même la participation des "mères voilées" aux sorties scolaires, que d'aucuns disaient menacée, ne semble pas remise en cause par ce texte."
[...]
https://www.lemonde.fr/education/article/2018/05/29/signes-religieux-dispenses-de-cours-enseignements-contestes-l-ecole-se-dote-d-un-nouveau-guide-de-la-laicite_5306552_1473685.html?xtmc=religion&xtcr=5


Faire vivre la liberté de conscience (François Cormier-Bouligeon)
L'Express - 16 mai 2018

François Cormier-Bouligeon est député du Cher, membre du groupe La République en Marche.
"Contre les discours qui hystérisent le débat sur la laïcité, le député du Cher entend défendre la liberté absolue de conscience.
Une hystérisation inquiétante du débat menace la laïcité dans notre pays qui en est pourtant le berceau.
D'aucuns voudraient nous faire croire que ce phénomène provient d'une radicalisation des militants laïques, dont je suis. Or à ce stade, aucune manifestation n'est organisée dans notre pays pour restreindre les libertés religieuses (ce qui, par parenthèse, ne serait pas conforme à la loi de 1905) et, a fortiori, aucun laïque ne s'est jamais fait sauter aux abords d'un lieu de culte en psalmodiant un discours de Clemenceau. Chacun pourra en convenir aisément.
En réalité, ce qui est hélas à l'oeuvre est un double mouvement.
D'une part, un mouvement de sécularisation. Il concerne toutes les religions et provoque un raidissement des franges les plus extrémistes de chacune d'entre elles.
Ce phénomène s'incarne en France, certes sur des plans très différents, à la fois par les manifestations des traditionalistes catholiques contre la loi sur le mariage pour tous, à la fois par les attentats commandités par Daech.
Dans un cas comme dans l'autre, et même si les modalités ne peuvent être comparées, c'est la démocratie qui est visée, la liberté du peuple souverain de vivre selon des lois qu'il se donne à lui-même à travers les délibérations de représentants démocratiquement élus sur la base de programmes politiques et non sur la foi de dogmes issus d'une vérité révélée."
[...]
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/faire-vivre-la-liberte-de-conscience_2009116.html


Lettre ouverte au président de la République sur ce qu'est et n'est pas la laïcité (Jean-Paul Scot)
L'Humanité - 15 avril 2018

"Par Jean-Paul Scot, historien, auteur de L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle. Comprendre la loi de 1905 (Seuil).
C'est en toute connaissance de cause que vous avez répondu avec solennité à l'invitation inédite que vous avez reçue de la Conférence des évêques de France. Vous venez ainsi de confirmer avec éclat toutes vos interventions précédentes devant ceux que vous qualifiez de "représentants des autres religions" quand bien même "la République ne reconnait aucun culte" comme institution publique depuis la loi de 1905. Permettez que j'use librement de ma liberté d'analyse et que je décrypte votre long discours pour en révéler tout le sens caché qui n'a pu échapper qu'aux lecteurs trop pressés.
Aux évêques qui vous demandaient un "dialogue permanent" vous avez répondu d'emblée que vous partagiez avec eux "le sentiment que le lien entre l'Eglise et l'Etat s'est abimé et qu'il vous importe à vous et à moi de le réparer".
Pourquoi affirmer d'emblée un "lien" entre l'Eglise et l'Etat ?
La séparation entre les religions et l'Etat instituée par la loi de 1905 exige que tous les serviteurs de l'Etat, et d'abord le premier d'entre eux, vous-même, soient tenus non seulement au devoir de réserve mais plus encore à la neutralité laïque afin de respecter l'égalité de droits de tous les citoyens et citoyennes aux opinions religieuses ou philosophiques si diverses. Vous aviez déjà rejeté ce principe de neutralité laïque en arguant que "d'après la loi de 1905, c'est la République qui est laïque, pas la société". Certes la société rassemble des personnes fort diverses par leurs origines, leurs cultures, leurs religions, leurs philosophies, et chaque individu peut penser et agir selon sa liberté de conscience comme le garantit la République. Mais vous ne pouvez ignorer qu'il n'y a pas de société démocratique et de vie collective qui ne repose sur les principes de liberté et d'égalité, et que la laïcité, définie par ces principes, est la condition du respect mutuel de tous dans le respect mutuel de chacun. A titre privé vous êtes libre de vous déclarer laïque ou pas laïque, catholique ou mécréant, mais pas en tant que Président de la République ! Sauf à déroger au devoir de votre fonction."
[...]
https://www.humanite.fr/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-sur-ce-quest-et-nest-pas-la-laicite-653779


Le président des sacristies (Guy Konopnicki)
Marianne - 14 avril 2018

"Emmanuel Macron a entrepris d'écouter toutes les religions, ce qui ne semble pas totalement anormal, la laïcité de la République n'oblige pas le président à bouffer du curé à chaque repas. Il se doit même de veiller sur la liberté des cultes, mais, en principe, sans en soutenir aucun. L'actuel président n'est certes pas le premier à s'écarter quelque peu de la neutralité religieuse, il reprend avec un peu plus de culture les orientations défendues par Nicolas Sarkozy, qui considérait que l'instituteur ne pouvait remplacer le prêtre. Au moins Nicolas Sarkozy avait-il, avant son élection, refusé la réintroduction du délit de blasphème, en apportant son soutien à Charlie Hebdo, traîné devant les tribunaux pour la publication des caricatures de Mahomet. Emmanuel Macron, après avoir récusé la laïcité, qualifiée de "religion d'Etat" et donc renvoyée au fanatisme, entend réparer "le lien entre l'Eglise et l'Etat". Ce discours ne tombe pas du ciel.
Les religieux de toutes les tendances sont régulièrement invités à philosopher avec le président dans le cadre de la révision des lois de bioéthique."
[...]
https://www.marianne.net/debattons/editos/le-president-des-sacristies


Henri Pena-Ruiz "L'Etat n'a pas à s'excuser vis-à-vis de l'Eglise" (Philippe Douroux)
Libération - 10 avril 2018

"Le philosophe Henri Peña-Ruiz s'indigne de la parole présidentielle sur un supposé lien "abîmé" avec les catholiques.
Henri Peña-Ruiz, philosophe spécialiste des questions liées aux religions et à la laïcité, revient sur le discours d'Emmanuel Macron devant des représentants du monde catholique.
Comment réagissez-vous aux propos d'Emmanuel Macron qui évoque le lien abîmé entre l'Eglise et l'Etat ?
Je ne comprends pas de quoi veut parler le président de la République. On se demande de quelle blessure l'Etat se serait rendu coupable à l'encontre de l'Eglise catholique. Quel lien abîmé faudrait-il réparer ? La loi de 1905 ne supposait ni hostilité ni divorce entre l'Etat et l'Eglise. Il faut revenir à l'étymologie, le mot vient du grec ekklêsía qui signifie l'assemblée des fidèles qui partage une même croyance. Le rôle de l'Eglise est d'organiser cette assemblée autour de cette foi, en défendant au besoin son point de vue éthique. La loi de 1905 a simplement redéfini le rôle de l'Etat et celui de l'Eglise, les réassignant à leur place."
[...]
http://www.liberation.fr/debats/2018/04/10/henri-pena-ruiz-l-etat-n-a-pas-a-s-excuser-vis-a-vis-de-l-eglise_1642512


Le gouvernement veut retirer les associations religieuses de la liste des lobbies (Hadrien Mathoux)
Marianne - 15 mars 2018

"L'exécutif ne veut plus obliger les cultes à s'inscrire au registre des représentants d'intérêts, accréditant l'idée que les religions ne défendent pas d'intérêts particuliers mais le bien commun...
Décidément, le gouvernement s'est entiché des religieux. Depuis son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron fait des pieds et des mains pour s'attirer les bonnes grâces des représentants des cultes : critiques contre une "radicalisation de la laïcité", discours parsemés de références à la "transcendance", fauteuils réservés aux dépositaires des religions dans le Comité national d'éthique... Dernière opération séduction en date : le gouvernement a prévu de retirer les associations religieuses de la liste des lobbies. C'est la chaîne Public Sénat qui a repéré cette disposition dans le texte du projet de loi "pour un Etat au service d'une société de confiance", également connu sous le nom de "loi sur le droit à l'erreur". Le texte a été voté à une large majorité par l'Assemblée nationale fin janvier, et passe depuis ce mardi 13 mars entre les mains du Sénat, avant un vote prévu pour le 20. [...]
Avec cette nouvelle disposition, il ne serait donc plus possible de savoir quand, ni à quelle fréquence, des curés, imams et rabbins prennent rendez-vous avec des députés. Une décision que regrette Marie-Pierre de la Gontrie, sénatrice PS, au micro de Public Sénat : "Cela n'a pas de sens. On l'a vu notamment lors de la loi pour le mariage pour tous, les associations religieuses ne sont pas les moins actives pour tenter d'influer sur les parlementaires"."
[...]
https://www.marianne.net/politique/le-gouvernement-veut-retirer-les-associations-religieuses-de-la-liste-des-lobbies


L'Observatoire de la laïcité déçu par les propositions du préfet Clavreul (Express.fr)
L'Express - 23 février 2018

"Selon lui, son rapport ne répond pas à la demande initiale et méconnaît les actions déjà mises en oeuvre par les pouvoirs publics.
"Un document explosif", selon Le Figaro, a été dévoilé ce vendredi par Matignon. Ce rapport sur la laïcité a été commandé au préfet Gilles Clavreul, proche de Manuel Valls, en amont de la présentation du plan de lutte contre la radicalisation. Long d'une quarantaine de pages, ce rapport doit faire état des failles du respect du principe de laïcité dans certains territoires.
Cependant "le document ne répond pas vraiment à la demande initiale", explique Nicolas Cadène, rapporteur général de l'Observatoire national de la laïcité, au micro d'Europe 1. [...]
Dans un communiqué publié jeudi, le président de l'Observatoire, Jean-Louis Bianco, affirmait déjà que le rapport "méconnaît plusieurs actions déjà mises en oeuvre par les pouvoirs publics"."
[...]
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-observatoire-de-la-laicite-decu-des-propositions-du-prefet-clavreul_1987376.html


Loi de 1905. L'islam de France, la droite en rêve encore (Grégory Marin)
L'Humanité - 13 février 2018

"Le président de la République a précisé les pistes de travail pour mettre en place dans les six mois "l'organisation de l'islam de France?"... au détriment de la laïci Emmanuel Macron l'avouait lui-même, le 4 janvier dernier, lors de ses voux aux autorités religieuses: il n'a "jamais qualifié" la laïcité, laissant peu de prise à ses contradicteurs pour analyser sa vision de la société de ce point de vue-là. Dimanche, en expliquant dans le Journal du dimanche que, "durant ce premier semestre 2018, (il) souhaite poser les jalons de toute l'organisation de l'islam de France", le chef de l'État a fait un pas de plus. vers le passé. Avant lui, plusieurs occupants de l'Élysée ont voulu revoir "le rapport entre l'islam et la République", mais, dans les mots et l'inspiration, c'est à Nicolas Sarkozy qu'il peut être comparé.[...]
El Karoui, lui, préconise pour les [les édifices religieux] financer (comme le "salaire" et la formation des imams) la création d'une "association musulmane pour un islam de France", qui centraliserait une taxe sur les produits halal, les dons des particuliers et des pays étrangers. Conformément à la loi de 1905, l'État ne doit pas intervenir dans le processus, mais le rapport El Karoui précise que c'est l'équipe dirigeante de la Fondation de l'islam de France (avec actuellement Jean-Pierre Chevènement à sa tête) qui devrait "?viser toute construction?" et ?certifier" les plans de financement. Un moyen de contourner, sinon la loi, du moins son esprit."
[...]
https://www.humanite.fr/loi-de-1905-lislam-de-france-la-droite-en-reve-encore-650355


Laïcité : les silences choisis d'Emmanuel Macron (Soazig Quéméner)
Marianne - 6 janvier 2018

"D'ici à la fin du mois, le président de la République Emmanuel Macron devrait s'exprimer sur sa conception de la laïcité à la française. Une mise au point très attendue.
"Ce sera ce mois-ci", à en croire ses proches. D'ici à la fin janvier, Emmanuel Macron devrait prononcer un grand discours portant sur la nation et livrer sa propre conception de la laïcité, principe qui figure dans le premier article de la Constitution. L'entourage du chef de l'État promet cette prise de parole depuis des semaines. Une première intervention avait d'ailleurs été prévue le 9 décembre, date anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Las, ce jour-là, Emmanuel Macron rendait hommage à Johnny Hallyday. Mais, de toute façon, il avait décidé de reporter ce rendez-vous bien avant le décès de "l'idole des jeunes", estimant qu'il ne fallait pas s'immiscer dans ce débat miné, selon lui, en tout cas hystérisé par la controverse entre Charlie Hebdo et Mediapart autour de l'affaire Tariq Ramadan."
[...]
https://www.marianne.net/politique/laicite-les-silences-choisis-d-emmanuel-macron


Démocratie. Macron veut "apaiser" le débat sur la laïcité (Maud Vergnol)
L'Humanité - 5 janvier 2018

"Lors de ses voeux aux autorités religieuses, le chef de l'État s'est exprimé publiquement sur la laïcité, dans une conception beaucoup plus fidèle à la loi de 1905 que ses prédécesseurs.
La fumée blanche est finalement sortie. À l'occasion de ses voeux, jeudi, aux autorités religieuses, Emmanuel Macron s'est pour la première fois exprimé publiquement sur la laïcité. "Le rôle de l'État n'est pas de combattre les croyances, mais de combattre les propos et les pratiques qui se placent en dehors de l'ordre public républicain, tout en tenant compte des spécificités de chaque culte, l'État a pour mission de rappeler les règles communes de fixer ces principes et de les transmettre", a-t-il lancé aux représentants religieux. Le président de la République était attendu au tournant sur ce sujet qui cristallise les tensions, comme l'a montré l'hystérisation du débat public en novembre, au moment de "l'affaire Ramadan". Depuis son élection, Emmanuel Macron s'était soigneusement gardé de s'exprimer sur la question, même quand ses proches l'y enjoignaient. [...]
Mardi soir, en marge de ses voeux à la presse, Emmanuel Macron lançait opportunément sur le ton de la confidence : "Je ne l'ai jamais qualifiée (la laïcité). Elle organise l'exercice libre et individuel de conscience autonome dans la République. Ce qui veut dire que l'État est neutre et les services publics le sont, mais que la société est plurielle.""
[...]
https://www.humanite.fr/democratie-macron-veut-apaiser-le-debat-sur-la-laicite-648250


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