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Loi de 1905

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également les rubriques Laïcité, Foulard islamique et Loi sur le port du foulard et les citations sur l'éducation.



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Les bondieuseries de Sarko prépare bien une révision de la loi de 1905 (Didier Hassaux)
Le Canard Enchaîné – 23 janvier 2008 (1/2 page)

Sous titre : Et l'opération "toilettage" qui se profile fera aussi le bonheur des Scientos et des Jéhovah.
"Les récentes bondieuseries de Sarkozy au Vatican et en Arabie Saoudite cache une arrière-pensée politique. Officiellement il n'est pas question de remettre en cause les "grands équilibres de la loi de 1905 qui grave dans le marbre les principes de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais il l'assurait déjà en 2004, le président ne désespère pas de la "toiletter". Au Karcher ?
"Cela se fera durant le quinquennat", pronostique Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet à l'Elysée. A condition toutefois que l'opposition ne soit pas trop forte.
[...]


Les associations laïques commémorent la loi de 1905 en ordre dispersé (Xavier Ternisien)
Le Monde - 11 décembre 2005 - (1/6 de page)

"La Libre pensée défilera à partir de la place de la République à Paris, avec les loges maçonniques, l'Union des athées, Force ouvrière, le Parti radical de gauche et le Parti des travailleurs." Ils réclameront l'abrogation du concordat en Alsace-Moselle et la fin des écoles privées sous contrats. De son côté, la Ligue de l'enseignement organise un colloque à la Bourse du travail de Paris.
En 1905, l'adversaire c'était l'Eglise catholique. La foi ayant déserté les églises, aujourd'hui c'est l'islam qui arrive en force. "La galaxie laïque s'en trouve déstabilisée."
Ayant conservé son anticléricalisme d’autrefois, la Libre Pensée "est désormais aux mains des trotskistes lambertistes du Parti des travailleurs". Ce que revendique son secrétaire général, Christian Eyschen : "Je suis fier d'être trotskiste et révolutionnaire !"
La Libre Pensée reproche à l'UFAL (Union des familles laïques) de Bernard Teper de ne s'en prendre qu'à l'islam et de se situer à droite de Sarkosy. A l'inverse, elle considère la Ligue de l'enseignement comme trop indulgente avec l'islam et la critique pour avoir développé le concept de "laïcité plurielle".
En outre, "la loi du 15 mars 2004, interdisant les signes religieux ostensibles à l'école, a constitué une autre pomme de discorde" entre les différentes composantes du mouvement laïque, que ce soit les francs-maçons, la Ligue de l'enseignement, l'Union rationaliste et la Libre pensée. Quant à Pena-Ruiz, philosophe de la laïcité, ayant participé à la commission présidée par Bernard Stasi, il précise que "la loi du 15 mars n'était pas dirigée contre l'islam. Elle concerne tous les signes religieux, et pas seulement le foulard. C'est une loi d'émancipation !"
Cependant les mouvements laïques pourraient bien se regrouper "autour d'un nouvel ennemi commun : Nicolas Sarkozy" qui souhaite réviser la loi de 1905 et dont les propos "font l'effet d'un chiffon rouge"


Il y a 100 ans, l'Etat se séparait de l'Eglise (avec AFP)
Le Monde - 10 décembre 2005 - (1/6 de page)

La loi du 9 décembre 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat précisait : "La République assure la liberté de conscience" et garantit "le libre exercice des cultes", mais "ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte".
Aujourd’hui, avec les problèmes d'intégration des musulmans, elle est remise en question. Même si "la classe politique est unanime pour proclamer son attachement à cette loi qu'aucune religion ne conteste sur le fond", le ministre de l’Intérieur chargé des cultes, Nicolas Sarkozy, vient de créer une commission de réflexion sur son application et son éventuel aménagement. Contrairement à Jacques Chirac, il souhaite, en effet, "une adaptation de la loi de 1905 pour répondre au manque de lieux de culte de l'islam"
Si les catholiques et les juifs ne souhaitent pas que l’on change les "équilibres" instaurés, les protestants et les musulmans semblent se réjouir de cette initiative.
Outre l’inquiétude suscitée dans le monde arabe par la loi de 2004 sur les signes religieux, la laïcité en France fait apparaître des situations "bancales". "La mise en berne des drapeaux sur les édifices publics décrétée pour la mort du pape Jean Paul II avait suscité des protestations, notamment d'enseignants".


La laïcité, un pont vers l'avenir de notre civilisation (Alain Pozarnik)
Le Figaro - 9 décembre 2005 - (1/4 de page)

Alain Pozarnik est Grand Maître de la Grande Loge de France, auteur de L'Agir et l'Etre initiatiques (Dervy).
Après avoir germé lentement entre le XVIIIe siècle, dit siècle des Lumières, et le 9 décembre 1905, l'idéal de la laïcité aboutit à la promulgation de la loi de séparation entre l'Eglise et l'Etat français. Deux principes fondamentaux sont énoncés : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes..." et "la République ne reconnaît, ni ne subventionne aucun culte..."
L’article aborde le rôle des francs-maçons dans le cheminement historique vers la loi de 1905 et dans le drame que vit aujourd'hui notre civilisation et la perte de sens qui la caractérise. Pour Alain Pozarnik "la maçonnerie ne se résigne pas à cet impossible grand écart" entre la Tradition, "méthode de développement de l'Homme par l'étude de la profondeur humaine" et l'évolution de notre civilisation dont l’homme est absent et qui conduit à des "communautarismes conflictuels".
Pour donner du sens à la vie, il considère que "La Connaissance maçonnique, transmise laïquement, est l'autre voie d'espérance pour l'homme et pour notre civilisation".


Les 100 ans de la loi de 1905 fêtés en discrétion (Catherine Coroller)
Libération - 6 décembre 2005 (1/8 de page)

Le centième anniversaire du vote de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat sera célébré "en catimini". C’est Pascal Clément, ministre de la Justice, au lieu de Jacques Chirac initialement prévu, qui a prononcé le discours sous la coupole de l'Académie des sciences morales et politiques chargée d’organiser les festivités. Un discours "d’autosatisfaction" où les problèmes ont été éludés. "Sur les difficultés de l'organisation de l'islam de France, malgré la tutelle du ministère de l'Intérieur en théorie prohibée par ce texte, pas un mot."
Cet anniversaire en demi-teinte s’explique par les dissensions entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy qui souhaite une révision de la loi de 1905 "afin que l'Etat puisse financer la construction de lieux de culte musulmans", ce que refuse le Président de la République, les violences dans les banlieues ont sans doute fait réapparaître "le spectre du communautarisme". Cependant, sur le terrain, cet anniversaire a provoqué une grande mobilisation avec "au centre des débats : le vivre-ensemble"


Prudence des experts face à la révision de la loi de 1905 (Sophie de Ravinel)
Le Figaro - 22 novembre 2005 - (1/6 de page)

Le centenaire de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat se terminera bientôt par une séance exceptionnelle à l'Institut de France. D'ici là, une dernière réunion de spécialistes réfléchira à laïcité "valeur commune de la République".
La plupart des responsables politiques s'accordent sur le fait que cette loi est un des piliers de l'Etat et ne veulent pas, en y touchant "ouvrir la boîte de Pandore", comme l'a dit le Premier ministre, Dominique de Villepin.
De son côté, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur (et des cultes) a mis en place une commission d'évaluation juridique du texte de 1905, présidée par Jean-Pierre Machelon, qui rendra ses propositions pour juin 2006. Ce dernier précise que le travail de la commission est d'étudier des "aménagements que pourrait appeler dans ce domaine l'évolution de notre société", sans toutefois "un bouleversement des grands équilibres à la base du droit des cultes". Selon Jean-Pierre Machelon la construction ou l'aménagement de lieu de cultes pour les musulmans ou les protestants pose problème : "Le vrai danger, dit-il, serait de refuser d'entendre les revendications ou les inquiétudes".
Le chargé de mission pour le centenaire à l'Académie des sciences morales et politiques, l'historien Yves Bruley, fait remarquer que "les passions s'enflamment encore très vite sur ces questions de laïcité et de religions". La "commémoration" (il aurait été préférable de parler de célébration, ce sont les morts que l'on commémore) aura cependant rappelé que les débats ont été âpres à l'époque. "La République ne doit pas perdre cette mémoire."


Villepin garde la loi de 1905 contre Sarkozy (Renaud Dely et Didier Hassoux)
Libération - 24 octobre 2005 - (1/4 de page)

Après l'annonce par Nicolas Sarkozy de la création d'une Commission de réflexion juridique sur la séparation des Eglises et de l'Etat, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a dû rappeler que "la "modification" de ce texte qui est "l'un des piliers de notre pacte républicain [...] n'est pas à l'ordre du jour"." Cette affirmation est la même que celle de Jacques Chirac qui a déjà rappelé à plusieurs reprises que la loi de 1905, "pilier de notre temple républicain" est "intouchable. On souligne en outre, à Matignon, que la grande majorité des religions ne souhaitent pas qu'elle soit modifiée.
Quant à Nicolas Sarkozy qui a reçu l'appui d'Edouard Balladur, il a déjà dit qu'"il n'y a pas de sujet tabou". Derrière cette volonté d'adapter la loi, il y a la perspective de permettre "à l'Etat et aux collectivités locales de financer, par exemple par des garanties d'emprunts, la construction de lieux de culte". Le ministre de l'Intérieur entend autoriser le président de la commission, Jean-Pierre Machelon (professeur de droit), à lui soumettre en juin 2006 des propositions de modification de loi.
Ce sujet risque de devenir une "foire d'empoigne" et le "match retour de la polémique sur le voile" de 2003. François Hollande, premier secrétaire du PS, a souligné la "situation" de la majorité "illisible" et la discordance au sein du gouvernement. Pour lui, "les problèmes liés à la construction de lieux de culte peuvent être résolus autrement que par la voie législative. Ce principe a été acté le 12 novembre 2003 par une décision du bureau national du PS".
Alors que Manuel Valls, député-maire d'Evry (Essonne), est favorable à un "aménagement de la loi de 1905" avec un "moratoire" et l'autorisation d'un "financement public par l'Etat et les collectivités locales", Jean Glavany, ancien ministre et responsable au PS de l'Université permanente de la laïcité pense que ce serait "ouvrir la boîte de Pandore". Pour lui, changer la loi, ce serait "allumer une mèche dont on ne sait ni quand ni pourquoi elle explosera". Laurent Fabius, pour sa part, recommande "de ne "pas toucher à une loi qui "depuis un siècle permet de ne pas faire de confusion"."


Les religieux souhaitent surtout une interprétation plus souple de la loi (Catherine Coroller)
Libération - 24 octobre 2005 - (1/6 de page)

Faible écho parmi les représentants des religions après l'annonce par Nicolas Sarkozy (voir article ci-dessus) de la création d'une Commission de réflexion sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics. Sur le financement des lieux de culte, "tous se plaignent de la difficulté de construire des lieux de culte, que ce soit en raison de problèmes d'argent ­ la loi interdit tout financement public ­ ou à cause du blocage d'élus locaux, parfois peu désireux de voir une mosquée ou une église évangélique s'installer sur leur territoire". Les protestants sont préoccupés par les dérives constatées à l'égard des Mouvements évangéliques qui rassemblent "des personnes issues de l'immigration qui souhaitent exercer leur liberté de culte" et demandent une concertation sur ce point. Pour les musulmans, le problème est celui de la construction des mosquées. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur trouve "louable" les objectifs de la commission mise en place par Nicolas Sarkosy. "Mais il s'interroge sur le devenir de la Fondation des oeuvres de l'islam de France, créée par Villepin lors de son passage Place Beauvau, et qui était censée contribuer au financement de l'islam". Les catholiques et les juifs sont quant à eux plutôt réservés.


Vive la laïque ! (Natacha Polony)
Marianne - 15 au 21 octobre 2005 - (2/3 de page)

Alors que le 9 décembre prochain sera commémoré le centenaire de la loi de 1905, le "texte instituant la conception française de la laïcité passera à la trappe des commémorations officielles". Guy Coq, qui s'en offusque, plaide dans son livre "Laïcité, principe universel" (ed. du Félin) pour une extension du domaine de la laïcité. La neutralité de l'espace scolaire (ni privé, ni public) est "niée par les tenants d'une liberté d'expression des élèves, cheval de Troie des signes religieux dans l'école", comme l'a montré le débat sur le voile islamique.
Lorsque le ministre de l'Intérieur et des Cultes affirme dans un livre que "la laïcité est un moyen de faire dialoguer les religions" et que celles-ci répondent à la recherche de sens pour les individus, cela équivaut "à nier systématiquement toute autre option spirituelle, agnosticisme ou athéisme" (ou déisme, croyance sans religion).
Pour Guy Coq, l'esprit de la loi de 1905 contient les quatre grandes composantes de la laïcité : l'autonomie du pouvoir politique, l'indépendance de la sphère religieuse, les valeurs éthiques que sont la tolérance et la liberté et enfin la démocratie. Il propose que, dans les écoles, on lise et commente "les principaux articles de la loi de 1905, pour en inscrire la petite musique de liberté dans l'esprit des futurs citoyens, et leur faire comprendre que, par-delà les particularités de l'histoire et de la géographie, le principe laïc touche à l'universel".


Fonds de calotte (Catherine Coroller)
Libération - 29 septembre 2005 - (1/2 page)

Sous-titre : La séparation de l'Eglise et de l'Etat au prisme de l'illustration anticléricale
Deux "ouvrages abondamment illustrés" viennent de paraître : "La République et l'Eglise, images d'une querelle" (Michel Dixmier, Jacqueline Lalouette, Didier Pasamonik, Editions La Martinière) et "La caricature anticléricale et la séparation des Eglises et de l'Etat" (Guillaume Doizy, Jean-Bernard Lalaux, Editions Alternatives).
L’âge d’or de la caricature anticléricale se situe entre 1800 et 1910, avant et après la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905. "Pour déboulonner le clergé, qui tient l'école et campe sur le confortable budget du culte qui lui est alloué, les apôtres de la laïcité se livrent à une véritable guerre de propagande. En France donc, mais également, ce que l'on sait moins, en Italie, Espagne et Allemagne."
L’image devient une arme, qui "ne fait pas dans la dentelle", en usant de la parodie, de la trivialité, voire de la pornographie. Les membres du clergé deviennent "corbeau, ratichon, grenouille de bénitier, cafard". La chauve-souris, la chouette et le hibou symbolisent l’obscurantisme. "Les fidèles, eux, sont représentés sous forme de poire ou d'oie, vocable dont la consonance est proche de celle d'ouailles."
Mais les caricatures anticléricales deviennent politiques quand elles servent à dénoncer "l'alliance du sabre et du goupillon, avec la complicité de la magistrature" (affaire Dreyfus). Des artistes talentueux ont prêté leur plume à cette bataille féroce. Un siècle plus tard, cette forme de caricature a perdu de sa vigueur, "même si des événements comme la mort de Jean Paul II ou l'avènement de Benoît XVI provoquent un retour de sève."


Les protestants réclament une révision de la loi de 1905 (Sophie de Ravinel)
Le Figaro - 5 septembre 2005 (1/3 de page)

Quinze à vingt mille protestants étaient rassemblés hier dans les Cévennes pour leur "Assemblée du désert". Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France qui fête cette année son 100e anniversaire, en a profité pour rappeler son souhait d'une rénovation de la loi de 1905 sur la laïcité. Un des défis qu’il souhaite voir relevé par les protestants est celui "des caricatures de l'évangélisme venues d'outre-Atlantique (...) portées par une médiatisation le plus souvent ignorante des réalités religieuses".
Denis Carbonnier, conservateur du Musée du désert, a indiqué que "le protestantisme a un message à donner à la société : qu'il existe un christianisme alternatif au catholicisme, le protestantisme fondé sur la liberté" et que "les protestants ont oeuvré à la rédaction de cette loi de 1905 par leur nombreuse présence dans les ministères concernés".
Jean-Arnold de Clermont a appelé à être vigilant pour que la laïcité ne devienne pas "une religion qui exclurait les convictions religieuses". Si, comme les catholiques, il souhaite une révision de la loi de 1905, la raison en est différente. Dans le dernier numéro de "Réforme" il dénonce "les relations privilégiées entretenues par l'État avec l'Église catholique". Pour lui, les protestants sont les seuls à trinquer parce qu’ils ne posent pas de problèmes. Il semble donc vouloir changer cet état de fait.


"Le débat sur la laïcité induit une lecture restrictive de la loi de 1905" (Propos de Mgr Ricard recueillis par Xavier Ternisien)
Le Figaro – 17 juin 2005 – (1/3 de page)

Pour Mgr Ricard, président de la conférence des évêques de France, ceux-ci ont accueilli l’élection de Benoît XVI "avec gratitude, malgré sa réputation caricaturale".
En ce qui concerne la loi de 1905, les évêques, à l’issue d’une assemblée plénière du 13 au 15 juin vont exprimer leur conception de la laïcité et appeler les catholiques à poursuivre leur engagement dans la société.
Mgr Ricard s’interroge "sur le bien-fondé de l’interdiction des subventions aux cultes". En outre, il "n’accepte pas que la dimension sociale des religions ne soit pas pris en compte, que l’appartenance religieuse soit reléguée dans le seul domaine des convictions individuelles".


1905 - 2005
Le Monde des livres - 27 mai 2005 (2 pages)

Laïcité : la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 était l'aboutissement d'une "longue histoire" qui a commencé avec les Lumières. Un siècle plus tard, les intégrismes et le communautarisme lancent de nouveaux défis au modèle français en laissant ouvert le débat sur la laïcité. "Le Monde des Livres" présente de nombreux ouvrages qui abordent ce sujet.
Voir la suite de l'article : 1905-2005


"Vouloir réviser la loi de 1905 parce qu’elle est vieille est un argument de pure esbroufe" (propos de Jean Glavany recueillis par Isabelle Mandraud)
Le Monde - 18 décembre 2004 - (1/3 de page)

François Hollande a voulu renforcer la direction du Parti Socialiste sur le thème de la laïcité en nommant Jean Glavany, secrétaire national chargé de ce dossier. Pour résoudre la question des lieux de culte musulman, les municipalités disposent de solutions comme les baux emphytéotiques [à très long terme] ou la construction de centres culturelles. Jean Glavany considère qu'il n’est donc pas nécessaire de réviser la loi de 1905 et donne raison à Jacques Chirac de s’être opposé au projet de Nicolas Sarkosy de toucher au pacte républicain. Ce n’est pas parce qu’il peut y avoir des difficultés pratiques à boucler un financement qu’il faut changer la loi.
Quant au projet de Dominique de Villepin de Fondation pour le financement des mosquées, les socialistes y sont opposés, car elle "accueillerait des représentants de l’Etat. Cela viole l’esprit de la loi de 1905, qui interdit au religieux d’influer sur le politique et au politique d’influer sur le religieux." Ce même principe n’a pas été respecté pour la création du CFCM (Conseil français du culte musulman). De plus, Jean Glavany se dit ahuri par la formation envisagée pour les imams : "La République a-t-elle jamais vérifié ou donné un certificat de capacité à un curé catholique ou à un pasteur protestant ?"
Jean Glavany propose de respecter de la loi de 1905, "toute la loi, rien que la loi", d’indiquer aux maires leur droits et devoirs et de mettre en place une "politique ambitieuse pour tous les étrangers". Il trouve également qu’avec la création du CFCM, son livre sur la République et les religions, son voyage en Israël, Nicolas Sarkozy s’est adressé successivement aux musulmans, aux catholiques et aux juifs et a montré ainsi qu’il était "communautariste sans le dire".


Laïcité : le Premier ministre ne veut pas toucher à la loi de 1905 (AFP)
Libération - 10 novembre 2004 - (10 lignes)

Jean Pierre Raffarin a indiqué qu’il n’était "pas favorable" à une modification de la loi de 1905 afin de ne pas déséquilibrer "l’organisation de la laïcité en France". Il prend ainsi le contre-pied de Nicolas Sarkozy qui souhaite changer la loi, Cf. son livre "La République, les religions, l’espérance".


Cultes : une loi qui mérite un toilettage (Catherine Coroller)
Libération - 19 mars 2004 (1/3 de page)

Sous-titre : Pour le Conseil d’Etat, il faut adapter la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat.
Dans son rapport public 2004, remis à Jacques Chirac, le Conseil d’Etat, à l’approche du centenaire de la loi de 1905, rappelle que "la religion n’est pas une affaire purement privée" et que "la liberté religieuse suppose la liberté pour chacun d’exprimer sa religion". Il souhaite que la loi puisse évoluer, sans que son esprit en soit changé, "afin de répondre aux transformations les plus récentes du paysage religieux".
Le problème se pose pour les religions les plus nouvellement implantées en France, comme l’islam ou certaines Eglises protestantes, qui ne peuvent financer la construction de leurs lieux de culte. Des solutions, comme des baux emphytéotiques pour le terrain, sont "bricolées" avec les municipalités, "dans un contexte juridique incertain". En outre, certaines dispositions de la loi actuelle seraient mal utilisées, par les musulmans notamment, comme le régime fiscal sur mesure et les aumôneries (prisons, hôpitaux,…).
Quelques semaines seulement après le vote de la loi sur les signes religieux à l’école, le Conseil d’Etat, qui a une vision "plus libérale" de la laïcité, ne jette-il pas de l’huile sur le feu ?
En ce qui concerne les lieux de cultes, pourquoi ne pas transformer les églises, utilisées par les catholiques à peine quelques heures par semaine, en centres interreligieux partagés à tour de rôle par chaque religion, moyennant un loyer; ceci aurait en outre l'avantage d'inciter les religions à une "cohabitation" pacifique ?



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