Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion  >  Revue de Presse  >  Voile, foulard islamique

Voile, foulard islamique

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également les rubriques Loi sur le port du foulard, Islam en France, Intégrisme;
ainsi que les pages sur le port du foulard à l'Ecole et les citations sur le communautarisme.



Codes couleur :
En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
En rouge foncé : citation ou extrait de l'article. Titre en gras.
En mauve : commentaire ou appréciation particulière de "atheisme.free.fr"


Licenciement confirmé pour la salariée voilée de Baby-Loup (Chloé Pilorget-Rezzouk)
Libération - 25 juin 2014

"Fatima Afif avait été licenciée en décembre 2008 de cette crèche privée en raison du voile islamique qu'elle porte. L'affaire a connu de multiples rebondissements, de juridiction en juridiction.
Mercredi après-midi, la Cour de cassation a confirmé le licenciement pour faute grave de Fatima Afif, ex-salariée de la crèche Baby-Loup, qui avait refusé d'ôter son voile. C'est la cinquième fois que la justice se prononce sur cette affaire, devenue, en quatre années, emblématique du débat sur le principe de laïcité et son application dans le champ du secteur privé.
En rejetant le pourvoi de Fatima Afif, la Cour de cassation a donc suivi la préconisation du procureur général, Jean-Claude Marin, énoncée lundi 16 juin lors d'une assemblée plénière de la plus haute juridiction française, et approuvé l'arrêt de la cour d'appel de Paris, rendu le 27 novembre 2013. Si une entreprise privée ne peut "instaurer de restrictions générales et imprécises à une liberté fondamentale" dans son règlement intérieur, précise la Cour de cassation, ces restrictions peuvent être justifiées "par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché". [...]
Pour ce qui est de la justice française, cet arrêt est la dernière décision qui puisse être rendue. Si elle souhaite poursuivre son combat, Fatima Afif devra maintenant porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH)."

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/25/licenciement-confirme-pour-la-salariee-voilee-de-baby-loup_1050166


Le voile levé sur ses interprétations (Nicolas Mathey)
L'Humanité - 15 avril 2014

"Professeur d'esthétique, l'auteur montre que le voile a fini par devenir comme « inhérent » à l'islam, alors qu'il compte peu de développements dans le Coran. "[...]
http://www.humanite.fr/le-voile-leve-sur-ses-interpretations-519836


A peine installé, Hamon recule sur la laïcité ! (UFAL)
L'Humanité - 14 mai 2014

"Devrons-nous regretter Vincent Peillon, qui avait au moins fait bénéficier l'école d'une "charte de la laïcité" ? Le nouveau ministre Benoît Hamon vient en effet de déclarer (RMC et BFM TV lundi 12 mai) : "Il faut faire preuve de discernement et regarder de quelle manière, oui, dans un certain nombre de situations, on peut accepter que -c'est déjà le cas- des mamans qui portent un voile [accompagnent les sorties scolaires]". Lapsus révélateur : "accepter" le port de signes religieux à l'intérieur même du service public d'éducation est présenté comme un objectif ministériel ! Nous sommes dans la droite ligne des visites de Valls au Vatican.
Le "discernement" est ainsi explicité par B. Hamon : "une dame avec un voile dans une ville x, on ne peut pas mettre un signe égal [sic] avec une autre dame dans une ville y". Chaque chef d'établissement ou directeur, sous peine de manquer de "discernement", est ainsi sommé de se soumettre à la sociologie des quartiers, aux pressions communautaristes locales. Laïcité en centre-ville, communautarisme en banlieue ?
Le Conseil d'Etat avait estimé, dans son Etude publiée en décembre 2013 : "Les exigences liées au bon fonctionnement du service public de l'éducation peuvent conduire l'autorité compétente [...] à recommander" aux "parents d'élèves qui participent à des déplacements ou des activités scolaires" "de s'abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses." L'UFAL avait alors dénoncé, dans un communiqué du 24 décembre 2013, une "porte ouverte à tous les "accommodements raisonnables" ; la responsabilité en incombant (.) in fine au chef d'établissement scolaire". Le ministre vient de confirmer nos craintes, allant même au-delà."
[...]
http://www.humanite.fr/peine-installe-hamon-recule-sur-la-laicite-ufal-528920


"Le voile, qui rend quasi invisible, est devenu l'image de l'islam" (Anastasia Vécrin)
Libération - 14 mars 2014

"Face à l'exigence occidentale du paraître, la religion musulmane, qui refuse toute représentation, a pris pour emblème les femmes voilées. Un paradoxe dont s'empare Bruno Nassim Aboudrar, professeur à Paris-III.
En autorisant les joueuses à porter le voile, la Fédération internationale de football (Fifa) vient d'offrir une visibilité planétaire à ce qui est censé cacher. C'est à partir de ce paradoxe que Bruno-Nassim Aboudrar, professeur d'esthétique à l'université Paris-III, montre comment le voile est devenu une "image" de l'islam, alors que cette religion refuse toute représentation. Dans son livre, Comment le voile est devenu musulman, il explique, à travers une série de tableaux et de photos, pourquoi le voile heurte tant dans les pays européens et interroge l'impératif de transparence à l'oeuvre dans les sociétés occidentales.
Pourquoi le voile dérange-t-il autant en Europe et particulièrement en France ?
Cette intolérance est le résultat d'une longue histoire coloniale et postcoloniale. Quand les Français sont arrivés en Afrique du Nord et qu'ils ont vu des femmes voilées, cela leur a paru insupportable, à la fois pour des raisons de pouvoir et pour des raisons érotiques.
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2014/03/14/le-voile-qui-rend-quasi-invisible-est-devenu-l-image-de-l-islam_987166


Boudjellal et le voile dans le foot
Le Figaro - 2 mars 2014

"Je suis très surpris, a réagi le président du club de rugby de Toulon, Mourad Boudjellal, suite à l'autorisation par la Fifa d'arborer le voile ou le turban sur les terrains de football. Il y aura une Coupe du monde au Qatar. Je ne sais pas s'il y a une relation de cause à effet. C'est totalement stupide. Ça ne doit pas entrer en ligne de compte. Sinon on va voir d'autres signes religieux sur les terrains. Ça ne sera plus un match de sport, ce sera la guerre des religions. Au niveau du public, ça va envenimer les choses. C'est aussi stupide que d'organiser une Coupe du monde au Qatar dans les conditions où elle doit se passer, à 50°. La religion est incompatible avec le sport." Des propos rapportés par le quotidien Var Matin."[...]
http://sport24.lefigaro.fr/rugby/top-14/fil-info/boudjellal-et-le-voile-dans-le-foot-682549


Le voile, un symbole de 3.000 ans de machisme religieux (Mohamed Kacimi)
Médiapart - 22 Février 2014

"Depuis des années, tout le monde parle du voile, de plus en plus de personnes portent le voile, pas seulement à Bamako ou au Caire, mais aussi à Londres, Paris ou New York.
Symbole religieux ou signe religieux ? Que signifie ce carré de tissus qui met la planète en émoi ? [...]
Une croyance sémitique très ancienne attestée en Mésopotamie, considérait la chevelure de la femme comme le reflet de la toison pubienne!
Donc, il a fallu très tôt lui couvrir la tête, afin de lui occulter le sexe! Cette croyance était si répandue dans les pays d'Orient, notamment en Mésopotamie, qu'elle a fini par avoir force de loi.
Aussi, le port du voile est-il rendu obligatoire dès le XIIe siècle avant J.-C. par le roi d'Assyrie, Teglat Phalazar Ier:
"Les femmes mariées n'auront pas leur tête découverte. Les prostituées ne seront pas voilées."
C'était dix-sept siècles avant Mahomet et cela se passait en Assyrie, l'Irak d'aujourd'hui.
Dans la Bible hébraïque, on ne trouve aucune trace de cette coutume, cependant la tradition juive a longtemps considéré qu'une femme devait se couvrir les cheveux en signe de modestie devant les hommes.
Il faudra attendre l'avènement du christianisme pour que le voile devienne une obligation théologique, un préalable à la relation entre la femme et Dieu. C'est saint Paul qui, le premier, a imposé le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux. [...]
Sept siècles plus tard naît l'islam. Le Coran consacre au voile ces passages: Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur étoffe sur leurs poitrines.» Coran (24: 31)"
[...]
http://blogs.mediapart.fr/blog/elisabeth-chaudanson/220214/le-voile-un-symbole-
de-3000-ans-de-machisme-religieux


Interdire le foulard à l'université serait "pain bénit" pour les extrémistes (AFP)
Le Point - 11 août 2013

"Une loi interdisant le port du foulard islamique à l'Université serait "pain bénit pour l'extrême droite et les intégristes musulmans", selon l'historien Jean Baubérot, qui dénonce par ailleurs "l'amalgame volontairement entretenu entre foulard et voile intégral".
Dans un entretien à l'AFP, ce spécialiste de la sociologie des religions et de la laïcité considère que l'avis de l'ancienne mission laïcité du Haut Conseil à l'Intégration (HCI), favorable à une loi contre les signes et tenues religieuses, émane d'"un petit cercle d'aigris" mécontents d'avoir perdu leurs prérogatives au profit de l'Observatoire national de la Laïcité (ONL).
"On a l'impression", dit-il, "que ce petit lobby n'a de cesse de vouloir exacerber les tensions, faire monter la pression, énerver les musulmans, bref se fabriquer des adversaires pour mieux pouvoir se poser en héros contre l'intégrisme par la suite".
"Ce faisant, on fait le lit de l'extrême droite, alors que se profilent des élections, et celui des islamistes intégristes qui deviennent attractifs : ils peuvent entretenir le sentiment de victimisation de musulmans susceptibles de se radicaliser. C'est pain bénit pour eux", affirme M. Baubérot."
[...]
http://www.lepoint.fr/societe/interdire-le-foulard-a-l-universite-serait-pain-benit-pour-les-extremistes-11-08-2013-1713114_23.php


Voile intégral : une loi difficilement applicable (Elvire Camus)
Le Monde - 2 août 2013

"Plus de deux ans après l'entrée en vigueur de la loi interdisant son port sur la voie publique, la question du voile intégral n'est pas résolue. Le 19 juillet, le contrôle d'identité d'une femme portant le voile intégral à Trappes (Yvelines) a mal tourné et a déclenché plusieurs nuits de violences. [...]
Depuis l'entrée en vigueur de la "loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public", le 11 avril 2011, 902 personnes ont été contrôlées et 830 ont reçu une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros, selon le ministère de l'intérieur. Les autres ont reçu un avertissement. S'il est difficile d'obtenir des chiffres précis, les renseignements intérieurs estimaient en 2009 que 2 000 femmes portaient le niqab ou la burqa en France. Le premier est surtout porté dans les pays du golfe Persique, il couvre le corps, les cheveux et le visage, mais pas les yeux, tandis que la burqa, d'origine afghane, couvre également les yeux par une grille en tissu. Les femmes qui portent ce type de vêtement représentent une minorité comparée aux 4 millions de musulmans qui vivent en France, ce qui pose la question de la légitimité d'une loi qui ne concerne qu'une poignée de personnes.
"Dès le départ, on a constaté que cette loi était mal préparée et qu'elle ne correspondait pas à la réalité parce qu'elle s'adressait à un phénomène marginal", affirme M'hammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM93). Selon lui, la loi qui vise à interdire le port du voile intégral dans les lieux publics est une discrimination de plus pour la majorité des musulmans.
Hicham Benaissa, chercheur au Groupe sociétés, religions, laïcités du CNRS, refuse de faire des généralités mais admet que la loi peut être mal perçue. "80 % de la population musulmane de France est issue du Maghreb et ne se sent donc pas concernée par les références symboliques de la burqa."
[...]
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/08/02/voile-islamique-une-loi-
difficilement-applicable_3455937_3224.html?xtmc=religion&xtcr=73


Voile autorisé par la Fifa : "régression" (avec AFP)
Le Figaro - 6 juillet 2012

"L'autorisation du port du voile (ou hijab) pour les joueuses, décidée hier par l'International Football Association Board (Ifab), constitue une "régression" et "une trahison des valeurs universelles", a dénoncé vendredi l'association féministe Ni Putes Ni Soumises.
"C'est une régression, une trahison des valeurs universelles et une violation de la charte de la Fifa", a estimé la présidente de l'association, Asma Guénifi.
"Ni Putes Ni Soumises s'indigne de cette décision qui transforme les femmes en objets", ajoute Asma Guénifi en soulignant que "le sport est le lieu où ni la politique ni la religion ne doivent prendre de l'importance".
"Un scandale" selon le FN
Le Front national (FN) a également critiqué cette décision "qui bafoue les propres règles de la FIFA interdisant le port de signes politiques ou religieux". Le parti d'extrême droite estime dans un communiqué envoyé aujourd'hui qu'il s'agit "d'un scandale"."
[...]
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/06/97001-20120706FILWWW00433-voile-autorise-par-la-fifa-regression.php


Le look Disney ne tolère ni hidjab ni kippa (Claudine Mulard)
Le Monde - 26 août 2010

"En insistant pour travailler comme hôtesse au parc d'attractions californien de Disneyland coiffée d'un foulard, une musulmane de 26 ans, Imane Boudlal, a déclenché la controverse sur le port du hidjab au travail. Cette citoyenne américaine d'origine marocaine travaille à Disneyland depuis deux ans et demi en costume d'hôtesse et négocie depuis juin, avec son employeur, un restaurant du Grand Californian Hotel & Spa, le rajout d'un foulard. Les responsables du parc ont proposé un bonnet surmonté d'un chapeau western - le thème de cet hôtel.
Le lendemain, la jeune femme est revenue coiffée de son foulard pour reprendre son service et s'est vu refuser l'entrée : "On m'a renvoyée chez moi", a-t-elle déclaré, entourée de supporters. L'affaire est explosive. La Californie du Sud héberge une des communautés musulmanes les plus importantes des Etats-Unis et le groupe Disney est un symbole de la culture occidentale, très sensible à son image publique dans le monde."
[...]
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/25/le-look-disney-ne-tolere-ni-hidjab-ni-kippa_1402481_3232.html


Au nom de l'islam, elles défendent les droits des femmes voilées (L. Gene / AFP)
L'Express - 13 juillet 2010

"Enquête sur ces militantes pour qui l'égalité des sexes doit plus au prophète qu'au MLF.
Ce vendredi 25 juin, l'association Ni putes ni soumises tient une conférence sur les violences conjugales à Perpignan. Soudain, une vingtaine de femmes, pour moitié voilées, fait son entrée. L'une d'elles monte au créneau: "J'en ai marre des discriminations à l'encontre des musulmanes; on ne vous laissera pas le monopole de leur défense! Vous avez laissé tomber les femmes voilées, moi, je suis sur le terrain et je m'en occupe." Les organisatrices ripostent, mais trop tard. Yamina Tadjeur a eu son quart d'heure de gloire.
Vêtue d'un long voile couleur prune qui ne laisse apparaître que son visage, cette mère de six enfants a créé, en 2008, l'association Solidarité féminine 66. Depuis, 300 adhérentes de toutes origines sont venues la rejoindre. A Rennes, Lyon, Toulouse, d'autres associations tiennent le même discours. Leurs membres se disent féministes. Féministes et musulmanes. Alors que les députés s'apprêtent à bannir le voile intégral dans l'espace public, les partisans du niqab peuvent compter sur ces militantes d'un genre nouveau qui n'hésitent pas à marier les contraires. Quitte à repousser loin, très loin de ses origines, le féminisme "historique" tel qu'il a surgi en Occident. (...)
Pour Caroline Fourest, ces féministes islamiques "se rapprochent des féministes "pro-vie" chrétiennes ou juives, qui ne confèrent pas les mêmes rôles aux hommes et aux femmes et qui s'opposent à l'avortement ou à la contraception". Wassyla Tamzali, elle, s'interroge: "Comment peut-on lutter pour les droits des femmes si l'on considère que celles-ci ont pour premier devoir d'obéir à la loi divine ?" demande l'écrivaine féministe algérienne. C'est toute la question."

http://www.lexpress.fr/actualite/ces-feministes-qui-defendent-le-voile_904685.html


En Belgique, le voile d'une députée régionale alimente le débat sur la laïcité (Jean-Pierre Stroobants)
Le Monde - 25 juin 2009

"La tolérance à l'égard du voile islamique, la neutralité de l'Etat, le vote "ethnique", le génocide arménien : la prestation de serment d'une jeune élue d'origine turque au Parlement régional de Bruxelles a relancé de nombreux débats en Belgique. Mahinur Özdemir, âgée de 26 ans, avait indiqué qu'elle porterait un hidjab pour sa première apparition dans l'assemblée où elle a été élue le 7 juin, sur les listes du Centre démocrate humaniste (CDH), un parti d'inspiration chrétienne.
Elle a tenu parole, mardi 23 juin, malgré les polémiques sur le sens de son geste et des rumeurs indiquant qu'elle pourrait renoncer à son mandat suite, notamment, à une plainte déposée contre elle pour "négationnisme". Un "comité citoyen" affirme qu'elle aurait nié la réalité du génocide arménien de 1915, contredisant, au passage, la position de son parti.
Mahinur Özdemir est, quoi qu'il en soit, devenue la première députée voilée d'Europe, hormis une élue espagnole de la ville autonome de Ceuta, en Afrique. Mlle Özdemir affirme qu'elle porte le hidjab depuis l'âge de 14 ans et que cela résulte d'une décision personnelle. Cette diplômée en administration publique aimerait, affirme-t-elle, être jugée moins sur son apparence et davantage sur ses projets - pour l'emploi et la cohabitation entre les générations."
[...]
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/06/24/en-belgique-le-voile-d-une-deputee-regionale-
alimente-le-debat-sur-la-laicite_1210739_0.html


Sarkozy "d'accord" avec Obama sur le voile islamique (Bruno Jeudy)
Le Figaro - 9 juin 2009

"Le président français a créé la surprise en affirmant partager la position de son homologue américain sur cette question délicate. Obama avait invité jeudi les pays occidentaux a plus de tolérance sur le port du foulard.
C'est en évoquant le discours prononcé au Caire par Barack Obama et consacré au monde musulman que Nicolas Sarkozy a le plus surpris. "Le discours du président Obama est remarquable (…). Je suis totalement d'accord y compris avec la question du voile" islamique, a déclaré le chef de l'État. Jeudi dernier, Obama avait appelé les pays occidentaux à ne pas gêner les musulmans dans la pratique de leur religion, critiquant ceux d'entre eux qui dictent "les vêtements qu'une femme doit porter". "En France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C'est sa liberté", a soutenu Sarkozy en posant «deux limites (…) parce que nous sommes un État laïque». Il a cité d'abord l'interdiction de porter le hidjab au guichet des administrations, "parce que les fonctionnaires sont là pour tout le monde". Il a ensuite expliqué que la décision des jeunes musulmanes de porter le voile devait être un "libre choix". L'ancien ministre de l'Intérieur n'a fait aucune allusion à une autre limite, pourtant fixée par la loi, et qui interdit explicitement le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles publiques. Dans la soirée, l'Élysée a minoré l'oubli du président : «Il est évident que le président ne veut pas rétablir le voile à l'école"."
[...]
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/06/08/01016-20090608ARTFIG00481-voile-sarkozy-totalement-d-accord-avec-obama-.php


Voile islamique: Sarkozy "totalement d'accord" avec Obama (AP)
Le Nouvel Observateur - 6 juin 2009

"Se disant "totalement d'accord" avec le président Barack Obama sur la question du voile islamique, Nicolas Sarkozy a affirmé samedi qu'"en France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire" hors des guichets de l'administration et si c'est "son choix", omettant toutefois de citer l'interdiction de tout signe religieux ostensible à l'école publique.
"En France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse commune avec Barack Obama à Caen, fixant toutefois "deux limites, parce que nous sommes un Etat laïc".
Il a d'abord évoqué l'interdiction "aux guichets des administrations". "Les fonctionnaires ne doivent pas avoir de signe visible de leur appartenance religieuse", a-t-il affirmé."
[...]
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/20090606.FAP6536/?xtmc=religion&xtcr=6


Voile islamique : Obama prône la tolérance en Occident (Philippe Gélie)
Le Figaro - 5 juin 2009

"Dans son discours au Caire jeudi, le président américain a pris le contrepied de la France en se positionnant pour le droit des musulmanes à porter le voile dans les pays occidentaux.
Prenant le contre-pied de la France, Barack Obama a défendu jeudi au Caire le port du voile pour les musulmanes en Occident. Au nom de la laïcité, la France a banni en 2004 dans les écoles les signes religieux ostentatoires, dont le voile islamique. La polémique touche également le Canada, la Belgique et l'Allemagne. "Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter", a dit jeudi Obama."
[...]
http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/05/01003-20090605ARTFIG00304-voile-islamique-obama-prone-la-tolerance-en-occident-.php


La polémique sur le voile à l'école ravivée en Belgique (Jean-Pierre Stroobants)
Le Monde - 23 avril 2009

"La polémique sur le port du foulard islamique dans les écoles belges, un sujet jamais vraiment réglé, est relancée après un récent arrêt du Conseil d'Etat. La juridiction administrative saisie, depuis 2005, d'une plainte déposée par le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (MRAX) a estimé, le 17 mars, que des établissements ne pratiquaient aucune discrimination en interdisant le voile. Et, qu'au contraire, c'est ce voile qui pouvait être, en lui-même, discriminatoire.
Le MRAX protestait contre le règlement intérieur de deux écoles secondaires de Wallonie. Ces textes interdisent le port de "tout couvre-chef, tout signe ostensible d'appartenance politique ou religieuse" par les élèves. Ce choix avait été avalisé en 2005 par la ministre socialiste de l'éducation francophone (ce département a été scindé dans les années 1980).
Pour le MRAX, de tels règlements ne visent en fait que les élèves musulmanes et portent atteinte à leurs libertés. "Faux", a objecté le Conseil d'Etat, en estimant au passage que le MRAX avait d'autant moins de raison d'agir que la décision des écoles concernées ne contrevenait pas à son objet social - la lutte contre les discriminations - mais le confortait."
[...]
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/22/la-polemique-sur-le-voile-a-l-ecole-ravivee-en-belgique_1183890_0.html


A Lille, les jeunes filles voilées vivent le lycée musulman comme une chance (Stéphanie Le Bars)
Le Monde - 18 février 2007 (1/5 de page)

Le lycée Averroès de Lille, ouvert en 2003, est le seul lycée musulman en France. Il accueille 83 élèves dont une très grande majorité de filles, heureuses de pouvoir suivre leur scolarité en portant le voile.
"Car, si la loi de mars 2004 qui interdit le port du voile à l'école publique, a rendu plus criante la nécessité d'ouvrir des établissements scolaires musulmans, la demande sociale monte depuis quelque temps. "C'est une évolution naturelle de la sociologie musulmane, analyse Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille, qui a lancé le projet du lycée dès 1994. Après la construction de lieux de culte dignes, une population de 5 millions de personnes a besoin d'écoles. Et, avec Averroès, je ne fais qu'occuper le terrain que m'offre la laïcité"."


Villiers : "Interdire le voile dans tous les lieux publics" (Propos recueillis par Guillaume Perrault)
Le Figaro - 2 novembre 2006 (1/10 de page)

Un entretien avec Philippe de Villiers qui déclare : "les musulmans sont libres de pratiquer leur foi, mais ils doivent respecter les lois de la République et nos modes de vie".
Face à la montée et France et en particulier dans les banlieues du communautarisme islamique, Philippe de Villiers propose d'interdire le voile islamique dans les espaces publics, mais aussi dans la rue. "Le voile islamique est le symbole de la soumission de la femme et porte atteinte à sa dignité. C'est aussi un obstacle à l'appartenance à la communauté nationale et un instrument utilisé par des activistes qui s'attaquent aux fondements de la République."
Après un rappel des constats faits par le rapport Stasi et de la situation en Belgique, au Pays-Bas, en Allemagne, en Tunisie, il conclut : "Ce n'est pas à la France de s'adapter à l'islam, c'est à l'islam de s'adapter à la France. Ce sera une question essentielle de l'élection présidentielle de 2007 : je suis le seul à briser le tabou et le dernier défenseur de la République contre le communautarisme."


Les pro-voile rejouent "Les Damnés de la terre" (Antoine Menusier)
Courrier International - 28 avril au 3 mai 2005 (3/4 de page)

Un nouveau courant apparaît dans les banlieues françaises. Il puise dans le Coran ce qui est présenté comme une théorie de la libération. Celle-ci s’adresse aux "dominés", aux "indigènes de la République" : les Noirs, les Antillais, les Arabes musulmans... Tandis que les républicains et les "laïcards" jouent le rôle des "dominants" au nom au principe d’égalité, les beurettes de "Ni putes ni soumises" sont qualifiées "d’égarées" ou de "vendues".
Les partisans de ce courant veulent commémorer, le 8 mai prochain, le soixantième anniversaire des massacres de Sétif, considérés comme l’amorce de la guerre d’Algérie. Pour eux, "la décolonisation reste d’actualité". Leur principale revendication est le droit à la différence. Ils stigmatisent l’attitude de la France qui voudrait imposer sa domination culturelle.
Safia Lebdi, de la Fondation "Ni putes ni soumises", rejette ce discours qui répand un racisme "anti-blancs et anti-français". "Les caïds et les islamistes, on les a vus à l’œuvre. C’est contre eux qu’on se bat. [...] Les imams, qui exercent sur eux une pression subtile, ont la partie facile. Il y a eu 60 000 mariages forcés l’an dernier en France." Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile pour les parties de gauche de choisir leur camp entre ces deux courants.


Voile : 48 exclusions depuis la loi (Catherine Coroller)
Libération – 16 mars 2005 - (1/6 de page)

Sous-titre : Le Collectif contre l'islamophobie confirme les chiffres gouvernementaux
Le CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France), opposé à la loi sur le port des signes religieux à l'école qu'il considère comme une "loi discriminatoire" aux "effets négatifs", annonce que 42 jeunes filles et 6 garçons (jeunes sikhs pour le port du turban) ont été définitivement exclus de leur établissement. Le ministre de l'Education nationale, François Fillon, arrive à des chiffres similaires et précise que "plus de 550 de ces situations ont trouvé une solution par le dialogue". Le CCIF considère que la satisfaction du gouvernement occulte "la souffrance de jeunes filles déchirées entre leurs convictions profondes et leur soif d'instruction et de réussite sociale". Il indique également que dans l'enseignement supérieur, une dizaine d'étudiantes auraient été interdites de cours.


La Justice britannique oblige les écoles à accepter le port du "jilbab" (Jean-Pierre Langellier)
Le Monde - 4 mars 2005 - (1/6 de page)

Une jeune musulmane britannique, âgée de 16 ans, s’est vue reconnaître "par la Justice le droit de porter le jilbab, une longue robe traditionnelle qui ne laisse apparaître que les mains et le visage". Son établissement scolaire autorisait le port du voile, mais il ne prévoyait pas une tenue couvrant autant le corps que le jilbab. La jeune fille était soutenue par son frère et était défendue par l’avocate Cherie Booth, épouse de Tony Blair. La Justice a estimé que la décision du lycée était contraire à la loi britannique garantissant la liberté religieuse.


En Belgique, le patron d'une PME flamande est menacé de mort parce qu'il tolère le voile d'une employée (Jean-Pierre Stroobants)
Le Monde - 7 janvier 2005 - (1/3 de page)

Rik Remmery qui dirige une entreprise de plats préparés n'en croyait pas ses yeux quand il a reçu la première lettre de menace anonyme parce qu'il autorise une de ses employées musulmanes à garder le voile. Dans cette région, "l'extrême droite xénophobe est devenue la première formation politique, dépassant 25% des intentions de vote". Celle-ci dément cependant avoir un lien avec cette affaire. Les lettres de plus en plus menaçantes se sont succédées, la cinquième contenant une balle, destinée selon son auteur au patron de l'entreprise. Cela n'a pas empêché celui-ci de refuser la démission de la jeune femme : "Elle a besoin d'argent et, après toute son histoire, qui voudra l'embaucher ?". La jeune femme a cependant accepté de retirer son voile, en pleurant. "Cela a été très poignant pour nous tous", témoigne le patron.
En attendant le résultat de l'enquête policière, la jeune femme et son employeur, devenu un symbole malgré lui, seront reçus par le roi Albert II.


Une mairie interdit à une femme voilée d'être témoin de mariage (Sophie Landrin)
Le monde - 26 et 27 septembre 2004 (1/6 de page)

Sous-titre : L'adjointe au maire lui a demandé d'ôter son foulard pour vérifier son identité
L'incident s'est déroulé à Saint-Fons, près de Lyon. Sarah Sassi, 27 ans, témoin au mariage de sa nièce, a refusé, préférant être récusée plutôt que de se dévoiler. Le mariage a néanmoins pu avoir lieu avec un autre témoin. La jeune femme a décidé de porter plainte contre la mairie : "Le voile fait partie de ma religion, et ne peut pas être enlevé à n'importe quel moment, n'importe où, comme un chapeau".
Pour le maire, Michel Denis, il n'y a aucune "arrière-pensée" dans cette affaire, car l'officier d'état civil a le devoir d'identifier les époux et les témoins. Il reconnaît subir depuis quelques années des pressions de demandes communautaires comme, par exemple, le choix du sexe de l'officier d'état civil. Suite à une demande écrite de sa part, Dominique Perben, ministre de la justice lui a confirmé "l'obligation d'identifier les protagonistes." Le maire maintient sa position de fermeté, "car le mariage est un acte civil et nous risquons d'être entraînés dans une spirale sans fin."


Fonctionnaire voilée : recours contesté
Le Figaro - 2 juillet 2004 (10 lignes)

La requête en annulation d'une sanction d'exclusion pour port d'un foulard islamique, à l'encontre d'une fonctionnaire, a été rejetée par le commissaire du gouvernement. Le tribunal statuera d'ici un mois.


Des voiles bien opaques
Libération - 22 décembre 2003 - (2 pages)

Sous-titre : Attachées au voile et sous bonne garde
Le 20 décembre 2003, environ 3000 femmes ont manifesté à Paris (un autre défilé avait lieu à Strasbourg) contre une loi visant à interdire le port du foulard à l'école. Libération s'interroge sur les dessous de cette manifestation, officiellement organisée par deux jeunes filles de Seine-Saint-Denis, mais encadrée par un impressionnant service d'ordre dont une des missions semblait être de s'interposer entre les journalistes et les jeunes filles. "Les gens croient qu'on est soumises aux hommes. Mais c'est faux, on est soumises à Dieu",  "Le foulard, on l'a choisi",  "Cette loi va créer un apartheid et renforcer le communautarisme". Une manifestante sans foulard : "Le foulard, c'est une forme de résistance pour ces jeunes qui n'ont pas de travail et sont maintenus en marge de la société."
Les organisateurs sont restés cachés. Le CMF (Collectif des Musulmans de France) aurait tenté de récupérer la manifestation, en vain, compte tenu de la présence massive de salafistes (fondamentalistes musulmans piétistes). En outre, aucune des fédérations représentées au CFCM (Comité Français du Culte Musulman) n'avait pas appelé à manifester.
Cette manifestation pourrait être la première étape d'un rapport de force que les activistes musulmans chercheraient à créer dans l'hexagone pour se positionner et évaluer les poids respectifs des différents courants.


Voilée, semi-recluse puis rebelle (Blandine Grosjean)
Libération - 22 décembre 2003 - (2/3 de page)

L'article relate le témoignage de Neslie, une jeune turque qui a réussi à faire condamner son père qui la battait pour l'obliger à porter le voile, à une peine avec sursis. Le port du foulard lui a valu de perdre quatre années de scolarité. Aidée par une amie et une association, elle a réussi à se cacher et à passer son bac. Depuis, elle vit tête nue, mais "sursaute" lorsqu'elle voit une femme voilée.
"Mon père a fait en France ce qu'il n'aurait pas pu faire en Turquie. A ces militants intégristes, si on leur donne l'espoir de pouvoir imposer leur conception dans le pays d'accueil, ils pensent que c'est un premier acquis et après, ils vont réclamer d'autres choses."


Rapport Stasi : Ostensible compromis
Libération - 12 décembre 2003 - (4 pages)

Après quatre mois de travail et 140 auditions, la commission des 20 sages a rendu son rapport le 11 décembre 2003. Elle propose une loi qui viserait à interdire les "signes ostensibles, tels que grande croix, voile ou kippa". Ne seraient pas concernés les "signes discrets que sont par exemple médailles, petites croix, étoiles de David, mains de Fatima, ou petits corans". Entre visible et ostentatoire, la commission a mis les feux de l'actualité sur un mot (ostensible) qui risque de demeurer ambigu sauf si la loi est suffisamment explicite pour régler les cas où le contexte ne suffirait pas.
La surprise est venue de la proposition, en contrepartie de cette contrainte, de deux jours fériés supplémentaires : le Kippour pour les juifs et l'Aïd el-Kébir pour les musulmans. Et les autres religions? Quelle cohérence avec la suppression d'un jour férié par solidarité avec les personnes âgées? Le risque est grand de voir se renforcer le communautarisme.
Pour "le privé", la commission recommande que le règlement intérieur puisse "réglementer les tenues vestimentaires et le port des signes religieux" et que les salariés puissent "choisir un jour de fêtes religieuses sur leurs crédits de jours fériés". Ce qui est aujourd'hui laissé à l'appréciation du chef d'entreprise deviendrait un droit.
En matière de service public, la commission suggère d'"inscrire dans la loi la jurisprudence constante du Conseil d'Etat sur la stricte neutralité des fonctionnaires".
La commission ne dit rien sur le cas des écoles confessionnelles et sur le concordat en Alsace-Lorraine. Dommage !
Les premières réactions politiques sont globalement favorables. Dans les milieux religieux, pour Tarik Ramadan, l'intellectuelle islamique, hostile à une loi, il s'agit d'une clarification dont il faut "prendre acte". Les évêques de France se laissent le temps "d'évaluer la pertinence des propositions". Pour le CRIF (Conseil Représentatif des Instances juives de France), les nouveaux jours fériés vont dans le bon sens, mais "la kippa n'est pas un signe ostentatoire". Il y a également ceux qui trouvent que ces propositions ne vont pas assez loin et ceux qui ne veulent pas de loi.


Foulard islamique : loi ou pas loi ? (Philippe Bernard)
Le Monde - 28 novembre 2003 - (1/3 de page)

L'article constate que "cette polémique ne respecte pas les clivages politiques ou idéologiques traditionnels". Une réponse identique donnée à cette embarrassante question, ne l'est pas forcément pour les mêmes raisons.
Un rappel chronologique des faits depuis l'affaire du collège de Creil en 1989 montre comment les politiques ont confié le "problème" à la commission des "sages" présidée par Bernard Stasi. Cependant depuis quelques semaines, avant même les conclusions de la commission, le choix en faveur d'une loi semble avoir été fait. "La pente vers un texte législatif a été si forte que la précaution élémentaire consistant à dresser au préalable un état précis et chiffré de la situation n'a pas été prise."
Le calendrier est maintenant politique, avec les élections régionales et la crainte de voir le Front National stigmatiser "l'importance de l'immigration".


Pourquoi une loi contre l'intégrisme (Josette Alia et Carole Barjon)
Le Nouvel Observateur - 20 au 26 novembre 2003 - n° 2037 - (6 pages)

Sous titre : Voile à l'école, hôpitaux, discrimination…
Quelle loi pour arrêter l'intégrisme en France sans heurter les musulmans ? Le premier constat est l'absence de chiffres fiables pour dresser un état des lieux. En outre, la nature des incidents évolue. Des élèves veulent sortir "pour faire leur prière", d'autres ne veulent plus d'examinateurs hommes. Les affaires de discrimination des sexes gagnent d'autres domaines que l'école. Les hôpitaux où des hommes ne veulent pas que leurs femmes soient soignées par des médecins hommes. Il y a aussi les créneaux horaires réservés aux femmes dans les piscines. Les entreprises sont également touchées par le problème du port du voile, tandis que dans les prisons " les autorités dénoncent un prosélytisme galopant".
Des sondages ayant montré qu'une large majorité des français sont pour une loi, l'UMP et le PS, non sans discussions au sein des partis, se sont lancés dans une course de vitesse pour une proposition de loi. L'UDF, les Verts et le PC sont contre. Il en est de même pour les évêques. "L'équilibre né de la loi de 1905, qu'ils ont autrefois combattue, leur convient aujourd'hui parfaitement." Les "laïcards" voudraitent une loi plus large que l'école pour tout ce qui touche à l'égalité entre les sexes.
Les associations sont majoritairement contre une loi. Un exemple parmi d'autres : "Une loi, inévitablement perçue comme une loi destinée à régler le problème du voile, sera ressentie comme une loi d'exception, qui montrera du doigt toute une communauté. Et cela ne nous aidera pas à trouver des arguments pour combattre le voile. Au contraire." (Sana ben Achour, secrétaire générale de l'Association tunisienne des Femmes Démocrates). Et les musulmans de "l'islam tranquille", qu'en pensent-il ?
Une majorité, du moins politique, semble favorable à une loi. Il reste à en rédiger les textes.


Le voile et la circoncision (Michel Orcel, diplomé d'islamologie)
Le Monde - 28 octobre 2003 - (1/3 de page)

Pour l'auteur de l'article, le port du voile, dont le développement est récent, est un phénomène de culture auquel il ne faut pas accorder plus qu'importance qu'il n'en a. Le risque prosélyte est faible. Mais surtout il sert d'écran et de refouloir à un autre problème culturel, dont on ne parle pas et autrement plus grave : la circoncision qui concerne autant l'islam que le judaïsme. "En s'attaquant de front à la question du voile, la République française se voile les yeux sur d'autres pratiques, invisibles et non-prosélytes, sans doute, mais mutilantes, radicalement illégales et pénalement condamnables."
Un point de vue fort intéressant.


Une Loi ? Le Voile islamique gêne le gouvernement
Aujourd'hui en France – 17 octobre 2003 – (2 pages)

Alors que Nicolas Sarkozy et Jean Pierre Raffarin se rendent le jour même à la mosquée de Paris, l'article fait le point sur le débat concernant le port du voile à l'école ou en entreprise. En fait, le gouvernement attend le rapport de la commission d'information de l'Assemblée sur les signes religieux à l'école et celle de la commission sur l'application du principe de laïcité (commission Stasi). Il semble qu'il y ait le souci de ne pas "rouvrir de guerre de religion".
Le journal fait un rapide tour d'horizon de la situation en Europe qui montre que la France serait la seule où ait lieu un tel débat et donne plusieurs témoignages pour ou contre une loi.


Lila et Alma ne retourneront plus au lycée Henri-Wallon
Le monde – 12 et 13 octobre 2003 – (40 lignes)

Cet article relate le conseil de discipline de ce lycée d'Aubervilliers qui a prononcé le 10 octobre l'exclusion de ces deux jeunes filles pour cause pour cause de port du voile. Chacun est resté sur ses positions. "La dernière fois qu'il y a eu une exclusion dans ce lycée, c'était pour des gens qui se sont battus au couteau dans la cour. Huit jours!" dira le père.


Voile : Dalil Boubakeur demande le respect des lois
Le Monde - 21 - 22 septembre 2003 - (une dizaine de lignes)


Le président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) tente de calmer le jeu devant la Commission sur la laïcité. Il ne souhaite pas que la France légifère sur le port du voile, tout en reconnaissant que cette prescription religieuse est utilisée de manière détournée par certains courants politiques de l'Islam. Il a indiqué que des aménagements de calendrier pour les grandes fêtes de l'Islam étaient souhaitables.


Voir les pages d'accueil sur l'islam et sur l'éducation.



Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion   Accueil Revue de presse    Haut de page    Contact   Copyright ©