"Cette solidarité va de pair avec une aide au développement qui ne résoudra rien par le miracle des seules lois du marché mais aura peut-être un effet avec un énorme investissement dans l’éducation, seul antidote à la prise en main par des intégristes religieux ou politiques transmettant leurs transes à des foules assommées par la misère et abruties par l’ignorance."
(Georges Charpak et Henri Broch / Devenez sorciers devenez savants)
"... il est important qu’il sache [l’enfant] comprendre la nature des choses, devienne capable de faire un raisonnement, d’apprendre à vérifier et discuter une hypothèse, autrement dit de résister à toute forme d’éducation qui serait un endoctrinement. Car je suis tout de même très heurté de savoir qu’on dresse des enfants à partir de cinq ans à réciter par cœur des sourates du Coran. Cette capacité de raisonnement que je propose, vaut... de l’enfant à l’énarque."
(Georges Charpak / 1924-2010 / article du "Monde des Religions" / Juillet-Août 2004)
"Toute éducation humaine doit préparer chacun à vivre pour autrui, afin de revivre dans autrui."
(Auguste Comte / 1798-1857 / Système de politique positive, 1851-1854)
"Que la morale fasse partie d'une éducation publique commune à toutes les classes de citoyens. Que l'on écarte avec soin de cette éducation toute influence sacerdotale."
(Condorcet / 1743-1794 / Discours d'avril 1790)
"Contredire et bavarder sans répit, c'est se montrer naturellement incapable d'apprendre ce qu'il faut."
(Démocrite / vers 460-370 avant JC)
"C'est l'éducation de l'enfance qui empêche un enfant de se faire baptiser; c'est l'éducation de l'enfance qui empêche un chrétien de se faire circoncire; c'est la raison de l'homme fait qui méprise également le baptême et la circoncision."
(Denis Diderot / 1713-1784 / Addition aux Pensées philosophiques)
"Il faut refouler l’ennemi, le cléricalisme, et amener le laïque, le citoyen, le savant, le français, dans nos établissements d’instruction, lui élever des écoles, créer des professeurs, des maîtres..."
(Léon Gambetta / 1838-1882)
"Les lois et les morales sont essentiellement éducatrices, et par cela même provisoire. Toute éducation bien entendue tend à pouvoir se passer d'elles. Toute éducation tend à se nier d'elle-même. Les lois et les morales sont pour l'état d'enfance : l'éducation est une émancipation. Une cité, un État parfaitement sage vivrait, jugerait sans lois, les normes étant dans l'esprit de son aréopage. L'homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d'arriver à l'immoralité supérieure."
(André Gide / 1869-1951 / Journal 1889-1939)
"C'est pour s'être reposés de l'éducation sur les prêtres enthousiastes et fanatiques que les princes chrétiens n'ont, dans leurs Etats, que des superstitieux que n'ont d'autre vertu qu'une foi aveugle, un zèle emporté, une soumission peu raisonnée à des cérémonies puériles…"
(Paul-Henri, baron d'Holbach / 1723-1789 / Le christianisme dévoilé / 1767)
"[..]instruire, c'est construire. Je me défie de ce que vous [le parti clérical] construisez. Je ne veux pas confier l'enseignement de la jeunesse, l'âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s'ouvrent à la vie, l'esprit des générations nouvelles, c'est-à-dire l'avenir de la France, parce que vous la confiez, ce serait vous la livrez."
(Victor Hugo / 1802-1885 / Discours à l'Assemblée du 15 janvier 1850 / projet de loi Faloux)
"Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt."
(Victor Hugo / 1802-1885 / Les Quatre vents de l'esprit, I,24 / 1881)
"Petits séminaires, le néant enseigné.
Faire un prêtre, c'est vider un homme."
(Victor Hugo / 1802-1885 / Philosophie prose, Océan)
"Nos écoles manquent presque totalement d'une chose qui serait très utile pour former les enfants à l'honnêteté, je veux dire un catéchisme du droit. Il devrait comprendre des cas, qui seraient populaires et se présenteraient dans la vie quotidienne et qui soulèveraient naturellement la question : cela est-il juste ou non ?"
(Emmanuel Kant / 1724-1804 / Réflexions sur l'éducation)