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Laïcité

2013

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur la laïcité



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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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Noël alsacien : la laïcité bafouée (Pascal Maillard)
Médiapart - 25 décembre 2013

"L'exception concordataire d'Alsace-Moselle n'est pas un gage de concorde. Une "fausse note" dans les Noëlies alsaciennes montre exemplairement que le droit local peut servir à bafouer le principe républicain de la neutralité des établissements publics.
L'affaire aurait pu rester dans l'ombre sans l'alerte lancée par un habitant de Drusenheim dont l'enfant est scolarisé à l'école élémentaire municipale de cette petite ville du nord de l'Alsace. Le 9 décembre au matin, conduisant son enfant à l'école, il découvre avec stupeur que la façade du bâtiment est tapissée de dix reproductions de tableaux religieux, de très grand format (2X3 mètres), essentiellement des nativités. L'exposition se prolonge sur l'église attenante par deux affiches supplémentaires, ce qui crée une unité physique et symbolique particulièrement forte entre un lieu de culte et un établissement public.
Faisant valoir le principe de neutralité des administrations publiques, le parent d'élève demande au maire, qui est à initiative de cette "exposition", que les affiches soient retirées. Il saisit également le médiateur de l'académie, lequel s'estime incompétent dans une telle affaire. L'inspection académique s'appuie quant à elle sur le "droit local".. [...]"
[...]
http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-maillard/251213/noel-alsacien-la-laicite-bafouee


Laïcité: une crèche de Noël fait polémique à la gare de Villefranche-de-Rouergue (Avec AFP)
L'Express - 19 décembre 2013

"Une crèche de Noël derrière une vitre de guichet n'a pas été appréciée par un client. La question de la laïcité dans les lieux publics est posée.
La crèche de Noël porte-t-elle atteinte au principe de laïcité dans les lieux publics? Les agents SNCF de Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron, et leurs supérieurs vont en effet essayer de répondre à cette question, a indiqué la direction régionale jeudi 19 décembre. La question a été soulevée par un usager qui a récemment interrogé la SNCF par courrier électronique sur la présence visible de ce signe religieux derrière une vitre de guichet.
Une critique mal accueillie
Certains agents ont mal pris la remise en cause de cette pratique ancienne. Ils ont ostensiblement caché la crèche sous une bâche et apposé au-dessus sur la vitre une affichette disant: "Suite à la plainte d'un client, nous ne pouvons laisser exposer la crèche. Crèche que la gare de Villefranche met en exposition depuis dix ans !!", rapportait mercredi le quotidien Centre Presse."
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/une-creche-de-noel-fait-polemique-a-la-gare
-de-villefranche-de-rouergue_1308991.html?xtmc=religion&xtcr=4


La laïcité est un combat (Anicet Le Pors)
L'Humanité - 18 décembre 2013

Par Anicet Le Pors, ancien ministre, conseiller d'État honoraire.
"La laïcité, telle que forgée par notre histoire, semble parfois embarrasser. Elle est alors qualifiée de positive?(Nicolas Sarkozy), raisonnée (les Verts), ouverte (Marie-George Buffet). Étienne Balibar distingue une conception étatiste et une conception libérale, pour choisir. la seconde. Jean Baubérot distingue des laïcités séparatiste, autoritaire, anticléricale. Ce besoin de qualifier exprime, selon le cas, une hostilité, une réserve ou une gêne?; il affaiblit l'idée et dispense d'approfondir.
La laïcité s'affirme en relation avec la sortie du pouvoir politique de la religion. À la fin du XIIIe?siècle, Philippe le Bel, après avoir affronté le pape Boniface XIII, impose à son successeur Clément V de résider en Avignon pour lui signifier qu'il n'est plus roi "par la grâce de Dieu" mais en raison du pouvoir séculier qu'il détient. [...]
Le discours de Nicolas Sarkozy à ?Latran en 2007 a été le signal d'une offensive renforcée contre la laïcité pour - dans ce domaine comme en d'autres?: services publics, décentralisation, institutions, immigration - mettre notre pays aux normes de l'Union européenne. Malheureusement, face à cette offensive, les mouvements qui auraient dû répliquer au même niveau ont fait singulièrement défaut, ne se manifestant, comme il a été dit, qu'en variations qualificatives, protestations contre toute réglementation dans l'espace public, expressions de bonnes consciences par l'invocation véhémente autant que paresseuse des droits de l'homme plutôt que du citoyen. Comme si c'étaient là les seuls moyens d'affirmation de la laïcité face aux problèmes de notre temps."
[...]
http://www.humanite.fr/tribunes/la-laicite-est-un-combat-555553


Affaire Baby Loup : Un communiqué de la Ligue de l'enseignement (Charles Conte)
Médiapart - 29 novembre 2013

"L'arrêt que vient de rendre la Cour d'Appel le 27 novembre 2103 dans l'affaire opposant la crèche associative Baby-Loup à l'une de ses salariés à propos de la régularité du licenciement de cette dernière suscite de nombreux débats.
La Ligue de l'enseignement regrette que les interprétations se multiplient à propos d'un droit pourtant simple dans son principe. Il ne peut pas y avoir d'interdiction générale à l'expression religieuse, sauf pour atteinte à l'ordre public et notamment à l'intérêt de l'enfant. Ce qui est le cas de la crèche Baby Loup.
La Cour d'Appel de Paris a évoqué la notion d'"entreprise de conviction". La notion d'"entreprise de tendance", d'origine doctrinale s'en trouve en quelque sorte validée mais avec une conséquence qui ne doit pas être minorée. La laïcité, mode juridique de régulation des relations entre les cultes et l'Etat mais aussi garantie de libre exercice des cultes sous les réserves de l'ordre public, se voit confinée dans un statut de "conviction"."
[...]
http://blogs.mediapart.fr/edition/laicite/article/291113/affaire-baby-loup-un-
communique-de-la-ligue-de-lenseignement


Le licenciement de l'employée voilée de Baby Loup confirmé en appel (AFP)
Libération - 27 novembre 2013

"La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi le licenciement, pour "faute grave", d'une salariée voilée de la crèche privée Baby-Loup à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), ont annoncé sur place les avocats de la crèche. A l'audience, le 17 octobre dernier, le procureur général François Falletti avait demandé à la cour de "résister" à la Cour de cassation, qui avait annulé le licenciement. L'affaire est devenue emblématique dans le débat sur la laïcité.
"Cette décision de résistance marquera l'histoire de la laïcité", a réagi auprès de l'AFP Me Richard Malka, un des avocats de l'établissement. "Pour nous, a-t-il poursuivi, cette victoire est d'abord celle d'une idée généreuse, singulière et universaliste, l'idée que ce qui nous rassemble doit être privilégié (par rapport) à l'exacerbation de nos différences, fussent-elles religieuses". "C'est l'affirmation que si la religion est sacrée pour certains, elle n'est pas sacralisée par la République", a-t-il ajouté.
Il est "très probable" que Fatima Afif, la salariée voilée, décide de "faire un pourvoi" en Cassation de l'arrêt de la cour d'appel confirmant mercredi son licenciement, a déclaré à l'AFP son avocat, Me Michel Henry. Selon l'avocat, ce débat juridique doit désormais être tranché en séance plénière de la haute juridiction. [...]
A la suite de l'arrêt rendu en mars, de nombreuses voix ont réclamé dans les textes législatifs l'extension de la neutralité dans le secteur public à des sphères privées, notamment liées à la petite enfance. Mais l'hypothèse d'une loi sur la laïcité a été écartée par l'Observatoire de la laïcité, installé par François Hollande."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2013/11/27/baby-loup-de-retour-devant-les-tribunaux_962338


La laïcité connaîtrait-elle des limites dans la gestion de l'enseignement privé ? (Christine Fourage)
L'Humanité - 7 novembre 2013

Christine Fourage est secrétaire Nationale du syndicat national de l'enseignement initial privé CGT.
"La loi dite Debré de 1959 a placé l'enseignement confessionnel sous la tutelle du ministère de l'Éducation nationale. Depuis, l'enseignement privé sous contrat avec l'État reçoit très largement ses moyens de subsistance de subventions publiques.
En 2005, les établissements privés sous contrat d'association ont été "allégés" des tracasseries de gestion de leurs enseignants qui sont devenus "agents publics contractuels". L'État est leur employeur, le recteur leur supérieur hiérarchique et ils sont mis à la disposition des chefs d'établissement du privé. Un peu comme les travailleurs d'une entreprise prestataire de services. On pourrait s'attendre qu'à travers ce transfert de charges l'administration se préoccupe des conditions de travail et du déroulé de carrière de ses agents.
À noter que, pour l'enseignement catholique, représentant 95% de l'enseignement privé sous contrat dans notre pays, les directeurs d'établissement sont nommés par le directeur diocésain, lui-même choisi par l'évêque dont la nomination est entre les mains du pape. Les agents publics sont entre de bonnes mains !"
[...]
http://www.humanite.fr/tribunes/quand-l-etat-renonce-sa-tutelle-sur-l-enseignement-552688


Baby-Loup : la laïcité en débat devant la cour d'appel de Paris (Marie Barbier)
L'Humanité - 17 octobre 2013

"Le licenciement de la salariée voilée de la crèche Baby-Loup passait pour la troisième fois devant la justice hier, après l'annulation de la cour de Cassation. Décision le 27 novembre.
Deux visions de la France se sont opposées ce jeudi matin au Palais de justice de Paris. Pendant près de quatre heures, les partisans de la laïcité et de la liberté religieuse se sont affrontés dans un débat de haute volée. La cour d'appel jugeait le licenciement d'une salariée voilée de la crèche Baby-Loup, après son annulation par la Cour de cassation. Fait exceptionnel, le procureur général François Falletti et le premier président Jacques Degrandi siégeaient tous les deux pour cette audience solennelle.
Tout oppose les deux parties. Les faits d'abord. Fatima Alif, éducatrice à la crèche Baby-Loup depuis 1991 "portait le foulard de manière non systématique depuis 1994 et ça ne posait aucun problème", plaide son avocat, Me Michel Henry, photos à l'appui. "Elle portait le voile seulement à l'extérieur de la crèche, pas dans l'exercice de ses fonctions", rétorque Me Louis Gayon, avocat de l'association Baby-Loup. La teneur du voile fait aussi débat: "foulard décoratif" sur la tête pour l'avocat de la plaignante, strict "hijab" pour la défense. Me Henri est desservi par sa cliente, arrivée une demi-heure en retard à l'audience, vêtue d'une tunique longue couvrant ses jambes et ses bras et d'un voile jusqu'aux épaules ne laissant dépasser aucun cheveux. "Ma cliente a fait exprès d'en rajouter un peu aujourd'hui" toussote l'avocat."
[...]
http://www.humanite.fr/societe/baby-loup-la-laicite-en-debat-devant-la-cour-d-app-551464


"La France doit remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l'Aïd" (Pierre Kupferman)
Challenges - 23 septembre 2013

"Nommée dimanche à l'observatoire de la laïcité par le Premier ministre, Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste du fait religieux, estime que la France doit continuer à montrer l'exemple d'un Etat assumant son credo laïc.
Vous avez beaucoup écrit sur le problème de la laïcité dans le monde de l'entreprise. Jugez-vous que les employeurs doivent s'impliquer en la matière. Et si oui comment ?
Les employeurs doivent connaître les critères légaux qui permettent de gérer des revendications d'ordre religieux et notamment savoir réagir de façon adéquate quand cela engage le 'travailler ensemble'. Aujourd'hui le problème n'est pas lié à un vide juridique. Les lois existent, mais les managers ne les connaissent pas. Et lorsqu'ils se retrouvent face à un ou plusieurs salariés qui mettent en avant leur religion, ils se retrouvent seuls et réagissent souvent en fonction de leur propre idéologie ou conviction.[...]
Un Etat laïc comme la France peut-il continuer à prendre en compte les fêtes catholiques en négligeant celles des juifs ou des musulmans ?
Je pense que la France a montré l'exemple de la laïcité au monde en instaurant la première la liberté de conscience, d'avoir la religion de son choix ou de ne pas croire en dieu. Elle doit donc continuer à montrer la voie. Aujourd'hui tous les Français fêtent Noël et je pense qu'il faudrait également qu'un de nos jours fériés soit celui d'une fête juive et d'une fête musulmane."
[...]
http://www.challenges.fr/management/20130923.CHA4636/la-france-doit-remplacer-deux-fetes-chretiennes-par-yom-kippour-et-l-aid.html


"La France reste un modèle en matière de laïcité" (Christian Rioux, Le Devoir)
Courrier International - 12 septembre 2013

"Vincent Peillon a présenté lundi 9 septembre 2013 une charte en 15 points, destinée à donner à la laïcité une place centrale dans la vie scolaire.
Introduire une "charte de la laïcité à l'école", comme vient de le faire le ministre Vincent Peillon, cela vous semble utile, dans le principe ? - Très utile. Nos pays en voie de sécularisation tranquille en étaient venus à considérer la laïcité comme un archaïsme. Depuis plus d'une décennie, le retour du prosélytisme montre que ces règles de vie commune sont au contraire d'une étonnante modernité. Les enseignants sont en première ligne de ce combat, eux qui ont l'exigeante responsabilité de former de jeunes esprits libres."
[...]
http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/12/la-france-reste-un-modele-en-matiere-de-laicite


La charte de la laïcité de Peillon reçoit un accueil mitigé (avec AFP)
L'Express - 27 août 2013

"Annoncée ce week-end par le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, l'affichage de ces principes dans les établissements scolaires divise l'opposition.
La charte de la laïcité que le ministre de l'Education, Vincent Peillon, souhaite voir affichée fin septembre dans tous les établissements scolaires est diversement reçue.
"Chacun est libre de ses opinions. Mais pas de contester un enseignement ou de manquer un cours" au nom notamment de préceptes religieux, a expliqué ce week-end le ministre.
Interrogé sur le sujet, le secrétaire général du syndicat des proviseurs, Philippe Tournier a d'abord regretté cet "étrange calendrier". Joint par Europe 1, le syndicaliste a toutefois jugé que c'était "un programme d'intentions tout à fait positives". "Il reste, en revanche, l'essentiel: mettre en vigueur ce qu'on affirme (...) Rien ne serait pire que d'afficher une charte de la laïcité et que les élèves voient autour d'eux que ce qui fonctionne dans la vie scolaire est le contraire exact de ce qu'on leur raconte", estime Philippe Tournier.
Du côté de l'UMP, l'ancien ministre Luc Chatel y voit "une bonne idée": "Je pense qu'à chaque fois qu'on peut donner des repères aux enfants, sur ce qu'est la république, sur ce que sont nos valeurs, c'est une bonne chose", a-t-il expliqué sur France-Info."
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/la-charte-de-la-laicite-de-peillon-recoit-un-accueil-mitige_1276252.html?xtmc=religion&xtcr=9


La laïcité à la française, universalisme concret (Benoît Schneckenburger)
L'Humanité - 25 août 2013

Benoît Schneckenburger est philosophe, membre du bureau national du Parti de gauche.
"Qu'est-ce qui change avec l'Islamophobie ?
Le 24 août est la date anniversaire des massacres de la Saint-Barthélemy en 1572, symbole de l'horreur des guerres de religion. Un long chemin a depuis été parcouru?: reconnaissance de la liberté de conscience inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme, citoyenneté accordée quelle que soit la religion, et séparation des cultes et de l'État par la loi de 1905. La laïcité à la française porte en elle les principes de paix et d'universalisme. Il faut le rappeler en ces jours de confusion. Les violences inacceptables à l'encontre de citoyens musulmans, ou considérés comme tels, se multiplient. L'extrême droite fait mine de défendre la laïcité, alors qu'en fait elle attise les feux de la haine raciale en ciblant une religion qui, en France, est majoritairement pratiquée par des populations africaines et nord-africaines. Sa dénonciation de l'islam ne fait que prolonger sa xénophobie. La droite sarkozyste lui embraye le pas. Ces faits sont indéniables. Faut-il pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain ?"
[...]
http://www.humanite.fr/tribunes/la-laicite-la-francaise-universalisme-concret-547668


Laïcité : le Défenseur des droits appelle à préciser la loi de 2004 (AFP)
Libération - 6 août 2013

"Alors qu'un rapport suggère d'interdire les signes religieux ostentatoires dans le secondaire, Dominique Baudis pointe du doigt une certaine "incertitude" dans la législation.
La loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaires "doit être précisée", a estimé mardi le Défenseur des droits, Dominique Baudis. Au lendemain de la publication par le journal le Monde d'un rapport du Haut conseil à l'intégration (HCI) préconisant, entre autres, l'interdiction du foulard islamique (comme d'autres signes religieux ostentatoires) dans l'enseignement supérieur, Dominique Baudis, interrogé sur RFI, a estimé que "la loi de 2004 doit être précisée, parce que l'incertitude est l'ennemi du droit".
En la matière, "il faut que la frontière entre liberté et laïcité soir claire, et en ce moment elle ne l'est pas", a-t-il ajouté. La loi de 2004 portant sur l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires dans les établissements secondaires ne concerne pas l'enseignement supérieur. Seul le niqab, ou voile intégral, est interdit, mais le foulard est autorisé.
Lundi toutefois, l'Observatoire national de la laïcité et le président de la Conférence des présidents d'université (CPU) ont récusé ce rapport, assurant qu'une telle demande d'interdiction n'était pas à l'ordre du jour."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2013/08/06/laicite-le-defenseur-des-droits-appelle-a-preciser-la-loi-de-2004_923112


Laïcité et religion en entreprise (Hiacham Benaissa et Sylvain Crépon)
Le Monde - 14 juillet 2013

Hiacham Benaissa est chercheur au sein du Groupe sociétés religions et laïcités (GSRL) et Sylvain Crépon, ociologue, chercheur associé au laboratoire Sophiapol de l'université Paris-Ouest-Nanterre.
"Le ramadan est souvent l'occasion de mesurer la qualité des liens entre l'Etat français et les représentants des instances musulmanes. La polémique récente entre ces instances représentatives de la communauté musulmane en France sur la date du début du jeûne laisse transparaître des fondations encore fragiles.
Excepté ce couac, il semble que le "mois sacré" commence cette année en France sous des auspices qui se veulent plus apaisés que par le passé. François Hollande n'a-t-il pas déclaré devant le Parlement tunisien, le 5 juillet, que "la France sait que l'islam et la démocratie sont compatibles" ?
Peu relayée dans les médias, cette déclaration semble vouloir poser les bases d'un dialogue serein entre l'Etat français et des instances musulmanes françaises qui peinent à trouver leur place au sein d'une société où les pratiques liées à leur religion suscitent encore beaucoup de défiance.
Plébiscitée et pourtant mal connue, la laïcité se voit régulièrement invoquée pour se garder de ce qui est perçu comme un empiétement de l'islam sur un espace public devant s'attacher à demeurer neutre. C'est sans doute en ce sens qu'il faut interpréter un sondage BVA, en date du 25 mars, établissant que plus de 80 % des Français souhaitent étendre le principe de neutralité à l'ensemble des lieux accueillant le public, et notamment aux entreprises privées."
[...]
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/14/laicite-et-religion-en-entreprise
_3446953_3232.html?xtmc=religion&xtcr=86


La laïcité version Marine Le Pen "vise une religion déterminée" (Bernard Schmid)
L'Humanité - 21 juin 2013

"Bernard Schmid, responsable juridique du (MRAP), réagit à l'avis favorable de la commission des Affaires juridiques du Parlement européen visant à lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen, pour ses propos comparant les prières de rue à l'occupation allemande.
Rappel des faits : mercredi, la commission des Affaires juridiques du Parlement européen, où siège Marine Le Pen, a adopté un rapport recommandant la levée de son immunité parlementaire. En cause, ses propos établissant un parallèle entre les prières de rues des musulmans en France et l'Occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. "S'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c'est une occupation de territoire", avait-elle déclaré en décembre?2010.
La levée ne sera examinée que le 2?juillet, suivie d'un vote en séance plénière. Il ne devrait pas y avoir de surprise?: le Parlement suit traditionnellement les recommandations de la commission. Si la sanction envers la présidente du FN était actée, elle permettrait alors sa mise en examen, en France, pour "provocation à la discrimination, à la violence et à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion".
Quelle est votre réaction à l'avis de la commission des Affaires juridiques du Parlement européen ?
Bernard Schmid. Marine le Pen avait comparé explicitement les prières de rue à l'occupation nazie. Avant, elle restait ambiguë. Le mot "occupation" ne faisait pas obligatoirement référence à la Seconde Guerre mondiale."
[...]
http://www.humanite.fr/politique/la-laicite-version-marine-le-pen-vise-une-religion-544355


Pourquoi j'ai voté contre l'Institut des cultures d'islam (Les invités de Mediapart / Alexis Corbière)
Médiapart - 23 avril 2013

""Les dépenses qu'a engagées la Ville de Paris" dans ce projet d'un lieu culturel et cultuel "sont imaginées au point de départ, pour permettre l'exercice d'un culte" : c'est en cela que cette "usine à gaz juridique" est contraire à la loi de 1905, affirme Alexis Corbière, élu du Parti de gauche au Conseil de Paris, qui justifie ici son vote du lundi 22 avril lors du conseil municipal parisien.
Lundi, lors du Conseil de Paris, avec ma collègue Danielle Simonnet, élue du Parti de gauche, j'ai voté contre la délibération concernant le futur Institut des cultures d'islam. Ce grand projet est composé de deux sites, l'un rue Stephenson (d'une surface de 1 388 m2) et l'autre rue Polonceau (de 2 011 m2), dans le secteur de la Goutte d'Or, à Paris. Initié depuis 2006 par Bertrand Delanoë et son équipe, et notamment Daniel Vaillant, maire du XVIIIe, souvent présenté hâtivement comme "la" seule solution contre les prières de rues qu'a connu le quartier, l'ICI doit ouvrir en 2014. Il entend faire "cohabiter" dans un même bâtiment des lieux culturels et des lieux de culte. Pour ma part, je ne suis pas d'accord. [...]
A mes yeux, l'ICI, par son existence même, piétine l'article 2 de la loi de 1905 qui affirme d'abord que "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", et ajoute: "En conséquence, à partir du 1er janvier 1906 (...) seront supprimés des budgets de l'Etat, des départements et des communes toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes".
C'est là que le bât blesse. Les dépenses qu'a engagées la Ville de Paris sont imaginées au point de départ, pour permettre l'exercice d'un culte. Sans cela, jamais ce projet n'aurait vu le jour. C'est à ce titre que la Ville devient maître d'oeuvre de la construction de deux lieux de cultes, nichés dans ces Instituts inédits."
[...]
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230413/pourquoi-
j-ai-vote-contre-l-institut-des-cultures-d-islam


Morale laïque: un gadget ou la refondation de l'école de la République ? (Régis Soubrouillard)
Marianne - 22 avril 2013

"Quelques mois après sa prise de fonction, le ministre de l'éducation avait annoncé qu'il entendait mettre en place un enseignement de la morale laïque du primaire au lycée. Après huit mois de réflexion, la mission sur la morale laïque a rendu son rapport. Si les modalités d'enseignement sont précisées (une heure d'enseignement dans le primaire et au collège), le contenu des cours reste encore relativement flou.
Réintroduire la morale à l'école. Vincent Peillon l'avait promis. La proposition faisait consensus jusque dans les familles catholiques, attestant d'une demande de morale chez les parents comme chez les enseignants. Demeurait une question aussi essentielle qu'épineuse : quelle "morale des temps modernes" enseigner et comment assurer pratiquement la transmission d'un tel contenu au-delà de grands principes. Surtout dans un contexte de "guerre des respects" opposant le respect moral au respect "mafieux", tel que le signalait les rédacteurs du rapport de la mission sur l'enseignement de la morale laïque.
Pour donner un contenu et un cadre à la morale laïque, une mission de réflexion constituée de trois personnalités avait, en effet, été mise en place en octobre 2012 composée par l'historien des idées, secrétaire national à l'éducation au parti Socialiste, Alain Bergounioux, un conseiller d'Etat, Rémi Schwartz, et Laurence Loeffel, chercheuse en sciences de l'éducation, biographe - comme Vincent Peillon - de Ferdinand Buisson (1841-1932), un des pères de la laïcité sous la IIIe République. [...]
Vincent Peillon ne sous-estime pas l'ampleur de la tâche et le risque d'exacerbation des contradictions que contient un tel projet : "Si l'école, dans son fonctionnement institutionnel et ses pédagogies tourne le dos aux valeurs qu'elle professe, ce sera un échec. La morale laïque doit donc pouvoir aussi aider l'école à se transformer: plus d'autonomie, plus d'initiative, plus de justice, plus de bienveillance".
A travers l'enseignement laïque de la morale, c'est donc bien une ambition de refondation de l'école de la République qui se profile."

http://www.marianne.net/Morale-laique-un-gadget-ou-la-
refondation-de-l-ecole-de-la-Republique_a228376.html


A Vierzon, quand les impôts deviennent le denier du culte (Rémy Beurion)
Médiapart - 8 avril 2013

"A Vierzon (Cher), la vente de l'église Saint-Eloi par le diocèse n'en finit pas d'étirer la polémique. Dernier rebondissement : la mairie fait jouer son droit de préemption pour empêcher que la Confrérie des Charitables de Saint-Eloi, aux propos douteux ne l'achète. Etrange conception de la laïcité....
Mettons de côté l'aspect financier : s'offrir une église à 170.000 euros, dès lors qu'aucune obligation stricte et impérieuse ne presse la ville de Vierzon à le faire, revêt une propension obsessionnelle compulsive à la dépense. Prenons simplement l'aspect religieux et résumons. La ville de Vierzon, si vraiment elle avait voulu transformer cette église, une fois désacralisée, en une salle de quartier ou en un centre municipal de santé, se serait mise sur les rangs, dès l'origine de la vente par le diocèse. Et la polémique qui dure depuis des mois n'aurait jamais eu lieu.
Or, la ville de Vierzon s'est interposée, par le biais de son droit de préemption, parce que la Confrérie des charitables de Saint-Eloi de Vierzon, créée par le soi-disant Grand maître Olivier Bidou, déverse une rhétorique nauséabonde et anti-mosquée, susceptible de pourrir le "vivre ensemble" vierzonnais."
[...]
http://blogs.mediapart.fr/blog/remy-beurion/080413/vierzon-
quand-les-impots-deviennent-le-denier-du-culte-0


L'Observatoire de la laïcité de nouveau sur les rails (Blandine Le Cain)
Le Figaro - 6 avril 2013

"Promis depuis des années, jamais concrétisé, l'Observatoire de la laïcité, présidé par Jean-Louis Bianco, verra le jour en 2013. Une création attendue et porteuse d'enjeux.
François Hollande l'avait annoncé en décembre dernier : un Observatoire national de la laïcité verra le jour en 2013. Jeudi, un nouveau pas a été franchi dans cette voie: un arrêté du premier ministre..."
[...]
http://recherche.lefigaro.fr/recherche/access/lefigaro_fr.php?archive=
BszTm8dCk78atGCYonbyzvLfh2yQ%2Bxa8PRw4z5cR2TLq8BFvLCHrXGGCaPDk1a3Cu2IGtjAq08M%3D


La morale n'est pas fondée sur la religion : vers une idée fondatrice de la laïcité (Colas Duflo)
L'Humanité - 4 avril 2013

"Nicolas Sarkozy, dans son discours au Palais du Latran de 2007, affirmait : "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini." Il poursuivait?: "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur." Un tel discours ne reflète pas une position isolée, mais bien plutôt une opinion en voie de se généraliser, dont l'expression par le chef d'un État officiellement laïque n'est qu'un symptôme frappant. Il s'agit de la réaffirmation d'une très ancienne thèse sur les fondements religieux de la morale. À qui ne prend pas les préjugés anciens pour des vérités éternelles et s'interroge sur ces questions, l'Entretien d'un philosophe avec Madame la Maréchale de *** de Diderot vient fournir d'utiles pistes de réflexions.
Dans ce dialogue enjoué et limpide, Diderot se met lui-même en scène, dialoguant avec une bonne dame dévote, tout étonnée de voir un athée notoire se conduire en homme de bien. Il montre que la morale n'est pas fondée sur la religion, mais bien plutôt dans la nature humaine, dans la nécessité pour la société de se maintenir et dans l'intérêt bien compris. Ce qui fait la bonne conduite d'un individu est sa bonne disposition envers son prochain, encouragée par l'éducation qu'il a reçue et par les rapports humains qui valorisent la bonne action et condamnent la mauvaise. Si la religion peut freiner quelquefois telle ou telle méchanceté, elle est en fin de compte bien plus nuisible qu'utile, parce qu'elle divise nécessairement les hommes au lieu de les réunir."
[...]
http://www.humanite.fr/politique/la-morale-n-est-pas-fondee-sur-la-religion-vers-un-519505


Solidarité avec la crèche Baby-Loup (Les invités de Mediapart)
Mediapart - 29 mars 2013

""Chaque être humain peut réfléchir sur les conditions dans lesquelles il peut porter ou non une tenue qui manifeste son appartenance. Le nier, c'est s'enfermer dans le fanatisme", estime Henri Pena Ruiz, philosophe, écrivain, ancien membre de la Commission Stasi pour l'application du principe de laïcité dans la République, qui rappelle qu'"aucune liberté, dans le cadre d'un groupe, n'est absolue".
Plus que jamais, il faut soutenir Natalia Baleato, admirable directrice de la crèche Baby-Loup qui accueille des enfants de 54 nationalités différentes et leur assure une éducation fondée sur l'émancipation laïque, respectueuse de tous, car dispensée par un encadrement soucieux d'universalité. Ce souci passe évidemment par la neutralité observée dans l'exercice de la tâche éducative. Il est inacceptable que dans une République laïque, une crèche elle-même conçue comme une structure laïque pour accueillir tous les enfants ne puisse même pas faire valoir cet esprit universaliste et en soit sanctionnée. Chacun peut bien comprendre que pour les familles qui confient leurs enfants à une crèche, il est impératif que l'encadrement respecte la neutralité dans sa tenue vestimentaire. 54 nationalités et traditions différentes. une telle diversité ne doit subir la violence d'aucune manifestation religieuse particulière. Cela va de soi, si du moins on est de bonne foi.
Aucune liberté, dans le cadre d'un groupe, n'est absolue, comme le rappellent les déclarations des droits de l'être humain. La liberté, c'est le droit de faire ce qui ne nuit pas à autrui. En fin de compte, le devoir de réserve et de neutralité, dans l'exercice d'une fonction sociale aussi précieuse que la prise en charge simultanée d'enfants d'origines et de traditions aussi diverses, est une forme de respect pour tous les autres. La personne qui ne veut pas comprendre cela et n'est attentive qu'à sa conviction."
[...]
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/290313/
solidarite-avec-la-creche-baby-loup


Concordat : le culte laissé en l'Etat (Bernadette Sauvaget)
Libération - 21 février 2013

"Le Conseil constitutionnel a confirmé, hier, le financement public des curés, pasteurs et rabbins en Alsace-Moselle.
Les "sages" n'ont pas coupé les vivres aux curés, pasteurs et rabbins alsaciens. Ils ont validé, hier, leur rémunération par l'Etat, renforçant ainsi les partisans du maintien du concordat. Inconnue des bataillons laïques, l'Association pour la promotion et l'expansion de la laïcité (Appel) avait porté, via une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), l'affaire devant le Conseil constitutionnel.
Trois départements concordataires (Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) ne sont pas soumis à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat car, en 1905, ils étaient sous domination allemande. Environ 1 400 ministres du culte y sont rémunérés par l'Etat pour un budget total de 58 millions d'euros. Majoritaire, l'Eglise catholique représente 75% des postes, les protestants 21% et les juifs 4%. [...]
Mais l'affaire de la QPC n'est qu'un épisode de la longue bataille qui devrait avoir lieu durant le quinquennat de François Hollande. Tandis que la gauche est au pouvoir, les milieux laïques souhaitent obtenir la fin du "particularisme" cultuel de l'Alsace et de la Moselle. Et, pour cela, ils sont très déterminés et très. patients. "Nous allons susciter la réflexion, organiser des colloques", prévient Patrick Kessel, président du Comité laïcité République et ancien grand maître du Grand Orient de France."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2013/02/21/concordat-le-culte-laisse-en-l-etat_883618


"Les religions sont régressives" (Henri Pena-Ruiz)
Libération - 12 février 2013

Interview de Henri Pena-Ruiz, philosophe, par Matthieu Ecoiffier
"Les religions empiètent-elles trop sur dans l'espace public ?
La laïcité n'interdit pas l'expression publique des religions mais leur mainmise sur l'espace public. Je ne dirais pas que les religions interviennent trop, en revanche, je considère que leurs interventions sont régressives voire réactionnaires. Comme sur le mariage pour tous. Les trois religions du Livre ont dit leur hostilité à ce mariage qui s'affranchit de la conception patriarcale du mariage religieux. Je ne conteste pas aux catholiques, aux musulmans ou aux juifs traditionalistes de pratiquer leur propre conception du mariage, mais je leur conteste le droit de s'insurger contre une universalisation du mariage. [...]
N'y a-t-il pas un paradoxe entre une pratique religieuse déclinante et une visibilité accrue ?
Les catholiques se rendent compte que leurs Eglises se vident. La religion en tant que conviction spirituelle est en chute libre. Le dernier ressort qui reste aux catholiques pour tenter d'enrayer cette hémorragie, c'est notamment l'école privée sous contrat. C'est d'ailleurs pourquoi ils se crispent dès qu'on remet en cause cette loi inique qui détourne l'argent public pour financer l'enseignement religieux. Les écoles sont un de leur levier de recrutement."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2013/02/12/les-religions-sont-regressives_881452


Laïcité : en finir avec le double jeu (Henri Pena-Ruiz)
Libération - 13 janvier 2013

Henri Pena-Ruiz est un philosophe, écrivain, ancien membre de la commission Stasi.
"Triste sort que celui de la laïcité dans notre pays. Evoquée sur un mode incantatoire, elle ne cesse d'être bafouée. En particulier dans le domaine scolaire. Le secrétaire général de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, tente d'enrôler les élèves de ces écoles dans des débats sur le mariage pour tous, projet émancipateur programmé par les représentants du peuple. De qui se moque-t-on en prétendant que ces débats ne sont pas un appel déguisé à manifester contre ce projet ? Un enseignant de l'école publique commettant le millième de ce genre de détournement serait vertement rappelé à la déontologie laïque. Pourquoi donc cette hargne déguisée en "discussion civique" ? Parce que le mariage pour tous relativise le mariage chrétien traditionnellement hétérosexuel et tourné vers la procréation, en en faisant désormais une option libre parmi d'autres et non plus une structure obligée. La charge est lancée au nom de la "nature". Pourtant l'avènement d'une conception plus universelle de la relation entre deux êtres humains, fondée sur l'amour, le mariage pour tous, assorti de tous les droits afférents, n'est pas moins "naturel" que le mariage patriarcal traditionnel, ni moins équilibrant pour d'éventuels enfants adoptés ou nés grâce à l'assistance médicale à la procréation (AMP). L'hypocrisie, en l'occurrence, est de faire dire à la "nature" ce que la religion veut lui faire dire. On cache ainsi le prosélytisme religieux mais cela ne doit tromper personne. Le ministre de l'Education nationale a donc raison de s'indigner. Mais il ne peut éviter de remonter à la cause première de cette faute juridique enveloppée par la rhétorique jésuitique des "débats". Et cette cause, c'est la loi Debré.
La loi du 31 décembre 1959 organise le financement public d'écoles privées sous contrat tout en leur demandant d'observer la neutralité dans l'enseignement des programmes nationaux. Mais la même loi leur reconnaît un caractère propre, nom pudique et jésuitique donné à leur orientation religieuse. En guise de neutralité de l'enseignement, c'est en fait un pouvoir de prosélytisme financé sur fonds publics qui est offert. Hypocrisie, duplicité, contradiction."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2013/01/13/laicite-en-finir-avec-le-double-jeu_873667


La laïcité sur le qui-vive (Frédéric Joignot)
Le Monde - 3 janvier 2013

"Le Canada n'hésite pas à aménager les lois du pays pour satisfaire des demandes de minorités religieuses. Dans la France laïque, plusieurs conflits montrent que la question des "accommodements raisonnables" reste épineuse.
Avant les fêtes, par deux fois, les médias se sont enflammés. Des responsables publics auraient cédé aux pressions de musulmans. A Montargis (Loiret), une directrice d'école maternelle aurait refusé de faire venir le Père Noël pour ne pas heurter leurs croyances. Au Havre, la ville aurait fait jeter des mousses au chocolat confectionnées dans les 67 cantines scolaires, parce qu'elles contenaient de la gélatine de porc."
[...]
http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/01/03/la-laicite-sur-le-qui-vive_1812595_3246.html?xtmc=religion&xtcr=6


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