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Laïcité

2015

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur la laïcité



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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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Coup de projecteur sur les crèches de Noël dans les mairies (Daniel Roucous)
L'Humanité - 16 décembre 2015

"Sous couvert d'exposition la crèche de Noël dans le hall de la mairie de Béziers est autorisée par le tribunal administratif de Montpellier en attendant la décision de la cour administrative d'appel et le Conseil d'Etat en dernier recours.
110 ans après la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, la question des crèches de Noël dans les mairies n'est toujours pas réglée.
D'accord, cette querelle à la Don Camillo/Péponne semble dérisoire face aux préoccupations du petit peuple de Provence et d'ailleurs représentés par les santons. Il n'empêche la question : "culturelles ou cultuelles les crèches de Noël ?" soulève un des grands principes du vivre ensemble en France : la laïcité.
La loi de 1905, à l'origine de cette laïcité, répond cultuelles et donc les interdit dans les mairies et tous bâtiments publics. La pratique et les coutumes répondent culturelles et donc les installent partout en dehors des églises. avec parfois l'aval des tribunaux. Tentative d'explications. [...]
En attendant que le Conseil d'Etat se prononce, la jurisprudence est discordante sur la question des crèches dans les mairies et bâtiments publics."
[...]
http://www.humanite.fr/coup-de-projecteur-sur-les-creches-de-noel-dans-les-mairies-592357


Jean Glavany : "Marine Le Pen ne défend pas la laïcité mais la guerre contre l'islam" (Propos recueillis par Bruno Rieth)
Marianne - 9 décembre 2015

"Le député PS Jean Glavany, grand défenseur de la laïcité, revient pour Marianne sur cette pierre angulaire de l'édifice républicain qui fête ce mercredi les 110 ans de la loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Il réfute l'idée d'une laïcité servant à combattre les religions et rappelle que ceux "qui ont été les plus farouches partisans de la laïcité étaient les protestants." Et de démonter l'idée d'une Marine Le Pen républicaine : "Madame Le Pen n'est pas du tout laïque". [...]
Marianne : Sauf que l'on sent un glissement vers l'idée que la laïcité doit servir à combattre les religions...
Mais ce n'est pas l'objet de la République de combattre les religions. Si j'osais dire, elles se combattent très bien toutes seules. La laïcité n'a pas été faite pour combattre les religions. D'ailleurs, si vous êtes un peu historien et que vous vous replongez dans les débats d'avant 1905, ceux qui ont été les plus farouches partisans de la laïcité étaient les protestants. Parce qu'il était une minorité écrasée par la religion dominante qui était la religion catholique. [...] Marianne : Il faudrait donc faire plus de pédagogie pour endiguer ce "hold-up lexical" de la laïcité par le FN ?
Evidemment. C'est parce que l'on n'a pas suffisamment fait la pédagogie de la laïcité, que l'on ne l'a pas assez défendue, pas assez incarnée, pas assez promue qu'elle est récupérée. Nous avons laissé faire ce hold-up qui, à mon sens, va apparaître comme une supercherie, une malhonnêteté. Madame Le Pen n'est pas du tout laïque. Elle n'attaque qu'une religion et une seule, la religion musulmane et elle en défend qu'une et une seule, la religion catholique. Elle souhaite une revanche de la religion catholique sur la société française. Il suffit de l'écouter ou de voir sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, entretenir des affinités très grandes avec les milieux catholiques intégristes. Ce n'est pas du tout la laïcité qu'elle défend mais la guerre contre l'islam. C'est tout sauf la laïcité."
[...]
http://www.marianne.net/jean-glavany-marine-pen-ne-defend-pas-laicite-guerre-contre-islam-100238546.html


Vu du Royaume-Uni. Cantines : la laïcité instrumentalisée (The Guardian - Londres)
Courrier International - 4 novembre 2015

"fin des menus de substitution à l'école est-elle une victoire pour la laïcité ou tout simplement un exemple d'intolérance religieuse ? Reportage à Chilly-Mazarin, une des villes qui a voté pour.
Aïcha Tabbakhe est restée perplexe lorsqu'elle est allée remplir les formulaires d'inscription de ses enfants à la cantine scolaire : la case qu'elle cochait habituellement pour indiquer qu'ils ne mangeaient pas de porc avait mystérieusement disparu. "Confuse, j'ai appelé la mairie et on m'a carrément dit : 'A partir de maintenant, c'est ainsi que les choses fonctionnent.' Du porc sinon rien", raconte-t-elle. Après plusieurs années de controverse sur le port du voile, le porc est devenu le nouveau sujet dans le débat houleux sur l'identité nationale et la place de l'islam en France. Les politiques de droite utilisent les saucisses et les lardons servis dans "
[...]
http://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-cantines-la-laicite-instrumentalisee


Robert Ménard l'anti-laïque (Alexis Corbière)
Marianne - 6 août 2015

"Le 12 août prochain, la Feria de Béziers débutera par une grande messe publique à l'initiative du maire, Robert Ménard. Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, se demande "Et la laïcité dans tout cela ?" et considère qu'elle est "bien sûr totalement méprisée". Incité par des décisions de justice qui lui sont jusqu'à présent favorable, "M. Ménard et ses amis du FN se jugent intouchables" estime ce proche de Jean-Luc Mélenchon.
Cette année à Béziers la Feria 2015 commencera "évidemment par une messe dans les arènes. Ce sera un office plus majestueux que l'an dernier avec un autel et une croix dignes de ce nom". Qui s'exprime ainsi ? L'archiprêtre de la Cathédrale de Béziers ? Absolument pas. Le prêtre en charge de la petite chapelle des Arènes ? Non plus. Ces propos sont directement de M. Robert Ménard le maire apparenté FN de Béziers.
Pour la deuxième année, de façon tapageuse, Ménard est à l'initiative de l'organisation et de la promotion d'une grande messe publique dans les Arènes de la ville. Nulle tradition là-dedans, puisqu'avant l'arrivée de Robert Ménard à la mairie, dans le programme de cette Féria datant de 1973 cet événement n'existait pas. Nulle volonté des autorités religieuses biterroises non plus, puisqu'elles apprécièrent peu en 2014 cette initiative. Homme de dialogue et de fraternité, Le père Luc Jourdan, archiprêtre de la cathédrale Saint-Nazaire, vicaire épiscopal de Béziers, avait tenu à réagir aux paroles de Robert Ménard qui s'était félicité bruyamment dans la presse d'avoir "démocratisé la messe". "Je lis ce matin avec stupeur ces propos" avait dit l'homme de foi. "La Sainte Messe étant l'expression publique du cour du mystère chrétien, ce n'est ni le nombre de participants, ni le lieu de la messe qui en fait le "succès" d'un point de vue religieux.""
[...]
http://www.marianne.net/agora-robert-menard-anti-laique-100235908.html


En Alsace-Moselle, les cours de religion pourraient devenir optionnels (Edouard Mareschal)
Le Figaro - 20 mai 2015

"L'Observatoire de la laïcité préconise que l'enseignement religieux obligatoire sorte de l'emploi du temps et devienne une option. Les cultes reconnus craignent un risque de marginalisation.
L'enseignement catholique, protestant et judaïque en Alsace-Moselle pourrait être relégué en dehors du programme scolaire obligatoire. Fruit des aléas de l'histoire, l'enseignement religieux fait toujours partie de l'enseignement public dans ces trois départements.
[...]
http://recherche.lefigaro.fr/recherche/access/lefigaro_fr.php?archive=BszTm8dCk78atG
CYonbyzqPoABKvGCYJPY2JuBtgQqKJvSLlDvOFCwbqdruf7pPou2IGtjAq08M%3D


Retrouver, à gauche, les valeurs de la laïcité (Philippe Guittet)
Libération - 9 avril 2015

Philippe Guittet est proviseur honoraire, ancien secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN).
"La laïcité a des objectifs ambitieux et indissociables : liberté de conscience, égalité des personnes indépendamment de toute considération de croyance, de sexe ou d'origine, construction d'un avenir commun dans un pays où l'accueil des différences se fait dans le respect des valeurs de la République. La laïcité est un instrument de cohésion sociale et un engagement contre toute forme de discrimination. Elle impose d'être plus clair que ne le sont les partis de gauche, ainsi que nombre d'intellectuels.
Refuser la discrimination n'implique pas de s'aligner sur le modèle anglo-saxon du droit à la différence, qui oppose les minorités et favorise le communautarisme. Certains dans notre pays (Indigènes de la République, Cran) voudraient pourtant le promouvoir. (...)
A l'université, les pressions se font de plus en plus fortes empêchant certains enseignants d'assurer leurs cours. Il est urgent de pouvoir protéger leur enseignement des oukases religieux et communautaires. Les groupes religieux testent l'Etat en demandant des accommodements de plus en plus larges qu'il faut endiguer. La Cour de cassation, dans l'affaire Baby Loup, a estimé qu'une entreprise privée ou une association pouvait aussi restreindre "la liberté de ses salariés de manifester leurs convictions religieuses sur leur lieu de travail" si cela était justifié par "la nature du travail à accomplir" et si la mesure "était proportionnée au but recherché"."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2015/04/09/retrouver-a-gauche-les-valeurs-de-la-laicite_1237897


"A priori antimusulman à gauche": Jean Glavany dénonce la position de Jean-Louis Bianco (Jean Glavany)
Médiapart - 18 mars 2015

"Jean Glavany, député des Hautes-Pyrénées et membre du conseil national à la laïcité au PS, réagit à l'interview de Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, sur la proposition de loi visant à interdire le port du voile dans les crèches privées, adoptée en commission des lois.
Il y a deux mois a` peine, la France entière, ou presque, "e?tait Charlie". Soit.
Cet engagement du peuple franc?ais, descendu massivement dans les rues le 11 janvier e?tait-il e?phe?me`re ? S'inscrit-il dans la dure?e ? [...]
C'est a` l'aune de cette injonction que je souhaite re?pondre a` l'interview surprenant du Pre?sident de l'Observatoire de la Lai?cite? dans ces colonnes, selon lequel il existerait un "a priori antimusulman, y compris a` gauche".
Je passe sur l'ide?e qu'on puisse e^tre de gauche et antimusulman. Pourquoi pas de gauche et raciste ? Remarquez il y a bien un antise?mitisme a` gauche. Mais c?a n'est pas ma gauche, notre gauche, la Gauche...
Mais je veux insister surtout sur la rengaine de l'islamophobie oppose?e a` l'esprit me^me de la philosophie des lumie`res : alors qu'on vient de se battre tous ensemble pour la liberte? d'expression pousse?e a` ses limites, la caricature, voila` qu'il ne serait plus possible de critiquer les religions ? ? Il faudrait jeter aux oubliettes le si pre?cieux esprit-critique de nos grands penseurs du 18e`me sie`cle ?
Il faudrait mettre a` l'abri de l'analyse critique les religions sous pre?texte que ce serait "religiophobe" et, en particulier, la religion musulmane car c?a serait "islamophobe" ?"
[...]
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/180315/priori-antimusulman
-gauche-jean-glavany-denonce-la-position-de-jean-louis-b


Laïcité et islam de France : que de gâchis et de temps perdu (Claude Nicolet)
Marianne - 11 mars 2015

Claude Nicolet est secrétaire national du MRC en charge de la Laïcité et de la Citoyenneté, Premier secrétaire du MRC Nord et conseiller régional Nord-Pas-de-Calais.
"Gouverner est un art difficile. Incontestablement la période actuelle en est la démonstration. A ce titre, suite aux attentats de janvier dernier, le ministre de l'Intérieur a fait, lors du conseil des ministres du 25 février dernier un certain nombre d'annonces, suivies d'un discours le même jour, à la mosquée de Cenon, près de Bordeaux. L'objet de ces interventions : la place de l'islam en France et dans la République.
Dans ces temps difficile, la démagogie n'est pas de mise. Un gouvernant ne peut et ne doit se désintéresser de la question religieuse, ce serait une erreur qui pourrait devenir une faute. Si les deux interventions de Bernard Cazeneuve sont de qualité, elles appellent néanmoins quelques commentaires. Tout d'abord le rappel salutaire par le ministre que "nous sommes un peuple, un seul et unique peuple, quelles que soient nos origines, quelles que soient nos convictions ou nos croyances. Nous sommes tous Français. La République ne fait pas de distinctions parmi ses enfants : généreuse et bienveillante, elle les accueille tous en son sein. Et en République, il n'y a qu'une seule communauté : la communauté nationale que nous formons tous ensemble." Ce rappel, pour évident qu'il paraît à nos yeux, n'en vient pas moins heurter l'idéologie en vogue des différentialistes et communautaristes de tous poils qui ne cessent de vouloir séparer les Français et qui mettent à mal les fondamentaux de la nation républicaine. [...]
N'est-ce pas d'abord au sein de l'école de la République que doivent être forgées les armes contre tous les intégrismes et tous les communautarismes ? La loi de 1905 se voulait une loi d'apaisement mais également un moyen d'arracher la jeunesse française à l'influence catholique afin d'assoir la République dans les coeurs et les consciences. C'est d'abord à l'école de la République qu'il convient de "fabriquer" des républicains et des citoyens. Là est le coeur de la laïcité. [...]
A force d'avoir sous-traité la paix sociale à certaines mosquées, nous avons laissé partir l'essentiel. Dans cette affaire, les réalités géopolitiques nous ont rattrapées et à force d'avoir sous-traité la paix sociale à certaines mosquées, leurs financements à certains Etats étrangers, peut-être pour une impression de confort à courte vue, nous avons laissé partir l'essentiel ; sans républicains la République n'existe pas. Dans ces conditions, comment demander au "commun" de croire dans un modèle auquel n'adhère plus que de loin, celles et ceux qui sont sensés le mettre en oeuvre ? De même, que de retards accumulés sur la formation des imams, des aumôniers et sur la théologie islamique dans l'université française."
[...]
http://www.marianne.net/agora-laicite-islam-france-que-gachis-temps-perdu-100231970.html


Islam et laïcité : l'UMP s'engouffre dans le débat (Ellen Salvi)
Médiapart - 3 mars 2015

"L'UMP relance sa réflexion sur "ce que l'islam peut faire pour devenir l'islam de France" sous la houlette des députés Guaino et Darmanin. Une mission d'autant plus ardue qu'elle souffre de précédents calamiteux : stigmatisations, dérapages racistes et dérives frontistes.
Pour le moment, ils commencent tout juste à travailler. Ce mardi 3 mars, ils ont déjeuné avec les responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet et de Nicolas Sarkozy, qui avait créé cette autorité en 2003, lors de son passage au ministère de l'intérieur. A l'issue de ce déjeuner qui aura duré près de deux heures, le patron de l'opposition a annoncé que son parti et le CFCM allaient tenter "de sortir un texte commun" sur "le voile, les prières dans la rue, la formation des imams, sur les discours de ces imams, sur les financements", afin de "régler cette question dans l'apaisement".
Il s'agit là du premier grand rendez-vous de la série de "consultations" que les députés UMP Gérald Darmanin et Henri Guaino souhaitent mener courant mars. Chargés par l'ex-chef de l'État d'engager une vaste réflexion sur "ce que l'islam peut faire pour devenir l'islam de France", les deux élus entendent voir "le maximum de monde". Pour "comprendre". Et surtout, "pour se mettre d'accord sur quelques sujets simples"."
[...]
http://www.mediapart.fr/journal/france/030315/islam-et-laicite-lump-sengouffre-dans-le-debat


Quelle laïcité pour demain ? (Nicolas Dutent)
L'Humanité - 13 février 2015

Entretiens croisés réalisés par Nicolas Dutent.
"Table ronde avec Catherine Kintzler, philosophe, André Tosel, philosophe et Isabelle Saint-Martin, directrice de l'Institut européen en sciences des religions, rattaché à l'École pratique des hautes études.
La laïcité, dans sa visée pratique et théorique, revient avec force dans le débat public. Après les attentats récents dont la France a été victime, le gouvernement entend réformer l'enseignement de la laïcité en ayant recours à de nouveaux outils pédagogiques.
Enseignement laïc du fait religieux, origines de la laïcité, discordes sur le contenu politique et philosophique de ce concept... Trois intellectuels nous apportent leur éclairage sur ce sujet brûlant et complexe.
De vifs débats, assortis parfois de tensions, entourent les échanges touchant à la laïcité. Est-ce le signe d'un malentendu ou d'un malaise plus profond ?
Catherine Kintzler : Le régime de laïcité est difficile à comprendre car il repose sur une dualité de principe. D'une part, ce qui participe de l'autorité publique s'abstient au sujet des croyances et incroyances - c'est le principe de laïcité stricto sensu. D'autre part, partout ailleurs y compris en public, c'est la liberté d'expression qui s'exerce dans le cadre du droit commun. La méconnaissance de cette dualité entraîne des malentendus, parfois entretenus par des "malentendants" hostiles à la laïcité ! Une première dérive consiste à vouloir étendre à l'autorité publique le principe qui vaut pour la société civile?: ce sont les tentatives d'"accommodements", de "toilettage", en fait de reconnaissance des communautés en tant qu'agents politiques. L'autre dérive, symétrique, consiste à vouloir appliquer à la société civile l'abstention que la laïcité impose à l'autorité publique?: position extrémiste qui prétend "nettoyer" l'espace social de toute visibilité religieuse (brandie principalement contre une religion). Or la laïcité n'est ni l'un ni l'autre. [...]
Isabelle Saint-Martin. [...] Une laïcité "intelligente" devrait mettre en pratique la célèbre phrase de Gabriel Séailles, militant de la Libre Pensée?: que se trouvent réunies les conditions pour qu'on puisse "être athée sans être traité de scélérat et croire en Dieu sans être traité d'imbécile". Il faut rappeler qu'en France, la laïcité n'est pas une option philosophique parmi d'autres, on peut être athée ou croyant et laïc."
[...]
http://www.humanite.fr/quelle-laicite-pour-demain-565529


Religion, laïcité, spiritualité : quelle place pour les athées dans le débat actuel ? (André Comte-Sponville)
francetvinfo - 25 janvier 2015

Propos recueillis par Tatiana Lissitzky
"[...] francetv info : "Quand on est athée, on a aussi des convictions", a rappelé le dessinateur Riss, blessé lors de l'attaque contre Charlie Hebdo. Etre athée n'est pas seulement la négation de Dieu, c'est donc aussi l'affirmation de convictions ?
André Comte-Sponville : Bien sûr. L'athéisme, c'est avant tout être convaincu que Dieu n'existe pas, mais les athées ont d'autres convictions que leur seul athéisme.
L'athéisme n'est ni une philosophie, ni une religion. Certains athées sont humanistes. D'autres non. Certains sont de droite, d'autres de gauche... Les athées n'ont, par principe, pas à être d'accord entre eux sur des convictions positives. Alors que les chrétiens sont d'accord sur les dogmes du christianisme et les musulmans sur les grandes bases de l'islam, la seule chose qui unisse les athées, c'est cette conviction purement négative de ne croire en aucun Dieu.
La question de la laïcité est devenue centrale dans le débat après les attentats. La notion d'athéisme rejoint-elle celle de laïcité ?
L'athéisme et la laïcité sont deux choses totalement différentes. C'est justement parce que la République française est laïque qu'elle n'est pas athée. La laïcité est un type d'organisation de la cité, de la société. Elle interdit à l'Etat de prendre position en matière religieuse.
Un état est laïque quand l'Etat et les Eglises sont séparés, que l'Etat ne prétend pas régenter les Eglises et que les Eglises ne prétendent pas gouverner l'Etat. Un Etat laïque garantit le droit d'avoir la religion que l'on veut, le droit de n'avoir aucune religion ou de changer de religion.
Pour essayer de lutter contre les amalgames, promouvoir à nouveau la laïcité, et surtout contrer les réactions hostiles aux hommages, constatées dans de nombreux établissements scolaires, le gouvernement a annoncé qu'il allait instaurer des enseignements moraux et laïcs. Pensez-vous que cela peut permettre de lutter contre les communautarismes ?
Apprenons déjà aux enfants à lire et à écrire correctement. Il est plus important qu'un élève du lycée arrive à lire Pascal, Spinoza, Montaigne ou Descartes, plutôt qu'il reçoive des cours sur le fait religieux ou la morale laïque. L'école est là pour transmettre, pour donner accès à la culture. Le problème, c'est qu'elle y arrive de moins en moins. Mieux vaut faire de la philosophie que compter sur deux heures de cours mal bricolés de morale ou de fait religieux."
[...]
http://www.francetvinfo.fr/societe/debats/religion-laicite-spiritualite-quelle-
place-pour-les-athees-dans-le-debat-actuel_805105.html#xtor=AL-79-%5Barticle%5D


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