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Laïcité

2009

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur la laïcité



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Le ras-le-bol d'une citoyenne laïque, féministe et athée (Anne Zelensky)
Le Monde - 22 décembre 2009

"Préservons l'idéal républicain. Partout retentit le même son de cloche : les religions seraient brimées, en particulier l'islam. Tous ceux qui font l'opinion, et ceux qui la représentent, ressassent la même antienne. Le grand débat national tourne en fait autour d'une défense du religieux. Haro sur les islamophobes, sur les vilains Suisses anti-minarets, sur l'imaginaire "catho laïque"... Mais où sommes-nous donc ? En république laïque ? Ou en république théocratique ? L'apport majeur de la laïcité - la vraie, celle qui n'est ni ouverte ni fermée, la laïcité tout court -, c'est de faire de l'espace public un lieu de partage des valeurs communes, et non un lieu d'exhibition de la différence religieuse" [...]


M. Portier : "La laïcité d'intégration joue aussi pour les musulmans" (Philippe Portier)
Le Monde - 13 décembre 2009

Propos recueillis par Stéphanie Le Bars
"Philippe Portier est directeur du Groupe sociétés, religions et laïcités à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE). Il décrypte les débats récents sur la place des religions, et notamment de l'islam, dans l'espace public français. Pour lui, la France est marquée par une "laïcité d'intégration", qui, au-delà de certains discours, profite aussi aux musulmans.
Comment interprétez-vous le positionnement de Nicolas Sarkozy dans le débat sur l'identité nationale, qu'il semble réduire à la question de l'islam en France ?
Il s'agit d'un texte d'intervention dans le débat actuel sur l'islam. Hier, le discours du président de la République valorisait les religions dans leur capacité à mettre en place des dispositifs pour faciliter l'intégration sociale, et participer à la recherche du sens dans la vie collective. Aujourd'hui, dans un contexte marqué par le débat sur la burqa et les minarets, il insiste sur le fait que l'islam en tant que religion d'immigration doit être respectueux du pacte civique, qu'il fait reposer sur une double assise, chrétienne et républicaine.
Deux ans après le discours de Latran, qui exaltait le rôle des religions dans la société, cela remet-il en question le concept de "laïcité positive" cher au président de la République ?
Je ne crois pas. Dans ses discours apparemment changeants s'exprime une cohérence : on relève à la fois le projet d'insérer les religions dans la sphère publique, en tant que ferments de civilisation et facteurs de stabilisation, et une défiance à l'égard des affirmations de foi dès lors qu'elles contredisent l'éthique des droits de l'homme. Même si on constate aujourd'hui une ferme mise en garde à l'islam, le discours de M. Sarkozy marque une grande continuité. Il défend ce que j'ai pu appeler une "laïcité d'intégration"."
[...]
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/12/12/m-portier-la-laicite-d-integration-joue
-aussi-pour-les-musulmans_1279792_3224.html


Le droit accordé au Vatican de reconnaître des diplômes est une entorse à la laïcité (Jean-Michel Baylet)
Le Monde - 21 mai 2009

Jean-Michel Baylet est président du Parti radical de gauche (PRG) et sénateur du Tarn-et-Garonne.
"La liberté des universités catholiques en jeu. Dans la conception qu'en ont toujours eue les radicaux, le principe de laïcité n'est absolument pas une pensée de combat antireligieuse. C'est, au contraire, la vision d'un rempart de neutralité absolue protégeant toutes les institutions publiques - et spécialement l'école - contre les influences confessionnelles certes, mais aussi économiques ou partisanes. Selon cette approche, c'est la laïcité elle-même qui garantit le libre exercice des choix de conscience, notamment des choix religieux par des citoyens librement éclairés. Telle est la philosophie qui nous permet aujourd’hui encore, pour ce qui concerne la France, d’affirmer que l’école libre est l’école de la République.
En application de ce principe, l’Etat détient le monopole de la délivrance des diplômes, monopole qu’il exerce, pour l’enseignement supérieur, par le biais des universités publiques. Hors le cas des départements concordataires d’Alsace-Moselle, les instituts d’enseignement supérieur privés existant en France doivent faire valider leurs formations profanes (l’enseignement théologique n’étant à l’évidence pas de la compétence de l’Etat) par des universités publiques ou par des jurys installés par l’autorité étatique.
Tout aurait pu continuer ainsi, à la satisfaction des parties concernées, sans la volonté du chef de l’Etat, exprimée dans son fameux discours de Latran, de replacer l’identité collective et républicaine française dans une sorte de berceau chrétien, ou encore de matrice catholique, renvoyant à égalité les figures emblématiques du curé et de l’instituteur, incarnations de la foi et de la raison."
[...]


Henri Pena-Ruiz : "la laïcité ne peut se dissocier de la justice sociale" (Henri Pena-Ruiz)
L'Humanité - 11 mai 2009

Entretien réalisé par Mina Kaci.
"Le philosophe estime que la laïcité est un idéal d’émancipation universel. Son combat acharné pour une République sociale et laïque le conduit à soutenir le Front de gauche pour le 7 juin.
Vous êtes régulièrement invité à vous exprimer sur la laïcité dans des rencontres publiques. Ce sujet continue-t-il à intéresser, à passionner les citoyens ?
Henri Pena-Ruiz. Depuis 2005, date de la célébration du centenaire de loi de séparation de l’Église et de l’État, les débats sont récurrents sur ce sujet. Il refait surface avec le retour en force des fanatismes politico-religieux dans le monde, bien que certains estiment que ce débat appartient à la IIIe République et serait donc dépassé. En fait, la laïcité a souffert du fait qu’elle semblait acquise, comme l’est l’école publique. Tout le monde savait plus ou moins de quoi il s’agissait, sans pour autant qu’elle soit explicitée. Au point qu’elle fut parfois amalgamée à l’hostilité envers les religions, ce qui est évidemment le principal contresens à éviter. Ne confondons pas les luttes historiques nécessaires à l’avènement d’un idéal et le sens profond de cet idéal. La laïcité ne combat pas la conviction religieuse elle-même, mais le fait qu’elle soit érigée en référence obligatoire.
Pourquoi les débats sur la laïcité reviennent-ils sur le devant de la scène ?
Henri Pena-Ruiz. Nous vivons une époque paradoxale : jamais notre monde n’a disposé d’autant de moyens d’accomplissement universel sur le plan scientifique et technique. Les moyens existent pour nourrir toute la population du globe et lui permettre de vivre décemment. Or la figure du capitalisme mondialisé est productrice de chômage, de déshérence, de désespérance. Avec l’échec des alternatives à ce système, les citoyens considèrent que nous sommes dans une impasse face à ce capitalisme qui se prétend indépassable. Dans ce contexte ressurgit un besoin de religiosité, un besoin de compensation. Les fanatismes politico-religieux en tirent profit."
[…]
http://www.humanite.fr/2009-05-11_Politique_Henri-Pena-Ruiz-la-laicite-ne-peut-se-dissocier-de-la-justice


Quand le prêtre formera l'instituteur (Caroline Fourest)
Le Monde - 2 mai 2009


L'Elysée bénit les diplômes cathos (H.L.)
Le Canard Enchaîné - 22 avril 2009

"Sarko vient donc de torpiller un des piliers de la laïcité. Un décret du président de la République, paru le 19 avril au "Journal Officiel", abolit de facto une vieille loi de 1880 qui enlevait aux établissements catholiques le droit de distribuer des diplômes universitaires reconnus par l'Etat. Le décret légalise les termes d'un accord, signé le 18 décembre dernier, entre le Saint Siège et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner portant sur la reconnaissance mutuelle des diplômes. Désormais, seul un hypothétique recours devant le Conseil d'Etat pourrait faire capoter cette œuvre pie.
L'accord s'applique, en effet, aussi bien sur le territoire du Vatican qu'en France aux "universités catholiques, facultés ecclésiastiques et établissements supérieurs dûment habilité par le Saint-Siège". En clair, les facs cathos, qui enseignent aussi bien la théologie que la médecine, les lettres, le droit ou l'économie, pourront, elles aussi, délivrer des doctorats, des masters ou des licences. [...]
A ce train-là, Sarko va finir par être béatifié."



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