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Politique française :
religion, intégrisme, laïcité...

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également Politique internationale et Politique : élection américaine


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Comment Fillon le "chrétien" a mis la question de la religion dans le débat de la présidentielle (Manon Rescan)
Le Monde - 11 janvier 2017

"Après la déclaration du candidat de la droite sur le plateau de TF1, les candidats à l'élection présidentielle ont été poussés à réagir sur la place de la foi dans la vie publique.
Il a suffi d'un mot de François Fillon. Un mot qui devait adoucir la "radicalité" - comme il le qualifie lui-même - de son projet social lors de sa rentrée politique, après les vacances de Noël. En affirmant qu'il était "chrétien" sur le plateau de TF1 le 3 janvier, le candidat de la droite faisait une fois de plus intervenir la question du religieux dans une campagne pour la présidentielle, où elle est décidément très présente. Un thème dont la récurrence dans le débat public est inédite, et sur lequel les autres politiques ont été amenés à se prononcer après la sortie de François Fillon.
Sur le plateau de "On n'est pas couché" samedi 7 janvier, Vincent Peillon a ainsi dénoncé "une atteinte à la laïcité sans précédent", lui qui fait campagne pour la primaire à gauche sur la défense de celle-ci. "Aujourd'hui il y a un grand déballage religieux partout, donc ça vaut pour tout le monde. Moi je veux qu'on arrête de mettre la religion, d'ailleurs la plupart des Français n'en veulent pas, au cour de la vie politique", avait-il lancé quelques jours auparavant sur Radio classique."
[...]
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/01/11/comment-fillon-le-chretien-a-mis-la-question-de-la-religion-dans-le-debat-de-la-presidentielle_5061055_4854003.html?xtmc=religion&xtcr=47


Fillon "chrétien" : "déplacé" selon Bayrou, "une faute" pour Guaino (Louis Hausalter)
Marianne - 5 janvier 2017

"Pour tenter de rassurer sur son programme, le candidat de la droite à la présidentielle s'est défini comme "gaulliste" et "chrétien". "Une dérive", s'indigne le président du MoDem, tandis qu'Henri Guaino dénonce "une faute morale".
François Fillon est catholique, mais il était toujours resté relativement discret sur ce point au cours de sa (longue) carrière politique. Sauf depuis quelques mois... Bizarrement, l'ancien Premier ministre, vainqueur de la primaire de la droite en novembre, semble désormais ressentir une irrésistible envie de mettre en avant sa religion sur la scène publique. Il l'a encore fait mardi 3 janvier sur TF1. Interrogé sur son programme pour la Sécurité sociale, Fillon a invoqué sa confession pour tenter de rassurer sur ses intentions : "Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité."
Des propos qui ont choqué François Bayrou. "Franchement, qu'est-ce que ça a à voir ?, s'est indigné le président du MoDem, ce mercredi 4 janvier sur iTélé. Je suis croyant, je ne vais pas m'offusquer d'un mouvement de foi. Mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée ? Le principe de la France, c'est qu'on ne mélange pas religion et politique.""
[...]
http://www.marianne.net/fillon-chretien-deplace-bayrou-faute-guaino-100248977.html


Vincent Peillon fait le lien entre laïcité et port de l'étoile jaune (LEXPRESS.fr)
L'Express - 4 janvier 2017

"Le candidat à la primaire de la gauche a mis le feu aux poudres en faisant une comparaison mardi entre les instrumentalisations de la laïcité et le sort des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Il a dû préciser sa pensée ce mercredi.
Une comparaison qui passe mal. Invité de France 2 mardi soir, Vincent Peillon voulait dénoncer l'instrumentalisation par certains de la laïcité. "Si certains veulent utiliser la laïcité, ça a déjà été fait dans le passé, contre certaines catégories de populations, c'était il y a quarante ans les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c'est aujourd'hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu'on amalgame d'ailleurs souvent avec les islamistes radicaux", a déclaré le candidat à la primaire de gauche. De quoi provoquer des réactions à droite. Pour le sénateur (LR) Roger Karoutchi, "affirmer que certains ont utilisé la laïcité pour imposer l'étoile jaune aux juif pendant la guerre" est "grave" [...]
Le Crif demande une "clarification" et un "correctif immédiat" de la part de Vincent Peillon.
Celui-ci n'a pas tardé à réagir. Sur Twitter, il dit vouloir "préciser" sa pensée et sa "conviction qu'une contraction de phrases a pu déformer". "Je n'ai évidemment pas voulu dire que c'était la laïcité qui était à l'origine de l'antisémitisme de la France de Vichy. Le régime de Vichy ne se réclamait pas de la laïcité, bien au contraire."
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/vincent-peillon-fait-le-lien-entre-laicite-et-port-de-l-etoile-jaune_1865672.html


Non, Peillon ne veut pas "tuer le catholicisme" (Vincent Coquaz)
Libération - 28 décembre 2016

"INTOX. Le candidat à la primaire de la gauche, Vincent Peillon, aurait déclaré que "le catholicisme doit disparaître". A en croire des propos et des visuels partagés sur Twitter et Facebook plusieurs centaines de fois depuis une semaine, l'ancien ministre de l'Education aurait même expliqué que "le catholicisme est incompatible avec la liberté, contrairement à l'islam !". [...]
DESINTOX. Vincent Peillon n'a en fait jamais estimé que le catholicisme "devait disparaître" ni comparé cette religion avec l'islam dans leurs rapports avec la liberté. L'intox n'est pas récente : elle remonte à 2013 mais a resurgi à la faveur de l'annonce de la candidature de Vincent Peillon, le 11 décembre, et de l'esprit de Noël (avec les polémiques autour de la laïcité qui l'accompagnent).
La phrase "le catholicisme est incompatible avec la liberté, contrairement à l'islam" vient en fait du site d'extrême droite islamophobe Riposte laïque. Dans un article publié le 3 septembre 2013, le site s'attaquait à deux phrases de Peillon. La première est extraite d'une vidéo de présentation de son livre La Révolution française n'est pas terminée, de 2008. Dans une longue démonstration sur la Révolution française, l'homme politique expliquait ainsi qu'"on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique" (à 2 minutes 38 dans la vidéo ci-dessous) pour justifier l'invention d'une "religion républicaine", en d'autres termes, la laïcité."
[...]
http://www.liberation.fr/desintox/2016/12/28/non-peillon-ne-veut-pas-tuer-le-catholicisme_1537861


"Islamique", "islamiste" : la fâcheuse confusion de François Fillon (Abdennour Bidar)
L'Obs - 27 décembre 2016

"Surpris par le titre du dernier ouvrage du candidat de la droite à la présidentielle, le philosophe et essayiste Abdennour Bidar observe : "Le diable est dans les détails, surtout quand on parle de religion..."
J'ai lu attentivement le livre de François Fillon "Vaincre le totalitarisme islamique". Une question m'a très vite accompagné. Pourquoi "islamique" dans le titre puis "islamiste" dans le livre lui-même ? Page 48, plus précisément : "Si je parle de totalitarisme islamiste, c'est en connaissance de cause et non pour faire rouler ces mots dans ma bouche." Le diable est dans les détails, surtout quand on parle de religion...
L'islamisme, comme l'explique très bien François Fillon plus loin, c'est "la montée d'un islam rigoriste, peu importe qu'on l'appelle islamisme, salafisme ou fondamentalisme, et qui est à l'oeuvre partout dans le monde, à commencer par le monde musulman". En effet, mais alors ma fausse naïveté s'étonne : comment se fait-il que cette pathologie "islamiste" de l'islam soit appelée "islamique" dans le titre, comme si le mal était dans l'essence même de l'islam ?
Le mot "islamique" désigne simplement en effet ce qui relève de la civilisation de l'islam : philosophie islamique, art islamique, religion islamique, etc., tandis qu'"islamiste" désigne proprement ce qui dans cette civilisation relève d'un radicalisme religieux. Le "totalitarisme islamiste" ne peut donc pas être qualifié en même temps d'"islamique", ou bien c'est la civilisation même de l'islam qui est associée à ce totalitarisme..."
[...]
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/election-presidentielle-2017/20161129.OBS1885/islamique-islamiste-la-facheuse-confusion-de-francois-fillon.html


Primaire à gauche : pour atteindre Valls, c'est la laïcité que Peillon attaque ! (Fatiha Boudjahlat et Céline Pina)
Marianne - 19 décembre 2016

"Vincent Peillon, qui quand il était ministre de l'Education Nationale fut à l'origine de la charte de la laïcité en 2013, se place désormais sur le terrain des accommodements tous azimuts.
"Un jour nous irons vivre en théorie parce qu'en théorie tout se passe bien" et nous y retrouverons Vincent Peillon qui manifestement y vit depuis un temps certain. En effet, le énième candidat à la Primaire du PS était l'invité de Ruth Elkrieff, vendredi 16 décembre sur BFMTV et il a réussi l'exploit de parler de sa candidature à la présidence de la république, de laïcité, de Syrie et d'islamisme sans faire une seule fois référence aux attentats et assassinats qui ont ponctué les années 2015 et 2016. [...]
Dans cette interview télévisée il reprend, et donc valide, la fausse alternative imposée par les islamistes et leurs idiots utiles, entre la gentille laïcité douce comme une lotion de bébé et celle relevant de "l'orthodoxie à rebours", de "l'intolérance" et qui "désignerait certaines populations". En cela, cet échange avec Ruth Elkrief est emblématique : il met en scène tout ce qui rend les hommes politiques méprisables : l'abandon de valeurs pour gagner des voix. Au bingo des mots à caser pour s'assurer le vote communautariste et gauchiste, Vincent Peillon a réalisé un carton plein, se dépêchant de noyer la critique des islamistes sous la mise en accusation des juifs ultra-orthodoxes et des catholiques ultras de la Manif pour Tous."
[...]
http://www.marianne.net/agora-primaire-gauche-atteindre-valls-c-est-laicite-que-peillon-attaque-100248724.html


Edito : Zélotes (Laurent Joffrin)
Libération - 23 novembre 2016

"A coup sûr, ce n'est pas un progrès. Dans ce vieux pays sceptique et laïque, la religion sous sa forme la plus rigide occupe désormais le devant de la scène. A posteriori, il semble bien que les signes de croix symboliques adressés par François Fillon au catholicisme militant aient été pour beaucoup dans sa résurrection d'entre les sondages. Celui que certains humoristes appellent "l'abbé Fillon" a conjugué avec habileté la douceur angevine et l'opiniâtreté bénédictine pour conquérir les suffrages, soigneusement calé, avec son look de vicaire bien coiffé, à la droite de Dieu. Et que trouve Alain Juppé pour le contrer ? Le parrainage involontaire non du général de Gaulle, mais du pape François. On est rentré de vacances en pleine fièvre burkinisante. On s'approche de la fin de l'année dans une odeur d'encens. Encore un peu et ceux qui croient au ciel imposeront leur loi à ceux qui n'y croient pas, dans une épiphanie calotine qu'on n'a pas connu en France depuis Falloux ou Mac Mahon." [...]
http://www.liberation.fr/france/2016/11/23/zelotes_1530492


La religion et le pouvoir, étude à la loupe (Charles Jaigu)
Le Figaro - 2 novembre 2016

"LE TÊTE À TÊTE DE CHARLES JAIGU - Vincent Delecroix constate que la sécularisation de nos sociétés n'a pas aboli la nostalgie du religieux. Il n'en propose pas pour autant le retour, mais il cherche un nouveau modus vivendi. Stimulant.
Vincent Delecroix, au nom prédestiné, enseigne la philosophie des religions à l'École pratique des hautes études. Longiligne, le cheveu gris déjà, petites lunettes d'écaille, il n'a pas le look habituel du mandarin. Il est d'ailleurs de la veine des philosophes écrivains, auteur de romans et d'études esthétiques. Nous l'avions déjà rencontré à propos d'un livre sur Poussin : peindre des paysages d'Arcadie suppose en effet une théologie. Cet éclectisme lui vient sans doute de sa source d'inspiration première, trouvée chez Kierkegaard, qui n'aimait pas les systèmes clos. Afin de compléter le tableau, on ajoutera que ce spécialiste du fait religieux se dit non croyant, même si son enfance a été rythmée par la messe dominicale et catholique jusqu'à l'émancipation philosophique."
[...]
http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/11/02/31004-20161102ARTFIG00302-la-religion-et-le-pouvoir-etude-a-la-loupe.php


La religion catholique "a inventé" la laïcité ? Quelques rappels utiles à Marine Le Pen (François Cocq)
L'Obs - 18 octobre 2016

"Marine Le Pen défend une vision toute particulière de la laïcité. "La religion catholique n'a pas de signe ostentatoire et pour une raison simple, c'est peut-être parce que c'est elle qui a inventé en réalité la laïcité", a-t-elle expliqué sur l'antenne de RMC. Réaction de François Cocq, co-auteur avec Bernard Teper de "La laïcité pour 2017 et au-delà, de l'insoumission à l'émancipation" (éd. Eric Jamet). [...]
La provocation est bien sûr grossière et absurde et chacun a conscience de la manière dont la loi de 1905 a été arrachée à l'Église catholique qui n'a d'ailleurs depuis eu de cesse de reconquérir du terrain, comme en attestent les irruptions intempestives du pape dans nos affaires intérieures.
Chacun mesure tout autant à quel point la laïcité est le fruit d'une lente sédimentation d'insoumissions individuelles et collectives qui, du gallicanisme au déisme en passant par la philosophie des Lumières, ont permis d'ouvrir un chemin vers l'émancipation en permettant à chaque être humain de devenir maître de sa réflexion sur l'infini et de l'éventuelle perspective spirituelle qu'il y attache en étant libéré des vieilles chaînes de l'aliénation religieuse. [...]
La place et le rôle accordés à la laïcité sont l'un des éléments structurants du débat public à l'approche des échéances électorales de 2017. Deux axes antagonistes peuvent guider la campagne et le scrutin qui s'en suivra : soit la fragmentation entre ce qui nous distingue, soit le rassemblement sur ce qui nous rassemble. La laïcité est l'ennemi du premier et le vecteur du second. Madame Le Pen est le vecteur du premier et l'ennemi du second."

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1567369-la-religion-catholique-a-invente-la-laicite-quelques-rappels-utiles-a-marine-le-pen.html


"Il y a un problème avec l'islam" : quand Hollande fait du Valls (Etienne Girard)
Marianne - 11 octobre 2016

"Dans le dernier ouvrage des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande se lâche sur l'islam et l'immigration. Pour la première fois, le Président assume des positions clairement proches de celles déjà portées par son Premier ministre, Manuel Valls.
Quelle est votre position sur l'islam ? Il va falloir s'habituer à cette question brute, qui ne manquera pas d'être posée à tous les candidats à l'élection présidentielle jusqu'en avril prochain. La réponse apportée par François Hollande dans Un président ne devrait pas dire ça..., le dernier ouvrage des journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Stock), a de quoi suprendre. Le Président y prend des positions proches de celles soutenues de longue date par son Premier ministre Manuel Valls.
"Il y a un problème avec l'islam", assène le chef de l'Etat, interrogé par les deux journalistes, selon l'Express qui diffuse ce mardi 11 octobre les bonnes feuilles du livre. "Parce que l'islam demande des lieux, des reconnaissances", poursuit-il. Et de développer son propos : "Ce n'est pas l'islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu'elle veut s'affirmer comme une religion dans la République. Après, ce qui peut poser un problème, c'est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine..."."
[...]
http://www.marianne.net/il-y-probleme-islam-quand-hollande-fait-du-valls-100246990.html


Voile, grande croix, kippa: le FN n'en veut plus dans l'espace public (express.fr)
Express - 26 août 2016

"En plein débat sur le burkini, le vice-président du parti Florian Philippot a rappelé la position du parti édictée depuis 2012 "d'interdire tout signe religieux ostentatoire de l'espace public".
En plein débat sur le burkini, pas question pour le Front national de laisser le champ libre à ses adversaires. Vendredi matin, sur RMC, Florian Philippot a développé les positions du FN sur la question de la laïcité. Selon le vice-président du FN, son parti prévoit, en cas d'accession au pouvoir, d'interdire tous les signes religieux ostentatoires dans l'espace public, rue comprise.
"Nous allons étendre la loi de 2004 (qui interdit le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles, collèges et lycées publics, ndlr). On s'est rendu compte qu'elle était excellente. Nous allons la faire appliquer dans la rue. Le voile, la grande croix, la kippa. Pour que ce soit constitutionnel, il faut que ça concerne les signes religieux ostensibles", a déclaré le député européen frontiste.
Dans le viseur du FN, surtout, le voile. Selon Florian Philippot, "beaucoup de femmes se voilent dans les quartiers par pression sociale, pour ne pas avoir de problèmes". "
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/voile-grande-croix-kippa-le-fn-n-en-veut-plus-dans-l-espace-public_1824582.html


Islam : le hic avec le laïc Chevènement (Bernadette Sauvaget, Jonathan Bouchet-Petersen)
Libération - 29 août 2016

"Nommé à la tête de la Fondation pour l'islam de France, l'ancien ministre, souverainiste de gauche, continue de créer la polémique en multipliant les positions controversées.
Si son nom avait vocation à susciter l'engouement, c'est loupé. La confirmation par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, lundi dans la Croix, de la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la présidence de la future Fondation pour l'islam de France continue de susciter des réactions plurielles. Et la prestation lundi matin sur France Inter de celui qui, selon un proche, n'était candidat à rien, est loin d'avoir rassuré. Ils sont certes nombreux, à gauche comme à droite, à louer son expérience et ses qualités de serviteur de l'Etat, comme son ancien collaborateur lorsqu'il était au ministère de l'Intérieur (1997- 2000), Didier Leschi : "A gauche, peu de personnalités bénéficient d'une telle aura dans le monde arabo-musulman. Il a une grande culture sur l'islam, notamment grâce aux liens qu'il a longtemps entretenus avec l'islamologue Jacques Berque, l'un des traducteurs en français du Coran", explique ainsi son ancien chef du bureau central des cultes. D'autres sont (beaucoup) moins convaincus. Parce qu'ils trouvent le casting inadéquat ou jugent avec sévérité les premières sorties du "Che", principale figure à gauche du républicanisme laïc tendance souverainiste."
[...]
http://www.liberation.fr/france/2016/08/29/islam-le-hic-avec-le-laic-chevenement_1475392


"Un pays chrétien" (François Taillandier)
L'Humanité - 16 juin 2016

"N'y aurait-il pas moyen que Nicolas Sarkozy se calme, de temps en temps ? Ça nous ferait des vacances. Le voilà qui a encore entrepris, la semaine dernière, du côté de Lille, de tout brouiller et de préparer de nouvelles polémiques qui n'éclaireront personne, en reprenant le thème de l'identité nationale et en martelant que la France est "un pays chrétien". Je mets de côté ses déclarations ronflantes du genre "l'amour charnel de la patrie"?; je mets de côté aussi la question de sa sincérité politique... Non. Juste ceci?: "un pays chrétien".
Il ne serait pas faux de dire que le christianisme (ou la culture développée en se réclamant de celui-ci) a un peu joué, dans la constitution de notre pays, le rôle de la farine dans le gâteau. [...] Non, je ne crois pas que ce soit cela qu'il faille opposer aux revendications communautaristes de minorités que Nicolas Sarkozy semble voir partout. La France est un pays de liberté, de raison, de loi commune. Je me permettrai de rappeler à mes lecteurs que c'est un chrétien qui leur parle."

http://www.humanite.fr/un-pays-chretien-609750


Mélenchon touché par la Grâce, ou de l'art de ratisser (trop) large (Elie Arié)
Marianne - 8 juin 2016

"D'après Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon veut se rendre à Rome pour rencontrer le pape François - information rendue crédible par un article de son propre blog personnel intitulé "Vive le pape !" Il en aurait fait la confidence en marge du Congrès du PCF.
Pourtant, en 2014, sur ce même blog, en sa qualité de député européen, il était monté au créneau pour dénoncer, dans une lettre publique, la présence du Souverain pontife au Parlement européen, usant volontairement du "Monsieur le Pape", auquel il s'adressait en ces termes "Votre place à la tribune du Parlement ne peut s'accepter dans le cadre d'une session officielle de notre Assemblée.", Vous avez la sagesse et la culture qui auraient dû vous permettre de prévoir que nombre d'entre nous seraient humiliés par un tel manquement aux règles de la laïcité indispensable d'un Parlement européen lorsqu'il inclut notamment des Français dont la loi interdit ce genre de confusion."
Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon assure qu'il voudrait reparler au Pape des deux religieuses victimes de la dictature en Argentine en 1977, Léonie Duquet et Alice Dumont. [...]
Prochaines rencontres : avec le Président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et le grand rabbin de France - voire un dîner au CRIF ? Tout cela au nom de la laïcité, cela va sans dire..."
[...]
http://www.marianne.net/elie-pense/melenchon-touche-grace-art-ratisser-trop-large-100243502.html


Contre l'accueil des réfugiés, Nadine Morano s'en prend même au pape (Delphine Legouté)
Marianne - 20 avril 2016

"La candidate à la candidature pour la primaire de la droite et du centre n'a pas pour habitude d'être une grande détractrice du pape, au contraire. Sauf lorsqu'il s'agit de réfugiés. Nadine Morano a vivement critiqué ce matin sur RTL, "l'opération com'" de François qui a ramené douze Syriens au Vatican en fin de semaine dernière.
Ce mercredi matin, Nadine Morano a visiblement décidé de bouffer du pape. L'ancienne ministre de Sarkozy et désormais candidate à la primaire de la droite et du centre a entamé son interview sur RTL par une longue critique de l'accueil par le pape au Vatican de douze réfugiés syriens venus de l'île de Lesbos. "Une opération de communication un peu maladroite", pour Morano, qui ne cesse de souligner qu'elle s'est rendue dans les camps de réfugiés et qu'elle "peut vous dire" que ce n'est pas la solution.
De fait, le 16 avril, après une visite sur l'île de Lesbos, île grecque au centre de la crise migratoire, le pape François a embarqué avec lui au Vatican douze réfugiés syriens musulmans, dont six enfants, afin "d'adresser un signe d'accueil aux réfugiés". Plusieurs médias grecs ont expliqué que ces réfugiés avaient été tirés au sort, sans que cette information ne soit confirmée. Nadine Morano la reprend et s'en émeut :
"On attendrait du pape autre chose qu'une opération de communication un peu maladroite parce que le fait de tirer au sort des familles, alors que s'il y a des familles à ramener, sans doute ce sont celles qui sont dans le besoin de soins, qui sont prioritaires... Il y en a beaucoup, mais elles ont été tirées au sort.""
[...]
http://www.marianne.net/contre-accueil-refugies-nadine-morano-s-prend-meme-au-pape-100242202.html


La religion, la gauche, les larmes et le silence (Nicolas Dutent)
L'Humanité - 22 février 2016

"Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, de Jean Birnbaum. Le Seuil, 240 pages, 17 euros. Jean Birnbaum, journaliste et directeur du Monde des livres, analyse dans son dernier essai le mutisme de la gauche sur la question épineuse, plurielle et motrice de la religion.
Si "le silence est un aveu", comme l'aurait professé Euripide, celui qui hante l'ouvrage de notre confrère Jean Birnbaum n'est ni musical ni vertueux. Cet aveu chuchoté à l'oreille des temps sourds a plusieurs visages. Il exprime dans la gauche un malaise, un aveuglement, un refoulement du fait religieux. Cette évidence est douloureuse, mais qui oserait nier la difficulté écrasante, pour les forces progressistes, d'intégrer la religiosité à leur logiciel politique ? Si l'incapacité à traiter la religion comme une affaire sérieuse est une des mieux partagées, l'idée que cet impensé (relatif) nous plombe et exige d'être dépassé parcourt le livre?: le mutisme n'est plus permis à l'heure où l'extrême droite et l'obscurantisme guerrier gagnent symétriquement du terrain. "Pour lutter contre le djihadisme, plutôt que d'affirmer qu'il est étranger à l'islam, mieux vaut admettre qu'il constitue la manifestation la plus récente, la plus spectaculaire et la plus sanglante de la guerre intime qui déchire l'islam", résume l'essayiste."
[...]
http://www.humanite.fr/la-religion-la-gauche-les-larmes-et-le-silence-599871


La gauche face au piège djihadiste (Aude Lancelin)
L'Obs - 17 janvier 2016

A propos du livre de Jean Birnbaum : Un silence religieux. La gauche face au djihadisme (Le Seuil).
"Le camp progressiste a toujours été mal à l'aise avec la religion. Il l'est plus que jamais par rapport à l'islam radical. Jean Birnbaum publie "Un silence religieux", réflexion sur cette méconnaissance aux conséquences ravageuses.
Que les démagogues de tous bords exploitant plus que jamais la peur de l'islam ne se frottent pas trop vite les mains. Si l'essai de Jean Birnbaum, "Un silence religieux", dénonce aujourd'hui le "rien-n'à-voirisme", c'est-à-dire les discours qui s'empressent de tenir l'islamisme pour un phénomène étranger à l'islam, ce n'est en aucune manière pour salir une religion et jeter la suspicion sur l'ensemble de ses croyants. [...]
Fut un temps en effet pas si lointain, rappelle-t-il, où c'était la gauche qui offrait un horizon internationaliste, une fraternité vécue, et ce depuis les brigadistes français qui s'engageaient contre Franco jusqu'aux guévaristes en partance pour l'Amérique latine, à la manière de Régis Debray dans les années 1970."
[...]
http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160115.OBS2857/la-gauche-face-au-piege-djihadiste.html


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