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Politique française :
religion, intégrisme, laïcité...

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également Politique internationale et Politique : élection américaine


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Marxisme et religion : Antonio Gramsci (Michael Lowy)
Médiapart - 24 février 2017

"Quelques notes sur les écrits de Gramsci sur la religion : l'Eglise catholique, la Réforme protestante, du point de vue de la philosophie de la praxis.
Antonio Gramsci (1891 - 1937) n'était pas un universitaire. Fondateur du Parti Communiste Italien (1921), il a écrit la plupart de ses travaux dans la clandestinité ou dans la prison, et ses réfléxions étaient toujours inspirées par son engagement politique révolutionnaire. Ses recherches les plus importantes se trouvent consignées dans des Cahiers manuscrits, rédigées dans les prisons du régime fasciste italien, où il resta enfermé de 1927 jusqu'à sa mort en 1937. [...]
Parmi les dirigeants et penseurs du mouvement communiste, Gramsci sans doute celui qui a montré le plus d'intérêt pour les questions religieuses. À la différence d'Engels et de Kautsky, il s'est occupé moins du christianisme primitif ou des hérésies communistes de la fin du Moyen Âge que du fonctionnement de l'Église catholique : il fut un des premiers marxistes à chercher à comprendre le rôle contemporain de l'Église et le poids de la culture religieuse dans les masses populaires. Il était aussi, comme nous verrons, fasciné par la Réforme protestante comme paradigme de changement historique.
Dans ses écrits de jeunesse, on voit s'esquisser une analyse des affinités électives entre religion et socialisme, ou plutôt, du socialisme comme une sorte de "religion de substitution". Cette caracterisation n'a, sous sa plume, rien de péjoratif : au contraire, il la présente à la fois comme comparaison "objective" et comme valorisation éthique et spirituelle du socialisme."
[...]
https://blogs.mediapart.fr/michael-lowy/blog/240217/marxisme-et-religion-antonio-gramsci


Enzo Traverso "L'extrême droite reprend les codes de l'antisémitisme des années 1930" (Entretien réalisé par Grégory Marin)
L'Humanité - 17 février 2017

"Dans les Nouveaux Visages du fascisme, l'historien analyse les mutations des mouvements d'extrême droite européens issus "de la matrice fasciste". Selon lui, la gauche doit "redonner des perspectives politiques" pour occuper "l'immense vide" entre le "post-fascisme", qui met au ban des musulmans, et le djihadisme.
Les mouvements d'extrême droite européens (l'AfD en Allemagne, le Front national en France, le Jöbbik en Hongrie...) reprennent-ils des codes du fascisme ou du nazisme ?
Enzo Traverso D'abord, ils partagent des traits communs, notamment le rejet de l'Union européenne, la xénophobie, le racisme, en particulier dans sa dimension islamophobe. Au-delà de ces marqueurs, on constate des différences notables. Il y a des mouvements clairement néofascistes ou néonazis: l'Aube dorée en Grèce, le Jöbbik en Hongrie, etc., dont la radicalité est souvent liée à l'ampleur de la crise, même si en Grèce la montée de Syriza a grippé cette dynamique. En France, le Front national a une matrice fasciste. Il y a certes des néofascistes dans le parti, mais son discours n'est plus fasciste, car il a fait un effort considérable de mutation idéologique qui est une des clés de son succès. S'il tenait encore des propos néofascistes, il ne serait pas audible et ne pourrait certes pas espérer arriver au second tour de l'élection présidentielle. [...]
L'islamophobie a remplacé l'antisémitisme comme préoccupation majeure de l'extrême droite, française notamment, même si l'antisémitisme militant n'a pas disparu.
Enzo Traverso Il y a encore au FN des nostalgiques de l'Algérie française et des antisémites de la vieille garde. Mais l'antisémitisme a disparu du discours politique. Mieux : Marine Le Pen se présente comme un rempart contre le nouvel antisémitisme des jeunes de banlieue ou contre l'"islamo-fascisme" djihadiste."
[...]
http://www.humanite.fr/enzo-traverso-lextreme-droite-reprend-les-codes-de-lantisemitisme-des-annees-1930-632301


Programme du "chrétien" Fillon : Jésus était-il ultralibéral ? (Eve Charrin)
Marianne - 12 février 2017

"Oublions un instant Penelope et ses fiches de paie généreuses. Revenons aux idées, car elles aussi méritent examen. En se déclarant "chrétien" sur TF1 le mois dernier, François Fillon soulève une question politique : comment peut-on être chrétien et vénérer le dieu Marché ? "Marianne" a révisé son catéchisme...
Posons une question candide, une question de fond qui survivra aux soubresauts de la campagne présidentielle : comment le catholicisme bon teint d'une bonne part de l'élite française peut-il s'accommoder de tant d'enthousiasme pour une réforme libérale "radicale" ? Comment croire avec une égale ferveur au Christ et au marché ? Par quelles voies impénétrables concilier les valeurs de l'Evangile avec celles du Medef, la doctrine sociale de l'Eglise et le catéchisme néo-thatchérien de la dérégulation ? La contradiction reste solidement enracinée.
Rendre le marché du travail plus flexible, supprimer l'impôt sur la fortune que paient les riches pour augmenter la TVA que paient même les pauvres, réduire à peau de chagrin la fonction publique et la Sécurité sociale, le tout au nom de la sacro-sainte compétitivité des entreprises : en vérité, le programme de Fillon ne paraît pas très catholique !"
[...]
https://www.marianne.net/politique/programme-du-chretien-fillon-jesus-etait-il-ultraliberal


"La religion amène la guerre !", lance Malek Boutih à Hamon (Magazine Marianne)
Marianne - 9 février 2017

"Ce jeudi 9 février, au micro de Jean-Jacques Bourdin, Malek Boutih, député de l'Essonne et proche de Manuel Valls, a rappelé à Benoît Hamon ce qui les sépare : leur rapport à la laïcité.
Malek Boutih n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Mais invité ce jeudi 9 février sur RMC et BFMTV au micro de Jean-Jacques Bourdin, le député de l'Essonne s'est trouvé gêné aux entournures quand il a été interrogé sur son soutien à Benoît Hamon pour l'élection présidentielle. Lui avait en effet soutenu Manuel Valls lors de la primaire organisée par le PS, et qui avait eu la dent particulièrement dure avec son rival victorieux, élude aujourd'hui : "C'est à lui de faire ses preuves. Si sa ligne est la meilleure, ce sera démontré à ce moment-là". Et si ce n'est pas le cas ? "Je vais le laisser faire sa campagne tranquillement"... C'est qu'entre les deux hommes, il y a un contentieux qui n'a toujours pas été soldé : la laïcité. Dans la dernière ligne droite avant le second tour de la primaire, Malek Boutih avait tiré au gros calibre contre le candidat du revenu universel. Dans les colonnes de 20 minutes, il avait lancé cette terrible charge :
"Benoît Hamon est en résonance avec une frange islamo-gauchiste et fait un appel du pied électoral. (Lui) et ses amis sont dans une dérive identitaire lorsqu'ils justifient des comportements non-républicains. Ils sont absorbés par des termes et des concepts importés par des islamistes.""
[...]
https://www.marianne.net/politique/la-religion-amene-la-guerre-lance-malek-boutih-hamon


Mélenchon veut abolir le Concordat d'Alsace-Moselle (Kim Hullot-Guiot)
Libération - 15 février 2017

"Comme en 2012, le leader de La France insoumise souhaite revenir sur le statut particulier de ce territoire, où la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat ne s'applique pas.
Ils ne sont pas fonctionnaires, mais leurs bulletins de salaire sont émis par le ministère de l'Intérieur. En Alsace et en Moselle, les prêtres, rabbins et pasteurs sont rémunérés par l'Etat en vertu du Concordat. Une exception dans la France laïque. S'il est élu en mai, Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) propose de l'abolir. C'était déjà dans son programme de 2012. Dans l'Avenir en commun, son projet version 2017, on retrouve l'idée : "La laïcité est la condition de la liberté de conscience de chacun, de l'égalité et de la fraternité entre tous les citoyens. [...] Nous proposons [...] d'étendre le bénéfice de la loi de 1905 à tout le territoire de la République (abroger le Concordat d'Alsace-Moselle et les divers statuts spécifiques en vigueur dans les Outre-mer)." On fait le point sur les origines du Concordat et sur son application."
[...]
http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/15/melenchon-veut-abolir-le-concordat-d-alsace-moselle_1548582


Comment Fillon le "chrétien" a mis la question de la religion dans le débat de la présidentielle (Manon Rescan)
Le Monde - 11 janvier 2017

"Après la déclaration du candidat de la droite sur le plateau de TF1, les candidats à l'élection présidentielle ont été poussés à réagir sur la place de la foi dans la vie publique.
Il a suffi d'un mot de François Fillon. Un mot qui devait adoucir la "radicalité" - comme il le qualifie lui-même - de son projet social lors de sa rentrée politique, après les vacances de Noël. En affirmant qu'il était "chrétien" sur le plateau de TF1 le 3 janvier, le candidat de la droite faisait une fois de plus intervenir la question du religieux dans une campagne pour la présidentielle, où elle est décidément très présente. Un thème dont la récurrence dans le débat public est inédite, et sur lequel les autres politiques ont été amenés à se prononcer après la sortie de François Fillon.
Sur le plateau de "On n'est pas couché" samedi 7 janvier, Vincent Peillon a ainsi dénoncé "une atteinte à la laïcité sans précédent", lui qui fait campagne pour la primaire à gauche sur la défense de celle-ci. "Aujourd'hui il y a un grand déballage religieux partout, donc ça vaut pour tout le monde. Moi je veux qu'on arrête de mettre la religion, d'ailleurs la plupart des Français n'en veulent pas, au cour de la vie politique", avait-il lancé quelques jours auparavant sur Radio classique."
[...]
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/01/11/comment-fillon-le-chretien-a-mis-la-question-de-la-religion-dans-le-debat-de-la-presidentielle_5061055_4854003.html?xtmc=religion&xtcr=47


Fillon "chrétien" : "déplacé" selon Bayrou, "une faute" pour Guaino (Louis Hausalter)
Marianne - 5 janvier 2017

"Pour tenter de rassurer sur son programme, le candidat de la droite à la présidentielle s'est défini comme "gaulliste" et "chrétien". "Une dérive", s'indigne le président du MoDem, tandis qu'Henri Guaino dénonce "une faute morale".
François Fillon est catholique, mais il était toujours resté relativement discret sur ce point au cours de sa (longue) carrière politique. Sauf depuis quelques mois... Bizarrement, l'ancien Premier ministre, vainqueur de la primaire de la droite en novembre, semble désormais ressentir une irrésistible envie de mettre en avant sa religion sur la scène publique. Il l'a encore fait mardi 3 janvier sur TF1. Interrogé sur son programme pour la Sécurité sociale, Fillon a invoqué sa confession pour tenter de rassurer sur ses intentions : "Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité."
Des propos qui ont choqué François Bayrou. "Franchement, qu'est-ce que ça a à voir ?, s'est indigné le président du MoDem, ce mercredi 4 janvier sur iTélé. Je suis croyant, je ne vais pas m'offusquer d'un mouvement de foi. Mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée ? Le principe de la France, c'est qu'on ne mélange pas religion et politique.""
[...]
http://www.marianne.net/fillon-chretien-deplace-bayrou-faute-guaino-100248977.html


Vincent Peillon fait le lien entre laïcité et port de l'étoile jaune (LEXPRESS.fr)
L'Express - 4 janvier 2017

"Le candidat à la primaire de la gauche a mis le feu aux poudres en faisant une comparaison mardi entre les instrumentalisations de la laïcité et le sort des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Il a dû préciser sa pensée ce mercredi.
Une comparaison qui passe mal. Invité de France 2 mardi soir, Vincent Peillon voulait dénoncer l'instrumentalisation par certains de la laïcité. "Si certains veulent utiliser la laïcité, ça a déjà été fait dans le passé, contre certaines catégories de populations, c'était il y a quarante ans les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c'est aujourd'hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu'on amalgame d'ailleurs souvent avec les islamistes radicaux", a déclaré le candidat à la primaire de gauche. De quoi provoquer des réactions à droite. Pour le sénateur (LR) Roger Karoutchi, "affirmer que certains ont utilisé la laïcité pour imposer l'étoile jaune aux juif pendant la guerre" est "grave" [...]
Le Crif demande une "clarification" et un "correctif immédiat" de la part de Vincent Peillon.
Celui-ci n'a pas tardé à réagir. Sur Twitter, il dit vouloir "préciser" sa pensée et sa "conviction qu'une contraction de phrases a pu déformer". "Je n'ai évidemment pas voulu dire que c'était la laïcité qui était à l'origine de l'antisémitisme de la France de Vichy. Le régime de Vichy ne se réclamait pas de la laïcité, bien au contraire."
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/vincent-peillon-fait-le-lien-entre-laicite-et-port-de-l-etoile-jaune_1865672.html


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