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L'islam : monde

2004 et 2003

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également les rubriques Islam en France, Le Coran, Moyen Orient, Foulard islamique, Intégrisme.



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Dix ans de conflit en Tchétchénie : l'islamisme gagne la région (Nathalie Nougayrède)
Le Monde - 12 et 13 décembre 2004 - (2/3 de page)

Il y a dix ans l'armée russe intervenait en Tchéchénie pour "rétablir l'ordre constitutionnel". Dans le Caucase du Nord où vit un tiers des 20 millions de musulmans que comptent la Russie, les jeunes sont dans une "recherche identitaire". Ils se tournent vers l'islam radical et éprouvent une forte solidarité avec les Tchéchènes. L'article présente des témoignages de jeunes vivant en Ossetie, en Tchétchénie, en Ingouchie et dans l'Emir de Kabardino-Balkarie. "La patience des musulmans dans la région a atteint ses limites face aux crimes [des forces de l'ordre]. Tout se passe comme si les russes voulaient la guerre ici", dit l'un d'eux. Les autorités russes reconnaissent que toute la région est devenue "un terreau pour le wahhabisme soutenu de l'étranger" en l'imputant à la crise sociale et économique, mais sans reconnaître le lien avec le conflit en Tchéchénie.


L'islamisme gagnera-t-il la bataille de l'Europe (Gilles Kepel)
Le Monde - 2 novembre 2004 - (1/2 page)

La question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne et, en France, l'affaire du voile à l'école mettent en lumière l'imbroglio devant lequel se trouvent les populations musulmanes d'Europe. L'européanisation de leur religion sera-t-elle un exemple ou bien offrira-t-elle l'opportunité aux "militants islamistes et salafistes d'établir les têtes de pont d'un prosélytisme qui, à en croire les plus exaltés, assurerait la troisième - et victorieuse - expansion sur le sol européen", après les échecs en Espagne au XVe siècle et lors du siège de Vienne en 1683 ?
D'un côté, une poignée de terroristes islamiques sème la mort en Espagne, faisant de ce pays une "terre d'islam" à reconquérir et de l'autre, la mobilisation des musulmans non islamistes en France pour la libération des deux journalistes a permis de mettre en "porte-à-faux" les preneurs d'otages. Cette dernière réaction montre le souhait des musulmans français de ne pas se voir représentés par des courants tels que ceux issus des Frères musulmans et qui attisent la fragmentation de cette communauté. Pour lutter contre cela, les grands partis politiques doivent permettre à des "candidats au patronyme musulman" d'être en position d'être éligible, sans en faire des "députés des beurs". En outre, la difficulté que rencontre les jeunes musulmans pour progresser dans l'échelle sociale permet aux islamistes de "retourner le découragement en rejet de la société "impie" et la réification identitaire défensive qui se projette dans une "umma" - communauté des croyants...".
Cette bataille autour des musulmans en Europe se joue aussi sur la question de l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne. Demandée par les élites laïques et les classes montantes voulant bénéficier de la prospérité européenne, cette intégration permet cependant aux islamistes turques d'utiliser les libertés européennes pour rendre possible le port du voile dans les universités.
Cette question politique de l'islam en Europe nécessite de "poser les enjeux de manière claire, afin que chacun sache comment se définir et à qui s'identifier."


Rencontre avec Shirin Ebadi (Djénane Kareh Tager)
Le Monde des Religions - Juillet-Août 2004 (4 pages)

Avocate iranienne et prix Nobel de la paix en 2003, Shirin Ebadi est le défenseur des droits de la femme et de l’enfant. L’islam tel qu’elle le conçoit est "bien différent de celui des mollahs qui en ont fait une instrument de pouvoir" et qui n’est pas le véritable islam. Sa vision de la religion est celle qui a pour principe l’égalité entre les hommes, indépendamment de leur sexe ou de leur religion. Selon elle, il est possible de réinterpréter le Coran tout en respectant ses règles fondamentales. C’est l’ijtihad des chiites. "Une chose est certaine : aucune de nos sociétés actuelles n’a la même configuration que l’Arabie d’il y a mille quatre cent ans pour laquelle ces règles premières ont été édictées."

Shirin Ebadi se bat également pour faire comprendre aux musulmans eux-mêmes que leur religion n’est pas ennemie de la démocratie. Elle reconnaît que l’islam n’a pas encore connu, comme le christianisme, l’équivalent de la Révolution française.

A propos du port du voile, elle considère que "au lieu d’appeler les femmes à se couvrir la tête, il aurait mieux valu les encourager à utiliser ce qu’elles ont dans leur tête". Concernant la loi française sur l’interdiction des signes religieux à l’école, elle pense que les écolières qui en seront les victimes, seront doublement pénalisées, d’être nées dans une famille où on les contraint de porter le voile et d’être privées d’école et donc de leur unique possibilité de pourvoir s’émanciper. "... cette loi sert la soupe de tous les extrémistes : les intégristes, mais aussi les radicaux du Front National."


Les nouveaux penseurs de l’islam
Le Nouvel Observateur - avril / mai 2004 - Hors série (98 pages)

Sous-titre : Ils dénoncent l’imposture intégriste, ils concilient l’islam et la modernité.
Voir l'ensemble du résumé de l'article : Les nouveaux penseurs de l'islam.


Une "Réforme" dans l’islam est possible (Henri Tincq)
Le Monde - 30 avril 2004 - Essais (1 page)

C’est ce que tente de montrer cet article qui présente quelques ouvrages "salutaires".
Dans "Les nouveaux penseurs de l’islam", Rachid Benzine aborde les tentatives de réforme de cette religion dès le XIXe siècle avec Muhamad Abduh, Afghani, Rashid Rida. Puis il y eut au XXe siècle deux mouvements opposés, l’un conduisant à la création des Frères musulmans par Hassan Al-Banna, l’autre avec le philosophe égyptien Ali Abderraziq. "On ne peut ignorer cette germination au sein même de l’islam, de l’idée qu’une modernité est possible contre toutes les formes de totalitarisme."
"Manifeste pour un islam des Lumières" de Malek Chebel a un titre volontairement provocateur. L’auteur fait vingt-sept propositions issues d’une "libre interprétation des textes et l’affirmation de la supériorité de la raison".
Pour Gabriel Martinez-Gros et Lucette Valensi, deux chercheurs, auteurs de "L’islam de la dissidence", les références de l’islam, qu’il soit réformateur ou islamique sont les mêmes : l’Occident. "La volonté d’un islam pur de toute contamination étrangère, n’est qu’un "slogan islamiste"."

Le fondamentalisme, complice de la culture islamique ou produit de la modernité. (Xavier Ternisien)
Dans un court essai, "L’obscurantisme postmoderne et la question musulmane", le Syrien, philosophe et historien Aziz Al-Azmeh tente de démontrer que "l’islamisme, comme le fascisme, est une produit de la modernité, l’expression d’une idéologie irrationnelle et populiste".
L’ouvrage de Hamidi Ressidi, "L’exception islamique" est, malgré quelques faiblesses sur le plan historique, "une exploration sans concession de "l’exception islamique" pour en sonder les limites et mieux les repousser".

La première religion carcérale de France. (Xavier Ternisien)
Selon le sociologue Farhad Khosrokhavar qui publie "L’islam dans les prisons", les détenus de culture musulmane dépassent souvent les 50%, en France, atteignant parfois 80% dans les centres pénitenciers proches des banlieues. L’auteur relativise cependant "le phénomène de réislamisation, … seule une infime minorité des détenus récitent des prières quotidiennes".


Islam et Occident : 14 siècles de guerres et de malentendus
Le Point - 22 avril 2004 - n° 1649 - (13 pages)

Alors que l'actualité en Irak prend des allures de croisade du Moyen Age, Le Point recherche les origines de cette hostilité. Les causes de ce que certains désignent comme un "choc des civilisations" résident dans un contentieux en quatre parties : Les quatre dates clés qui ont marqué le conflit
719 - Les Arabes sont à Narbonne. Mais ils sont arrêtés à Poitiers en 732 par Charles Martel.
1099 - Les croisés reprennent Jérusalem. La guerre sainte, dont saint Augustin avait défini le cadre dès le IVe siècle, plus qu'une colonisation, est d'abord une reconquête des Lieux Saints.
1683 - La déroute du croissant. Pour la première fois, lors du second siège de Vienne, les armées ottomanes sont mises en déroute, ce qui ouvre la voie à la reconquête des "terres chrétiennes" occupées par les musulmans.
1798 - Bonaparte : un croisé révolutionnaire. L'expédition d'Egypte sera le début de l'expansionnisme colonial de l'Europe sur les territoires arabes.

"Les Américains ont gagné la guerre contre Saddam. La guerre contre le peuple irakien, ils ne la gagneront jamais." (interview de Samuel P. Huntington, politologue américain)
Samuel P. Huntington avait prévu le choc entre les civilisations dès les années 90 où sont apparus les premiers conflits impliquant des communautés musulmanes (Kosovo, Bosnie, Tchétchènie, Cachemire…). Mais c'est l'occupation par les Américains de l'Afghanistan et de l'Irak qui crée les conditions d'une "propagation globale du choc entre Islam et Occident, dont ils (les Américains) seront les premiers à subir les conséquences."

Coexistence à risque
L'article présente quatre régions du monde où la coexistence de l'islam et du christianisme pose problème.
L'Egypte avec ses 5 à 6 millions de coptes (Eglise séparée des orthodoxes au VIIe siècle) menacés par les intégristes islamiques.
Le Liban. Après une longue guerre civile, les différentes communautés libanaises (chrétiens maronites, chiites, druzes, sunnites) vivent repliées sur elles-mêmes et ne se mélangent pas.
Soudan. Le sud du pays, dans lequel se regroupe la majorité des 16% de chrétiens, après une longue guerre est en passe d'obtenir une plus grande autonomie.
Indonésie. Dans l'île des Moluques à majorité musulmane, les chrétiens craignent d'être expulsés. Des zones confessionnelles homogènes ont été créées.
Dommage qu'on ne parle pas des cas inverses où la minorité est musulmane !

Interview de Gérard Leclerc (Journaliste et écrivain)
Après avoir abordé les différences entre les deux religions, il considère qu'il n'y a pas de "choc spirituel", mais des visions du monde différentes. Depuis le Moyen Age, "la pensée musulmane n'a pas évoluée à cause d'un blocage énigmatique. L'histoire de l'Occident est marquée par la séparation du spirituel et du temporel. Pas celle de l'Islam, qui conçoit la communauté des croyants "oumma" sur un mode politico-religieux."

Interview de Tariq Ramadan (Professeur de philosophie)
Pour lui l'origine des conflits entre musulmans et chrétiens a une origine historique : croisade, colonisation, discours des chrétiens les plus intégristes faisant de l'islam une hérésie à soumettre. L'islam n'a pas encore fait son "Vatican II". Les Etats-Unis et Israël sont perçus par les musulmans comme des pays dominateurs. "Le "djihad" de la résistance irakienne n'a rien à voir avec celui des partisans de Ben Laden"
On notera au passage la grande subtilité de langage de Tariq Ramadan qui n'emploie le mot intégriste que dans le cas de chrétiens et qui, pour Ben Laden et les attentats du 11 septembre, de Bali, de Madrid, utilise les mots de "résistance", "interventions" et "actions", sans jamais parler de terrorisme ou d'attentats.


Les bons comptes des banquiers d'Allah (Léna Lutaud)
Le Figaro - Entreprises - 23 février 2004 (1 page et demi)

Cheikh Nizam Yacoubi, habitant du Bahreïn est "la star mondiale de la banque islamique". Connaissant autant la finance traditionnelle que les préceptes du Coran, il est conseiller pour des dizaines de grandes banques (dont BNP Paribas) qui pratiquent la banque dite "islamique". A Manama, capital du Bahreïn, on comptait 8 banques islamiques en 1990, il y en a 25 aujourd'hui.
La principale caractéristique de ces banques, qui respectent les règles du Coran, est l'absence de "riba", prêts avec intérêts. Conséquences, il n'y a pas de cartes de crédit à débit différé. Les cartes proposées sont de simples cartes de paiement. Les prêts à long terme sont remplacés par une forme de leasing : la banque achète un bien d'équipement qu'elle loue à ses clients. Ces banques ne peuvent investir dans des domaines d'activité interdits par le Coran : alcool, cinéma, tabac, armement, musique, produits à base de porc...
Un conseil de la charia, composé de sages que l'on peut compter sur les doigts d'une main et dont fait partie Nizam Yacoubi, vérifie la légalité "coranique" de l'activité de ces banques. Nizam Yacoubi a également un projet de création d'une université de finance islamique.
Ces banques sont un moyen, après le 11 septembre 2003 de faire fructifier l'argent gagné dans les pays du Golfe Persique sans encourir un gel des avoirs par les pays occidentaux. Les grandes banques traditionnelles occidentales, y compris BNP Paribas, devant le risque de voir partir leurs clients milliardaires, se sont lancées, elles aussi, dans la banque islamique en créant un département spécialisé. "Si les américains y vont, pourquoi pas nous ?" Le business reste le business !
Fortes de leur image qui s'améliore et du soutien de l'Etat de Bahreïn, ces banques essaient de séduire en Europe, "à coup de marketing religieux", les particuliers musulmans. Le Crédit agricole Indosuez croit à ce type de produit et l'annonce pour bientôt en France.
A Bahreïn, après la banque, on prépare déjà l'étape suivante : l'assurance islamique.


Monde musulman : Les femmes s'affirment
Courrier International - 6 au 12 novembre 2003 - n°679 - (8 pages)


A l'heure où la France discute du port du voile, ce tour d'horizon les principaux pays musulmans permet de comprendre sa signification réelle et le paradoxe de l'émancipation de la femme, de plus en plus à l'ordre du jour.


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