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Blasphème

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le



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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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Un jeune écrivain accusé de blasphème en Algérie (Margaux Boddaert)
Libération - 15 mars 2017

"Il a été convoqué le 28 février par la police judiciaire de Tipaza, à 70 kilomètres d'Alger, où il a dû s'expliquer sur des passages de son roman. Anouar Rahmani s'est retrouvé face à sept policiers. Ils lui ont posé des questions sur ses croyances, ses pratiques religieuses et un peu sur son livre, d'après le récit qu'il a fait à Human Rights Watch. Dans l'un des chapitres de la Ville des ombres blanches, publié sur Facebook en août 2016, un enfant discute avec un sans domicile fixe qui se fait appeler "Dieu" et affirme avoir créé le ciel avec du chewing-gum. Le roman raconte également une relation homosexuelle entre un combattant pour l'indépendance de l'Algérie et un colon français pendant la guerre.
Les policiers ont fait signer à Anouar Rahmani un procès-verbal après dix heures d'interrogatoire. Le document précise qu'il fait l'objet d'une enquête en vertu de l'article 144 bis du code pénal algérien : il risque entre trois et cinq ans d'emprisonnement et 100 000 dinars d'amende, soit environ 850 euros, pour "offense au Prophète" et "dénigrement du dogme ou des préceptes de l'islam". Anouar Rahmani a été laissé en liberté dans l'attente de la décision du procureur de l'inculper ou non."
[...]
http://www.liberation.fr/planete/2017/03/15/un-jeune-ecrivain-accuse-de-blaspheme-en-algerie_1553873


Le blasphème, interdit suprême (Robert Maggiori)
Libération - 13 janvier 2016

A propos du livre de Jacques de Saint Victor : Blasphème. Brève histoire d'un "crime imaginaire" (Gallimard).
"L'historien du droit Jacques de Saint Victor retrace les origines de ce péché devenu crime avant d'être aboli par la Déclaration des droits de l'homme. Et de ressurgir au gré des intégrismes communautaires.
D'abord on lui brisa les os avec une barre de fer, puis le bourreau lui coupa la tête d'un coup sec, recouvrit le cadavre de paille et le fit brûler. Avait-il violé des enfants, trucidé des vieillards ? La pancarte qu'on avait fixée sur son dos, en l'emmenant au supplice, disait : "Impie, blasphémateur et sacrilège exécrable." Il avait proféré des obscénités contre la religion, profané un crucifix et, lors de la Fête-Dieu, au passage du Saint-Sacrement, avait refusé de se découvrir. C'était le 1er juillet 1766, à Abbeville, dans la Somme. Le chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre avait 20 ans.
Ce fut le bûcher de trop. La décapitation du jeune de La Barre horrifie toute l'Europe. Voltaire remue ciel et terre, mobilise le "parti des Encyclopédistes" et les philosophes des Lumières contre le "fanatisme" et "la barbarie de la justice du roi", Louis XV. La Convention réhabilitera la mémoire du chevalier par un décret du 25 brumaire de l'an II (15 novembre 1793). Mais son procès aura été "la cause directe de l'abolition pure et simple du délit de blasphème au début de la Révolution", à l'heure où les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme du 26 août 1789 posent le principe de la liberté d'expression. [...]
En 2004, le cinéaste hollandais Theo Van Gogh est assassiné : son film, Soumission, est dit blasphématoire. C'est par solidarité que Jyllands-Posten publie les caricatures de Mahomet. Puis ce fut Charlie. Le blasphème retrouve ainsi la couleur rouge sang qu'il avait au Moyen Age : au pilori, à la torture - "mutilation des lèvres inférieures ou supérieures, percement de la langue ou son ablation totale" - ou au bûcher succède la kalachnikov."

http://next.liberation.fr/livres/2016/01/13/le-blaspheme-interdit-supreme_1426189


Blasphème, le retour d'un crime imaginaire (Catherine Golliau)
Le Point - 3 janvier 2016

"Jacques de Saint Victor et Anastasia Colosimo examinent la manière dont cette notion est revenue s'immiscer dans la société au détriment de la laïcité.
"Dieu se défendra bien tout seul", disait Clemenceau. Faux. Le délit de blasphème est de retour, et la loi comme le droit entendent bien défendre Dieu. Alors que s'approche le triste anniversaire des attentats du 7 janvier, c'est ce que démontrent avec maestria Jacques de Saint Victor (Blasphème) et Anastasia Colosimo (Les Bûchers de la liberté). Deux livres pour un même constat : le blasphème a toujours été un problème politique. Aujourd'hui, on condamne les fatwas et les actes terroristes, rappelle Anastasia Colosimo, mais, même en Europe, on n'a de cesse de limiter la liberté d'expression en trouvant contre le droit au blasphème de nouvelles justifications légales."
[...]
http://www.lepoint.fr/chroniques/blaspheme-le-retour-d-un-crime-imaginaire-03-01-2016-2006667_2.php#xtmc=religion&xtnp=16&xtcr=159


Le Prophète bientôt incarné dans un film iranien (Jean-Michel Vecchiet)
L'Humanité - 25 juin 2015

"Pour la première fois dans l'histoire du cinéma, un cinéaste musulman réalise un film sur le prophète Mahomet, et le rend visible et vivant. Les images du Prophète offensent-elles réellement les musulmans du monde et y a-t-il blasphème ?
Un événement majeur se dessine, un de ces événements dont les médias occidentaux inondent les ondes depuis l'assassinat d'une partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Alors que la question de la représentation du Prophète est devenue récurrente, l'un des plus grands cinéastes iraniens, Majid Majidi, s'est attaqué au problème et est sur le point de terminer son biopic sur la vie du Prophète Mahomet, et du même coup lâcher une véritable bombe dans le monde musulman. [...]
Majid Majidi a donc décidé de franchir le Rubicon. Et c'est un véritable séisme qui se prépare. Le film parrainé par l'État iranien est la première partie d'une ambitieuse trilogie. La première époque raconte l'enfance de Mahomet jusqu'à sa rencontre avec un moine chrétien en Syrie nommé Bahira, lui prédisant qu'il deviendrait un jour l'élu. "Nous avons choisi une période de sa vie où il n'y a pas lieu à polémique entre la vision des groupes chiites et sunnites, nous avons fait ce film en vue d'amener l'unité dans le monde musulman. Sunnites et chiites ont une vision très opposée. Le Qatar et l'Arabie saoudite majoritairement sunnites voient la représentation du Prophète comme blasphématoire, mais nous pensons qu'il n'y a aucun problème à raconter cinématographiquement la vie de Mahomet", avance Majid Majidi."
[...]
http://www.humanite.fr/le-prophete-bientot-incarne-dans-un-film-iranien-577949


Toutes les victimes du blasphème sont "Charlie" (Joëlle Fiss)
Le Monde - 5 juin 2015

Joëlle Fiss est consultante, spécialiste en politique internationale et Droits de l'homme.
"C'était il y a six mois, déjà. 180 jours. Sous le leadership français, la planète s'est mobilisée pour condamner l'insoutenable. Jamais le sang ne pourra-t-il être versé en réponse à des mots. La valeur de la vie est plus importante que le sentiment de déshonneur. Tuer parce que l'on s'est senti offensé n'est jamais justifiable. Tout le monde est d'accord avec cette idée, le 11 janvier. Que l'on soit Charlie ou non.
Six mois plus tard, la dispute de qui est Charlie se prolonge. C'est un débat embrouillé, identitaire, quasi existentiel. Bien qu'expiatoire, la discussion nationale ne doit pas jeter de l'ombre sur les nouvelles proies poursuivies au nom de combat "anti blasphème". Ailleurs dans le monde, pour ceux qui ne le sauraient pas, l'état des crimes anti blasphème se porte très bien. Les injustices sont en plein essor. Parfois, elles sont commises par des foules en colère, parfois les autorités persécutent pour défendre leur conception rigide de la religion. Sur le banc des accusés, on est toujours Charlie. Il y a ceux qui rient au nez des djihadistes ou ceux qui satirisent une actualité pour défendre un point de vue. Et puis, il y a les victimes qui existent tout simplement : elles sont au mauvais endroit, au mauvais moment.
Que s'est-il passé dans le monde depuis les attaques à Paris? Parmi une abondance de faits notables, voici quelques exemples.
Au Bangladesh, trois bloggeurs connus pour leurs écrits laïcs et anti fondamentalistes, ont été tués depuis le début de 2015. Avijit Roy, activiste athée et fondateur du site web humaniste Mukto-Mona, est pris d'assaut à coups de machette par des assaillants à Dhaka. Puis, Washiqur Rahman est poignardé et décède des ses blessures."
[...]
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/06/05/toutes-les-victimes-du-blaspheme-sont-charlie
_4648238_3232.html?xtmc=religion&xtcr=31


Caroline Fourest : "On ne fera pas baisser le racisme en trouvant des excuses sociologiques aux fanatiques" (Anastasia Vécrin)
Libération - 20 mai 2015

Caroline Fourest est essayiste et journaliste.
"Etre ou ne pas être Charlie. Telle n'est plus la question. Plus de quatre mois après les manifestations du 11 janvier, deux camps s'affrontent pour dire qui est vraiment Charlie. Pour l'un, c'est un républicain, défenseur de la laïcité et du droit au blasphème. Pour l'autre, c'est un islamophobe qui se cache derrière la République pour stigmatiser une partie de la population (thèse du dernier essai de l'historien et démographe Emmanuel Todd). Dans son dernier livre, Eloge du blasphème qui vient d'être publié chez Grasset, l'essayiste Caroline Fourest, qui a travaillé plusieurs années à Charlie Hebdo, répond au procès en islamophobie fait aux caricatures et met en garde contre le détournement de la laïcité à des fins identitaires.
Vous défendez la liberté d'expression, pourquoi est-il devenu presque blasphématoire de dire "Je ne suis pas Charlie" ? [...]
N'y a-t-il pas eu une sacralisation de Charlie après les attentats ? Emmanuel Todd a parlé du 11 janvier comme d'un "flash totalitaire", Régis Debray d'un risque de "maccarthysme démocratique"...
C.F. Ces intellectuels ont intellectualisé le renversement du monde. Avec des mots savants, saupoudrés de snobisme théorique, on assiste à une inversion totale des responsabilités entre le bourreau et la victime. Ceux qui défendent une liberté de façon pacifique sont devenus les violents, et ceux qui veulent les censurer ou trouver des circonstances atténuantes aux tueurs seraient victimes de terrorisme intellectuel, c'est inouï. J'ai admiré Emmanuel Todd pour son livre le Destin des immigrés. Aujourd'hui, je me demande si sa méthodologie était fiable, déjà à l'époque.
Au lieu de s'abriter derrière une méthode scientifique défaillante, Emmanuel Todd devrait assumer ses positions polémistes. D'autant que nous ne sommes pas à égalité pour confronter nos points de vue dans ce débat. Les intellectuels qui traitent les autres d'"islamophobes" n'ont pas besoin de protection policière. Ceux qui défendent le droit au blasphème travaillent avec un pistolet sur la tempe. [...]
Par rapport au reste du monde, la France est minoritaire dans sa défense du droit au blasphème, n'est-ce pas le signe qu'il faut évoluer ?
C.F. 156 pays possèdent une loi contre le blasphème. Ce n'est pas parce que nous sommes minoritaires qu'il faut refuser de défendre notre modèle. Dans une époque mondialisée, le moindre dessin ou propos peut être sorti de son contexte, de son intention, pour être livré en pâture à des foules hystériques à l'autre bout du monde, qui n'en comprennent ni la langue ni l'humour, et ne l'ont souvent même pas vu ! Faut-il arrêter de parler ou dessiner ou se battre pour une information plus contextualisée ?"
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2015/05/20/on-ne-fera-pas-baisser-le-racisme-en-trouvant-
des-excuses-sociologiques-aux-fanatiques_1313270


Liberté d'expression. Les Norvégiens ont le droit de blasphémer (d'après Vart Land)
Courrier International - 6 mai 2015

"Il est désormais légal en Norvège de faire outrage à une religion. Mardi 5 mai, les parlementaires ont approuvé à l'unanimité l'abolition de la loi qui interdit le blasphème, relate le journal norvégien chrétien Vart Land. Le texte sera adopté définitivement mardi 12 mai.
Cette question était en discussion depuis 2005, mais suite à l'attentat qui a visé Charlie Hebdo le 7 janvier dernier à Paris, les parlementaires ont jugé nécessaire de trancher. Dans leur proposition de loi du 10 février, les deux députés Anders B. Werp (du parti conservateur) et Jan Arild Ellingsen (extrême droite) ont noté qu'"il est temps que la société défende clairement la liberté d'expression, y compris dans les questions religieuses."
Si la question a fait consensus au Parlement, la presse, elle, est divisée. Ainsi, pour Finn Jarle Saele, rédacteur en chef de l'hebdomadaire chrétien Norge idag (La Norvège aujourd'hui), le changement de la loi sur le blasphème est un "suicide culturel" :
"Aujourd'hui, notre système de valeur n'a plus de fondement. Même si la Constitution affirme que le christianisme et l'humanisme sont la base de l'Etat, il n'y a plus de contenu.""
[...]
http://www.courrierinternational.com/article/liberte-dexpression-les-norvegiens-ont-le-droit-de-blasphemer


"Le blasphème fait partie des droits de l'homme, pas des bonnes manières" (André Comte-Sponville)
Le Monde - 12 mars 2015

Propos recueillis par Yves Daudu et Yann Plougastel.
"Agrégé de philosophie, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont Du tragique au matérialisme (et retour), paru en janvier aux PUF, André Comte-Sponville a pour pères spirituels Epicure, les stoïciens, Montaigne et Spinoza. Il se définit comme matérialiste, rationaliste et humaniste. Fortement influencé par l'héritage philosophique des Lumières, il défend une éthique humaniste et une spiritualité sans dieu. [...]
La liberté d'expression est une liberté fondamentale. Comme toute liberté naturelle, on la voudrait absolue ; comme toute liberté socialement réglementée, elle connaît des limites. Mais pourrait-on imaginer ou réclamer une liberté d'expression sans limites ? Il n'y a pas de liberté absolue. Même à l'état de nature, à supposer qu'il ait existé, la liberté de chacun dépend de la force dont il est capable ; elle est doublement -limitée, et par sa propre faiblesse, et par la force des autres. C'est vrai a fortiori dans un Etat de droit. Pas de liberté sans lois, pas de loi sans contraintes. On prend souvent l'exemple du code de la route : s'il n'existait pas, ma liberté de circuler, théoriquement plus grande, serait en pratique presque nulle. S'agissant de la liberté d'expression, c'est différent. On pourrait envisager qu'aucune loi ne la limite. Mais est-ce souhaitable ? [...]
La dénonciation des religions est un droit incontestable, mais quels sont ses objectifs ?
Les objectifs varient selon les individus, comme toujours. Simplement, les opinions sont libres, donc aussi la critique des opinions. Cela vaut pour les religions comme pour n'importe quelle idéologie. Cela pose le problème de l'islamophobie. Le mot est équivoque. Si l'on entend par "islamophobie" la haine ou le mépris des musulmans, ce n'est qu'une forme de racisme, aussi haïssable qu'elles le sont toutes. Est-elle très répandue ? Je n'en ai pas l'impression : un arabe athée ou un noir catholique sont sans doute davantage -victimes du racisme qu'un musulman de type européen. Mais, même marginal, ce racisme-là doit évidemment être combattu. En revanche, si on entend par "islamophobie" non pas la haine ou le mépris des musulmans mais le refus, la critique ou la peur de l'islam (c'est le sens étymologique du mot "islamophobie"), ce n'est qu'une position idéologique comme une autre, qu'aucun Etat démocratique ne saurait interdire. On a le droit d'être antifasciste, anticommuniste ou antilibéral. Pourquoi n'aurait-on pas le droit de s'opposer au christianisme, au judaïsme ou à l'islam ?"
[...]
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/03/12/le-blaspheme-fait-partie-des-droits
-de-l-homme-pas-des-bonnes-manieres_4592696_3236.html ? xtmc=religion&xtcr=73


Oui, on a le droit de blasphémer ! (Christiane Chanet)
Libération - 24 février 2015

Christiane Chanet est conseillère honoraire à la Cour de cassation, ancienne présidente du Comité des droits de l'homme des Nations unies.
"La législation française donne toute latitude à la critique des religions. Mais sanctionne les provocations à la discrimination et à la haine à l'égard d'une personne ou d'un groupe à raison de son appartenance religieuse.
Qu'est-ce que le blasphème ? Selon l'étymologie gréco-latine, blasphème signifie faire injure à une réputation. L'évolution du terme depuis le XVIe siècle tend à se limiter à l'injure faite au fait religieux. Le blasphème est constitué par une parole, un discours, un écrit, alors que le sacrilège est un acte perpétré contre une religion.
Quel droit régit le blasphème ? La Déclaration universelle des droits de l'homme, en son article 19, développé par l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, traité onusien contraignant ratifié par 168 Etats, consacre le principe de la liberté d'expression. Toutefois, cette liberté n'est pas absolue et peut comporter des restrictions. Celles-ci doivent avoir pour but soit de protéger la réputation des personnes soit d'obéir à des impératifs d'intérêt public. [...]
La législation française ne connaît pas le blasphème. Une disposition le réprimant figure encore dans les textes issus du Concordat régissant les religions catholique, protestante et israélite en Alsace-Moselle, mais elle est tombée en désuétude.
En revanche, la législation française sanctionne de lourdes peines, y compris des peines d'emprisonnement, les injures et les provocations à la discrimination, à la haine, à la violence, à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de son appartenance ou sa non-appartenance à une religion déterminée. Ces faits peuvent résulter de propos, de discours ou d'écrits."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/2015/02/24/oui-on-a-le-droit-de-blasphemer_1209248


Sophia Aram : "Je suis athée, donc pour moi, le délit de blasphème n'existe pas" (Propos recueilli par Gilles Renault)
Libération - 9 janvier 2015

"Sophia Aram, 41 ans, humoriste et chroniqueuse sur France Inter.
"Depuis la création de mon spectacle Crise de foi, en 2010, j'ai reçu des menaces limitées en comparaison de celles consécutives à mes chroniques en radio sur le FN. Les insultes, elles, sont stables du côté des anonymes se revendiquant de l'islam, par contre, elles augmentent du côté de ceux se revendiquant comme chrétiens luttant contre la "cathophobie" et pour la défense des "racines chrétiennes de la France". Ils ont en commun d'avoir un niveau de langage et de haine peu compatible avec les valeurs religieuses qu'ils prétendent défendre et leurs insultes sont finalement assez proches. Les deux revendiquent le délit de blasphème. Or, je suis athée, donc pour moi, ce délit n'existe pas. [...]
"Les idées de Charlie ne sont pas mortes et Charlie non plus. La liberté d'expression nous garantit le droit d'aborder n'importe quel thème. Sur la manière de faire pour que ce soit efficace d'un point de vue politique et moral ou tout simplement drôle, chacun est libre de choisir son approche, la provocation ou la finesse, l'absurde, peu importe. Les crimes de ces deux crétins sont aussi odieux qu'inutiles et inefficaces. Ils ne font qu'accroître notre vigilance et l'envie de continuer de se foutre de leur gueule. Ils sont impuissants, incultes et inutiles. Si Dieu existe, qu'il vienne se défendre lui-même.""

http://www.liberation.fr/culture/2015/01/09/je-suis-athee-donc-pour
-moi-le-delit-de-blaspheme-n-existe-pas_1177307



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