Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion  > Revue de Presse  > Blasphème

Blasphème

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le



Codes couleur :
En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
En rouge foncé : citation ou extrait de l'article. Titre en gras.
En mauve : commentaire ou appréciation particulière de "atheisme.free.fr"


Le gouverneur de Jakarta en prison pour "blasphème" (Laurence Defranoux)
Libération - 9 mai 2017

"C'est un coup de poignard dans le rêve d'une Indonésie tolérante et multiconfessionnelle. Ahok, gouverneur de Jakarta, a été condamné mardi à deux ans de prison pour "blasphème contre l'islam" et emprisonné. Un verdict d'une sévérité inouïe, alors que les procureurs ne réclamaient qu'une mise à l'épreuve. Massés devant le tribunal, les partisans d'Ahok sont restés silencieux, pendant que les musulmans conservateurs criaient "Dieu est grand".
La sentence est un mauvais signal pour les minorités religieuses et ethniques de ce pays peuplé à 80 % de musulmans. Car Ahok a la particularité d'appartenir à deux minorités : les Indonésiens d'origine chinoise et les chrétiens. Son premier mandat avait été un élément de stabilité pour le pays. Ultrafavori à sa réélection, il avait, au début de sa campagne, accusé ses adversaires d'instrumentaliser le verset du Coran qui suggère que les musulmans n'ont pas le droit de choisir des non-musulmans comme chefs, en lançant : "Ne vous sentez pas mal à l'aise à l'idée de ne pas pouvoir voter pour moi de crainte d'aller en enfer, parce qu'on vous ment.""
[...]
http://www.liberation.fr/planete/2017/05/09/le-gouverneur-de-jakarta-en-prison-pour-blaspheme_1568437


Un jeune écrivain accusé de blasphème en Algérie (Margaux Boddaert)
Libération - 15 mars 2017

"Il a été convoqué le 28 février par la police judiciaire de Tipaza, à 70 kilomètres d'Alger, où il a dû s'expliquer sur des passages de son roman. Anouar Rahmani s'est retrouvé face à sept policiers. Ils lui ont posé des questions sur ses croyances, ses pratiques religieuses et un peu sur son livre, d'après le récit qu'il a fait à Human Rights Watch. Dans l'un des chapitres de la Ville des ombres blanches, publié sur Facebook en août 2016, un enfant discute avec un sans domicile fixe qui se fait appeler "Dieu" et affirme avoir créé le ciel avec du chewing-gum. Le roman raconte également une relation homosexuelle entre un combattant pour l'indépendance de l'Algérie et un colon français pendant la guerre.
Les policiers ont fait signer à Anouar Rahmani un procès-verbal après dix heures d'interrogatoire. Le document précise qu'il fait l'objet d'une enquête en vertu de l'article 144 bis du code pénal algérien : il risque entre trois et cinq ans d'emprisonnement et 100 000 dinars d'amende, soit environ 850 euros, pour "offense au Prophète" et "dénigrement du dogme ou des préceptes de l'islam". Anouar Rahmani a été laissé en liberté dans l'attente de la décision du procureur de l'inculper ou non."
[...]
http://www.liberation.fr/planete/2017/03/15/un-jeune-ecrivain-accuse-de-blaspheme-en-algerie_1553873


Le blasphème, interdit suprême (Robert Maggiori)
Libération - 13 janvier 2016

A propos du livre de Jacques de Saint Victor : Blasphème. Brève histoire d'un "crime imaginaire" (Gallimard).
"L'historien du droit Jacques de Saint Victor retrace les origines de ce péché devenu crime avant d'être aboli par la Déclaration des droits de l'homme. Et de ressurgir au gré des intégrismes communautaires.
D'abord on lui brisa les os avec une barre de fer, puis le bourreau lui coupa la tête d'un coup sec, recouvrit le cadavre de paille et le fit brûler. Avait-il violé des enfants, trucidé des vieillards ? La pancarte qu'on avait fixée sur son dos, en l'emmenant au supplice, disait : "Impie, blasphémateur et sacrilège exécrable." Il avait proféré des obscénités contre la religion, profané un crucifix et, lors de la Fête-Dieu, au passage du Saint-Sacrement, avait refusé de se découvrir. C'était le 1er juillet 1766, à Abbeville, dans la Somme. Le chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre avait 20 ans.
Ce fut le bûcher de trop. La décapitation du jeune de La Barre horrifie toute l'Europe. Voltaire remue ciel et terre, mobilise le "parti des Encyclopédistes" et les philosophes des Lumières contre le "fanatisme" et "la barbarie de la justice du roi", Louis XV. La Convention réhabilitera la mémoire du chevalier par un décret du 25 brumaire de l'an II (15 novembre 1793). Mais son procès aura été "la cause directe de l'abolition pure et simple du délit de blasphème au début de la Révolution", à l'heure où les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme du 26 août 1789 posent le principe de la liberté d'expression. [...]
En 2004, le cinéaste hollandais Theo Van Gogh est assassiné : son film, Soumission, est dit blasphématoire. C'est par solidarité que Jyllands-Posten publie les caricatures de Mahomet. Puis ce fut Charlie. Le blasphème retrouve ainsi la couleur rouge sang qu'il avait au Moyen Age : au pilori, à la torture - "mutilation des lèvres inférieures ou supérieures, percement de la langue ou son ablation totale" - ou au bûcher succède la kalachnikov."

http://next.liberation.fr/livres/2016/01/13/le-blaspheme-interdit-supreme_1426189


Blasphème, le retour d'un crime imaginaire (Catherine Golliau)
Le Point - 3 janvier 2016

"Jacques de Saint Victor et Anastasia Colosimo examinent la manière dont cette notion est revenue s'immiscer dans la société au détriment de la laïcité.
"Dieu se défendra bien tout seul", disait Clemenceau. Faux. Le délit de blasphème est de retour, et la loi comme le droit entendent bien défendre Dieu. Alors que s'approche le triste anniversaire des attentats du 7 janvier, c'est ce que démontrent avec maestria Jacques de Saint Victor (Blasphème) et Anastasia Colosimo (Les Bûchers de la liberté). Deux livres pour un même constat : le blasphème a toujours été un problème politique. Aujourd'hui, on condamne les fatwas et les actes terroristes, rappelle Anastasia Colosimo, mais, même en Europe, on n'a de cesse de limiter la liberté d'expression en trouvant contre le droit au blasphème de nouvelles justifications légales."
[...]
http://www.lepoint.fr/chroniques/blaspheme-le-retour-d-un-crime-imaginaire-03-01-2016-2006667_2.php#xtmc=religion&xtnp=16&xtcr=159



Voir la page d'accueil sur le blasphème

>>> Suite de la revue de presse :


Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion   Accueil Revue de presse    Haut de page    Contact   Copyright ©