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Blasphème

2005-2008

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la rubrique : Blasphème


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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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L'art du blasphème (Sabine Cessou)
Libération - 2 janvier 2008 (1/6 de page)

"Sooreh Hera. L'artiste iranienne réfugiée aux Pays-Bas a photographié des homosexuels masqués par le visage de Mahomet ou de son gendre Ali. Depuis, ses œuvres ont été décrochées, et elle est menacée." [...]
Extrait : "Les photos qui fâchent sont celles d'un couple de gays iraniens, réfugiés comme elle aux Pays-Bas, dont les visages sont cachés. "Pas pour s'amuser", explique l'artiste, mais pour ne pas dévoiler leur identité, l'homosexualité étant punie par la peine de mort en Iran. Les masques représentent l’un le prophète Mahomet, l’autre son gendre Ali." [...]
"Après avoir trouvé ce travail "exceptionnel", le 30 novembre, dans le quotidien De Pers, Wim Van Krimpen, le directeur du Musée municipal de La Haye, a demandé le 3 décembre à l’artiste de retirer les pièces blasphématoires. La série Adam & Ewald devait figurer à partir du 15 décembre dans une exposition collective des sept meilleurs diplômés de la KABK. Wim Van Krimpen a estimé les images "insultantes pour une partie de la société", après avoir reçu des plaintes d'Islam Democraten, un mouvement basé à La Haye, affirme Sooreh Hera. Au lieu de s'en expliquer, Wim Van Krimpen a accusé l'artiste de vouloir faire sa promotion sur le dos d’un débat éminemment politique. Le directeur du musée n’a pas non plus apprécié d'avoir appris en lisant De Pers que les fameux masques, sur les photos, représentaient Ali et Mahomet, ni d'entendre Sooreh Hera dénoncer "l'hypocrisie du monde musulman sur l'homosexualité".
La jeune femme se défend : "Nous en avions discuté, il savait très bien que mon travail est anti-islam." Après avoir protesté contre la "censure" dont elle s'estime victime, elle a retiré toutes ses oeuvres de l'exposition à La Haye. Un autre musée, à Gouda, a proposé de les exposer. Depuis, son directeur, Ranti Tjan, est la cible de plaintes et de menaces de mort."
[...]


Du blasphème comme nécessité (Patrick Declerck)
Le monde - 25 novembre 2006 (1/8 de page)

Patrick Declerck, qui est membre de la Société psychanalytique de Paris et écrivain, revient sur les propos du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, suite à l'affaire Robert Redeker, professeur de philosophie menacé de mort par des islamistes après un article dans Le Figaro. Le ministre avait rappelé "le devoir de responsabilité aux élites" et précisé que "la science peut aussi être mise au service de l'intelligence, pas de la caricature".
Quelques extraits du texte de Patrick Declerck : "Après Nietzsche et Freud il est difficile à un lettré de considérer autrement le fait religieux que comme une béquille métaphysique à l'usage des esprits épuisés que l'inéluctabilité de la mort et l'horreur de la corruption des corps effraient au-delà de ce que leur faiblesse peut supporter."
[...]
"Non seulement on ne voit pas en quoi il serait "responsable" de taire une telle position critique, mais il apparaît au contraire que le devoir le plus élémentaire est de lutter contre ces entreprises d'essence mortifère que sont les religions. Non seulement il ne leur est dû aucun respect intellectuel et éthique au-delà du cadre légal de l'exercice de la liberté de culte, mais encore convient-il de les combattre philosophiquement en en dénonçant, chaque fois que faire se peut, l'imbécillité, la fausseté, la dangerosité, l'escroquerie, et le grotesque profond."
[...]
"Quant à la "sophistication" réclamée par M. Donnedieu de Vabres et ses émules, elle n'est que le masque de la litote. Une litote méprisable parce que lâche. A ces humanistes d'un nouveau Munich (accords entre Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler, le 30 septembre 1938, qui ont permis l'invasion allemande de la Tchécoslovaquie), à ces bradeurs de cinq siècles de luttes occidentales pour se débarrasser enfin de l'étouffante étreinte de la peste chrétienne, à ces Daladier de l'insidieuse banalisation de l'inacceptable, à ces colporteurs du gnangnan orientaliste, rappelons que parmi la communauté musulmane néerlandaise, à l'atroce nouvelle de l'assassinat de Theo Van Gogh, ils furent à peine 200 à crier leur indignation à La Haye, le 6 novembre 2004. L'immense majorité des 900 000 autres musulmans, terrassés, il faut croire, par une indicible émotion, restèrent chez eux...
J'ai déjà eu l'occasion de dire dans ces colonnes ma détestation de l'islam en particulier et des autres monothéismes en général. Je persiste et signe."



Une deuxième proposition de loi contre le blasphème (Sophie de Ravinel)
Le Figaro - 21 mars 2006 (1/8 de page)

Comme suite aux problèmes soulevés par les caricatures de Mahomet, Eric Raoult, maire du Raincy, dépose aujourd’hui une proposition de loi visant à "introduire le mot "caricature" dans les articles 23 et 29 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. A côté des termes "écrits", "imprimés" et "dessins" déjà dans le texte, le député maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis) demande que la "caricature" devienne un support aux "crimes et délits commis par la voie de la presse"."
Cette proposition qui fait suite à celle portant sur le même sujet par Jean-Marc Roubaud (voir plus bas, a été faite à la demande de l’UAM 93 (Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis).


Le blasphème, un droit sacré (Daniel Borrillo)
Le Monde - 9 février 2006 (1/6 de page)

Daniel Borrillo, juriste et maître de conférences en droit à l'université Paris-X-Nanterre, fait un parallèle entre l’affaire des caricatures de Mahomet et les diverses affaires (marionnette de Benoît XVI, publicité pour une marque de vêtements utilisant l’image de la "Cène") qui ont conduit l’Eglise catholique à mener un combat sur le plan judiciaire afin de restaurer le crime de blasphème... "Or, à ce moment-là, très peu des voix se sont élevées... "
[...]
"La forte mobilisation contre le risque de censure en Europe des caricatures de Mahomet - censure que je condamne aussi très fermement - et la faible réaction à la censure effective de la marionnette de Benoît XVI risquent de nous mettre dans la situation paradoxale d'une liberté d'expression à deux vitesses : une liberté sans limites vis-à-vis de la sensibilité musulmane, une autre très restrictive vis-à-vis de la sensibilité chrétienne.
Si nous voulons que notre mobilisation soit comprise non pas comme un manque de respect envers les musulmans, mais comme une véritable défense de la liberté d'opinion, nous devrions à l'avenir être aussi très vigilants contre les formes de censure qui prétendent "protéger" la religion majoritaire de la France."



"Le blasphème, une notion très sensible dans le monde musulman" (Marc Semo)
Libération - 31 janvier 2006 (10 lignes)

A propos des douze caricatures publiées dans le quotidien danois Jyllands-Posten, une, par exemple, avec Mahomet ricanant avec un turban en forme de bombe, une autre avec "le Prophète sur un nuage à l'entrée du paradis lançant à des auteurs d'attentats-suicides : "Allez-vous-en, on n'a plus de vierges"."
Ces dessins ont provoqué une vague d'indignation parmi de nombreuses organisations ou Etats musulmans, qui ne sont pas sans rappeler les Versets sataniques de Salman Rushdie.
Pour Malek Chebel, anthropologue et psychanalyste, "la représentation visuelle du Prophète reste un des tabous majeurs dans l'islam. Là, à la violation de cet interdit, s'ajoute le fait de lui mettre une bombe sur la tête, le transformant en archétype du terroriste". Il ressent "une gêne face à la provocation gratuite, et à une volonté délibérée de nuire qui ne peut que bloquer le débat".
Gilles Kepel, professeur à l'Institut d'études politiques et spécialiste du monde musulman précise : "Il est compréhensible que des croyants s'estiment choqués par un dessin représentant le fondateur de leur religion comme un terroriste. Car, si certains terroristes sont islamistes, cela ne signifie pas pour autant que tous les musulmans le soient". Il poursuit son analyse : "La notion de blasphème reste extrêmement sensible dans un monde musulman qui vit avec le sentiment d'être assiégé, et celui que l'islam est une religion menacée bien que nombre de prédicateurs et d'imams s'emploient à prétendre qu'elle va conquérir le monde. Alors chacun d'entre eux, par la surenchère, veut être le héraut de ce combat".


Un curé belge risque la prison pour... blasphème
Marianne - 15 au 21 octobre 2005 - (25 lignes)

Belgique. Pour inciter les fidèles à se poser des questions sur leur foi, le curé de Notre-Dame de Lourdes, à Jette, avait cru bien faire en accueillant l'exposition "Irreligia" (Irreligion) d'un groupe de polonais. Une association catholique a porté plainte pour blasphème. Le curé risque 6 mois de prison. Parmi les oeuvres, on trouvait : "un confessionnal construit en Lego, des reliques ornées de croix gammées, un portrait de la Madone criant "De l'argent !"..." et des femmes fort dévêtues.


Le blasphème fait son retour en Cène (Jack Dion)
Marianne - 12 au 18 mars 2005 - (1/2 page)

L’association catholique "Croyance et libertés" tente de faire interdire en justice une campagne de publicité des créateurs de mode Marithé et François Girbaud. L’image détourne le tableau de Léonard de Vinci, la Cène, en remplaçant Jésus et les apôtres par des femmes portant des vêtements de la marque. L’association "Croyance et libertés" "dénonce les "comportements érotiques et blasphématoires" illustrés dans une pub utilisant "une scène sacrée à des fins mercantiles"."
Pour Marianne, l’érotisme de la scène n'est que "supposé" et les "fins mercantiles" sont l’objet même de la publicité. Quant au tableau de Vinci, ce n’est pas une icône religieuse. En outre, la notion de blasphème est un concept purement religieux qui n’a pas à être invoqué devant un tribunal. Ce qui est sûr, c’est que grâce à "Croyance et libertés" le succès de la publicité est assuré.



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