Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion  >  Revue de Presse  >  Littérature > 2003 & 2004 1er sem.

Littérature

2003 et 1er semestre 2004

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur la littérature


Codes couleur :
En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
En rouge foncé : citation ou extrait de l'article. Titre en gras.
En mauve : commentaire ou appréciation particulière de "atheisme.free.fr"


Sa sainteté le papivore (Patrice Lestrohan)
Le Canard enchaîné – 26 mai 2004 (1/4 de page)

"Levez-vous ! Allons !" est le tome 2 de la biographie que Jean-Paul 2 vient de publier. C’est le 356e ouvrage que le pape a signé, presque autant que Balzac et Victor Hugo. Il a en outre inspiré 279 livres. Cela n’a rien d’étonnant pour le pape des records (voyages, canonisations, rencontres avec des chefs d’état, encycliques…).
"Levez-vous ! Allons !" … ne respire pas une allégresse intense. "Tressaillez de joie !", aimait naguère à lancer sa Sainteté lors de ses virées planétaires. Pour le coup, "Roupillez d’ennui ! " paraît plus approprié."
"[…] l’auteur … qui dit "je" tous les trois mots, s’autocongratule et s’autocélèbre avec la même constance apostolique…".
"Sa Sainteté redonde un brin en défendant le célibat du clergé pour "trois raisons théologiques : la motivation christologique, la motivation ecclésiologique et la motivation eschatologique". Des considérations à vous dégoûter à jamais de la chair et de ses joies."
On comprend que la principale cible de cet ouvrage ne soit pas le grand public, mais la hiérarchie de l’église, pour rappeler les "priorités". Cette biographie ne couvrant que les 20 années qui ont précédé l’élection de Jean Paul 2, on peut supposer qu’il y aura une suite.
Voir, sur ce site, une biographie, pas trop méchante, d’un pape polonais.


Une "Réforme" dans l’islam est possible (Henri Tincq)
Le Monde – 30 avril 2004 - Essais (1 page)

C’est ce que tente de montrer cet article qui présente quelques ouvrages "salutaires".
Dans "Les nouveaux penseurs de l’islam", Rachid Benzine aborde les tentatives de réforme de cette religion dès le XIXe siècle avec Muhamad Abduh, Afghani, Rashid Rida. Puis il y eut au XXe siècle deux mouvements opposés, l’un conduisant à la création des Frères musulmans par Hassan Al-Banna, l’autre avec le philosophe égyptien Ali Abderraziq. "On ne peut ignorer cette germination au sein même de l’islam, de l’idée qu’une modernité est possible contre toutes les formes de totalitarisme."
"Manifeste pour un islam des Lumières" de Malek Chebel a un titre volontairement provocateur. L’auteur fait vingt-sept propositions issues d’une "libre interprétation des textes et l’affirmation de la supériorité de la raison".
Pour Gabriel Martinez-Gros et Lucette Valensi, deux chercheurs, auteurs de "L’islam de la dissidence", les références de l’islam, qu’il soit réformateur ou islamique sont les mêmes : l’Occident. "La volonté d’un islam pur de toute contamination étrangère, n’est qu’un "slogan islamiste"."

Le fondamentalisme, complice de la culture islamique ou produit de la modernité. (Xavier Ternisien)
Dans un court essai, "L’obscurantisme postmoderne et la question musulmane", le Syrien, philosophe et historien Aziz Al-Azmeh tente de démontrer que "l’islamisme, comme le fascisme, est une produit de la modernité, l’expression d’une idéologie irrationnelle et populiste".
L’ouvrage de Hamidi Ressidi, "L’exception islamique" est, malgré quelques faiblesses sur le plan historique, "une exploration sans concession de "l’exception islamique" pour en sonder les limites et mieux les repousser".

La première religion carcérale de France. (Xavier Ternisien)
Selon le sociologue Farhad Khosrokhavar qui publie "L’islam dans les prisons", les détenus de culture musulmane dépassent souvent les 50%, en France, atteignant parfois 80% dans les centres pénitenciers proches des banlieues. L’auteur relativise cependant "le phénomène de réislamisation, … seule une infime minorité des détenus récitent des prières quotidiennes".


"Jésus après Jésus" (F.P.)
Le Canard Enchaîné – 21 avril 2004 - (25 lignes)

Sous-titre : par Gérard Modillat et Jérôme Prieur (Seuil)
Après "Corpus Christi" et "L’origine du christianisme", séries TV sur Arte, les deux réalisateurs abordent avec cet ouvrage, "La question qui fâche : celle de Paul, le Juif converti". C’est l’histoire de la séparation de la secte qui accuse les juifs de n’avoir rien compris à leur foi et qui devient le christianisme universel. "Plus botanistes qu’imprécateurs, ils montrent comment le christianisme croît et prolifère comme un organisme conquérant, par sélection et mutations. Erudit mais pas pédant, engagé mais pas sectaire."


Dieu superstar
Topo – avril 2004 – N°5 - (140 pages)

"Le mensuel de tous les livres", constatant une très forte production littéraire autour du fait religieux, y consacre la quasi-totalité de son numéro.
>>>   Voir le détail de la revue de presse de "Dieu superstar"


Derrière l'affaire du voile : Mahomet et les femmes
Marianne - n°350 - 5 au 11 janvier 2004 (4 pages)

L'article se fait l'écho du livre de Martine Gozlan "Le sexe et Allah" sur les rapports de l'islam avec la sexualité. Il montre en particulier l'écart entre le comportement de Mahomet, tolérant et épris de passion pour la féminité, et tous les tabous que renferme le Coran.
A La Mecque, avant l'arrivée d'Allah, les divinités étaient des femmes ! C'est dans ce contexte que Mahomet a d'abord été pendant vingt-cinq ans l'époux fidèle de Khadidja, de quinze ans son aînée, une maîtresse femme (d'affaires). "Elle avait été son conseiller, son trésorier, sa compagne, son directeur de conscience, sa première disciple."
Après être devenu veuf, Mahomet se constitue, au fil de son parcours guerrier et prophétique, un harem de onze femmes. Une des deux premières, Aïcha, la fille de son ami le plus cher, Aboudaker, n'a que 7 ans au moment du mariage. Celui-ci aurait été consommé charnellement deux ans après, lorsque Aïcha n'avait que 9 ans. D'autres versions parlent de 11, 12 ou 13 ans. Il y aussi les autres, les femmes mûres : Sawda, Hafsa, Um Salma, Zeibna… Les chroniqueurs rapportent abondamment cette vie de Harem, la sexualité, les petites histoires, les jalousies, les scandales… "Chaque fois que l'homme prophète rencontre un conflit du désir ou qu'il se trouve dans une impasse de la jouissance, Dieu y pourvoit par une solution coranique qui a valeur de loi." (Fethi Benslama)
L'article conclut sur une question, laissée sans réponse : D'où viennent ces versets du Coran si humiliants pour le sexe faible, aux antipodes des relations du prophète avec les femmes ?

Voir la réaction d'un internaute qui donne une autre vision de "Mahomet et les femmes".


De la religion aux neurones
La Recherche - janvier - mars 2004 - Hors série n°17 (2 pages)

Il s'agit un entretien avec Pascal Boyer, directeur de recherche au CNRS et auteur de "Et l'homme créa les dieux".
Son livre montre les dispositions naturelles de l'homme pour les croyances religieuses : besoin de coalition pour faire face à un environnement hostile, besoin de "séquences narratives" (mythes) pour se représenter le réel, dispositions cognitives qui rendent certains concepts surnaturels pertinents, etc.


La nouvelle quête de Dieu   (Ursula Gauthier)
Le Nouvel Observateur - 16 au 22 octobre 2003 - N° 2032 - (7 pages)

Sous titre : Les Eglises déclinent, les spiritualités foisonnent
L'article est construit autour du dernier livre de Frédéric Lenoir "Les Métamorphoses de Dieu".
A l'heure où les églises se vident et où le tout-rationnel du monde moderne est vécu comme une contrainte, ce dossier essaie d'expliquer et de resituer dans son contexte la prolifération de nouvelles formes de religiosités, signe d'une "ultra-modernité". Le besoin d'irrationnel, d'illusion, de sacré, "d'enchantement du monde" serait sans borne. Si la grande majorité des personnes se disent croyants, les religions traditionnelles attirent moins et l'on assiste à un véritable engouement pour ces nouvelles religiosités. Elles se caractérisent par un fort syncrétisme. On puise dans les religions traditionnelles, dans les différents mouvements spirituels, dans l'ésotérisme ou même dans des cultes tombés en désuétude, différents éléments pour se "bricoler" une religion sur mesure et, comme dans la société de consommation, en changer quelque temps après lorsqu'on s'en sera lassé. "Partout, le modèle du fidèle obéissant est battu en brèche par les figures montantes du nomade, du bricoleur, du chercheur de sens. La foi devient plus personnelle et plus critique. L'individualisation des manières de croire menace toutes les orthodoxies." (Frédéric Lenoir, philosophe)
Même Dieu change de nom, c'est le Tout, l'Un, la Source, la Réalité Ultime, la Vérité… ; il ressemble de moins en moins au Dieu anthropomorphe des grandes religions monothéistes ; il devient inconnaissable, mais s'entoure d'accessoires empruntés : "énergie christique", astrologie, chakra, karma, esprit, fées et autres forces subtiles.
Intéressant. Cela nous change un peu de l'actualité catholique.


Religion à l'école : on y enseigne de fausses vérités
Science & vie - octobre 2003 - n°1033 – (20 pages)


Sous-titre : "Sous couvert d'histoire, on enseigne encore la foi!"
Une enquête réalisée sur les livres scolaires montre que l'école laïque dispense un enseignement religieux. Les légendes et les mythes (Bibles, Evangiles) sont présentés sans les mises en garde nécessaires à côté des faits historiques. "Des cartes géographiques reproduisent le trajet de l'Exode et des frises chronologiques balisent l'histoire des Hébreux. En citant les récits de la Bible sans les contextualiser, ces ouvrages scolaires les corroborent. Ils renoncent ainsi aux lumières qu'apportent les recherches scientifiques en la matière."
Les débuts du christianisme sont quant à eux présentés de manière "idyllique", comme par exemple en classe de 6ème. "On traite trop souvent Rome au travers du christianisme comme si le seul destin historique du monde romain avait été de l'engendrer. Mais de la religion Romaine on ne dit rien. […] Ce n'est pas là une démarche historique." (Pascal Arnaud, spécialiste du monde romain).
L'article montre que les faits pouvant choquer les croyants sont passés sous silence, on se limite au "religieusement correct" à défaut de "l'historiquement exact". Le christianisme, décrit de l'intérieur, semble se réduire au seul catholicisme. L'image du monde arabe et de l'islam, dans les ouvrages s'est amélioré depuis quelques années, mais conserve un caractère conquérant et belliqueux.
Un article éclairant et objectif.

Voir la page d'accueil sur la littérature et la religion


Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion   Accueil Revue de presse    Haut de page    Contact   Copyright ©