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La superstition - phénomène universel


7/8  -  Les trucs du spiritisme
(un peu de zététique)


Par Georges Timmermans  -  mars 2004



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Sommaire :


Un prestidigitateur, du nom de "professeur Dicksonn, mena une campagne sévère contre l'immense armée des spirites".

Dicksonn constate que malgré la grande précision de la science, trop nombreux sont encore les humains qui se laissent toujours duper par des prétendus phénomènes de matérialisation.
Il cite le fait d'un médium, un certain Home qui, en 1857, avait pris un tel ascendant sur l'Impératrice, que celle-ci le fit venir à Biarritz, où la Cour impériale était en villégiature.

Au cours d'une séance spirite, le médium fut démasqué par un courtisan du nom de Mario.
Au moment où l'Impératrice sentit une main parfumée effleurer son visage, le courtisan alluma la lumière. L'empereur découvrit alors que l'audacieux esprit qui se permettait de telles privautés à l'égard de l'Impératrice n'était autre que…le pied du médium.
"Chaussé de souliers larges et découvert sorte d'escarpins, ses chaussettes pourvues de doigts comme des gants, Home avait la faculté de se servir de son pied droit comme d'une troisième main." Furieux d'avoir été mystifié, l'Empereur fit expulser le médium du territoire français. Le prestidigitateur continue sa démonstration de démystification, en dénonçant les pratiques de deux américains, Ira et William Davenport qui, le 2 septembre 1865, donnaient une séance au château de Gennevilliers, devant des écrivains et journalistes. Ils pratiquaient l'armoire hantée, dans laquelle ils se faisaient enfermer, pieds et poings liés, parmi de nombreux instruments de musique. Au milieu d'un concert infernal provenant de l'intérieur de l'armoire, celle-ci s'ouvrit laissant voir les deux américains toujours garrottés.
Puis, le truc fut découvert. Avec de l'art et de l'entraînement, les deux frères pouvaient très facilement se débarrasser de leurs cordes et s'engager en un clin d'œil dans des nœuds truqués. Les associations de prestidigitateurs appuyaient la thèse que les professionnels du spiritisme étaient de remarquables artistes doués d'une souplesse stupéfiante, et des plus compétents dans l'art du truquage scénique.
Dicksonn raconte que dans sa longue carrière, il reçut des confidences de gens qui lui attribuaient un pouvoir occulte. Il put ainsi juger de lui-même "des ravages causés sur le cerveau humain par les pratiques du spiritisme."
Il dénonce ensuite le "mystère" qui n'est en somme qu'un "vulgaire amusement".
Par exemple, s'enduire les paumes de la main de colophane, pour avoir une meilleure adhérence pour faire tourner la table. Pour produire les bruits appropriés, il y a des médiums qui se servent de leurs pieds, soit : ils font claquer leur gros orteil contre le second doigt, soit craquer leurs articulations, ou emploient un guéridon truqué.


Quelques trucs de spirites connus.

En 1913, le médium Carancini fut convaincu de supercherie à Paris, dans un hôtel de la rue Pétrarque. Il pratiquait la substitution des mains, ce qui lui permettait d'avoir une main libre, pendant le contrôle des surveillants. Eusapia Palladino, déjà citée par de Rochas, a été convaincue de fraude grossière. La substitution des mains permet également de réaliser la "dématérialisation d'un liquide" Le médium donne l'impression de frapper ses mains l'une contre l'autre. Mais l'obscurité établie, il frappe sa joue avec sa main gauche et aspire le liquide par un chalumeau. La lumière rétablie, les battements des mains reprennent normalement. Puis le médium opère avec un complice, ce qui permet la mystification des savants qui concentrent leur attention uniquement sur le médium.
Mais le grand jeu, c'est la matérialisation des esprits, c'est-à-dire, l'apparition des trépassés aux yeux de ceux qui les évoquent.

Le décor doit être minutieusement préparé : des fleurs aux parfums subtils engourdissaient les sens des assistants déjà grisés par de l'encens. Une musique triste créait une ambiance funèbre. Au milieu de la pièce, une cabine formée de rideaux noirs, était réservée au médium.
Dans cette cabine se trouvent tous les accessoires dont le médium aura besoin pour ses matérialisations. Si le médium est en plus un ventriloque émérite, les apparitions possédaient à chaque fois la voix adéquate.

Parfois c'est le fantôme d'un mort que le médium fait apparaître.
"Ce genre d'apparition s'obtient à l'aide d'une étoffe légère, fine comme une toile d'araignée et d'un masque transparent orné de plumes ou de fleurs.
Dans son cabinet obscur, l'opérateur s'affuble, puis à l'aide d'une petite lampe à l'huile phosphorée qui s'allume au contact de l'air, il se rend visible à l'assistance."
Mais la vérité parvient souvent à déjouer la supercherie. Ainsi, Madame Williams se fit prendre dans un salon parisien. La lumière jaillit trop tôt, on vit alors le médium en maillot noir, la figure couverte d'une fausse barbe pour personnifier un médecin. De la main droite, elle tenait un masque auquel pendait un voile léger afin de simuler l'apparition de sa fille, tandis que de la main gauche, le médium manœuvrait une lampe phosphorescente. Madame Williams avait gonflé un mannequin quelle avait placé sur une chaise en le recouvrant de ses vêtements pour donner l'illusion de sa présence.
Ceci, ce sont les coulisses, mais le spectacle dans la salle, s'il faut en croire les spectateurs, est fascinant.


Une jolie et émouvante apparition. -colonel de Rochas.

"-Deux lumières près de vous, Monsieur Tissot, deux formes…Oh ! que c'est beau !
"- Oh !C'est Katie et le guide.
Je vois alors un groupe admirable, éclairé de cette même lueur bleuâtre que j'ai signalée, mais plus blanche, comme si on avait gratté de la lune et mis les petits morceaux dans les mains des êtres apparaissant. C'est la forme du même homme à l'aspect un peu indien qui amène une jeune femme qui est Katie.
"Je m'écrie à voix basse :
"-Que c'est beau !C'est plus beau que ce que je souhaitais voir. C'est bien Katie !
"J'observe tout, les plis des étoffes, l'arrangement des mains. Et alors que je continuais à dévorer cette scène du regard ; voici Katie qui se penche et m'embrasse.
Je sens une peau douce comme celle d'un enfant ; l'épiderme me semble chaud et vivant. Elle se relève, puis se penche encore et me donne un second baiser. Puis elle se retire lentement, tout disparaît.
"Ce fut tout."
Katie, était une jeune fille décédée qui avait servi de modèle au peintre Tissot.

Quant au spiritisme, il faut : "Provoquer chez soi-même une hallucination par auto-suggestion…"


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