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La superstition - phénomène universel


4/8  -  Aperçu régionaliste des différentes catégories de croyances

(Dames blanches, lavandières, trolls, gnomes...)



Par Georges Timmermans  -  mars 2004



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Sommaire :


Il est bien entendu que des histoires relatant des choses merveilleuses et surnaturelles, ou des faits relatifs aux revenants, existent dans tous les pays. Nous allons nous limiter à l'Europe, et comparer les catégories citées ci-dessus aux histoires de fantômes d'autres régions.
A quelques variantes près, la même trame, le même fil conducteur va du Nord au Sud.
Mais il y a une variété d'apparitions que nous détaillerons particulièrement : les "Dames Blanches".

Elles sont très répandues en Europe et portent des noms différents suivant les régions. Les "Lavandières de la nuit", "Witte Wieven", "Les sorcières du brouillard", "La Dame Musicienne" etc. .
Ces "Dames" se rencontrent surtout les nuits de brume, de lune, de légère brise, au pied des vieux arbres ou au bord des fontaines.
La "Dame Blanche" apparaissait aussi comme suspendue au-dessus de l'abîme, par les tristes soirs de novembre. Sa longue robe blanche et ses cheveux flottants ondoyaient à travers le brouillard, parmi les tourbillons déchaînés des rivières ; les roches qu'elle avait frôlées se crevassaient et les buissons effleurés, roussis, se desséchaient instantanément.
Voici ce qu'en dit Anatole Le Braz, dans le tome premier de sa "La Légende de la Mort".

"En Bretagne comme en Irlande, la confusion s'est produite de bonne heure entre les personnages purement fantastiques et les fantômes. C'est ainsi que les formes redoutables, primitivement engendrées par la peur des ténèbres, sont, à la longue, devenues des morts. Les Kannerezed-noz (lavandières de la nuit) qui, d'abord ont dû être des fées des eaux, passent aujourd'hui pour tordre le linge des morts, sur la berge des étangs ou la margelle des fontaines, aux creux des vallons déserts."
La Dame Blanche peut être liée dans la région du Poitou, à la fée Mélusine, moitié humaine, moitié poisson. La fée, par ses cris lugubres et ses gémissements, annonçait la mort prochaine des Lusignan et des rois de France.
En Allemagne, la dame blanche apparaît (sic) aux membres de la famille de Brandebourg, la veille de leur mort.
Ces dames se retrouvent aussi dans les légendes grecques et dans les sagas celtiques. Il est vraisemblable que leurs origines remontent loin dans la préhistoire.
Dans la région de Vries (Pays-Bas), encore pendant les années cinquante, les femmes marchaient à l'emplacement de tumulus, car selon d'anciennes croyances, c'était un rite de fertilité. L'on considérait ces emplacements comme la demeure des Dames Blanches, et des puissances souterraines. En Irlande, ce sont les Tùatha Dé Dànan ("gens de la déesse Dana") qui occupent les Tumulus et combattent contre les Fomoire, les démons inhérents à la terre d'Irlande. Dans les Edda, les sagas mythologiques nordiques, les Witte Wiven seraient apparentées aux Walkyries. Elles sont toutes les deux apparentées à la mort. Les Walkyries soignent et servent les guerriers morts aux combats, les Lavandières de la Nuit soignent et lavent le linge des morts. Malgré que, à la différence des Walkyries, elles n'ont aucun lien avec les dieux ou déesses.
Et si les apparitions des "auto-stoppeuses" n'étaient qu'un avatar supplémentaire des dames blanches ?


Les lavandières de la nuit à Heindonk-Brabant -Belgique

La mère de Net Huyghe racontait qu'elles lavaient le linge quand on le préparait le soir, avec de la nourriture et des boissons.
Mais on ne pouvait pas venir voir sous peine qu'il ne se passait rien. Evidement !


La Dame blanche des bords de la Senne à Eppegem Brabant-Belgique.

Elle s'en prenait surtout aux personnes âgées qui s'aventuraient le long de la rivière, par épais brouillard. Cette rencontre se terminait par la noyade.
Le pas hésitant, le brouillard qui gomme toute différence entre la berge et la rivière.
L'accident est hélas, vite arrivé…

Les histoires que l'on rapporte aujourd'hui concernant les auto-stoppeuses fantômes, poldergeist etc. sont le reflet de notre société, mais se retrouvent dans les catégories citées plus haut. L'apparition des auto-stoppeuses appartient à la catégorie des "revenants" qui hantent les abords de l'endroit où ils sont décédés, le plus souvent à la suite d'un crime impuni ou de mort violente.
Effectivement, les histoires d'événements surnaturels que nous lisons aujourd'hui dans la presse, ou qui servent de trame à des films ou des feuilletons télévisés, alimentaient les conversations de nos arrière-grands-parents, mais sans le scientisme qui en est aujourd'hui souvent le prétexte.

Il n'y a peut-être pas une localité, en Europe, aussi petite soit-elle, où l'on ne puisse trouver l'indication d'apparitions de revenant, ou de bruits insolites.

Ainsi, les apparitions de troisième catégorie, qui concernent le téméraire puni pour avoir voulu voir un fantôme. Des faits de ce genre sont racontés dans un grand nombre de pays. Cette crainte des fantômes, ainsi que la pensée qu'ils sont capables de faire du mal, même de tuer, le malheureux qui a la mauvaise chance de les rencontrer.
Ceci peut être considéré comme des manifestations universelles.

Près de Toulon, en 1880, il y avait un ancien four-à-chaux et une bastide abandonnée qui tombait en ruines ; cette bastide avait la réputation d'être hantée par des apparitions surnaturelles. Un jour, des collégiens en promenade s'amusaient dans le voisinage ; quelques-uns d'entre eux eurent la curiosité d'aller voir ce qui se passait et ils y virent, disait le conteur, des choses horribles. - Mais quoi ? demanda un interlocuteur. - "Eh ! le sais-je moi ? Ce que je sais, c'est qu'ils furent tellement effrayés, que plusieurs d'entre eux furent malades de peur". Ceci rejoint le refus du braconnier Wannes, le non-dit couvre l'innommable. Le châtiment punit celui qui transgresse l'interdit.

Pour la quatrième catégorie, fantôme apparaissant pour annoncer le moment de la mort, à celui à qui il apparaît, se retrouve dans une infinité de localités.
Dans quelques cas, ce n'est pas à proprement parler une apparition, mais seulement un bruit insolite qui vient prévenir les intéressés de la mort de celui qui les aimait.
Dans les établissements religieux, par exemple les couvents des Bénédictins d'Italie, on disait que lorsqu'un religieux de l'ordre vient à mourir, dans n'importe quelle contrée du monde, la maison-mère en est aussitôt informée par un bruit nocturne qu'on appelle "les coups de saint Benoît."
Quant au fantôme se montrant pour réclamer une sépulture convenable, ceci se raconte dans les pays les plus divers. Dans les ruines du château de Saint-André, dans le Forez, on parle d'un fantôme qu'on appelait : l'homme de Cordes, et qui apparaissait occasionnellement jusqu'au jour où l'on fit creuser la terre et qu'on eût mis dans le cimetière, les os d'un chevalier qui avait été tué traîtreusement.
Ceci se retrouve en Auvergne, en Dauphiné, en Normandie, dans les Ardennes, enfin partout où il y a des châteaux ruinés.

Puis, l'apparition du fantôme qui a pour but une expiation ou une restitution, l'exemple du curé "Des trois messes basses" d'Alphonse Daudet- condamné lui et tous les fidèles à revenir la nuit de Noël, et ceci pendant trois cents ans, car ils avaient commis le péché de gourmandise. Il y encore l'enfant de chœur qui servit la messe au fantôme de son curé, pour mettre fin à l'apparition du revenant. Une variante du même récit, dans laquelle il est dit que le curé, avant de commencer la messe, dit à l'enfant, qu'il ne devait pas lui relever la chasuble au moment de l'élévation. Or, l'enfant oublia cette recommandation, et lorsqu'il releva la chasuble, il vit que l'officiant était un squelette !! Ceci répond à une croyance très répandue, dans une infinité de pays, touchant la nécessité de remplir les obligations contractées, même lorsque la mort est venue faire obstacle aux désirs.
Dans les Ardennes, on dit que lorsqu'une personne meurt sans avoir tenu la promesse qu'elle avait faite, il faut que ses parents accomplissent la formalité, sous peine d'être tourmentés par la mort.

La septième catégorie se rapporte aux revenants qui révèle l'endroit où se trouvent des richesses. Ceci encore se rapporte à un grand nombre de pays. L'indication de richesses cachées, donnée par un revenant, nous conduit, à la donnée de : l'esprit des champs, du démon, etc., etc., car, ce n'est pas toujours un individu mort qui apparaît, mais un être vivant, quoique surnaturel. Et cet être peut varier : du diable, démon, génie, héros antique, etc. , etc., un animal, chèvre, bouc, bélier, taureau etc., etc., Dans des pays tels l'Angleterre ou la Norvège etc., etc., ce sont des gnomes ou des trolls.

Dans la huitième, le revenant annonce une bonne ou mauvaise nouvelle. Ceci remonte à la plus haute antiquité et à une infinité de pays. Il y a mille variantes tant pour la bonne nouvelle que la mauvaise, depuis l'indication qui permet de trouver un trésor, une mère éplorée, une épouse craignant d'apprendre la mort de son mari, etc., etc.,

Dans la neuvième, les vengeances d'outre-tombe. Le revenant de mauvaise humeur se venge tantôt par une parole désagréable, tantôt par une menace, tantôt enfin, par les sévices matériels ou des maladies à plus au moins longue durée, voire même, par des malheurs d'ordres très divers : incendie, naufrage, stérilité du sol, morts des animaux domestiques, etc., etc. Presque partout au monde on craint les agressions nocturnes des revenants.
Ils ne sont pas toujours différenciés des mauvais esprits de la maison, des champs, de l'air, de l'eau, etc., etc. ou du diable, des démons et autres génies malfaisants. La nuit est, surtout, le moment où s'exercent ces sévices ; mais la journée n'est pas sans danger, dans les endroits sombres ou déserts.


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