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Jésus-Mahomet :

Le grand affrontement

Le Point -  22 septembre 2005

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
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Jésus-Mahomet - Le grand affrontement

(Catherine Golliau)
Le Point - 22 septembre 2005 - (13 pages)

Le XXIe siècle sera-t-il celui de la confrontation entre les deux plus grandes religions monothéistes, le christianisme et l'islam. Le dossier tente de comparer Jésus et Mahomet, les personnages à l'origine de ces deux religions d'apparence si dissemblables.


Jésus, Dieu malgré lui (Interview de Geza Vermes, spécialiste des débuts du christianisme)

Guérisseur et exorciste, Jésus est doté d'un très fort pouvoir charismatique. "C'est un prophète eschatologique qui proclame l'avènement du royaume de Dieu dans un futur proche." Mais son appel ne s'adresse qu'aux juifs. Quant à sa résurrection, on peut supposer que les apôtres, traumatisés par sa mort, avaient besoin de ressentir son charisme pour transmettre son message. Si l'on replace les écrits du Nouveau Testament dans leur contexte on s'aperçoit que l'expression "fils de Dieu", courante chez les juifs, signifiait "fils d'Israël" ou "très proche de Dieu". "Jésus a été progressivement divinisé. Le premier Jésus, celui des [évangiles] Synoptiques, est un guérisseur et un maître. Dans les Actes des Apôtres, il est prophète, Seigneur et Christ. Chez Paul, déjà, le voici devenu "Fils de Dieu" et rédempteur universel." (Ainsi, le christianisme serait fondé sur une mauvaise traduction !!!) L'évangile de Jean, écrit entre 100 et 110, en fera le "Verbe", descendu du ciel pour annoncer l'arrivée du royaume de Dieu.


Mahomet, Le messager de Dieu (Mahmoud Hussein)

Les textes sacrés de l'islam décrivent le dernier des prophètes comme ayant une grande humanité et une grande habileté. Un portrait très complaisant, d'un homme disposant de grandes qualités politiques et militaires.


Jésus-Mahomet : Match au sommet (Eric Vinson)

Le christianisme et l'islam sont deux monothéismes qui trouvent leurs racines "dans le même fonds sémitique et biblique". Les deux religions accordent une place prépondérante à la parole divine. Cependant la différence essentielle est que pour les musulmans cette parole se manifeste à travers un livre, le Coran ("incréé", éternel et intangible), tandis que pour les chrétiens cette parole (le Verbe), s'est fait homme avec Jésus... C'est sur ce personnage que se centre la religion chrétienne, alors que l'islam est focalisé sur le Coran, "monolithe verbal" de la "vérité absolue". L'article compare les deux religions sur plusieurs de ses aspects : Dieu, la Révélation, le Salut, l'Amour et la Loi, la société, la femme, spiritualité intérieure. "Si des disparités profondes séparent le Christ du Prophète, force est de constater la ressemblance des civilisations construites en leur nom, cultures traditionnelles nées d'un même univers méditerranéen archaïque. Elles connurent simplement des évolutions divergentes, accusant leur animosité chronique."


Jésus contre Mahomet, la grande confrontation ? (René Girard)

Le philosophe René Girard voit dans le christianisme la dénonciation du caractère inacceptable du sacrifice mis en place par les sociétés archaïques pour limiter la violence en la focalisant sur un bouc émissaire. L'islam, qui "prône la violence au nom de la guerre sainte" et dont certains fidèles recherchent le martyre, est-il plus archaïque que la société moderne qui, soumise à la violence, "a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels" (génocide, goulags, holocaustes, arme nucléaire, terrorisme...).


La vie de Jésus... musulman (Frédéric Lewino)

Au Cachemire, le mausolée du saint musulman Yuz Asaf, ne serait autre, selon la rumeur, que celui de ... Jésus, à cause d'une pierre portant l'empreinte d'un pied percé. C'est la thèse défendue par une secte du Pakistan et de l'Inde, l'Ahmadiyya, créée en 1889.


Islam-Christianisme : Guerres et amour (Faouzi Skali)

L'islam reconnaît Jésus comme le prophète le plus proche de Mahomet. D'autres personnalités du christianisme apparaissent comme importantes dans le Coran et dans des "Hadiths". Cependant une des caractéristiques communes aux deux religions a pour conséquence d'exacerber leur rivalité : "elles aspirent à la diffusion universelle de leur message." La théologie et l'histoire ont contribué à l'établissement de rapports conflictuels, avec deux moments forts, les croisades et la colonisation. Cette dernière fut ressentie par beaucoup "comme un traumatisme qui déclenchera une véritable crise idéologique chez certains théologiens et penseurs musulmans, comme les réformistes de la salafiya. Pour eux, les pays musulmans étaient devenus colonisables parce qu'ils avaient dévié du modèle islamique des origines." Ce mouvement est à l'origine des "Frères musulmans" et du salafisme dans sa nouvelle forme radicale. On semble aujourd'hui assister à un retour des guerres de religion. "Mais les religions ne sont-elles pas utilisées aussi comme des idéologies de pouvoir."


L'exemple du martyr (interview de Gilles Képel, professeur à l'institut des sciences politiques)

L'islamisme radical utilise Internet ou la télévision par satellite pour jouer le rôle du principal opposant à la puissance américaine. C'est un Frère musulman palestinien, Abdallah Azzam, qui a redonné la priorité au sens guerrier du "djihad", à l'occasion de la guerre d'Afghanistan. Après l'échec des guérillas islamiques (Bosnie, Cachemire, Tchéchènie), "on est alors passé du djihad de défense au sens classique à un djihad individuel fondé sur le martyr, théorisé par Ayman al-Zawahiri, le plus important des "penseurs" d'Al-Qaida", afin de galvaniser les autres musulmans.
Quant à l'attitude du sunnite Abou Moussab al-Zarkaoui, qui considère les chiites comme des hérétiques ce qui justifierait leur mort, elle est "infiniment dangereuse pour l'islam".
Les conversions auxquelles on assiste vers l'islam (dans les banlieues occidentales) ou vers le christianisme (en Algérie par exemple) "s'expliquent par la relativisation des traditions et des croyances".


L'avenir est à l'islam (Interview de Malek Chebel, écrivain)

Pour le psychanalyste et anthropologue Malek Chebel, Mahomet est un personnage plus abouti que Jésus mort trop jeune et qui a porté un message de bonté, de miséricorde, de souffrance. "On te tend la joue, tu tends l'autre." D'où une religion compassionnelle et des vertus féminines tandis que l'islam est une religion masculine. Cette dernière offre aux hommes "une communauté, la sécurité physique et morale, une orientation, un destin. Tout est balisé. L'islam ne doute pas et ne connaît pas, comme le christianisme, l'angoisse de l'Eglise vide." Malek Chebel considère que l'islam a un besoin urgent d'autocritique pour rompre avec l'enfermement théologique et réprouve le rôle de la religion dans la vie publique : "C'est l'usage abusif de Dieu pour régler les problèmes entre les hommes."



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