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Etats-Unis

2004

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la rubrique : Etats-Unis

Voir également la rubrique : Election présidentielle américaine


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Au Nouveau-Mexique, la religion est l’opium du peuple (Guy Baret)
Le Figaro – 17 décembre 2004 – (1/8 de page)

L’Eglise Espirita Beneficiente, au Nouveau-Mexique (USA), a la particularité d’inclure comme dogme et sacrement dans son culte "le thé hoasca, boisson hallucinogène qui contient une substance illicite, le DMT". Pour le procureur général des Etats-Unis, les missionnaires de cette Eglise sont en réalité des "dealers". L’usage de ce thé leur avait donc été interdit en 1998. Les croyants ont protesté : "Sans thé, nous sommes athées !" Dans un pays où la liberté religieuse est gravée dans la constitution, l’Eglise a porté l’affaire devant la cour d’appel qui lui a donné raison. Le Gouvernement fédéral, ne voulant pas en rester là, a saisi la Cour suprême qui a rendu son verdict : "l’usage ecclésiastique de ce thé... est protégé par la constitution américaine, au titre de la liberté religieuse". Les adeptes de l’Eglise Espirita Beneficiente sont "ravis" de pouvoir fêter Noël comme ils le souhaitent. Il s’agit là d’une "victoire posthume de Karl Marx, qui enseignait que "la religion, c’est l’opium de peuple"".
Espérons pour les américains que Ben Laden ne profitera pas de cette décision pour faire d’al-Qaida une religion aux Etats-Unis.


Bush et Kerry portent leur foi en bandoulière (Philippe Gélie)
Le Figaro - 29 octobre 2004 - (1/2 page)

Dans une Amérique très religieuse, les deux principaux candidats à la Maison Blanche affichent leurs convictions religieuses comme argument électoral. Tandis que Bush, le "born-again", vise en priorité les évangéliques conservateurs, John Kerry espère plutôt séduire les chrétiens "modérés". Ce dernier n’a-t-il pas déclaré lors du 3ème débat télévisé: "Je pense que tout ce que vous faites dans la vie publique doit être guidé par votre foi". Dans ce débat suivi par 50 millions de téléspectateurs, les mots Dieu, foi, Religion, prier ont été cité 42 fois !
Si John Kerry essaie de se donner une image de catholique convaincu, George W. Bush apparaît cependant comme étant le plus fervent croyant des deux, au point que sa foi semble parfois guider sa politique. Selon Bruce Barlett, ancien conseiller de Ronald Reagan, "Il croit vraiment qu’il est en mission pour Dieu. Une foi absolue comme celle-là remplace le besoin d’analyse."
John Kerry, pour sa part, essaie de tenir bon face aux pressions de groupes intégristes qui menacent de l’excommunier à cause de sa position sur l’avortement. Mais son discours a évolué au cours de la campagne. Au début, la religion était une "affaire privée", tandis que maintenant, il déclare : "Ma foi me donne des valeurs auxquelles j’adhère et que j’applique dans les décisions que je prends." Pour le journaliste, John Kerry prend acte de l’état de l’opinion américaine qui pense à 61% que la religion peut résoudre les problèmes actuels dans un pays où 491 des membres du Congrès sur 535 "revendiquent leur appartenance à une église chrétienne".


Quel rôle pour Dieu ? (Jacques Coubard)
L’Humanité - 29 octobre 2004 - (1/6 de page)

A propos du livre de Sébastien Fath "Dieu bénisse l’Amérique" (Seuil).
Pour comprendre la vie politique des Etats-Unis, il est nécessaire de prendre en compte la dimension sociale de la religion. "Depuis l’arrivée d’Angleterre des Puritains du Mayflower, une sorte de "religion civile" imprègne la politique, l’économie, la culture, intervient dans tous les domaines de la vie". Tel est le sujet du livre de Sébastien Fath.
En dépit d’une légère baisse dans la pratique religieuse, qui est encore très élevée (40%), le rôle politique des Eglises est incontournable. Si Bill Clinton, membre de la Southern Baptist Convention, y a contribué, c’est George W. Bush "et ses faux apôtres de la Maison Blanche [qui] ont poussé à un degré jamais atteint auparavant l’instrumentalisation de la religion". La nouvelle "destinée" des Etats-Unis, considéré comme terre promise, pays modèle, permet de légitimer des missions comme "apporter la liberté et la démocratie en Irak". A côté des multiples citations de la Bible du Président, le ministre de la Justice, John Ashcroft déclare : "Nous avons Jésus pour roi". C’est ce clan qui, en 1997, publiait le "Projet pour le nouveau siècle américain" (PNAC) destiné à étendre la domination des Etats-Unis et justifiait l’emploi de la force.
Les fondamentalistes américains s’imposent en s’appuyant sur l’ambivalence de la culture religieuse "qui renvoie à une responsabilité individuelle, une interprétation qui peut absoudre de toute responsabilité sociale un patronat et un pouvoir impérial sans pitié pour les travailleurs et les pauvres".
L’historien chercheur Sébastien Fath fournit dans son ouvrage tous les moyens de comprendre ce phénomène politico-religieux difficile à appréhender de ce côté de l’Atlantique.


Bush ? "Un homme chrétien et honnête (Pascal Riché)
Libération - 25 octobre 2004 - (2/3 de page)

Sous-titre : En meeting en Pensylvannie, ses partisans louent son côté croyant et son attitude de leader.
Lorsque le président candidat arrive dans le stade de Hershey, sous les clameurs de la foule, une femme s'écrie : "C'est un homme chrétien et honnête, il fait ce qui est bon pour l'Amérique".
Lorsque George W. Bush prend la parole, il est visiblement plus à l'aise devant ses partisans que sur un plateau de télévision face à son challenger. Sur le plan de la morale, ses choix sont clairs : "En ces temps de mutation, nous soutiendrons les institutions qui donnent à nos vies un sens et une direction, nos familles, nos écoles, nos institutions religieuses. ... Nous nous battrons pour le second amendement, qui protège le droit pour chaque Américain de porter les armes...".
La stratégie de sa campagne est basée sur deux principes : "galvaniser cette base chrétienne en agitant des thèmes comme le mariage gay" et attaquer John Kerry comme incapable d'assurer la Présidence des Etats-Unis. Par rapport à la campagne de 2000, la ferveur remplace le "soutien républicain classique".


Maigrir avec Jésus... (Frédéric Pagès)
Le Canard enchaîné - 20 octobre 2004 - (1/10 de page)

A propos du livre de Barbara Victor (Plon) "La dernière croisade". Pour cette journaliste américaine vivant en France, le vainqueur des élections américaines sera Dieu. "... le vote républicain grossit d'année en année et la fièvre religieuse monte, nourrit d'une vision mythique d'un Israël considéré comme le centre du monde" et où les obèses suivent le régime "Maigrir avec Jésus". Il s'en suit d'importants glissements des électeurs comme, par exemple, les juifs autrefois "massivement démocrates" ou les chrétiens fanatiques qui se reconnaissent dans la façon de parler de Bush.
Pour Barbara Victor, l'équipe démocrate n'est guère mieux sur ce plan, avec John Edward, coéquipier de John Kerry, que les évangéliques voient comme un des leurs. Elle conclut son livre agréable à lire et dénué de tout dogmatisme de façon "inquiétante" : "Il n'y a guère de différence entre les rhétoriques politiques des démocrates et des républicains dans l'actuelle campagne présidentielle".


Les évangéliques font un malheur dans la culture et la politique (Thomas Cantaloube)
Marianne - 16 au 22 octobre 2004 - (1 page)

L'influence des évangéliques aux Etats-Unis ne cesse de s'accroître depuis plusieurs décennies. C'est grâce à eux que le film de Mel Gibson, "La passion du Christ", a eu autant de succès avec 370 millions de dollars de recettes et que George W. Bush a été élu en 2000. Ces 70 millions de chrétiens, "qui se donnent pour mission de répandre la parole de Dieu sur Terre sont en train de devenir l'une des forces les plus importantes du monde, gouvernant l'orientation religieuse, mais aussi social, culturelle et politique des Etats-Unis". C'est un véritable retour au temps des "pèlerins-pionniers" suivant à la lettre les prédications de leurs pasteurs sous la menace des "foudres divines". Dans la lutte contre le SIDA, les évangéliques "prônent l'abstinence et condamnent l'utilisation des préservatifs". On leur doit en outre le soutien sans faille des USA au régime de Sharon et à l'implantation des colonies, ainsi que le "transfert des budgets d'aide sociale aux opérations caritatives des Eglises." Ils se plaignent malgré tout d'être boycottés par les médias.


Le faux pas de l'escroc de Dieu (Armelle Vincent-Arriola)
Marianne - 16 au 22 octobre 2004 - (2 pages)

Quand on promet soi-même les feux de l'enfer aux "impies" et aux "sodomites", il ne fait pas bon d'être l'objet d'une rumeur d'homosexualité avec l'un de ses employés. C'est ce qu'apprend à ses dépends Paul Crouch le patron du réseau tentaculaire de TBN (Trinity Broadcast Network) relayé par plus de 600 chaînes de télévision religieuse dans le monde. Au quartier général de TBN, créé en 1975, suite à une "intervention de Dieu", c'est une "orgie de dorure, de fausses antiquités de colonnes doriques et de plafonds couverts d'angelots"... "Ce décor kitch est censé entretenir la ferveur des âmes simples qui ont fait du pasteur septuagénaire une véritable icône messianique." Malheureusement les 425 000 dollars donnés à son amant en échange de son silence n'ont permis à Paul Crouch d'étouffer le scandale que pendant quelques années. L'employé a fini par tout révéler dans un livre et devant les caméras.
Les adeptes du "Prosperity Gospel" (Evangile de la prospérité) ne veulent pas croire que le prédicateur a fauté : sa prospérité est la "preuve qu'il est aimé de Dieu". Le pasteur escroc n'a-t-il pas incité ses adeptes au sacrifice "financier" qui "doit être à la mesure de votre foi. Quiconque a un nouvel emploi doit donner au Seigneur sa première paie ou partager avec lui - ou avec TBN car cela revient au même - l'argent tiré de la vente de sa maison." Et au cas où le scandale menacerait TBN, il met en garde : "Seigneur, nous appellons la mort sur quiconque lèvera la main contre TBN et cette Eglise qui t'appartient. [...] Que la mort frappe tous ceux qui se mettent en travers de ton chemin".


Polémique américaine sur les prières d’intercession (Cyrille Louis)
Le Figaro - 15 octobre 2004 (1/8 de page)

Trois chercheurs sont "soupçonnés d’avoir trompé la vigilance" de l’université Columbia de New York et du "Journal of Reproductive Medecine" en publiant, avec leur caution, une étude frauduleuse sur l’efficacité des prières d’intercession visant à obtenir la guérison d’un parent malade.
La parution en 2001 de cette étude très médiatisée avait suscité beaucoup d’engouement dans un pays où 45% des adultes pratiquent les prières d’intercession. Le gouvernement avait alors débloqué 2,3 millions de dollars pour la poursuite des recherches. Et ce, malgré les murmures des sceptiques qui y voient une perte de temps et d’argent : "Les prières d’intercession présupposent une intervention surnaturelle qui, par définition, échappe à l’examen scientifique."
Entre temps, l’un des chercheurs a plaidé coupable dans une affaire de fraude portant sur plusieurs millions de dollars (mais sans rapport avec l’étude), tandis qu’un autre "s’est avéré ne disposer d’aucune compétence particulière pour mener un essai clinique." L’université de Colombia vient d’ouvrir une enquête sur cette équipe de chercheurs et le "Journal of Reproductive Medecine" a retiré l’article incriminé de son site Internet. Seule l’Administration Fédérale persiste à vouloir poursuivre dans cette voie de recherche.


Sûr de la droite religieuse, M. Bush vise les centristes à la convention (Patrick Jarreau et Henri Tincq)
Le Monde - 29 et 30 août 2004 (1 page)

La convention du parti républicain se réunit lundi à New York pour désigner George W. Bush comme candidat à sa succession. Les orateurs devront, par leurs discours essayer de séduire l'électorat libéral, tandis que la base du parti, constituée des fondamentalistes protestants, est déjà acquise au président. "Tout se passe comme si M. Bush et ses conseillers estimaient avoir envoyé assez de signaux à la droite religieuse pour pouvoir se tourner maintenant vers les électeurs libéraux."
Suite du résumé de l'article consacré aux évangéliques américains.


Mégaéglise pour mégafoi (Thomas Canteloube)
Marianne - 14 au 20 août 2004 - n°382 (3 pages)

Aux Etats-Unis, où la religion est partout présente, les religions s'adonne, le dimanche matin à l'heure de la messe, au spectacle et à la mise en scène. A Birmingham, Alabama, au "coeur du "Bible Belt", ce bastion légendaire de l'illuminisme évangélique", les fidèles se réunissent dans une immense salle de 3000 places avec deux écrans géants, orchestre rock, choristes, pianiste et bien sûr un prêcheur pour le sermon dominical. Les américains sont environ 70 millions à avoir été séduits par ces nouvelles églises évangéliques qui comme Georges Bush, leur plus célèbre adepte, ont établi une "relation personnelle" avec Jésus. Tous les coups sont bons pour attirer la sympathie. "N'étaitent les références bibliques, cela ressemblerait au discours de motivation d'un élève d'une école de commerce." Les sujets qui risquent de décourager le quidam sont soigneusement évités : l'enfer, la damnation. Même le crucifix, jugé démoralisant, a été remplacé par "un logo, digne d'une chaîne de supermarché". On évite les sujets qui fâchent comme l'avortement, la guerre, l'impôt sur le revenu ou le mariage gay. Attitude purement commerciale pour ces Eglises qui fonctionnent comme des entreprises et qui veulent "ratisser large".

Georges Bush, certain du soutien électoral des évangéliques, multiplie les références à la Bible dans ses discours de campagne. Pour un de ses fidèles, "George Bush est un homme de foi, et nous devons prier pour lui ainsi que pour nos soldats envoyés à l'étranger car ce sont nos missionnaires". Avec ce président, la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est devenue encore plus floue. Au point que le président de la Cour de suprême de l'Etat d'Alabama a du être sanctionné pour avoir fait placé dans le palais de justice une pierre de 2 tonnes où étaient gravés les Dix Commandements de la Bible.

Les agnostiques n'ont pas la vie facile, selon le représentant de l'American Atheist : "Nous subissons des menaces, et des dégradations sur nos voitures et nos maisons. A l'école, nos enfants sont malmenés si d'aventure on apprend que leurs parents sont non-croyants". Pour Ken Cornelius, responsable d'une association de Libre-Pensée, le temps joue en faveur de la laïcité : "En brandissant ses étendards et en hurlant dans des mégaphones, la droite religieuse, fait chaque jour étalage de son extrémisme, même si, dans ce pays, le pouvoir échoit à ceux qui hurlent le plus fort."
Fait plutôt rare, méritant d'être souligné, le point de vue des non-croyants est donné.


Le diocèse fait faillite (Jean-Sébastien Stehli)
L'Express – 12 au 18 juillet 2004 (1/3 de page)

Le diocèse de Portland (Oregon, USA), dirigé par l’archevêque John Vlany et accablé de dettes pour faire face à plus de 130 poursuites pour pédophilie, a annoncé qu’il se mettait sous la protection des tribunaux afin de geler pour un temps les procédure judiciaires. Rien qu’en 2003, 21 millions de dollars ont été déboursés, plus de 53 millions au total. Cette décision intervient au moment où s’ouvre un procès dans lequel un ancien enfant de choeur réclame 130 millions de dollars pour avoir été abusé sexuellement par un prêtre. Ce dernier est accusé d’avoir violé plus de 50 adolescents pendant une trentaine d'années. "Les assureurs refusent de prendre en charge ces paiements [dommages et intérêts] lorsque les autorités de l’Eglise étaient au courant des agissements de leurs prêtres".
D’autres diocèses, comme celui de Tucson (Arizona), sont dans la même situation. Selon une étude, 11000 plaintes auraient été déposées entre 1950 et 2002 contre 4400 prêtres, aux Etats-Unis.


Georges W. Bush et John Kerry divisent profondément un électorat catholique travaillé par son clergé (Henri Tincq)
Le Monde – 20 et 21 juin 2004 - (1/4 de page)

Sous-titre : Alors que les 275 évêques des Etats-Unis sont réunis ce week-end, le Vatican intervient dans la polémique sur l'interdiction des communions des personnes favorables à l'avortement.
Les évêques se sont affrontés sur la proposition de quelques-uns d'entre eux de "refuser la communion aux hommes politiques qui ne prendraient pas position contre la liberté de choix en matière d'avortement et contre le mariage homosexuel". Cette minorité d'évêques se heurtent à tous leurs confrères qui restent silencieux ou font savoir discrètement leur opposition à "cette forme d'instrumentalisation de l'eucharistie à des fins politiques".
Le cardinal Josef Ratzinger, la plus haute "autorité doctrinale" du Vatican après le pape, suggère, dans un texte qui n'a pu être gardé confidentiel jusqu'à l'élection présidentielle, "d'éviter tout jugement public sur la conduite des candidats", tout en souhaitant que ceux qui vivent dans le péché ou refusent la doctrine de l'Eglise, "s'abstiennent eux-mêmes d'aller communier".
Le vote des catholiques est un enjeu majeur pour les deux candidats. Selon le "Time", les catholiques soutiennent John Kerry à 45% et Georges W. Bush à 43%. Le premier, qui est catholique, incarne l'ouverture aux questions de justice sociale, de solidarité avec les laissés-pour-compte, à l'abolition de la peine de mort. Le second, protestant méthodiste, qui a demandé "une plus grande combativité des évêques sur les questions liées à la défense de la vie et de la famille", lorsqu'il a rencontré le pape le 4 juin, représente le mouvement conservateur hostile à l'avortement et au mariage homosexuel.



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