En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
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"L’Apocalypse", plutôt cathodique (Catherine Calvet et Béatrice Vallaeys) Libération – 3 décembre 2008 (1/6 de page)
"Suite de la série sur le christianisme de Mordillat et Prieur, qui se penchent pour Arte sur le dernier livre du Nouveau Testament.
Gérard Mordillat et Jérôme Prieur sont-ils des saints ? Certainement pas, mais la curiosité et la rigueur intellectuelles dont ils font preuve depuis douze ans dans leur travail forcent le respect : après Corpus Christi (1997) et l’Origine du christianisme (2004), ils nous offrent une nouvelle série documentaire, consacrée cette fois à l’Apocalypse.
Contradictions. Ecrivains et cinéastes, Mordillat et Prieur n’ont pas ce que l’on appelle la foi. S’ils tentent de comprendre les secrets de fabrication du Nouveau Testament, c’est en hommes soucieux de montrer les contradictions innombrables entre les Evangiles et l’histoire. Comment ? En interrogeant 50 chercheurs, experts en théologie, historiens des religions, ecclésiastiques, qu’ils sont allés chercher partout dans le monde et qu’ils nous demandent d’écouter. Pour nous faire une religion ? Bon Dieu non… Plutôt une opinion, reposant sur une connaissance, tant il est vrai qu’en la matière, l’authenticité est illusoire, le doute entier." [...]
http://www.liberation.fr/medias/0101302746-l-apocalypse-plutot-cathodique
La christianisation de l'Empire romain (Muriel Frat) Le Figaro – 3 décembre 2008 (1/6 de page)
"Après Corpus Christi en 1997 puis L'Origine du christianisme en 2004, les enquêteurs "laïques" Gérard Mordillat et Jérôme Prieur récidivent avec L'Apocalypse, une série documentaire de douze épisodes de 52 minutes, diffusée sur Arte le samedi et le mercredi en prime time jusqu'au 20 décembre. Une somme qui raconte comment le christianisme s'est imposé en Occident entre la fin du Ier siècle et le début du Ve siècle.
Fidèles à la démarche historique et esthétique qui leur a valu un vrai succès public - plus d'un million et demi de téléspectateurs ont suivi les volets précédents et 43 000 coffrets DVD ont été vendus -, Mordillat et Prieur ont interrogé 50 chercheurs de toutes confessions afin d'expliquer pourquoi "l'attente imminente de la fin des temps qui animait une petite secte juive de disciples de Jésus a donné naissance, en trois siècles, à la religion officielle de Rome".
Une préparation de deux ans, reposant sur une masse de lectures impressionnante, a précédé la sélection de ces spécialistes tous plus passionnants les uns que les autres et qui, explique Gérard Mordillat, "exercent leur réflexion à voix haute. Avec eux, la règle du jeu est claire : surtout pas de vulgarisation. Le travail de clarification, c'est notre affaire." [...]
http://www.lefigaro.fr/programmes-tele/2008/12/03/03012-20081203ARTFIG00456-la-christianisation-de-l-empire-romain-.php
L'aventure monothéiste, entre Moïse et Akhenaton (Robert Solé) Le Monde – 9 mai 2008 (1/8 de page)
A propos de l'ouvrage collectif "Ce que la Bible doit à l'Egypte", préface de Thomas Römer (Bayard, 2008).
" Dans la Bible, l'Egypte est omniprésente. Terre d'accueil et terre hostile, refuge ou repoussoir, c'est la grande puissance politique qui, au long des siècles et selon les circonstances, exerce sur les Juifs répulsion ou attraction.
"Sans l'Egypte, il n'y aurait pas de Bible", affirme Thomas Römer, professeur de Bible hébraïque à l'université de Lausanne et professeur au Collège de France, dans la préface de cet ouvrage collectif. Le pays des pharaons est le lieu où Israël se forme en tant que peuple et où se noue sa relation avec Dieu. Sous la conduite de Moïse, les Hébreux vont quitter ce pays où ils étaient si bien intégrés, au point d'apparaître menaçants. Après avoir été au service du pharaon, ils seront les serviteurs de Yahvé. L'Exode est le mythe fondateur par excellence.
Mais, de cette sortie d'Egypte, on ne sait rien, sinon ce qu'en dit la Bible. Pas un seul document historique !" [...]
Au temps du paganisme (Simone Roux) L'Humanité – 2 avril 2008 (1/6 de page)
Sous-titre : De la guerre des croyances à la christianisation des rites et à la formation d’une religion officielle.
A propos du livre de Jean Verdon, "Les Superstitions au Moyen Âge" (Editions Perrin, 2008), par Simone Roux, historienne.
Extraits : " Avec les superstitions, on touche aux questions essentielles pour les hommes vivant en société, produire (au Moyen Âge, d’abord de belles récoltes) pour bien vivre, conserver la santé ou se guérir, gérer les liens avec les morts, interpréter les songes et tenter de connaître l’avenir." [...]
[...] "C’est l’Église qui a orienté l’histoire des rapports complexes entre toutes ces croyances, même si elle n’a pu en maîtriser totalement leur vie et leurs transformations." [...]
" Tout ce qui n’est pas bien contrôlé par l’Église, que ce soit une fête, le culte d’un saint, la reconnaissance d’un miracle, glisse peu à peu dans le monde de satan, l’ennemi à combattre, ennemi puissant qui attire des adeptes et tente de créer un ordre opposé à celui de Dieu. La fin du Moyen Âge voit se mettre en place une théorisation qui amalgame la diversité de ces croyances dans ce qui fut désigné comme la sorcellerie et ainsi a pu être poursuivi et combattu avec la même rigueur que celle qui s’appliqua aux hérésies. C’est-à-dire que sorciers et sorcières périrent par milliers sur les bûchers. D’une habile tolérance, on est passé à une répression cruelle qui ne fut dénoncée et abandonnée que seulement à la fin du XVIIe siècle." [...]
La pensée en feu des gnostiques (Robert Redeker) Le Monde – 25 janvier 2008 (1/8 de page)
A propos du livre écrit sous la direction de Jean-Pierre Mahé et Paul-Hubert Poirier : Ecrits gnostiques. La bibliothèque de Nag Hammadi (Gallimard).
"Par la vertu du hasard, en 1945, des paysans égyptiens trouvent dans une falaise de Nag Hammadi, ville située à une centaine de kilomètres au nord de Louxor, une jarre contenant douze codex de papyrus et huit feuillets arrachés. Plus de cinquante textes au total. Surprise et émerveillement : il s'agit d'écrits gnostiques, en copte, datant du IIe ou IIIe siècle, permettant un contact direct avec un mouvement essentiellement connu à travers ses adversaires et détracteurs (Plotin, les Pères de l'Eglise, Irénée). Mais qui étaient les gnostiques ?
Aux premiers siècles de notre ère se développa, dans le monde méditerranéen, un vaste mouvement religieux que l'on a coutume de ranger sous l'étiquette "gnosticisme". Mérite le nom de gnosticisme toute doctrine ou pratique de type religieux supposant l'obtention du salut par la connaissance. Mais le gnosticisme historique ne peut être vu comme une école, une Eglise ou un mouvement religieux homogène. Les sectes pouvant être estampillées gnostiques étaient nombreuses et éparpillées." [...]
Première découverte en France de vestiges gaulois portant le nom du dieu Toutatis (Manuel Armand) Le Monde – 16 décembre 2007 (1/8 de page)
"Toutatis - ou Teutatès - est un dieu discret. On en trouve une première et brève mention au milieu du Ier siècle de notre ère chez le poète latin Lucain puis... dans les aventures d'Astérix. Entre les deux, rien, ou pas grand-chose.
La principale divinité du panthéon gaulois vient de sortir de ce long silence : l'archéologue Bernard Clémençon a découvert cinq fragments de céramique où figure l'inscription "TOTATUS", le "u" étant la graphie du "e" celte. Sur l'un de ces fragments, d'environ 8 cm de longueur, l'inscription est parfaitement lisible, émouvante par son tracé malhabile." [...]
"Cette découverte confirme que la religion celte a continué de vivre dans la Gaule romanisée, note Bernard Clémençon. Les religions polythéistes ont un grand pouvoir d'intégration : les dieux des autres ne sont pas considérés comme de faux dieux. Et la religion n'est pas seulement l'expression d'une foi personnelle, mais une forme d'exercice de la citoyenneté." [...]
Histoire. Paul Veyne et le dieu unique (Propos recueillis par Catherine Golliau) Le Point – 15 mars 2007 (1 page)
Un entretien avec Paul Veyne, "notre plus grand historien vivant du monde gréco-romain", dont le nouveau livre, "Quand notre monde est devenu chrétien" (Albin Michel), aborde la question du mystère de la conversion de l'Empire romain au christianisme.
A propos de l'intérêt qu'avait l'empereur Constantin à se convertir : "Il se croyait appelé à sauver l'humanité. C'est outré, mais il l'a dit et écrit. Je suis un incroyant, mais je pense que la pire erreur serait de douter de cette sincérité. Parce qu'il voulait être un grand roi, il avait besoin d'un dieu grand. Or, quand il se convertit, si seulement 5 % de ses sujets sont chrétiens, le christianisme est pourtant le grand problème de l'heure."
Extrait : "Le christianisme est la seule religion au monde qui soit en même temps une Eglise. Si vous croyez en Dieu, vous devez nécessairement prendre votre carte. Vous appartenez à l'Eglise et hors d'elle point de salut. Quand Constantin se convertit, il favorise l'Eglise, c'est-à-dire une puissante machine d'encadrement des populations."
Robert Turcan : un héros chrétien en lumière (Marc Fumaroli) Le Monde - 9 mars 2007 (1/8 de page)
A propos du livre sur l'empereur romain Constantin de Robert Turcan : "Constantin en son temps. Le baptême ou la pourpre ?" (Edition Faton).
Extrait : "Robert Turcan admet la sincérité et la précocité de la conversion au christianisme de cet athlétique chef de guerre et grand politique : son père, l'Auguste Constance Chlore, et sa mère, Hélène, ainsi que de nombreux membres de la classe dirigeante à l'intérieur de laquelle il naquit, étaient déjà des chrétiens plus ou moins déclarés. Mais qu'est-ce que la sincérité religieuse pour un stratège de ce calibre, convaincu que la légitimité de sa vocation à gouverner le monde est fondée sur sa felicitas et que cette disposition à la victoire dépend de sa pietas envers la divinité qui la donne ?"
Quand les religieux s’en mêlent (Daniel Golden) Courrier International - 23 février au 1er mars 2006 (2 pages)
Le dernier volet d’une enquête intitulée "Entre mémoire et histoire".
"Aux Etats-Unis, chrétiens, juifs, musulmans et hindous militants interviennent de plus en plus dans le contenu des manuels d’histoire - et n’hésitent pas à tordre le cou à la réalité."
Un exemple parmi d’autre. Gilbert Sewall, le directeur d’une association new-yorkaise qui examine les livres d’histoire, affirme que, "depuis une quinzaine d’années, les groupes de pression musulmans s’emploient à récrire le passé dans les supports éducatifs". Selon lui, "ils escamotent, parfois totalement, tout ce qui a trait au djihad, à la charia, à la pratique musulmane de l’esclavage, au statut des femmes ou au terrorisme islamique."
Ailleurs, des associations hindouistes tentent de faire adopter "une vision de l’histoire indienne qui cherche à minimiser la violence de la discrimination de castes qui existe en Inde".