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Les caricatures de Mahomet

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir l'ensemble des articles de la rubrique Islam : Monde

Voir également la rubrique International - Danemark pour les débuts de l'affaire.



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Derrière l'affaire des caricatures de Mahomet : la tentation du totalitarisme (Editorial de Jean-François Kahn)
Marianne - 11 au 17 février 2006 (2 pages)

"Ce qui se profile, désormais, derrière le faux scandale des caricatures danoises de Mahomet, c’est la grande offensive des intégristes de tout poil religieux, barbes ou tonsures mêlés, appuyés par les "idiots utiles" qui leur servent de compagnons de route, pour nous imposer un ordre idéologique totalitaire. De quoi s’agit-il de restaurer le délit de blasphème." [...]
"Si je crois en effet que le Coran a été dicté à Mahomet par l’ange Gabriel, je suis Musulman. Si je ne suis pas musulman, c’est que je n’y crois pas et par conséquence le sacré n’a rien à voir là-dedans. Or m’imposer l’allégeance à un sacré auquel je ne crois pas est totalitaire."


Derrière les desseins, les caricatures
L’Humanité – 11 février 2006 (20 lignes)

Le journal danois Jyllands Posten a à nouveau présenté ses excuses et a regretté d’avoir sous-estimé "l’extrême sensibilité des musulmans vivant au Danemark et dans le reste du monde". Est-ce suffisant quand l’on sait que ce journal "avait refusé, trois années auparavant, des dessins de Jésus en les jugeant offensants". Ce qui revient à faire deux poids deux mesures.


Mahomet: surenchère de caricatures en Iran (Ladane Nasseri)
Libération - 10 février 2006 (1/8 de page)

Pour répondre aux caricatures de Mahomet publiées dans la presse occidentale, le quotidien iranien "Hamshahri" lance un concours de caricatures sur la Shoah afin "tester la liberté d'expression". "Est-ce que l'Occident étend la liberté d'expression à des sujets tels que les crimes et pillages commis par les Etats-Unis et Israël, ou à un événement tel que l'Holocauste ?" (son éditorial du 7 février)
Il a invité les tous les artistes à participer à ce concours où chacun des douze gagnants recevra deux pièces d’or.
Le concours a été élargi à tous les sujets qui permettront de tester la liberté d'expression, mais il est exclu de tourner en dérision les grandes religions. (Une religion est-elle grande par le nombre de ses adeptes ou par le respect qu’elle inspire ?)
Le journal met au défi l’Occident de publier les douze caricatures gagnantes.
"Le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, s'est dit mardi "scandalisé" par la perspective "de se moquer ou de dénigrer de quelque façon que ce soit l'horreur qu'a représentée l'Holocauste"."
Jyllands-Posten, le journal danois à l'origine de l’affaire des caricatures, a annoncé qu'il envisagerait de publier les dessins gagnants. De même pour Charlie Hebdo, non pas pour soutenir la liberté de la presse, mais "au nom de la lutte contre le négationisme", idéologie largement répandue dans le Moyen-Orient.


L'Islam défie la vieille Europe (Le bloc-notes d'Ivan Rioufol)
Le Figaro - 10 février 2006 (1/10 de page)

"C'est le monde musulman qui se caricature : à Londres, des nazislamistes ont manifesté en brandissant des pancartes "Europe, ton 11 Septembre va venir", "Massacrez ceux qui insultent l'Islam". A Bruxelles, ils défilaient le Coran à la main, tandis qu'à Paris, d'autres criaient "Dieu est grand !" Au Proche-Orient, des ambassades européennes ont été incendiées. Des Irakiens réclament une fatwa pour tuer les caricaturistes danois de Mahomet. Qui entend les indignations des "modérés" ?"


Caricatures : Dérapages incontrôlables
Courrier International - 9 au 15 février 2006 (4 pages)

Le dossier (non résumé) est composé de 8 articles :

Les Danois l’on bien cherché (Hannes Gamillscheg)
"La crise actuelle s’explique par le durcissement du débat public et de la politique d’immigration au Danemark. Et aujourd’hui, personne ne sait plus comment en sortir."

La spirale de la provocation
"Dans une société dominée par l’autocensure, le moindre écart peut prendre des proportions insoupçonnées. Surtout s’il est exploité par des agitateurs professionnels."

Le mythe de l’humanisme danois est brisé

Cessons de faire le jeu des extrémistes (Abdellah Al-Mutayri)
"Face à la montée des intolérances, un journaliste saoudien invite tous les protagonistes à faire preuve d’un peu de retenue et de bon sens."

Quels ingrats, ces Palestiniens ! (Dawood Al-Basri)

Des musulmans bien gênants (Riyadh Niâssan Agha)

Les mots aussi peuvent faire du mal (Nagib Aoun)
"Ce qui est demandé, ce qui est désormais exigé, c’est la refonte totale du discours politique et religieux, celui-là même qui porte en lui les germes du fanatisme, qui incite aux violences, aux “guerres saintes” contre les "mécréants"."

Du bon usage de la liberté d’expression (Gülay Gôktürk)


Le blasphème, un droit sacré (Daniel Borrillo)
Le Monde - 9 février 2006 (1/6 de page)

Daniel Borrillo, juriste et maître de conférences en droit à l'université Paris-X-Nanterre, fait un parallèle entre l’affaire des caricatures de Mahomet et les diverses affaires (marionnette de Benoît XVI, publicité pour une marque de vêtements utilisant l’image de la "Cène") qui ont conduit l’Eglise catholique à mener un combat sur le plan judiciaire afin de restaurer le crime de blasphème... "Or, à ce moment-là, très peu des voix se sont élevées... "
[...]
"La forte mobilisation contre le risque de censure en Europe des caricatures de Mahomet - censure que je condamne aussi très fermement - et la faible réaction à la censure effective de la marionnette de Benoît XVI risquent de nous mettre dans la situation paradoxale d'une liberté d'expression à deux vitesses : une liberté sans limites vis-à-vis de la sensibilité musulmane, une autre très restrictive vis-à-vis de la sensibilité chrétienne.
Si nous voulons que notre mobilisation soit comprise non pas comme un manque de respect envers les musulmans, mais comme une véritable défense de la liberté d'opinion, nous devrions à l'avenir être aussi très vigilants contre les formes de censure qui prétendent "protéger" la religion majoritaire de la France."



Mahomet débordé par les intégristes (Numéro Spécial)
Charlie Hebdo - 8 février 2006 (16 pages)

La couverture, signée Cabu, représente Mahomet assis, les mains devant les yeux, s’exclamant : "C’est dur d’être aimé par des cons..."
Voir l'ensemble du résumé de ce numéro de Charlie Hebdo


Exclusif, Mahomet téléphone au "Canard" : "Prophète l’amour pas la guerre" (Eric Emptaz)
Le Canard enchaîné - 8 février 2006 (1/3 de page)

Sous-titre : Caricatuerie
Conclusion de l’article : "En attendant que les autorités religieuses "d’amour" et de "tolérance" appellent au calme pour mettre fin à ce déchaînement caricatural et sanglant de haine, de violence et d’intolérance, nous continuerons bien sûr à brocarder ce genre de sujet. Vu la façon dont les événements sont en train d’évoluer, "l’anticléricalisme désuet" cher au "Canard" est d’une brûlante actualité."



Islam : ne rien abandonner à la politique de l'apaisement (Max Gallo)
Le Figaro - 8 février 2006 (1/6 de page)

"Ecartons les hypocrites, les habiles, les aveugles qui récusent l'évidence : il y a bien un choc de civilisation."
"Aurons-nous demain le courage – et la possibilité – d'exprimer ce que nous pensons, vrai ou faux, de l'islam ? Ou bien, au moment de dessiner une caricature, d'écrire, de publier, ou tout simplement de parler, et même de penser, devrons-nous nous autocensurer, nous souvenant des foules déchaînées incendiant des représentations diplomatiques du Danemark et de la Norvège, ces deux pays qui sont parmi les plus pacifiques, les plus démocratiques de tous les États du monde ?"
Renoncer à ce que nous avons si durement acquis, au fil des siècles, s’appelait en 1938, en langage diplomatique à Munich, la politique de l’apaisement.


Caricatures à traits tirés (Tariq Ramadan)
Libération - 8 février 2006 (1/4 de page)

"Il ne s'agit pas d'un conflit entre Occident et Islam mais entre raison et passions aveugles."
[...]
"Ce qui sourd des communautés et du monde musulman aujourd'hui est aussi excessif qu'insensé : l'obsession des excuses, les appels aux boycottages, voire les menaces de représailles physiques et armées sont totalement démesurées et ces excès sont à rejeter et à condamner."
[...]
Mais, précise l’intellectuel musulman :"Invoquer le "droit à la liberté d'expression" pour se donner le droit de tout dire, n'importe comment, contre n'importe qui, est également une attitude irresponsable."
Constatant que "la présence des musulmans a quelque peu modifié cette sensibilité collective", Tariq Ramadan pense qu’il faudrait changer la façon de percevoir et traiter les injures religieuses pour tenir compte des "sensibilités qui composent nos sociétés contemporaines".
Pourquoi traiter différemment l’islam des autres religions ? Il ne faut pas reculer sur la liberté d’expression sinon, un jour, c’est la charia qui s’appliquera, et cela d’autant plus vite que l’on s’autocensurera.


Caricatures : le syndrome de Copenhague (André Grjebine)
Le Figaro - 6 février 2006 (1/6 de page)

"Il y avait le syndrome de Munich, par référence au recul en 1938 des gouvernements britannique et français face à Hitler. Il y a eu ensuite celui de Stockholm, mis en évidence en 1978, désignant la propension des otages partageant la vie de leurs geôliers à adopter peu ou prou leur point de vue. Dans la suite de ces manifestations des reculades occidentales, y aura-t-il désormais un syndrome de Copenhague."
[...]
"C'est pourquoi il est fondamental de défendre le droit de rire pour aider ceux qui entendent défendre la liberté et la tolérance à l'intérieur même de l'islam, comme Salman Rushdie, Ayaan Hirsi Ali aux Pays-Bas ou Shabana Rehman en Norvège. Le flambeau de la lutte contre l'intolérance religieuse, allumé au XVIIIe siècle, par Voltaire et d'autres philosophes des Lumières, ne doit pas s'éteindre, ou plutôt il doit être rallumé. Si les gouvernements des pays démocratiques devaient se répandre en excuses, ils feraient un premier pas vers une reconnaissance de la charia islamique en tant que droit commun de l'humanité."


Des Etats arabes soufflent sur les braises (Christophe Boltanski)
Libération - 6 février 2006 (1/6 de page)

"Réagissant avec surenchère, ils espèrent tirer profit de la montée du sentiment anti-occidental."
L’article s’interroge sur la réelle spontanéité des manifestions qui, en Syrie, ont conduit des milliers de musulmans à incendier les ambassades du Danemark et de Norvège : "Les Etats-Unis, comme les Européens, ne sont pas dupes. Ils accusent le régime syrien, sinon d'avoir provoqué les violences, du moins de n'avoir rien fait pour les empêcher."
Quant aux autres Etats arabes, qu’ils soient laïcs ou déclarés tels, ils "ont été prompts à dénoncer le "blasphème", parfois avant leurs propres opinions publiques. Ce sont souvent les plus exposés d'entre eux à la contestation islamiste qui ont répondu avec le plus de vigueur. En brandissant l'étendard vert de l'islam, ils espèrent désamorcer les critiques, contenir la contestation, voire capitaliser sur la montée du sentiment anti-occidental."
En Palestine, là où l’on aurait attendu les islamistes, ce sont des groupes armés proches du Fatah qui ont été conduit les attaques les plus dures contre le Danemark, la Norvège ou même la France. "Ces nationalistes font coup double : ils mènent un combat qu'ils savent populaire et embarrassent le Hamas qui tente de convaincre l'Union européenne de poursuivre son aide économique à l'Autorité palestinienne, malgré l'alternance."


La polémique sur les caricatures de Mahomet divise l'Occident
Le Monde - 5 février 2006 (1/2 page)


L'Europe fait face à la tempête musulmane (Jean-Luc Allouche)
Libération - 4 février 2006 (10 lignes)

Face à la poursuite des manifestations contre la publication des caricatures du Prophète où des drapeaux danois, norvégiens et français ont été brûlés, l’Union européenne essaie d'apaiser les tensions.
L’indignation des musulmans dans la rue a été relayée par de nombreux chefs d’Etat du monde musulman : Jordanie, Egypte, Tunisie, Pakistan, Afghanistan, Iran... "C'est sans doute la récente percée des islamistes aux élections en Irak, en Egypte ou en Palestine qui incite ces dirigeants à ne pas vouloir paraître trop indifférents aux colères de leurs peuples."
En France, l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) a annoncé qu’elle voulait "porter plainte contre les journaux français qui ont publié tout ou partie des douze dessins en cause, dont Libération et France Soir".


Islam : les caricatures de la discorde
Le Monde - 3 février 2006 (1/2 page)

Manifestations d'hostilité dans les pays arabes, protestations, partout dans le monde, des musulmans et de leurs autorités politiques ou religieuses, controverses dans la presse autour de la liberté d'expression, du droit à la caricature et de ses limites : les dessins satiriques, représentant le prophète Mahomet, publiés initialement en septembre 2005 par un quotidien danois alimentent une agitation internationale croissante.


Dieu, Mahomet et les dessinateurs
Le Monde - 3 février 2006 (2/3 de page)

Sur fond de la polémique au sujet des dessins représentant Mahomet, Le Monde présente les réactions de huit dessinateurs et caricaturistes. "Pour l'élection de Miss Monde au Nigeria, fin novembre 2002, qui avait causé la mort de deux cents personnes au cours d'émeutes provoquées par des islamistes intégristes, j'avais dessiné Mahomet en mafieux, verre de cognac et cigare à la main, en parrain de l'élection de "Miss sac à patates", dans Charlie Hebdo. J'ignorais qu'on ne pouvait pas représenter l'image du prophète. Mais je ne regrette pas ces dessins, même si le journal a été insulté et menacé. Les dessinateurs, comme les autorités, ne devraient pas présenter d'excuses." (Cabu)


Entre ironie et détachement, le Web français ne s'enflamme pas (Damien Leloup)
Le Monde - 3 février 2006 (1/8 de page)


Les dessins sataniques
Libération - 3 février 2006 (6 pages)

Les caricatures de Mahomet embrasent à nouveau l’islam, 17 ans après les "Versets sataniques" de Salman Rushdie.

Quatre mois de crise
Un rappel du calendrier de l’affaire qui a débuté le 30 septembre avec la publication de 12 caricatures de Mahomet dans le quotidien danois Jyllands-Posten.

Les dessins qui attisent la colère musulmane (Jean-Luc Allouche)
"Après la publication de caricatures de Mahomet dans la presse européenne, protestations et menaces, notamment à l'encontre des Français, se sont intensifiées."

La presse européenne en rangs divisés (Nathalie Dubois)
... entre respect de la foi et principe de la liberté de la presse.

"Libération" défend la liberté d'expression (Pierre Haski)
Libération reproduit deux des caricatures comme pièce à "conviction".
"Entre le risque d'affaiblir notre défense d'un principe précieux et celui de devoir cautionner, malgré nous, des dessins que nous n'aurions jamais acceptés en temps normal, Libération a initialement choisi la seconde, comme les principaux titres de la presse européenne."

Un feu qui a couvé quatre mois (Anne Françoise Hivert)
C’est la visite de danois musulmans au Proche-Orient qui a été l’élément déclencheur de l’affaire. Mais cette délégation est soupçonnée "d’avoir en fait mené une campagne de désinformation".

France-Soir ajoute la crise à la crise (Olivier Costemalle et Catherine Malaval)
"La publication des dessins fait sauter deux directeurs en quelques heures."

"La représentation du prophète est devenue taboue" (Abdelwahab Meddeb)

Les musulmans français indignés (Catherine Coroller)
"Ils fustigent l’amalgame fait entre leur religion et le terrorisme."

Des dessinateurs surpris par l'emballement (Catherine Coroller et Pascale Nivelle)
"Cinq caricaturistes jugent que les dessins en cause ne méritent pas un tel déchaînement" : Pétillon (Canard enchaîné), Willem (Libération), Charb (Charlie Hebdo), Luz (Charlie Hebdo), Jul (Charlie Hebdo).

De l’anathème à l’assassinat (Marie-Laure Colson)
"Les condamnations pour motif religieux ont souvent conduit à des actions violentes."


Caricatures, la crise perdure (Anneli Larsson)
L’humanité - 3 février 2006 (1/8 de page)

Les excuses du quotidien danois Jyllands-Posten et les gestes d’apaisement d’Anders Rasmussen, premier ministre danois, ne semblent pas en mesure de désamorcer la crise diplomatique, à propos des caricatures de Mahomet, entre le Danemark et une grande partie du Moyen-Orient.
Anders Rasmussen a en effet pris ses distances avec la publication des caricatures, en déclarant qu’il n’aurait lui-même "jamais choisi de dépeindre des symboles religieux de cette façon".


Le droit à la caricature (Claude Baudry)
L’humanité - 3 février 2006 (15 lignes)

"Quoique l’on puisse penser des caricatures de Mahomet publiées dans la presse danoise et reproduites par France Soir, la décision de Raymond Lakah, encore patron du quotidien, de limoger son directeur est inacceptable. La liberté d’expression est un droit inaliénable dans une démocratie. La caricature est un mode éditorial comme un autre. Cette décision nous rappelle que les intégristes catholiques avaient jugé blasphématoire la représentation du Christ dans le film de Martin Scorcese la Dernière Tentation du Christ.".


Le monde musulman se ligue contre Copenhague (Stéphane Kovacs)
Le Figaro – 2 février 2006 (1/8 de page)

Malgré ses efforts pour trouver une issue à la crise, le gouvernement danois n’est pas parvenu "à apaiser le monde musulman, outré par la publication d'une série de dessins de Mahomet dans un grand quotidien du pays, alors que l'islam interdit toute représentation du prophète."
L’Arabie Saoudite, la Libye, la Syrie ont rappelé leurs ambassadeurs. En Palestine, une photo de Rasmussen, considéré désormais comme un ennemi du peuple arabe, au même titre que George W. Bush, a été brûlée.
Au Danemark, la police s’attend à des débordements. "Nous avons connaissance qu'il circule, notamment sur l'Internet, des avis de manifestation de plusieurs groupes, a déclaré la police. Nous sommes bien conscients du risque d'escalade."
Un journal tunisien, Le Quotidien, dénonce l’attitude des pays européens qui "ont pris fait et cause pour le Danemark (...) au nom de la liberté d'expression. Comme si cette même Europe ne s'était pas levée comme un seul homme chaque fois qu'un symbole religieux, juif notamment, était pris pour cible"


Un journal danois s'excuse pour avoir "offensé" les musulmans (Mouna Naïm et Olivier Truc)
Le Monde – 1er février 2006 (1/6 de page)

"Le quotidien conservateur danois Jyllands-Posten a fini par s'excuser après la publication de caricatures ayant provoqué une vague d'indignation dans les pays musulmans. Dans un texte destiné aux médias arabes, et diffusé sur le site Internet du journal, le rédacteur en chef du quotidien, Carsten Juste, a présenté, lundi 30 janvier, ses "excuses" non pour la parution de ces dessins, qu'il continue de juger "sobres", mais pour avoir "offensé" les musulmans."


Copenhague s'excuse pour Mahomet
Libération – 1er février 2006 (1/10 de page)

L’affaire des caricatures du prophète publiées dans un journal danois en septembre 2005, a provoqué un tollé dans les pays musulmans. Le rédacteur en chef du quotidien conservateur a déclaré dans une lettre ouverte, que "ces caricatures du Prophète "ont indiscutablement offensé de nombreux musulmans, ce dont nous nous excusons"."
Le Premier ministre Rasmussen a essayé de dissiper ce "malentendus" et cette "désinformation", mais, "sans goûter l'humour de ces dessins, [il] n'a pu que rappeler la liberté de la presse et l'indépendance des médias."


"Oui, on a le droit de caricaturer Dieu"
France Soir – 1er février 2006

Au nom de la "liberté d'expression" France Soir reproduit les caricatures de Mahomet publiées par la presse danoise et qui ont provoqué la colère des musulmans dans le monde.
Dans son éditorial Serge Faubert, le rédacteur en chef du quotidien déclare : "Assez des leçons de ces bigots rétrogrades ! Il n'y a dans les dessins incriminés aucune intention raciste, aucune volonté de dénigrement d'une communauté en tant que telle." Il précise aussi que "Protéger la liberté religieuse ne veut pas dire acquiescer aux principes d'une religion. Ce n'est pas parce que le Coran interdit la représentation de Mahomet qu'un non-musulman doit s'y soumettre."


Atteinte religieuse : Polémiques autour de caricatures de Mahomet
L’humanité - 31 janvier 2006 (10 lignes)

"La Ligue arabe a envisagé dimanche de demander à l’ONU une résolution interdisant les atteintes aux religions, et les Frères musulmans ont lancé un appel au boycott des produits danois et norvégiens, suite à la publication de caricatures de Mahomet dans la presse norvégienne et danoise."...


"Le blasphème, une notion très sensible dans le monde musulman" (Marc Semo)
Libération - 31 janvier 2006 (10 lignes)

A propos des douze caricatures publiées dans le quotidien danois Jyllands-Posten, une, par exemple, avec Mahomet ricanant avec un turban en forme de bombe, une autre avec "le Prophète sur un nuage à l'entrée du paradis lançant à des auteurs d'attentats-suicides : "Allez-vous-en, on n'a plus de vierges"."
Ces dessins ont provoqué une vague d'indignation parmi de nombreuses organisations ou Etats musulmans, qui ne sont pas sans rappeler les Versets sataniques de Salman Rushdie.
Pour Malek Chebel, anthropologue et psychanalyste, "la représentation visuelle du Prophète reste un des tabous majeurs dans l'islam. Là, à la violation de cet interdit, s'ajoute le fait de lui mettre une bombe sur la tête, le transformant en archétype du terroriste". Il ressent "une gêne face à la provocation gratuite, et à une volonté délibérée de nuire qui ne peut que bloquer le débat".
Gilles Kepel, professeur à l'Institut d'études politiques et spécialiste du monde musulman précise : "Il est compréhensible que des croyants s'estiment choqués par un dessin représentant le fondateur de leur religion comme un terroriste. Car, si certains terroristes sont islamistes, cela ne signifie pas pour autant que tous les musulmans le soient". Il poursuit son analyse : "La notion de blasphème reste extrêmement sensible dans un monde musulman qui vit avec le sentiment d'être assiégé, et celui que l'islam est une religion menacée bien que nombre de prédicateurs et d'imams s'emploient à prétendre qu'elle va conquérir le monde. Alors chacun d'entre eux, par la surenchère, veut être le héraut de ce combat".


Voir le début de la revue de presse sur les caricatures de Mahomet

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