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Le pape Benoît XVI en Turquie

(du 28 au 1er décembre 2006)

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également les rubriques Benoît XVI, Eglise catholique.



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Benoît XVI a prié à la Mosquée bleue d'Istanbul (Henri Tincq)
Le Monde - 2 décembre 2006 (1/8 de page)

"Et le pape se mit à prier... Image inouïe d'un pape priant dans une mosquée devant un mihrab indiquant la direction de l'Orient. Cela se passait, jeudi soir 30 novembre, sous les voûtes de la Mosquée bleue d'Istanbul."
[...]
"Ce grand théologien catholique n'a pas été préparé au surgissement des questions posées aujourd'hui par l'islam, d'où des attitudes qui ont toutes les apparences de l'incohérence. Comment expliquer la trajectoire de Benoît XVI entraîné, il y a deux mois, dans une polémique sans précédent avec le monde musulman et capable d'un geste aussi inattendu, qui restera comme le plus symbolique d'une visite en Turquie annoncée comme éprouvante et qui s'est achevée dans le consensus ?"
De là à s'enthousiasmer et voir dans ce geste un grand moment historique de "convivialité religieuse", il n'y a qu'un pas, largement franchi par l'auteur de l'article.


La Turquie dévoilée par le Pape (Ivan Rioufol)
Le Figaro - 1er novembre 2006 (1/6 de page)

"Non, la Turquie n'est pas l'Europe. Le voyage de Benoît XVI à Ankara, Éphèse et Istanbul, cette semaine, a confirmé l'analyse de celui qui était encore, en 2004, le cardinal Ratzinger : "Historiquement et culturellement, la Turquie a peu à partager avec l'Europe." Certes, le Pape a assuré, cette fois, ne pas être opposé à l'entrée de la nation musulmane dans l'Union européenne, "sur la base de valeurs et de principes communs". Mais des incompatibilités ont été fraternellement dévoilées.".


Benoît XVI relance le dialogue entre les Eglises de Rome et de Constantinople (Henri Tincq)
Le Monde – 1er décembre 2006 (1/8 de page)

"Plus détendu qu'à Ankara, Benoît XVI a été somptueusement reçu, mercredi 29 et jeudi 30 novembre, au Phanar, l'enclave chrétienne d'Istanbul, résidence de Bartholomée Ier, patriarche de Constantinople, primat d'honneur de l'orthodoxie. C'est pour relancer un dialogue en dents de scie entre les deux traditions, d'Occident et d'Orient, que le pape a d'abord voulu ce voyage en Turquie. Benoît XVI, qui aime la tradition, le dogme et les belles liturgies, était comme chez lui, lors de la célébration de jeudi matin, face au patriarche et devant l'iconostase dorée de la cathédrale Saint-Georges."


Le pape Benoît XVI rencontre le patriarche orthodoxe à Istanbul
Libération - 30 novembre 2006 (1/10 de page)

"Le pape Benoît XVI a célébré, hier à Ephèse (Ouest de la Turquie), sa première messe en terre d'islam à "la Maison de Marie", avant de rejoindre Istanbul, où il a retrouvé le patriarche Bartholomée Ier dans l'espoir de faire avancer la réconciliation avec les orthodoxes, séparés des chrétiens depuis le schisme de 1054."


Benoît XVI appelle les chrétiens et les musulmans à un "dialogue authentiquement basé sur la vérité" (avec AFP)
Le Monde – 29 novembre 2006 (1/6 de page)

"Après avoir rencontré le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, mardi 28 novembre à Ankara, le pape Benoît XVI a continué sa visite en Turquie par une entrevue avec le directeur des affaires religieuses au sein du gouvernement Ali Bardakoglu. Une rencontre qui s'annonçait nettement plus délicate – M. Bardakoglu avait vivement critiqué les propos du pape à Ratisbonne – mais qui s'est finalement déroulée sans accroc."


Délicate visite de Benoît XVI en Turquie (Anne Roy)
L'Humanité – 28 novembre 2006 (1/10 de page)

Le Saint-Siège s'est montré satisfait, car le pape Benoît XVI sera finalement reçu à l'aéroport d'Ankara par Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre turc, contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps.
Alors que plusieurs membres de son parti qui est "issu de la mouvance islamiste", ont ouvertement montré leur hostilité à la venue du pape, Ali Bardakoglu, Directeur du département des affaires religieuses, "a pour sa part pris la peine de préciser que cette visite ne suffirait pas pour réparer "la rancoeur après la déclaration malencontreuse"." [de Ratisbonne]
Le Vatican a, pour sa part, déclaré dimanche qu'il n'était pas opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, si elle en remplit les conditions.
"Benoît XVI devrait visiter des lieux hautement symboliques comme la mosquée Bleue, la plus célèbre d'Istanbul, ainsi que le musée Sainte-Sophie. Il doit également rencontrer le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, représentant spirituel des orthodoxes, une des principales motivations de son voyage."


Un voyage papal en Turquie semé d'embûches (Hervé Yannou)
Le Figaro - 28 novembre 2006 (1/4 de page)

Après les propos de Benoît XVI sur l'islam, ce cinquième voyage du pape à l'étranger est l'un de ses plus difficiles. Alors qu'il ne devait être qu'une rencontre avec Bartholomée Ier, le patriarche orthodoxe, "beaucoup attendent ses réponses aux questions clés que sont les relations avec l'Islam, la liberté religieuse, les droits de l'homme ou l'Europe. Mais, plus que les discours, le Pape devrait privilégier les symboles en se rendant, jeudi, de Sainte-Sophie à la mosquée bleue."
Outre sa réputation de pourfendeur de l'Islam, les Turques ont vu d'un mauvais oeil sa rencontre avec Tassos Papadopoulos, le président chypriote. Ils savent aussi que le pape est opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. "Même si le Saint-Siège martèle que le Vatican ne s'oppose pas à l'entrée de la Turquie dans l'UE tant qu'elle remplit les conditions fixées par Bruxelles, en particulier en matière de respect de la liberté religieuse."
Ce voyage a été minutieusement préparé et le pape a pris Henry Kissinger, comme conseiller diplomatique.
"Le Saint-Siège a voulu recentrer le voyage sur son objectif initial. Cette rencontre [avec le patriarche Bartholomée Ier] fait partie des figures imposées pour le dialogue avec les orthodoxes. Il ne faut pourtant pas s'attendre à de grandes avancées. Le patriarche est à la tête de quelques milliers de fidèles mais revendique un primat sur les 300 millions d'orthodoxes dans le monde. Ses prétentions déplaisent à la fois à Ankara et au puissant patriarcat orthodoxe de Moscou, que le Vatican n'a pas l'intention de froisser dans l'espoir d'un futur voyage du Pape en Russie."


Flop antipape à Istanbul (AFP)
Libération - 27 novembre 2006 (1/12 de page)

Alors que les organisateurs du parti islamiste de la Félicité avaient annoncé un million de manifestants, ils n'étaient que 15 000 à Istanbul pour protester contre la venue de Benoît XVI demain en Turquie.
"Nombre d'islamistes et de nationalistes sont sûrs que les rencontres prévues entre le pape et le patriarche grec orthodoxe ne visent pas seulement au rapprochement entre les deux Eglises, mais à créer une alliance chrétienne contre l'islam."


Péril turc pour Benoît XVI (Henri Tincq)
Le monde - 26 novembre 2006 (1/6 de page)

Alors que la venue de Jean Paul II en Turquie en 1979 s'était déroulée dans des rues désertes, cette fois-ci "le terrain est miné pour trois raisons. La première est le souvenir de la polémique provoquée par le discours du pape à Ratisbonne (Allemagne) le 12 septembre. Les pays d'islam traditionnel, comme le Maroc, l'Egypte ou la Turquie, n'avaient pas été les derniers à s'enflammer. Ensuite, depuis des déclarations de septembre 2004 ("Historiquement et culturellement, la Turquie a peu de choses en commun avec l'Europe"), l'ex-cardinal Ratzinger est précédé à Ankara d'une réputation d'adversaire de l'adhésion. Enfin, si le patriarcat de Constantinople, à la différence de celui de Moscou, reste l'allié le mieux disposé des catholiques, le monde orthodoxe fragilisé retrouve de vieux réflexes antiromains."
L'absence de Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre, et de son ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül, n'est pas sans rapport avec les risques de poussée islamiste lors des prochaines élections en 2007.
Malgré un contexte tendu, ce voyage constitue "une chance aussi de compréhension nouvelle entre le christianisme et l'islam dans un pays musulman sécularisé, dont l'expérience historique du XXe siècle a montré qu'il était, malgré les crises et la répression, soluble dans la démocratie (musclée) et la laïcité."
Cependant, "ce pari est loin d'être gagné, tant la Turquie reste une poudrière. Elle est le berceau des pires fractures ethnico-religieuses de l'histoire" : schisme du XIe siècle entre latins et byzantins, sac de Constantinople en avril 1204, chute de Constantinople en 1453, "joug ottoman" et actuellement minorités chrétiennes sans statut et marginalisées.
"La hantise de Benoît XVI est l'effondrement de la foi chrétienne en Europe. Jamais pape n'avait autant attiré l'attention du monde sur les enjeux de civilisation que sont pour lui l'affaiblissement des valeurs chrétiennes de l'Europe et sa vulnérabilité par rapport à la montée d'un islam radical. C'est la clé qui explique son combat pour la défense de l'identité chrétienne dans le Vieux Continent et la préservation du patrimoine traditionnel de l'Eglise (la messe en latin), son rejet de toute laïcité fermée..." (..., sous-entendu, au profit d'une laïcité ouverte, religieuse et chrétienne, mais qui ce serait plus de la laïcité)


La méthode Benoît XVI (Jean Sévillia avec Laure Marchand)
Le Figaro - 24 novembre 2006 (1/4 de page)

Le prochain voyage du pape aura lieu en Turquie du 28 novembre au 1er décembre à l'invitation du président de la République. Mais il ne rencontrera pas Recep Tayyip Erdogan qui participe à un sommet de l'OTAN et qui semble avoir voulu ménager l'opinion publique d'un pays musulman à 99%, surtout après la polémique sur les propos du pape à Ratisbonne.
"La semaine dernière, dans une interview publiée par le quotidien italien La Stampa, le grand mufti de Turquie, Ali Bardakoglu, estimait que le voyage du pape "ne résoudra pas tous les problèmes, mais sera un bon pas dans la direction du dialogue"."
Le recentrage qu'opère le pape en expliquant, inlassablement, les fondamentaux du christianisme montre sa préoccupation "déjà exprimée par Jean-Paul II : la crainte d'une déchristianisation de l'Europe, victime du matérialisme et du relativisme."
Au cours de son voyage, le pape rencontrera le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier, car "rapprocher leurs traditions spirituelles, pour Benoît XVI, c'est permettre au Vieux Continent de respirer un air puisé au sommet."


Turquie : La visite du pape est un bon test (Mehmet Ali Birand)
Courrier International - 23 au 29 novembre 2006 (1/2 page)

"Si le séjour de Benoît XVI se déroule bien, la Turquie prouvera aux Européens qu’elle est capable d’adhérer à l’UE - et aux chrétiens qu’elle demeure un Etat laïc et tolérant."
Dans un contexte de tension après l'indignation suscitée par les propos du pape sur le prophète Mahomet à Ratisbonne, la visite du pape dans un pays musulman prend une grande importance. "Les Européens observeront le candidat à l’entrée dans l’Union européenne, tandis que le monde chrétien testera la capacité de tolérance des musulmans. Le débat portera sur la différence éventuelle entre une Turquie laïque et démocratique et les autres pays musulmans."
Quant au Premier ministre Erdogan qui se trouvera à un sommet de l'Otan à Riga, il n'a pas souhaité rencontrer Benoît XVI et n'a donc pas écourté son voyage, même de quelques heures. "Erdogan a expliqué que l’interlocuteur du pape serait le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, et a ajouté qu’il n’organisait pas son emploi du temps en fonction de celui du pape."


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