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L'islam en France

2004, 2ème semestre

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur l'islam en France



Codes couleur :
En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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La musique islamiquement correcte en concert à Marseille (Nidam Abdi)
Libération - 20 décembre 2004 - (1 page)

Organisé par le Groupe Edition Diffusion Services, branche culturelle de l'Union des organisations islamiques de France, le concert qui s'est déroulé vendredi soir à Marseille a été suivi par près de 400 personnes. Pour Fouad Alaoui, président de l'UOIF, qui y assistait, il ne s'agit ni de prosélytisme, ni d'endoctrinement mais de promotion d'artistes : "Notre démarche n'a rien à voir avec le culte, ni avec la politique." Sur scène, le crooner Khaleel Muhammad chante en anglais les héros et les légendes de l'islam. Les jeunes filles voilées, et celles qui ne le sont pas, adorent... L'une d'elles trouve "intéressant de venir découvrir des musiciens différents, qui chantent autre chose que des chansons arabes hyperoccidentalisées, comme Khaled, Faudel ou Cheb Mami..." considérés comme trop loin de la tradition. Après un entracte sans tabac et en famille, c'est le groupe malaisien Raihan qui entre en scène. Formé en 1996, ce groupe combine "le chant traditionnel religieux de l'islam malaisien rythmé par des percussions à un formatage pop".


Ahmed Boubeker : "De nouvelles mosquées sur le mode des églises paroissiales (propos recueillis par Cécilia Gabizon)
Le Figaro - 7 décembre 2004 - (1/8 de page)

Sous-titre : Un nouveau type de lieux de culte est apparu spontanément, incarnant un islam français apolitique
Ahmed Boubeker, sociologue à l'université de Metz, explique qu'une étude récente a montré l'apparition d'une nouvelle forme de lieux de culte : les mosquées pavillons. Portés par des "quadragénaires de classe moyenne, installés dans de petites villes", ces lieux de culte fonctionnent sur le mode des églises paroissiales "autour d'un islam traditionnel et apolitique".
Ces micros mosquées rassemblent entre 300 et 1000 fidèles d'origines diverses. Elles sont tenues par des "anciens" souvent analphabètes et n'appartiennent à aucun des grands courants nationaux. De ce fait, elles peuvent être vulnérables à l'infiltration par des imams extrémistes. Les jeunes, quant à eux, ont investi le terrain politique, prônant un islam identitaire. D'autres, déçus par cet islam politique qui a dégradé l'image des musulmans, souhaitent une "pratique religieuse apaisée, dans des mosquées bien ancrées dans la réalité locale".
Les mosquées "cathédrales", comme celles de Lyon, ont un rôle symbolique important, mais elles ne font pas venir les populations des quartiers. L'islam ne se résumant pas à la prière, "les gens ont besoin de lieux de culte pour se retrouver, pour échanger".


"Le choc des civilisations est un danger" (entretien réalisé par Jean-Paul Piérot)
L’Humanité - 3 décembre 2004 - (2 pages)

Sous-titre : Islam et République. Alain Gresh plaide pour la construction d’un avenir commun en France pour tous les citoyens
Alain Gresh est rédacteur en chef du Monde diplomatique et auteur de "L’islam et la République". Pour lui la notion de "choc des civilisations" apparue après les attentats du 11 septembre 2001 présente le danger de devoir classer les individus et ne prend pas en compte l’extrême diversité des communautés musulmanes dans le monde. En France, un changement est intervenu dans les années quatre-vingt où le problème social des immigrés a été remplacé par un problème ethnique et identitaire. "C’est dans ce contexte que l’on constate dans cette partie de la population une réappropriation de l’identité musulmane, alors qu’auparavant, en général, ils ne se déclaraient pas musulmans. C’est le résultat de l’échec de l’intégration sociale." L’intégration par le travail dans les usines n’opère plus comme avant pour d’autres populations. Alain Gresh pense que les mouvements ouvriers comme le PCF et la CGT n’ont pas réussi à faire de la population maghrébine une composante de leur base et l’ascenseur social des cadres ouvriers n'a pas fonctionné pour cette population.
La campagne islamophobe qui stigmatisme l’islam amène des jeunes à se déclarer musulmans par réaction. Il y a des musulmans athées comme il y a des juifs athées. Le problème est plus celui du repli communautaire favorisé par des ghettos sociaux que celui des groupes extrémistes. "Ce n’est pas le communautarisme qui crée les ghettos, c’est l’inverse." Il faut que la République joue la carte de l’évolution de cette religion comme elle l’a fait après 1905 pour l’Eglise catholique. Paradoxalement, il a fallu 40 ans à cette dernière pour accepter la laïcité, alors que "les composantes du Conseil français du culte musulman se sont toujours prononcées pour la laïcité." Alain Gresh considère que la situation de la femme musulmane évolue, mais très lentement. Il regrette qu’au Maroc, par exemple, les réformes que met en place Mohammed VI soient justifiées par des versets du Coran et non par des principes universels. Ils considèrent que si elles portent le voile, elles ne sont pas pour autant devenues intégristes. En ce qui concerne la France, "j’attends encore que tous les gens qui se sont mobilisés pour la loi au nom de la République se mobilisent avec la même force contre les discriminations."
Quant à Tariq Ramadan et à la polémique sur sa participation au Forum social européen, il a été victime d’un "véritable lynchage médiatique". Les ouvrages qui parlent de lui "sont un mélange d’ignorance, d’amateurisme journalistique et de mensonges." Pourquoi rejeter une partie des jeunes issus de l’immigration qui souhaitent s’opposer à la société néolibérale. "Débattons-en au lieu de propager la haine".


Calendrier des élections au CFCM dans deux mois
Le Figaro - 19 novembre 2004 - (16 lignes)

Le bureau exécutif du CFCM (Conseil français du culte musulman), qui s’est réuni au complet pour la première fois depuis le 7 septembre, a relancé le processus des élections bloqué depuis deux mois. Un conseil d’administration est prévu "le 16 janvier pour enavaliser le calendrier". La réunion a également abordé "le projet de fondation pour le financement des mosquées".


Boubakeur de cible
Le Canard enchaîné - 17 novembre 2004 - (34 lignes)

Le ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin a réussi à obtenir un "apaisement" au sein du Conseil français du culte musulman. En désaccord avec l’UOIF, deuxième composante du CFCM, Dalil Boubakeur menaçait de démissionner. Ce ne sera pas le cas, le président du CFCM déclarant que le ministre "est sensible au déséquilibre qui a présidé à la formation du CFCM, mais il a hérité d’une situation pour laquelle il ne faut pas le tenir responsable".
Nicolas Sarkosy, le précédent ministre de l’intérieur, précise pour sa part dans son livre "La République, les religions, l’espérance" que le CFCM "aurait eu une crédibilité moindre sans la présence de l’UOIF, qui - de fait - fédère beaucoup de croyants en France, notamment chez les jeunes".


Une fondation pour l'islam et une formation pour les imams (Catherine Coroller)
Libération - 17 novembre 2004 - (1/3 de page)

Sous-titre : Avec ces propositions, Villepin réinvestit le dossier de Sarkosy
Contre-attaquant les propositions de Nicolas Sarkosy de modifier la loi de 1905 pour le financement des lieux de culte musulman, Dominique Villepin, ministre de l'Intérieur, a réuni les principales composantes du CFCM (Conseil français du culte musulman). Le but est de les aider à dépasser leurs rivalités pour aborder les deux grands dossiers que sont le financement des mosquées et la formation des imams. Le ministre a proposé la création d'une fondation, déclarée d'autorité publique, chargée de collecter les dons des fidèles et des Etats étrangers. Le but est d'éviter l'opacité des versements effectués. "Les ministères des Affaires étrangères et des Affaires sociales feraient partie du conseil d'administration de la fondation."
Quant à la formation des imams, un "module" universitaire serait prévu à la prochaine rentrée, avec entre autres, comme matière enseignée, l'histoire des religions, le français, la connaissance des institutions, le droit des collectivités locales. Certains responsables musulmans semblent agacés par ces propositions : "Avant de parler de la fondation ou de la formation des imams, il faut débloquer la situation du CFCM". Le blocage vient de la Mosquée de Paris, son recteur Dalil Boubakeur ne voulant participer aux prochaines élections d'avril 2005 que si le règlement électoral est changé. Rien n'est définitivement réglé pour l'instant.


Qui sont les 50 000 convertis à l’islam
Marianne - 6 au 12 novembre 2004 - (11 pages)

Enquête sur les convertis de France (Martine Goslan)
En cinquante ans, l’islam affiche un taux de croissance de 235% de ses fidèles dans le monde, à comparer avec les 45% du christianisme. Ils seraient 60 000 en France à avoir changé de Dieu, pour Allah. "Quand je mettais mon turban et ma djellaba, j’avais l’impression que 1 milliard d’humains marchaient avec moi" (un jeune converti français d’origine camerounaise). L’islam est ressenti à la fois comme une religion d’action et une mystique. En fait, l’islam attire les déçus des grandes idéologies. Cette religion apporte surtout "la fin des doutes" et "la paix des certitudes", comme le dit le verset du 2 de la Sourate 2 du Coran : "Voici le livre, il ne renferme aucun doute."

Qui sont vraiment les convertis ? (Bénédicte Charles)
Dalil Boubakeur, le recteur de la mosquée de Paris qui enregistre 400 à 500 conversions par an, estime qu’ils sont environs 60 000 en France, sachant que le "diplôme" de musulman n’est nécessaire que pour le pèlerinage de la Mecque et que nombreux sont ceux qui redoutent le "fichage".
Le sociologue Farhad Khosrokhavar distingue plusieurs groupes de convertis :
- ceux issus des classes moyennes supérieures avec un bagage intellectuel, rarement sensibles à l’intégrisme.
- ceux vivant dans les banlieues et en proie aux mêmes difficultés que les Maghrébins, qui "s’identifient à un islam de rejet culturel".
- les convertis de "circonstance" pour un séjour en Arabie Saoudite, pour un mariage... "Ce sont souvent des conversions de façade : ces musulmans-là ne font pas vraiment ramadan, continuent à manger du porc... sauf devant la famille."
Pour certains, se convertir, c’est comme s’engager en politique, être solidaires et lutter contre l’impérialisme et la domination. Les plus radicaux parmi ceux-ci ne seraient que 1100 selon les Renseignements Généraux.
Toujours est-il que "c’est la dimension chaleureuse, moelleuse pourrait-on dire, de l’islam qui remporte massivement l’adhésion des convertis et aspirants".

De Belleville à Tora Bora, le jihad des convertis (Mohamed Sifaoui)
L’article dresse le portrait de quelques convertis français qui se sont retrouvés dans des réseaux islamistes ou d’Al-Qaida et pour certains sont mêlés à des attentats terroristes. "La liste est encore longue, mais tous ont un point commun, ils ont été recrutés pour mourir. Combien d’autres dupes suivront le chemin des fous de Dieu ?"


Raffarin adresse des vœux aux Français musulmans
Les Echos - 18 octobre 2004 - (20 lignes)

A l'occasion du début du ramadan le 15 octobre, le Premier ministre a souhaité ses vœux à la communauté musulmane française en écrivant à Dalil Boubakeur, président du CFCM (Conseil français du culte musulman) : "Je sais l'importance de cette fête pour tous les fidèles qui vont vivre, durant un mois, un moment privilégié. En cette occasion particulière, je vous adresse un cordial et sincère message."
En septembre, Dalil Boubakeur a ouvert une crise au sein du CFCM en refusant de participer aux élections d'avril 2005, sauf si les règles électorales étaient modifiéesIl a provoqué ainsi la démission de Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, qui réclame des élections "de façon démocratique".


Islam : Houellebecq définitivement relaxé
France Soir - 15 octobre 2004 (11 lignes)

La relaxe de l’écrivain Michel Houellebecq, prononcée le 22 octobre 2002 par la Justice est désormais définitive. Il était, en effet, poursuivi pour avoir qualifié l’islam de "religion la plus con", mais la dernière des parties civiles, la Ligue Islamique Mondiale, s’est désistée, comme l’a constaté le cour d’appel de Paris.


Début du ramadan aujourd’hui
Le Figaro - 15 octobre 2004 (13 lignes)

Le mois du ramadan, période de jeûne pour les musulman, commence aujourd’hui. "De l’aube au coucher du soleil, les croyants musulmans doivent s’abstenir de manger, boire, fumer et de toute relation sexuelle." Pour la première fois, les composantes du CFCM (Conseil français du culte musulman) n’ont pu se mettre d’accord sur l’heure quotidienne du début du jeûne.


Voilage de raison (David Fontaine)
Le Canard enchaîné - 1er septembre 2004 (1/8 de page)

A propos du livre "Que pense Allah de l'Europe ?" de Chahdortt Djawann (NRF, Gallimard). Il y a un an, cette jeune romancière d'origine iranienne était révélée au public par son pamphlet contre le voile ("Bas les voiles !"). Son dernier ouvrage donne un éclairage de la "stratégie islamique" agissant en Europe. Elle considère le voile comme une marque d'appropriation, "le drapeau de l'islamisme", "l'instrument d'un prosélytisme" ainsi que le véritable enjeu d'une guerre souterraine.
Récupérant les frustrés de la société, et les "déshérités ", cet islamisme joue aussi sur l'identification avec la lutte des palestiniens pour les canaliser vers la "ferveur religieuse". En cédant parfois à la "théorie du complot", l'auteur dénonce également la "duplicité" du discours islamiste envers les démocraties ainsi que l'attitude complice de certains intellectuels ou sociologues. Au terme d'un essai à la lecture "stimulante", Chahdortt Djawann conclut ainsi : "Allah, me semble-t-il, en a assez d'entendre parler de l'islam, et voudrait bien envoyer au diable les islamistes et leurs alliés".


La crise des otages redéfinit l'islam français (Jocelyne Césari)
Libération - 21 septembre 2004 (1/3 de page)

Sous-titre : La réaction des musulmans de France, solidaires du gouvernement, a fait la preuve de leur maturité politique
Pour Jocelyne Césari, chercheur au CNRS et professeur invité à l'université de Harward, cette crise a révélé une tendance des musulmans français à accepter les valeurs de la République, allant à l'encontre de l'idée que ceux-ci seraient "une cinquième colonne" sous la coupe de groupes islamistes radicaux internationaux.
Les partisans de la "théologie de l'intolérance" et même de la "théologie de la haine" sont certes visibles, mais restent très minoritaires. "Toutes nos enquêtes confirment l'existence de ce courant souvent invisible de sécularisation de l'islam français, courant qui se retrouve d'ailleurs partout en Europe." Ces musulmans pour qui l'islam fait encore partie de leur héritage culturel, sont en train de déplacer "la référence musulmane dans la sphère du privé, voire de l'intime", le tout dans l'indifférence médiatique.
Comme pour les catholiques, il y a une tendance chez les jeunes musulmans à ne plus se conformer aux prescriptions de la tradition religieuse, tout en choisissant les moyens de leur salut selon leur individualité. Alors que la loyauté civique des musulmans était attendue sur l'acceptation d'une école sans foulard, "la crise des otages met en lumière leur maturité politique", porteuse d'un espoir de dialogue durable.



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