"Je voudrais dire que le christianisme lui-même, et aussi l'organisation catholique, ne prendront toute leur valeur que quand ils seront tout à fait morts. Comte est remarquable parmi les penseurs modernes, principalement parce qu'il a jugé sans passion et humainement du progrès catholique."
(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Propos sur la religion, De la culture, 22 décembre 1921)
"Quand les ténèbres chrétiennes se furent abattues sur le monde occidental l'homme n'osa presque plus rien penser."
(Louis Aragon / 1897-1982 / La Diane Française)
"Dans le christianisme aussi, il y a eu de grands hommes, de saints hommes qui ont fait réellement, ou qui au moins se sont passionnément efforcés de faire, tout ce qu'ils disaient, et dont les coeurs, débordant d'amour, étaient pleins de mépris pour les jouissances et pour les biens de ce monde. Mais l'immense majorité des prêtres catholiques et protestants qui, par métier, ont prêché et prêchent la doctrine de la chasteté, de l'abstinence et de la renonciation, ont démenti généralement leur doctrine par leur exemple. Ce n'est pas en vain, c'est à la suite d'une expérience de plusieurs siècles que chez les peuples de tous les pays se sont formés ces dictons : "Libertin comme un prêtre ; gourmand comme un prêtre ; ambitieux comme un prêtre ; avide, intéressé et cupide comme un prêtre". Il est donc constaté que les professeurs des vertus chrétiennes, consacrés par l'Église, les prêtres, dans leur immense majorité, ont fait tout le contraire de ce qu'ils ont prêché."
(Mikhaïl Bakounine / 1814-1876 / Dieu et l'Etat / 1882)
"Le christianisme est précisément la religion par excellence parce qu'il expose et manifeste, dans sa plénitude, la nature, la propre essence de tout système religieux, qui est l'appauvrissement, l'asservissement et l'anéantissement de l'humanité au profit de la Divinité."
(Mikhaïl Bakounine / 1814-1876 / Dieu et l'Etat / 1882)
"[L'Eglise catholique] n'agit jamais
que dans son propre intérêt, se tait lorsqu'il faudrait parler, ai-je dit, quand cela
devient trop dangereux pour elle, elle se retranche derrière Jésus-Christ, exploité
depuis des millénaires."
(Thomas Bernhard / 1931-1989)
"Chrétien n. Personne qui croit que le Nouveau Testament est un livre d'inspiration divine admirablement adapté aux besoins spirituels de son voisin. Personne qui suit les enseignements du Christ tant qu'ils ne sont pas incompatibles avec une vie de péché."
(Ambrose Gwinett Bierce / 1842-1914 / Le Dictionnaire du Diable / 1906)
"Les gens en avance sur leur époque ne sont pas heureux.
Personne ne les comprend, on se moque d'eux, on leur fait des misères. Prenez,
par exemple, Jésus-Christ. Il était chrétien deux cents ans avant tout le monde.
Résultat : ils l'ont crucifié. Et, en un sens, on ne peut pas leur donner tort."
(François Cavanna / né en 1923 / Dieu, Mozart, Le Pen et les autres...)
"Celui auquel vous avez donné le nom de Jésus, n'était
simplement que le chef d'une bande de brigands dont les miracles que vous lui
attribués n'étaient que les manifestions effectuées selon la magie et les
tromperies ésotériques. La vérité est que tous ces prétendus faits ne sont
que des mythes que vous-mêmes avez fabriqués sans néanmoins réussir à donner
à vos mensonges une teinte de crédibilité. Tous savent bien que ce que vous
avez écrit est le résultat de remaniements fait à la suite des critiques
qui vous étaient portées."
(Celtus, dit Celse / IIe siècle ap. JC / Discours véritable)
Voir la fiche biographique de Celse (IIe siècle ap. JC) et des citations extraites du "Discours véritable", seule attaque systématique du christianisme par les romains.
"Le monothéisme judéo-chrétien est le stalinisme de l'Antiquité."
(Emile Michel Cioran / 1911-1995 / Carnets 1957-1972)
"Le mépris des sciences humaines était un des premiers caractères du christianisme. Il avait à se venger des outrages de la philosophie ; il craignait cet esprit d'examen et de doute, cette confiance en sa propre raison, fléau de toutes les croyances religieuses. La lumière des sciences naturelles lui était même odieuse et suspecte ; car elles sont très dangereuses pour le succès des miracles ; et il n'y a point de religion qui ne force ses sectateurs à dévorer quelques absurdités physiques. Ainsi le triomphe du christianisme fut le signal de l'entière décadence et des sciences et de la philosophie."
(Condorcet / 1743-1794 / Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / 1795)
"Pour se garantir du feu passager [le fouet], il suffit [...] de donner assez d'argent aux prêtres, mais, pour le feu éternel, il n'y a pas d'autres remèdes que de raconter ce qu'on a fait aux genoux d'un prêtre [..] L'humiliation et l'opprobre sont l'état naturel du chrétien."
(Condorcet / 1743-1794 / texte non publié où il dénonce les écoles des Jésuites, cité dans "La Raison" de mars 2004)
"En fait, je ne parviens guère à voir comment quelqu'un pourrait souhaiter que le christianisme fût vrai; car s'il en est ainsi, le langage pur et simple du texte semble indiquer que les hommes qui ne croient pas, et cela inclurait mon père, seront éternellement punis. Et c'est là une doctrine condamnable."
(Charles Darwin / 1809-1882 / Autographie / 1876, publiée en 1888 / Cette phrase fut retirée de sa biographie par sa veuve pour ne pas nuire à la religion)
"Le christianisme, lèpre de l'Occident, corrompt de son souffle fétide, de ses doigts pourris, tout ce qu'il touche. La maladie, toute maladie, est sienne. C'est là, sa condition de possibilité, sa catégorie, sa jouissance. Son sexe, en somme. Le christianisme... Cette désolée gâteuse, cette vieille toute de deuil infini, cette navrante sorcière, qui ne mouille plus de lécher, et à quatre pattes, les ulcères de Job. Et ces ulcères justement lui sont sacrés. Ils ne doivent pas... Ils ne peuvent pas guérir. On a besoin d'eux... Ils sont la démonstration ultime de la vérité christique. La preuve par pus ! Pauvre Job, idiot de la famille. Mais idiot utile..."
(Patrick Declerck / Le sang nouveau est arrivé / 2005)
"L'Eglise ne reconnaît qu'une sorte de laïcs : les siens."
(Carl Dubuc / Les doléances du notaire Poupart)
"Parce que Dieu souffre et de la manière dont il souffre,
l'homme doit aussi à son tour souffrir. La religion chrétienne est la religion
de la souffrance."
(Ludwig Feuerbach / 1804-1872 / L'Essence du christianisme)
"Le comte objecta que le christianisme, pas moins, avait développé la civilisation.
"Et la paresse, en faisant de la pauvreté une vertu.
- Cependant, monsieur, la morale de l'Evangile ?
- Eh ! eh ! pas si morale ! Les ouvriers de la dernière heure sont autant payés que ceux de la première. On donne à celui qui possède, et on retire à celui qui n'a pas. Quant au précepte de recevoir des soufflets sans les rendre et de se laisser voler, il encourage les audacieux, les lâches et les coquins."
(Gustave Flaubert / 1821-1880 / Bouvard et Pécuchet)
"Le christianisme a beaucoup fait pour l'amour en en faisant un péché."
(Anatole France / 1844-1924 / Le jardin d'Epicure, 1894)
"Le christianisme, avant tout, console ; mais il y a des âmes naturellement heureuses et qui n'ont pas besoin d'être consolées. Alors, celles-ci, le christianisme commence par les rendre malheureuses, n'ayant sinon pas d'action sur elles."
(André Gide / 1869-1951 / Journal 1889-1939)
"Le christianisme n'a pas inventé la pudeur ; il en a inventé l'hypocrisie."
(Rémy de Gourmont / 1858-1915 / Epilogues, août 1902)