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André Comte-Sponville

(né en 1952)
André Comte-Sponville, auteur du Petit Traité des grandes vertus

Biographie d'André Comte-Sponville :

Philosophe et enseignant français, né en 1952, André Comte-Sponville est l'auteur de nombreux ouvrages qui, par leur clarté et leur pédagogie, mettent la philosophie à la portée de tous.

Philosophe humaniste, il a remis la recherche de la sagesse au goût du jour et a écrit sur beaucoup des thèmes classiques traités par les philosophes antiques ou des siècles passés, y compris sur la philosophie politique. Dans la "Sagesse des modernes", ouvrage co-signé avec Luc Ferry, les deux philosophes confrontent leurs visions respectives sur des thèmes fondamentaux comme la quête de sens, la liberté, la sagesse...

André Comte-Sponville a eu la foi jusqu'à 18 ans : "L'une des rares choses dont je suis sûr en ce domaine, c'est que Dieu ne m'a jamais rien dit". Il se définit comme un athée fidèle car il se reconnaît dans une certaine tradition et histoire des valeurs gréco-judéo-chrétiennes. Il pense que l'homme peut se passer de religion, la philosophie en étant l'un des moyens.
Ouvrages d'André Comte-Sponville :
Traité du désespoir et de la béatitude (1984-1988), Une éducation philosophique (1989), L'amour la solitude (1992) Valeur et Vérité (Etudes cyniques, 1994), Petit Traité des grandes vertus (1995), Impromptus (1996), Pensées sur l'athéisme (1999), L'être temps (1999), Présentation de la philosophie (2000), Le bonheur désespérément (2000), A-t-on encore besoin d'une religion ? (en collaboration, 2003), L'esprit de l'athéisme (2006)

Bibliographie :
Etre moderne, introduction à la pensée d'André Comte-Sponville (Jean Tellez, Germina, 2009).

Liens:
      Radio-canada.ca : fiche bibliographique
      Philagora.net - Présentation de la philosophie

Sur ce site :
      Morale : André Comte-Sponville
      L'athéisme est difficile. Texte d'André Comte-Sponville proposé par Michel Bellin.
      Un athée fidèle. A propos d'un entretien avec André Comte-Sponville sur Radio Canada.
      Pour un athéisme non dogmatique. A propos du livre d'André Comte-Sponville, "L'esprit de l'athéisme". Par Benjamin Wolff.



Citations d'André Comte-Sponville :

"Cessons de rêver l'homme, cessons de faire de l'humanisme une religion : ce ne serait qu'un narcissisme généralisé ou hypostasié. L'homme n'est grand que dans la conscience qu'il a de sa misère. Il n'est humain qu'à condition de renoncer à la divinité. L'homme, par exemple, n'est ni maître ni possesseur de la nature : si l'humanisme n'est pas un sous-ensemble de l'écologisme, il ne saurait non plus justifier une quelconque indifférence à l'environnement ou aux autres espèces vivantes. La nature n'est pas Dieu, l'homme n'est pas Dieu : il n'y a pas de Dieu du tout, et c'est en quoi l'humanité est en charge d'elle-même, de la nature et de l'esprit."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Une éducation philosophique / 1989)

"À un enfant qui meurt, et aux parents de cet enfant, ferez-vous, si la religion les console, l'éloge de l'athéisme ? Qu'on ne se méprenne pas : cela, à mon sens, ne prouve rien contre l'athéisme et beaucoup contre la religion. "L'âme d'un monde sans âme, disait Marx, l'esprit d'un monde sans esprit..." C'est la misère qui fait la religion, et c'est pourquoi celle-ci est misérable. Qui interdirait l'opium au mourant ? Et que sommes-nous d'autres, hors l'oubli ou le divertissement, que des mourants ?"
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Une éducation philosophique / 1989)

"On se tait aussi, dans les monastères, pour écouter Dieu. Et comme il ne dit rien ("Dieu ne parle pas me disait un prêtre, parce qu'Il écoute"), ce silence n'en finit pas : Dieu nous écoute l'écouter, et cela fait un grand silence, en effet, qui est le vrai de la religion."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Une éducation philosophique / 1989)

"«Le contraire de prier c'est rire» ai-je écrit quelque part. Mais on ne peut pas toujours rire : devant les plus grandes choses, il faut prier, pleurer ou se taire.
Tais-toi."

(André Comte-Sponville / né en 1952 / Une éducation philosophique / 1989)

"Le matérialisme enseigne –le supporte qui peut- que rien n'est à attendre et que tout est à vivre. Nul salut, donc, qui ne soit d'ici et maintenant."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Une éducation philosophique / 1989)

"Il y a bien des années, quand je me piquais encore un peu de littérature, je me souviens avoir écrit une nouvelle très courte, la plus courte que j'aie jamais écrite, et dont je crois qu'elle fut aussi la dernière. Elle tenait en une phrase, et devait s'appeler Le sage. La voici : "Tout à la fin de sa vie, le sage comprit que la sagesse non plus n'avait pas d'importance." C'était encore de la littérature. Que la sagesse n'ait pas d'importance, la plupart le comprennent bien avant, qui ne sont sages qu'à cette condition. La sagesse n'est qu'un rêve de philosophe, dont la philosophie doit aussi nous libérer. La sagesse n'existe pas : il n'y a que des sages, et ils sont tous différents, et aucun bien sûr ne croit à la sagesse..."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / L'amour la solitude / 1996)

"Au sens philosophique, le matérialisme est d'abord une ontologie - une théorie de l'être - ou une conception du monde. C'est la doctrine qui affirme qu'il n'y a d'être(s) que matériel(s) : le matérialisme est un monisme physique. A ce titre, il se définit surtout par ce qu'il exclut : être matérialiste, c'est penser qu'il n'existe ni monde intelligible, ni dieu transcendant, ni âme immatérielle. Ce n'est pas pour autant renoncer aux valeurs ou aux biens spirituels. (…) Etre matérialiste, pour les modernes, c'est d'abord reconnaître que c'est le cerveau qui pense, et en tirer toutes les conséquences."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Comment peut-on être matérialiste ? Comment peut-on être humaniste ? / 1998)

"La peur du gendarme est le contraire de la vertu, ou ce n'est vertu que prudence."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie / 2000)

"Il y a du narcissisme dans la religion, dans toute religion (Si Dieu m’a créé, c’est que j’en valais la peine !) et c’est une raison d’être athée : croire en Dieu, ce serait péché d’orgueil."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie / 2000)

"La position de l’athée est d’autant plus forte, à l’inverse, qu’il préférerait le plus souvent avoir tort. Cela ne prouve pas qu’il ait raison, mais le rend moins suspect de ne penser, comme tant d’autres, que pour se consoler ou se rassurer."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie / 2000)

"L'athéisme est une forme d'humilité. C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en effet, et nous laisser la charge de devenir humains."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie / 2000)

"Une religion, qu’est-ce d’autre qu’une doctrine qui explique quelque chose que l’on ne comprend pas (l’existence de l’univers, de la vie, de la pensée…) par quelque chose que l’on comprend encore moins (Dieu)?"
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie / 2000)

"Athées et croyants ne sont séparés que par ce qu’ils ignorent. Comment cela pourrait-il compter davantage que ce qu’ils connaissent: une certaine expérience de la vie, de l’amour, de l’humanité souffrante et courageuse? […] il serait fou de s’entre-tuer pour ce qu’on ignore. Mieux vaut se battre, ensemble, pour ce que nous connaissons et reconnaissons."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie / 2000)

"La secte, c'est l'Eglise de l'autre."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Dictionnaire de philosophie)

"L'agnostique ni ne croit ni ne croit pas : il doute, il s'interroge, il hésite, ou bien il refuse de choisir. Il coche la case "sans opinion" du grand sondage métaphysique ("croyez-vous en Dieu ?")."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Dictionnaire de philosophie)

"Si la religion est entendue au sens occidental et traditionnel du terme, comme la croyance en un Dieu personnel, créateur et transcendant, alors la question est historiquement résolue : une société peut se passer de religion. Le confucianisme et le bouddhisme en ont fait la preuve; eux qui ont nourri des sociétés et des civilisations immenses, parmi les plus anciennes du globe, des civilisations qui sont encore vivantes aujourd'hui et qui ne reconnaissent pourtant aucun Dieu de ce type."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / A-t-on encore besoin d'une religion? / 2003)

"Ainsi, dire qu'il n'y a pas de société sans communion, cela ne prouve pas que toute communion suppose la croyance en un Dieu transcendant, personnel et créateur. On peut communier dans autre chose qu'une religion."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / A-t-on encore besoin d'une religion? / 2003)

"Avez-vous besoin de croire en Dieu pour penser que la sincérité vaut mieux que le mensonge, que la générosité vaut mieux que l'égoïsme, que le courage vaut mieux que la lâcheté, que la douceur et la compassion valent mieux que la violence et la cruauté, que l'amour vaut mieux que la haine?"
(André Comte-Sponville / né en 1952 / A-t-on encore besoin d'une religion? / 2003)

"Ce n'est pas parce que vous avez perdu la foi que vous allez soudain trahir vos amis, voler, assassiner, violer ou torturer des enfants!"
(André Comte-Sponville / né en 1952 / A-t-on encore besoin d'une religion? / 2003)

"Si, comme je le crois, la mort c'est le néant, il n'en est rien : le néant ne fait pas sens. Donc, de ce point de vue, la vie n'a pas de sens : nous n'allons vers rien d'autre que le rien. C'est pourquoi il nous faut profiter de là où nous sommes. Telle est la dimension tragique de l'existence."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Interview par Djénane Kareh Tager pour Actualité des Religions)

"Moi, qui n'ai aucune foi, j'essaie d'être un athée fidèle. Et ce que j'appelle la fidélité, par différence avec la foi, ce n'est pas une croyance en Dieu ou en quelque transcendance que ce soit. C'est un sentiment d'appartenance, de filiation, avec les siècles passés qui ont fait de notre civilisation ce qu'elle est. […] La vraie question, c'est : Que reste-t-il de l'Occident chrétien quand il n'est plus chrétien?"
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Emission de télévision "Culture et dépendances", France 3, le 10 décembre 2003)

"Ne confondons pas la religion et la spiritualité. La religion est une forme de spiritualité, mais ce n'est pas la seule. Il suffit de prendre un peu de recul, aussi bien dans le temps, du côté des grandes sagesses grecques, que dans l'espace, du côté de l'Orient bouddhiste ou taoïste, pour découvrir qu'il a existé, et qu'il existe encore, d'immenses spiritualités qui ne sont en rien des religions (des croyances en un Dieu). Ce que je cherche, dans mes livres, c'est justement cela : une spiritualité laïque, une spiritualité sans Dieu. C'est ce qu'on appelle traditionnellement la sagesse, qui m'intéresse davantage que la sainteté."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Interview à "Sélection du Reader's Digest", mars 2005)

"Bien naïfs, ceux qui croyaient que l'athéisme supprimait la question morale ! C'est plutôt l'inverse : nous avons d'autant plus besoin de morale que nous avons moins de religion - parce qu'il faut bien répondre à la question "Que dois-je faire ?" quand Dieu n'y répond plus. C'est pourquoi nous avons, aujourd'hui, terriblement besoin de morale ! C'est pourquoi, même, nous avons besoin de morale, aujourd'hui, davantage sans doute qu'en aucune autre époque connue de l'humanité civilisée."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Le capitalisme est-il moral ? / 2004)

"La philosophie doit prendre le relais de la religion, sans textes sacrés, sans le Coran, la Bible ou le livre du Bouddha."
(André Comte-Sponville / né en 1952)

"Philosopher, c’est penser sans preuves, mais point penser n’importe quoi, ni n’importe comment."
(André Comte-Sponville / né en 1952)



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