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Société : Dieu, religions, spiritualités

2011

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la rubrique : Société


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Klarsfeld : la religion envahit l'espace public dans des communes de Seine-Saint-Denis (AFP)
Le Point - 8 décembre 2011

"Arno Klarsfeld, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), a estimé jeudi que "la religion envahit l'espace public" dans certaines communes de Seine-Saint-Denis pour expliquer son opposition au vote des étrangers hors UE aux municipales.
"Ce vote n'est pas un moyen d'intégration. Il faut être ferme sur nos valeurs. Il y a dans certaines communes de Seine-Saint-Denis des gens qui ont une conception très exigeante de la religion, où la religion envahit l'espace public", a-t-il observé sur La Chaîne Parlementaire."
[...]
http://www.lepoint.fr/politique/klarsfeld-la-religion-envahit-l-espace-public-
dans-des-communes-de-seine-saint-denis-08-12-2011-1405266_20.php


Obsèques : face au déclin religieux, la vogue du sermon laïc (AFP)
Le Nouvel Observateur - 29 octobre 2011

"Les Français, dont le sentiment religieux faiblit, demandent de plus en plus souvent à un laïc d'organiser une cérémonie, de prendre la parole aux obsèques de proches, pour que le défunt "ne soit pas enterré comme un chien".
La mairie de Paris comptabilise 17.000 convois funéraires par an : 66% des défunts ne passent pas par un lieu de culte, la proportion étant plus forte pour les clients du crématorium (83%) que pour les inhumations (52%).
La religion n'est plus un secours pour de nombreux Français : 41% sont athées ou non-croyants, 90% non pratiquants. Les repères traditionnels sont perdus, avec l'essor de la crémation qui représente un tiers des obsèques actuellement en France (entre 40% et 50% en zone urbaine) et les besoins des endeuillés sont très différents entre le décès subit d'une personne dans la force de l'âge et celui d'un centenaire, selon la mairie.
"Dans nos repères culturels, l'enterrement réussi est l'enterrement catholique, avec une cérémonie marquant la séparation des vivants et des morts, une demande du public est apparue pour avoir une célébration laïque", explique le directeur général des services funéraires à la ville de Paris, François Michaud-Nerard.
A Paris, au crématorium du cimetière du Père Lachaise, les premiers maîtres de cérémonies laïques sont apparus en 1999."
[...]
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111029.AFP7190/obseques-face-au-declin-religieux
-la-vogue-du-sermon-laic.html


Manifestation contre la christianophobie (AFP)
Le Figaro - 29 octobre 2011

"Plus d'un millier de fondamentalistes chrétiens ont manifesté ce samedi à Paris contre la "christianophobie" incarnée selon eux par la pièce de théâtre italienne jouée dans la capitale "Sur le concept du visage du fils de Dieu" qu'ils jugent blasphématoire.
"Nous sommes là pour dénoncer la christianophobie au sens large et nous allons mettre un accent particulier sur le spectacle blasphématoire qui se joue en ce moment", a dit Alain Escada, secrétaire général de l'institut Civitas, proche du mouvement de la Fraternité Saint-Pie X fondée par l'intégriste Mgr Lefebvre.
Les manifestants (1.500 selon la police et 5.000 selon les organisateurs) se sont d'abord rassemblés Place des Pyramides (1er arrondissement), au pied de la statue de Jeanne d'Arc. Aux cris de "christianophobie, ça suffit!", le cortège s'est ébranlé vers 18h30 en direction de la Place André Malraux (1er arrondissement), derrière une banderole proclamant "La France est chrétienne et doit le rester". Parmi les manifestants, des prêtres en soutane et des croyants de tous âges exhibant crucifix et drapeaux du Sacré coeur, chantant et priant. (...)
Les fondamentalistes jugent offensantes les dernières minutes de la pièce où un visage géant du Christ semble souillé par des excréments, écho de la souffrance des deux personnages, un vieillard incontinent et son fils qui le lave et le change."
[...]
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/29/97001-20111029FILWWW00475-manifestation-contre-la-christianophobie.php


Des fondamentalistes chrétiens s'attaquent au théâtre de la Ville
L'Humanité - 23 octobre 2011

Voilà trois jours que la représentation d'une pièce de théâtre à Paris est gravement perturbée par des fondamentalistes chrétiens, qui n'hésitent pas à faire usage de la violence. Le théâtre et la ville de Paris portent plainte.
Les agressions de ce groupe de fondamentalistes de l'Institut Civitas et de membres de l'Action française (royalistes et nationalistes) ont débuté jeudi soir, jour de la première représentation. Ils se sont enchaînés aux portes du théâtre, ont lancé des boules puantes et des gaz lacrymogènes et sont même montés sur scène interrompant la représentation. Hurlant à la pièce "christianophobe", dénonçant le blasphème. Ils sont revenus le lendemain, vendredi, distribuer des tracts et jeter de l'huile de vidange et des oeufs sur les spectateurs. Et le samedi à nouveau, ils ont tenté d'occuper le théâtre, retardant la représentation. Des actes d'un autre âge, condamnés par le ministre de la Culture. (...)
La pièce de théâtre ainsi attaquée est de Romeo Castellucci, "Sur le concept du visage du fils de Dieu". Elle met en scène un père et son fils affrontant ensemble la déchéance de l'âge, sous le regard d'un portrait géant du Christ, peint par Antonello de Messine. Une pièce dure, déjà présentée à Avignon (lire la critique de Jean-Pierre Léonardini : Placés sous le profond regard de Jésus-Christ) mais qui ne constitue en rien une attaque contre la religion. C'est d'ailleurs en Avignon que les agresseurs, l'Institut Civitas, avaient déjà fait parler d'eux, détruisant à coups de marteau la photo du christ immergé dans l'urine."
[...]
http://www.humanite.fr/culture/des-fondamentalistes-chretiens-s%E2%80%99attaquent-au-theatre-de-la-ville-482163


L'islam à pas trop chassés (Marie-Christine Vernay)
Libération - 2 octobre 2011

"Le chorégraphe Lloyd Newson présente au Festival d'automne "Can We Talk About This ?", un spectacle didactique et linéaire qui critique les lois coraniques.
Lloyd Newson, Australien aujourd'hui citoyen britannique, nous a habitués avec sa compagnie DV8 (Deviate) à réfléchir sur bien des sujets brûlants, comme la sexualité, la vieillesse, l'homophobie. Cette année, invité régulier du Théâtre de la Ville, il imagine une diatribe sur la charia, loi canonique de l'islam, et sur la fatwa, avis juridique dont l'un fut proclamé contre Salman Rushdie, par exemple.
Le chorégraphe est parti du vécu et de ses observations pour créer le spectacle Can We Talk About This ? qui se révèle des plus ambigus. Souvent amené à se taire dans son entourage, lorsqu'il critiquait une justice islamique qui condamne les homosexuels à la mort et qui ne protège pas les femmes, il a décidé de l'ouvrir. C'est son droit et, sans doute, le devoir des artistes. Que la scène serve à des prises de paroles virulentes sur de graves sujets de société nous a toujours enthousiasmés, d'autant plus que ce n'est pas monnaie courante."
[...]
http://next.liberation.fr/culture/01012363113-l-islam-a-pas-trop-chasses


Le Grand Orient réinvestit les questions de société (Guy Arcizet)
Le Figaro - 2 septembre 2011

"La très confortable réélection de Guy Arcizet, 68 ans, au siège de grand maître du Grand Orient de France, dans la nuit de jeudi à vendredi, à Vichy, signifie que cette première obédience maçonnique française retrouve sa sérénité mais aussi qu'elle resserre les rangs en vue des débats de la campagne présidentielle. (...)
Une relative bienveillance à l'égard de Nicolas Sarkozy avait notamment coûté sa réélection, l'an passé, au grand maître Pierre Lambicchi, dont le rapport moral avait été tout simplement rejeté. Celui de Guy Arcizet vient d'être approuvé à 88 %. Ce médecin généraliste à la retraite a été réélu pour un second mandat d'un an par 30 voix sur les 35 membres du conseil de l'ordre. Sa "philosophie politique", il la décline autour de "questions sociétales". Qu'il entend d'ailleurs remettre au cour des préoccupations du Grand Orient.
Au centre, se trouve la défense de la laïcité. Constante de la franc-maçonnerie. Elle a provoqué, en mai dernier, une passe d'armes avec le cardinal André Vingt-Trois, président des évêques. Le Grand Orient avait alors attaqué publiquement l'intervention publique de l'Église catholique quand le Parlement révisait les lois de bioéthique. "Il y a eu un certain malentendu, précise aujourd'hui Guy Arcizet, la laïcité promeut la liberté de pensée et de culte qu'il faut garder et protéger". Sur ce terrain, l'islam n'est pas loin. Il en a été question, vendredi, au convent de Vichy car, explique le grand maître, "il ne faut pas enfermer cette religion dans une caricature et en faire la cause de tous les maux de la société. Il faut au contraire l'envisager de manière pacifiée"."
[...]
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/09/02/01016-20110902ARTFIG00596-le-
grand-orient-reinvestit-les-questions-de-societe.php


Mondialisation : la fin des religions (Elie Arié)
Marianne2 - 31 août 2011

"Vouées à s'opposer entre elles, toutes les religions monothéistes se rejoignent toutefois sur un point. A l'aune de la mondialisation, elles perdent de leurs valeurs, juge Elie Arié qui observe qu'il ne leur restera bientôt que des attributs artificiels : rituels et autres signes extérieurs d'appartenance...
Toutes les religions ont été, à leur origine, l'équivalent de nos Constitutions actuelles : des systèmes de valeurs dirigeant le fonctionnement d'une société. Les chefs de l'exécutif ne pouvaient l'être que de droit divin. Elles ne peuvent être qu'intransigeantes, incompatibles avec leur remise en question, et vouées à s'opposer entre elles et à tout autre système de valeurs. Les compromis tels que la tolérance mutuelle, les ébauches d'ocuménisme ne pouvant jamais aller bien loin, la marginalisation de leurs courants intégristes néanmoins toujours tolérés, ou l'acceptation, de mauvaise grâce, de la laïcité ne sont que des paix armées imposées par les rapports de force du moment et toujours susceptibles d'être remis en question. (...)
Mais un cas peut sembler, à première vue, particulier : celui de l'Islam.
Si cette religion (ou faut-il dire "ces religions", les affrontements souvent sanglants entre ses différentes composantes ne laissant rien à envier à ceux qui opposèrent autrefois catholiques et protestants - et qui continuent d'ailleurs à le faire ici ou là, comme en Irlande) est en pleine expansion, d'ailleurs moins par le nombre de ses fidèles (qui suit le simple accroissement démographique des populations, le nombre des convertis étant anecdotique) que par le développement de son intégrisme, c'est parce qu'elle semble constituer la seule doctrine « altermondialiste » déjà constituée et qui ne se cherche pas : l'Islam transcende les Etats et ne connaît d'autre communauté que l'"oumma", celle des croyants, quelle que soit leur nationalité : il est, au moins doctrinalement, supra-national. Il constitue l'autre versant de la mondialisation, l'autre face de la médaille, et progresse en même temps qu'elle, car, depuis la chute du communisme, il est le seul à proposer à tous ceux qu'elle a laissés pour compte un ensemble homogène de valeurs opposé à tous ceux du monde contemporain et qui se sont réduits à un seul : la loi du marché.
Mais il ne s'agit là que d'une illusion dont est victime le regard qui ne se limite qu'au temps court, celui de l'actualité au jour le jour ; par les excès auxquels il semble aujourd'hui condamné pour manifester qu'il existe encore, l'Islam engendrera tôt ou tard, comme les autres religions, non seulement ses réactions féministes qui prennent déjà une forme collective là où on les attendait le moins (on pense aux protestations des saoudiennes contre la loi qui leur interdit de conduire une voiture) mais aussi ses révoltés radicaux, ses athées militants, ses anticléricaux forcenés, ses laïcs enragés ; l'heure de l'apparition d'un imam Meslier (2) est peut-être plus proche que nous ne l'imaginons"
[...]
http://www.marianne2.fr/Mondialisation-la-fin-des-religions_a209803.html


En coloc chez les bonnes soeurs (Françoise Germain-Robin)
Libération - 23 mai 2011

"A chaque fois qu'elle sort le soir, Chiara découche. "Pas le choix", dit l'étudiante italienne en piquant du nez dans son café lyophilisé. C'est une "question d'organisation. Je passe une année en Erasmus à Paris, je n'ai pas envie de me coucher tous les soirs à 23 heures", explique-t-elle dans le réfectoire décoré d'affiches combinant à l'infini les mots "Dieu", "paix" et "chemin". Chiara vit à Paris dans un foyer catholique d'étudiantes, comme il en existe une centaine d'autres en France, avec ses religieuses, ses crucifix, et son couvre-feu : 23 heures en semaine, minuit le week-end.
La veille encore, Chiara comptait rentrer au foyer après une partie de football dans un parc. Mais voilà, "le temps passe trop vite". Impossible d'être de retour à l'heure et les sours sont sourdes aux supplications des retardataires qui tambourinent à la lourde porte en bois. Alors, ce matin, le réveil a été rude, sur un matelas gonflable à l'autre bout de la capitale. Départ à l'aube pour repasser au foyer prendre une douche, changer de tenue, et repartir, direction le prestigieux cabinet d'architectes où elle est stagiaire. Elle positive : "La vie au foyer m'a appris à être plus organisée", assure-t-elle.
Le nom du foyer où Chiara a pris ses quartiers sera tu, "la congrégation interdit toute publicité". C'est la sour en chef qui le dit et, au premier abord, la petite dame n'a pas l'air commode. Elle veille sur une cinquantaine de pensionnaires à l'année, douze nationalités différentes. Pour séjourner dans l'établissement, il faut montrer patte blanche. D'abord, lui envoyer un courriel de motivation (avoir fait sa première communion est un plus, mais le contraire n'est pas rédhibitoire). Ce premier test franchi, passage obligatoire par son bureau. Doigts lentement décroisés, elle ôte ses lunettes, plisse les paupières, et dévisage la visiteuse : "Alors, qui êtes-vous ?" Il ne faut pas introduire le loup dans la bergerie. Elle donne sa bénédiction en encaissant les deux nuitées demandées : 60 euros."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/01012338844-en-coloc-chez-les-bonnes-s-urs


La guerre entre l'art et l'Eglise est-elle rouverte ? (Philippe Dagen)
Le Monde - 22 mai 2011

"Pourquoi les artistes s'intéressent-ils de nouveau aux thèmes religieux ?. Depuis qu'un groupe a pénétré dans la Collection Lambert à Avignon, le 17 avril, et vandalisé deux photographies d'Andres Serrano, Immersion : Piss Christ et Soeur Jeanne Myriam, la polémique n'a pas cessé. Explicitement ou implicitement proches du Front national, des associations intégristes n'ont cessé d'affirmer le caractère blasphématoire de ces oeuvres, "une saloperie" d'après le communiqué de Bruno Gollnisch du 16 avril, qui jugeait "légitime" qu'on y "réponde". Le même jour, l'Institut Caritas avait organisé une manifestation devant la Collection Lambert. L'ancien vice-président du FN a été largement entendu." [...]
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1155013


Dieu à tu et à Toile (Catherine Coroller)
Libération - 28 janvier 2011

"Lol. Sites, réseaux sociaux, applications pour smartphones. Le Web semble être la nouvelle terre promise des religions. L'Eglise catholique fait la course en tête.
Il le dit clairement, Benoît XVI, même si c'est dans le sabir alambiqué du Vatican. Les nouveaux médias, il est pour. Dans un texte intitulé "Vérité, annonce et authenticité de vie à l'ère du numérique" publié lundi - jour de la fête de saint François de Sales, le patron des journalistes -, le pape invite les catholiques à être présents sur les réseaux sociaux et à "proclamer [la vérité de l'évangile] dans l'espace virtuel". "Le Web contribue au développement de nouvelles et plus complexes formes de conscience intellectuelle et spirituelle, de conviction partagée. Même dans ce champ, nous sommes appelés à annoncer notre foi dans le Christ", ajoute-t-il.
Etonnant, cet intérêt de Benoît XVI pour l'hypermodernité ? A priori, l'Eglise catholique n'apparaît pas comme l'institution la plus avant-gardiste du monde. Surtout en ces temps où le pape ouvre la porte aux traditionalistes adeptes de la messe en latin et du chant grégorien. Et pourtant. On peut être socialement ultraconservateur et technologiquement moderne. (...)
Etre un fidèle de St-Pixels n'empêche pas d'être également un paroissien à l'ancienne. Pour ce chercheur, "l'engagement intense de croyants sur le Net n'implique nullement leur retrait d'espaces tels que paroisses ou associations". En clair, les croyants vivent une "double notion de communauté : universelle et locale, globale et restreinte"."

A peu près toutes les religions sont citées. Mais, comme souvent, pas un mot sur les "sans religion", les agnostiques ou les athées. C'est vrai que eux ne vendent pas de rêves et ne disposent pas des mêmes moyens !
http://www.liberation.fr/societe/01012316446-dieu-a-tu-et-a-toile


>>> Suite de la revue de presse : Société - 2010


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