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Littérature

2010

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur la littérature


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Rousseau, l’État et la religion civile (Yves Vargas)
L'Humanité - 24 novembre 2010

A propos du livre "La Théologie politique de Rousseau", sous la direction de Ghislain Waterlot, Presses universitaires de Rennes, 2010.
"La relation entre religion et politique "est l’une des questions les plus controversées de la pensée de Jean-Jacques Rousseau", écrit Ghislain Waterlot dans son introduction à cet ouvrage. Rousseau oppose la "religion des prêtres" et celle "des hommes" qu’expose le "Vicaire savoyard"?; et par ailleurs il propose une "religion civile" problématique, entre théisme et patriotisme. Sur les six études qui composent ce livre, quatre concernent la "religion civile" que l’auteur de Du contrat social entend fonder selon les principes du droit. Florent Guénard montre la contradiction entre l’autonomie de la politique et la contrainte de la religion civile?; mais il pose que cette dernière porte plutôt sur les mœurs, rejoignant les analyses d’Éliane Martin-Haag (dans Rousseau ou la conscience sociale des Lumières). La religion civile serait davantage une idée régulatrice qu’une institution ("à la fois nécessaire et impossible"). Blaise Bachofen est plus radical et parle de "théologie politique négative", un bouclier anti-théologique, un préservatif contre "la religion des prêtres" aux "effets délétères"." [...]
http://www.humanite.fr/24_11_2010-rousseau-l%E2%80%99%C3%A9tat-et-la-religion-civile-458514


Conseil de lecture : le christianisme, une machine de coercition ?
L'Humanité - 13 novembre 2010

A propos du livre d'Éric Stemmelen "La Religion des seigneurs. Histoire de l'essor du christianisme entre le Ier et le Vie siècle" (Editions Michalon)
"Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre. Quatre athées et agnostiques scrutant les textes chrétiens des origines. Mordillat et Prieur, les plus provocateurs, ceux dont les séries pour Arte (Corpus Christi, l'Origine du christianisme, l'Apocalypse) et les essais (Jésus contre Jésus, Jésus après Jésus, Jésus sans Jésus) (1) ont fait se dresser contre eux la clique catholico-traditionaliste qui prospère à la Sorbonne et dans certains journaux. Pierre-Antoine Bernheim, le plus méthodique, dont le Jacques, frère de Jésus (2) est devenu une référence mondiale malgré les remarques désobligeantes ("juif Bernheim"). Et maintenant, Éric Stemmelen, le lecteur infatigable, dont la Religion des seigneurs (3) attaque l'histoire du christianisme par le versant économique et social, remettant en question l'apologétique qui voudrait que ce mouvement religieux ait été le produit d'une immense ferveur populaire, un soulèvement de foi et d'espérance. (...)
Le christianisme n'est pas une religion populaire, c'est une religion qui a été ordonnée au peuple et, avec elle, son exaltation de la souffrance, sa glorification de la résignation, son goût morbide pour le sang, sa haine du corps, sa morale sexuelle répressive, etc. D'une foi rebelle à tout pouvoir née dans une petite secte juive, le christianisme, se confondant avec l'empire, va devenir la plus grande machine de coercition jamais apparue sur terre. Comme on peut le lire dans l'évangile selon Matthieu?: "Ce sont les violents qui l'emportent."
(1) Jésus contre Jésus, Jésus après Jésus et Jésus sans Jésus, de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Points/Seuil). (2) Jacques, frère de Jésus, de Pierre-Antoine Bernheim (Noesis). (3) La Religion des seigneurs, d'Éric Stemmelen (Michalon)."

http://www.humanite.fr/content/conseil-de-lecture-le-christianisme-une-machine-de-coercition


L'Islam face à la mort de Dieu - Actualité de Mohammed Iqbal d'Abdennour Bidar (R.-P. D.)
Le Monde - 12 novembre 2010

"Rares sont les lecteurs qui connaissent Mohammed Iqbal (1873-1938). Mis à part une étude de Souleymane Bachir Diagne (Islam et société ouverte, Maisonneuve, 2001), et quelques traductions, peu de travaux lui ont été consacrés. Il s'agit pourtant d'un grand penseur, dont la singularité et la modernité valent d'être connues. Lecteur de Bergson, de William James, et surtout de Nietzsche, Iqbal - qui est aussi considéré comme le « père spirituel » du Pakistan - réfléchit à ce que peut être l'islam confronté à la mort de Dieu et au désenchantement du monde." [...]
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1140207


"L'Avènement de la démocratie. A l'épreuve des totalitarismes", de Marcel Gauchet : enquête sur la religion totalitaire (Pierre Bouretz)
Le Monde - 21 octobre 2010

A propos du livre de Marcel Gauchet "L'Avènement de la démocratie. A l'épreuve des totalitarismes". Gallimard.
"On pourrait dire que, depuis plus de vingt ans, Marcel Gauchet rongeait son frein. Il lui avait fallu une ambition et une énergie intellectuelle peu communes pour écrire Le Désenchantement du monde (Gallimard, 1985), histoire universelle de la religion d'un point de vue politique, construite autour de cette thèse : "Derrière les Eglises qui perdurent et la foi qui demeure, la trajectoire vivante du religieux est au sein de notre monde pour l'essentiel achevée."
Depuis, il avait, entre autres choses, offert de brillantes analyses des révolutions modernes et de leur legs, ainsi que des réflexions plus synthétiques sur l'expérience démocratique. Tout cela ne dissonait pas, mais était écrit sous une autre clé que celle de la partition de 1985. Tel n'est pas le cas de la tétralogie intitulée L'Avènement de la démocratie, dont paraît aujourd'hui le troisième opus : A l'épreuve des totalitarismes."
[...]
http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/10/21/l-avenement-de-la-democratie-a-l-epreuve-
des-totalitarismes-de-marcel-gauchet_1429098_3260.html


Brunschvicg et la dignité de l’idéalisme (Patrick Dupouey, philosophe)
L'Humanité - 27 septembre 2010

A propos du livre "Introduction à la vie de l’esprit", de Léon Brunschvicg, préface d’André Simha. .Éditions Hermann (2010)
"Une philosophie de l’esprit sans ontologie spiritualiste, un idéalisme qui refuse tout système métaphysique, une religiosité sans transcendance, voilà ce que propose ce livre paru en 1900, sous la plume de l’une des personnalités intellectuelles les plus influentes de la philosophie française du dernier siècle. Un homme dont on ne retient souvent que la posture institutionnelle (fondateur de la Revue de métaphysique et de morale, professeur à la Sorbonne, président du jury d’agrégation), oubliant qu’il acheva sa vie dans la clandestinité imposée par les lois raciales de Vichy. Tout commence, et se poursuit longtemps dans l’ouvrage, par une description – presque une phénoménologie – des expériences concrètes de la conscience humaine. Expériences tout d’abord quotidiennes et banales de tout un chacun?: perception, imagination, mémoire, abstraction, jugement, raisonnement, puis vie affective?: plaisir et douleur, sentiment. Expériences spéciales, moins souvent partagées, voire privilégiées?: vie scientifique, vie esthétique, auxquelles tous les esprits sont par nature également appelés (masculins et féminins en particulier), même s’ils ne répondent pas tous au même niveau à cet appel. Vie morale et vie religieuse enfin, mais à condition de bien s’entendre?: jamais Brunschvicg ne délivre de leçons de morale?; encore moins ce libre-penseur et défenseur de la laïcité songe-t-il à réintroduire, sous couvert de philosophie, quelque religion établie que ce soit. Si religion il y a, c’est une "religion naturelle", à la manière de Spinoza, plutôt que de Voltaire ou de Rousseau." [...]
http://www.humanite.fr/26_09_2010-brunschvicg-et-la-dignit%C3%A9-de-l%E2%80%99id%C3%A9alisme-454274


Antisémite, islamophobe, esclavagiste Voltaire ? (Marcelo Wesfreid)
L'Express - 3 août 2010

"Depuis quelques années, trois procès sont faits à Voltaire. Des accusations à nuancer fortement.
Antisémite ?
Certains passages de Voltaire sont aujourd'hui insoutenables, notamment quand il qualifie les Juifs de "peuple le plus abominable de la terre". Ou quand il raconte que, dans l'Antiquité, c'était un clan de "voleurs vagabonds", qui "égorgeait sans pitié tous les habitants d'un malheureux petit pays sur lequel il n'avait pas plus de droit qu'il n'en a sur Paris et sur Londres". Mais ces accents antijudaïques ne doivent pas être interprétés comme de l'antisémitisme. A travers ces charges outrancières, il vise en fait la religion catholique, dont le judaïsme est la source historique. "Il en veut aux juifs d'être à l'origine de ce tissu de mensonges qu'est selon lui la Bible", explique l'historien Pierre Milza, auteur d'une volumineuse biographie (Voltaire, éditions Perrin). Pour l'écrivain, les miracles de Moïse, comme ceux de Jésus, sont des fables de charlatan.
Mais à aucun moment il ne justifie les persécutions. Bien au contraire. Il ne cesse de dénoncer les pogroms, à commencer par la barbarie des croisades, quand 200 000 fanatiques catholiques traversèrent l'Europe, au Moyen Age, en exterminant des juifs."
[...]
http://www.lexpress.fr/culture/livre/antisemite-islamophobe-esclavagiste-voltaire_909208.html


Des islamistes égyptiens veulent interdire "Les Mille et Une Nuits"
Le Monde - 5 mai 2010

"Les syndicats d'écrivains égyptiens ne veulent pas s'en laisser conter. Après avoir assisté, médusés, à la plainte d'un groupe d'avocats demandant l'interdiction d'une réédition des Mille et Une Nuits, les écrivains égyptiens entendent désormais porter plainte pour position "contre le patrimoine". "Il est temps pour nous de passer de la position de défense à la position d'attaque", explique Mohammed Salmawy, responsable du syndicat des écrivains.
Cette nouvelle édition des Mille et Une Nuits a été publiée par un organisme gouvernemental qui s'était déjà attiré des critiques par le passé pour d'autres ouvrages. En 2003, le chef de l'organisme avait été renvoyé par le ministre de la culture Farouk Hosni pour la publication de trois romans considérés comme obscènes par les islamistes.
Chef-d'œuvre de la littérature arabe, Les Mille et Une Nuits est attaqué par un groupe d'avocats pour les mêmes motifs. Dans leur plainte contre Les Mille et Une Nuits, le groupe Avocats sans restrictions dénonce des références au sexe qui selon eux "encouragent au vice et au péché"."
[...]
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/05/05/des-islamistes-egyptiens-veulent-
interdire-les-mille-et-une-nuits_1347116_3212.html


Le Judaïsme antique, par Max Weber (Philippe Chevallier)
L'Express - 15 février 2010

"Certains livres d'histoire sont balayés à la moindre découverte qui effrite leurs certitudes ; d'autres demeurent malgré les innombrables corrections que leur thèse a pu susciter. Comme si, au-delà des erreurs de détail, l'historien avait su capter une vérité essentielle. Publié en 1917-1919, Le Judaïsme antique reste un sommet de la sociologie religieuse, dans la lignée des travaux antérieurs de Weber sur le protestantisme et les religions asiatiques. Des premières tribus d'Israël au mouvement pharisien du IIe siècle av. J.-C., le sociologue allemand y analyse l'attachement des juifs à leur position de "peuple paria", faisant toujours passer leur foi avant l'intérêt économique et social. Au-delà du cas particulier des israélites, ce qui fascine Weber, c'est la force contraignante d'un grand système religieux, sa capacité à façonner les existences. Cette traduction nouvelle bénéficie d'un précieux glossaire."
http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-judaisme-antique_848324.html


"Une religion pour la République. La foi laïque de Ferdinand Buisson", de Vincent Peillon : pour une République spirituelle (Nicolas Weill)
Le Monde - 26 janvier 2010

A propos du livre de Vincent Peillon "Une religion pour la République. La foi laïque de Ferdinand Buisson" (Seuil, 2010)
"Parallèlement à sa tumultueuse carrière politique de député européen et de hiérarque socialiste, Vincent Peillon a cette particularité de n'avoir jamais abandonné le champ de la recherche érudite sur les origines du socialisme et sur la "philosophie républicaine". Son dernier ouvrage apporte une pierre supplémentaire à son panthéon personnel. Après Pierre Leroux et Jean Jaurès - personnalités qui lui permettaient de penser une voie alternative au marxisme et, qui sait ?, un avenir à l'idée socialiste -, voici venu le tour de Ferdinand Buisson (1841-1932). Pourquoi ressusciter aujourd'hui ce grand serviteur de la IIIe République ? Parce qu'il illustre à ses yeux un fait trop méconnu : derrière l'instabilité politique des gouvernements en cascade se dissimule la longévité de dirigeants qui, ayant durablement occupé leurs fauteuils ministériels (...).
Tel est le cas d'un Buisson (par ailleurs Prix Nobel de la paix en 1927) à qui l'on doit la première bible des instituteurs, les fameux "hussards noirs" qui vont répandre la bonne parole républicaine, armés du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire qu'il a dirigé. Vincent Peillon croit pouvoir retrouver, à travers cette exhumation, un fil conducteur oublié de la pensée républicaine."
[...]
http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/01/25/une-religion-pour-la-republique-
la-foi-laique-de-ferdinand-buisson-de-vincent-peillon_1296406_3260.html


Les Lumières d’Helvétius et d’Holbach (François Berriot)
L'Humanité - 8 janvier 2010

A propos du livre "Les Lumières au péril du bûcher, Helvétius et d’Holbach", de Guy Chaussinand-Nogaret, Paris, Éditions Fayard, 2009
"Que voici un livre agréable et utile? ! Guy Chaussinand-Nogaret, spécialiste du XVIIIe siècle, montre ici, en une écriture alerte, combien le combat pour les Lumières, à une époque où l’on brûlait encore le chevalier de la Barre pour un blasphème, a été une affaire grave et à l’occasion de laquelle des gens très simples (le colporteur des livres de d’Holbach est condamné aux galères? !), des intellectuels, de grands bourgeois et parfois même des aristocrates ont dû souvent engager leur vie personnelle.
L’auteur, dans un premier temps, étudie la biographie et les œuvres d’Helvétius. Ce philosophe, né en 1715 au sein d’une famille de médecins du roi, a tout pour être heureux? : la beauté du visage, la vivacité de l’esprit, la générosité du cœur. Adolescent, il étudie, d’abord chez les Jésuites, la littérature et la philosophie, puis le droit, et il opte pour la carrière du fisc, où, fermier général, il fait très vite fortune. Il se lie alors avec les intellectuels les plus prestigieux de son siècle? : Montesquieu (qui lui communique l’Esprit des lois avant même la publication), Voltaire (qui l’encourage dans la carrière des lettres), Buffon, Marivaux, Diderot, d’Holbach, Rousseau même, Saint-Lambert qui, plus tard, écrira sa Vie. (...)
Dans une seconde partie, Guy Chaussinand-Nogaret expose comment d’Holbach, homme de vaste culture et collaborateur enthousiaste de l’Encyclopédie, choisit de ne pas publier sous son nom le Christianisme dévoilé (1761) et surtout le Système de la nature (1770), deux manuels du matérialisme et de l’athéisme militants. Aujourd’hui encore, conclut Guy Chaussinand-Nogaret, il est des pays où le fanatisme religieux n’est pas mort, et le combat d’Helvétius et de d’Holbach pour la liberté de penser et de vivre ne doit pas cesser."
[...]
http://www.humanite.fr/2010-01-08_Idees-Tribune-libre-Histoire_Les-Lumieres-d-Helvetius-et-d-Holbach


>>> Suite de la revue de presse : la littérature : 2009

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