|
Liberté d'expression2009Revue de presse
Codes couleur : En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants. En rouge foncé : citation ou extrait de l'article. Titre en gras. En mauve : commentaire ou appréciation particulière de "atheisme.free.fr" Les pays musulmans remettent l'interdiction du blasphème sur la table (AP) Le Nouvel Observateur - 21 novembre 2009 "Quatre ans après l'affaire des caricatures de Mahomet, l'Organisation de la conférence islamique (OCI) reprend sa campagne contre la "diffamation des religions", malgré l'opposition des pays occidentaux à l'interdiction du blasphème, contraire au principe de la liberté d'expression. Les pays musulmans membres des Nations unies avaient déjà essayé de faire adopter cette notion, au nom de la lutte contre l'islamophobie, lors de la conférence des Nations unies sur le racisme dite de "Durban II", qui s'était tenue en avril à Genève. Les Etats-Unis, mais aussi la France et l'Union européenne, par la voix de l'ambassadeur de France à l'ONU Jean-François Mattéi, avaient dit non. "Il est fondamental de faire la distinction entre la critique des religions ou des convictions et l'incitation à la haine religieuse. Seule cette dernière (...) devrait être interdite", avait estimé M. Mattéi. "On ne réduira pas les tensions en empêchant des idées sur les religions et les convictions." Cette fois, l'OCI, qui compte 56 pays membres, a envoyé l'Algérie et le Pakistan en première ligne pour faire pression sur le comité spécial du Conseil des droits de l'Homme chargé d'élaborer des normes complémentaires contre la discrimination, selon des documents obtenus par l'Associated Press. Si le comité reconnaît la nécessité d'un traité pour protéger les religions, ce sera le premier pas vers l'élaboration d'un protocole international qui finira par être soumis à l'Assemblé générale de l'ONU. Le processus pourrait prendre une dizaine d'années, voire plus, mais des spécialistes lui donnent de réelles chances d'aboutir si les pays musulmans qui le soutiennent persévèrent. Et le débat menace de raviver le ressentiment de musulmans contre les pays occidentaux. En 2005, la publication de 12 caricatures de Mahomet dans un journal danois, alors que l'islam interdit toute représentation de son prophète, avait déclenché des manifestations violentes dans une partie du monde musulman ainsi que des attaques contre des ambassades occidentales, notamment au Liban, en Iran et en Indonésie. Plusieurs journaux européens avaient alors reproduit les caricatures au nom de la démocratie." [...] http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/20091121.FAP4293/?xtmc=religion&xtcr=8 L'écrivain turc jugé pour blasphème (Marc Semo) Libération - 5 mai 2009 "Depuis plus de vingt-cinq ans, cela ne lui était plus arrivé de se trouver debout face à un juge pour l’un de ses romans. "J’en ai un peu perdu l’habitude", soupire avec ironie l’écrivain turc Nedim Gürsel, 58 ans, dont le procès s’ouvre aujourd’hui à Istanbul pour un chef d’inculpation plutôt inédit dans la république laïque fondée par Mustapha Kemal : "dénigrement des valeurs de la religion d’une partie de la population à même de troubler l’ordre public", article 216 d’un code pénal pourtant libéralisé en avril 2005 avec l’aval de l’Union européenne… Il risque jusqu’à un an de prison, voire plus car la peine maximum prévue est doublée si le délit a été commis par écrit. "J’avais déjà été attaqué en justice pour insulte aux forces de l’ordre mais un tel procès dans le pays d’Ataturk pour une prétendue diffamation de la religion représente malheureusement une nouveauté", explique Nedim Gürsel qui vit entre le XIIIe arrondissement de Paris et les rives du Bosphore, au gré de ses humeurs créatives et de ses exils successifs commencés en 1971 après un coup d’Etat militaire. L’auteur de la Première Femme, d’Un long été à Istanbul ou des Lapins du commandant - premières œuvres qui lui valurent célébrité et déboires judiciaires - est incontestablement le plus français des écrivains turcs. S’il écrit ses romans dans sa langue maternelle, c’est en français qu’il rédige ses essais. Ce procès pour blasphème indigne autant le disciple de Voltaire que celui de Mustapha Kemal." [...] http://www.liberation.fr/monde/0101565491-l-ecrivain-turc-juge-pour-blaspheme Sacrilège ! (Véronique Maurus, médiatice) Le Monde - 28 mars 2009 "Les catholiques ne lancent pas de fatwa, c'est un fait. Mais, en matière d'anathème, ils n'ont de leçons à recevoir de personne. Les agneaux de Dieu peuvent mordre. Preuve en a été faite après la publication, le 19 mars, d'un dessin de Plantu interprétant à sa manière le miracle de la multiplication des pains : à la proue d'un bateau, un Christ amène et barbu, tendance baba cool, distribue des préservatifs à une mer d'Africains, au grand dam de Benoît XVI et d'un évêque négationniste. Le mot tollé est faible. Ce fut une tempête, que dis-je, un ouragan, un tsunami de protestations. Dès le lendemain tombent les premiers courriels criant au "blasphème" et exigeant des excuses du journal. "En tant que catholique, j'ai été outragé d'apprendre que votre journal a eu l'audace de publier des caricatures blasphématoires à l'endroit de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ", écrit Christian Assouad (Montréal, Québec), aussitôt suivi de plusieurs dizaines de messages, le plus souvent rédigés en anglais, demandant, comme Pat Wagner (USA), "que vous vous excusiez pour la caricature et vous engagiez à ne plus jamais publier de tels documents offensants". Ce n'est qu'un début. Pendant tout le week-end et les jours suivants, les courriels s'accumulent par centaines, puis par milliers, suivant une courbe exponentielle qui, pendant la journée du 25 mars, atteint le rythme de 500/heure et engorge le serveur informatique ! Force est d'installer une dérivation pour éviter la panne. Du jamais-vu, du moins sous ces cieux tempérés. Car, entre-temps, la formidable puissance du lobby catholique nord-américain s'est mobilisée. [...] Miracles d'Internet ! Plantu n'en est pas revenu. Même ses dessins les plus provocateurs (Pie XII faisant le salut nazi, un imam barbu recopiant "Je ne dois pas dessiner Mahomet", entre autres) n'ont jamais suscité une campagne de cette ampleur - comparable, menaces en moins, à celle ayant suivi, en 2006, les caricatures de Mahomet. "Je n'ai même pas voulu faire un dessin choquant, assure le caricaturiste, encore moins un blasphème. Je ne m'en prends qu'aux vivants, tout ce qui est au-dessus du nuage, je n'y touche pas. D'ailleurs j'ai dessiné, exprès, un christ très tendre." [...] http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/03/27/sacrilege-par-veronique-maurus_1173348_0.html De Durban à la conférence de Genève : Quand l'ONU déraille (Malka Marcovich) Le Nouvel Observateur - 26 mars 2009 "Pour l'historienne Malka Marcovich, l'influence des thèses islamistes sur les débats de la conférence contre le racisme prévue à la fin du mois devrait nous interdire d'y participer. Le Nouvel Observateur. - Les Etats-Unis, l'Italie, le Canada et Israël ne participeront pas à cette conférence. La France devrait-elle en faire autant ? Malka Marcovich. - Oui, car les jeux sont faits. La déclaration finale est, à peu de chose près, déjà écrite. Et elle est inacceptable. Comment s'en étonner ? C'est la Libye qui préside le comité préparatoire, avec l'Iran et le Pakistan en vice-présidents et Cuba en rapporteur ! Cette conférence de Genève dite «Durban II» ne fera qu'entériner le Durban I de 2001. J'y étais, et j'ai vu la haine déferler lors du forum des ONG, en marge de la réunion gouvernementale. Ce fut un choc terrible : Castro terminant son discours par "Free, free Palestine !", et la foule reprenant en coeur : "Kill, kill the Jews !"; la vente de "Mein Kampf", mais aussi les attaques contre la laïcité, les femmes réduites au silence... N. O. - Cette fois, plusieurs pays ont exigé que ce forum soit supprimé. M. Marcovich. - Cela ne change rien. Les débordements ne sont pas seulement le fait de quelques excités. La déclaration finale gouvernementale de Durban I stigmatise, elle aussi, Israël comme le seul pays raciste du monde, alors que nombre d'atteintes aux droits de l'homme ailleurs dans le monde n'ont pu être évoquées. Rien sur le Tibet, sur le Rwanda ou sur le sort des immigrants noirs dans les pays arabes. D'autre part, cette déclaration intronise la religion comme «valeur intrinsèque des êtres humains» et introduit, pour la première fois dans un texte onusien, la notion d'"islamophobie". Un terme qui désigne, en réalité, principalement le blasphème et menace la liberté d'expression." [...] http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2316/articles/a397734-.html?xtmc=religion&xtcr=10 Le dessinateur Siné relaxé par le tribunal correctionnel de Lyon L'Humanité – 24 février 2009 (1/10 de page) "Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon. "Le tribunal considère que (Siné) s’est autorisé à railler sur le mode satirique l’opportunisme et l’arrivisme d’un homme jeune, engagé sur la scène politique et médiatique", a déclaré le président du tribunal, Fernand Schir, au rendu du délibéré. "Il ne creuse pas le préjugé antisémite", a-t-il ajouté. Ancienne figure du journal satirique Charlie Hebdo, Maurice Sinet, alias Siné, 80 ans, présent au jugement, s’est dit "soulagé", répétant qu’il ne "s’était jamais senti coupable". La chronique controversée sur Jean Sarkozy, qui ironisait sur sa conversion éventuelle au judaïsme avant son mariage avec la fille du fondateur des magasins Darty, avait été publiée le 2 juillet 2008 dans Charlie Hebdo." [...] http://www.humanite.fr/Le-dessinateur-Sine-relaxe-par-le-tribunal-correctionnel-de-Lyon ![]() ![]() |