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L'islam en France

2005, 1er semestre

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la revue de presse sur l'islam en France



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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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Boubakeur reconduit à la tête du Conseil du culte musulman (Catherine Coroller)
Libération - 27 juin 2005 - (1/3 de page)

Mécontente des résultats de l’élection du conseil d’administration du CFCM (Conseil français du culte musulman) de dimanche dernier, qui a vu la victoire de la FNMF (proche du Maroc), l'UOIF menaçait d’en boycotter le bureau exécutif. Nicolas Sarkosy s’est rendu samedi au conseil d’administration de l’UOIF (proche des frères musulmans), "pour prêcher la réconciliation entre les frères ennemis musulmans". Il a ensuite reçu ensemble, au ministère de l’Intérieur, les principales organisations musulmanes et a réussi à leur arracher un accord sur la composition du bureau du CFCM. Le lendemain, le ministre s’est "invité" à l’ouverture du conseil d’administration du CFCM qui a élu Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, à la présidence, ainsi que Abdellah Boussouf (FNMF) et Fouad Allaoui (UOIF) respectivement premier et second vice-président. Pour justifier son intervention dans le dossier, Nicolas Sarkosy a déclaré : "Est-ce qu’on pourrait travailler avec une opposition qui ne serait pas dans les instances ?"


CFCM : les musulmans se sont mobilisés (Thierry Portes)
Le Figaro - 20 juin 2005 - (1/5 de page)

Une forte participation a été relevée hier lors des élections pour le Conseil français du culte musulman (CFCM). 5200 délégués, provenant de 1300 mosquées, étaient invités à voter lors à un scrutin de liste à la proportionnelle. "Ces grands électeurs avaient à choisir leurs représentants aux conseils d'administration et bureaux des Conseils régionaux musulmans." Au niveau national, 152 membres de l'assemblée générale du CFCM et 41 membres du Conseil d'administration seront élus. Ce n'est que dimanche prochain que ces derniers désigneront le bureau exécutif et son président.
Trois grandes fédérations s'affrontent : la FNMF, proche du Maroc, l'UOIF, dans la mouvance des Frères musulmans, et la Grande mosquée de Paris. En 2003, lors du premier scrutin, les trois mouvements étaient arrivés dans cet ordre, mais Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, "avait plus été nommé qu'élu à la présidence du CFCM. Un accord politique, concocté préalablement sous l'égide du ministère de l'Intérieur, lui avait offert ce poste".


A Paris, fondamentalistes et modérés ont voté côte à côte (Saïd Mahrane)
Le Figaro - 20 juin 2005 - (1/4 de page)

En région parisienne, le bureau de vote de l'élection du CFCM était le gymnase Michel-Le-Comte (IIIe Arrondissement). Dans les rangs des votants, les préoccupations étaient variées : "Boubakeur doit partir" ; "Cet homme est à la merci du pouvoir algérien et il agit dans son seul intérêt." ; pour d'autres, c'est la formation des imams, l'abattage des moutons, les carrés musulmans dans les cimetières, le voile... Certains ont évoqué des intimidations téléphoniques sur les délégués et la "forte implication des consulats étrangers (Algérie, Maroc)". Cependant chacun espère que de ces élections sortira "un conseil uni et compétent, parlant d'une seule voix".


Les pro-voile rejouent "Les Damnés de la terre" (Antoine Menusier)
Courrier International - 28 avril au 3 mai 2005 (3/4 de page)

Un nouveau courant apparaît dans les banlieues françaises. Il puise dans le Coran ce qui est présenté comme une théorie de la libération. Celle-ci s’adresse aux "dominés", aux "indigènes de la République" : les Noirs, les Antillais, les Arabes musulmans... Tandis que les républicains et les "laïcards" jouent le rôle des "dominants" au nom au principe d’égalité, les beurettes de "Ni putes ni soumises" sont qualifiées "d’égarées" ou de "vendues".
Les partisans de ce courant veulent commémorer, le 8 mai prochain, le soixantième anniversaire des massacres de Sétif, considérés comme l’amorce de la guerre d’Algérie. Pour eux, "la décolonisation reste d’actualité". Leur principale revendication est le droit à la différence. Ils stigmatisent l’attitude de la France qui voudrait imposer sa domination culturelle.
Safia Lebdi, de la Fondation "Ni putes ni soumises", rejette ce discours qui répand un racisme "anti-blancs et anti-français". "Les caïds et les islamistes, on les a vus à l’œuvre. C’est contre eux qu’on se bat. [...] Les imams, qui exercent sur eux une pression subtile, ont la partie facile. Il y a eu 60 000 mariages forcés l’an dernier en France." Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile pour les parties de gauche de choisir leur camp entre ces deux courants.


Au Bourget, les musulmans ont donné des signes d'union et de modération (Xavier Ternisien)
Le Monde - 29 mars - (1/4 de page)

Organisée par l'UOIF (Union des organisations islamiques de France), ces 22ièmes rencontres ont permis d'y entendre, pour la première fois, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris. Bien qu'impopulaire dans les banlieues pour avoir dénoncé en 2002 "l'islam des excités", il a été applaudi... timidement tout de même. Après avoir plaidé pour un islam ouvert et tolérant, il a indiqué : "nos objectifs sont tous convergents, seules nos méthodes peuvent différer" pour que puissent réussir les générations futures "en s'insérant harmonieusement dans le tissu des valeurs républicaines d'un pays moderne comme la France".
Organisation proche des Frères musulmans, l'UOIF a fait preuve d'une "modération jamais atteinte". Son secrétaire général Fouad Alaoui s'est déclaré pour le travail des femmes et contre les violences conjugales. Quant à son président Lhaj Thami Breze, il a encouragé un islam républicain. Du côté des associations dont la surface d'exposition a sensiblement augmenté, il semble que la loi sur le port des signes religieux ait encouragé le militantisme. C'est notamment le cas pour la scolarisation des jeunes filles voilées avec des appels aux dons afin d'ouvrir des classes de lycée ou pour leur soutien psychologique (association d'Abdallah Milcent).
Ces rencontres sont également apparues "comme l'espace d'expression d'un "muslim way of life" dépassionné" : prêt à portée et mode islamique, voiles griffés avec logo, musique "rythm'and Nasheed", mais toujours pas de rap.


Les principales fédérations musulmanes de France créent une Fondation pour l'islam (Xavier Ternisien)
Le Monde - 22 mars - (1/4 de page)

Pour permettre la transparence dans le financement des mosquées et la formation des imams, les statuts d'une Fondation, dont le but est le développement de l'islam, devaient être signés le 21 mars au ministère de l'Intérieur. Le conseil d'administration est composé de deux collèges, le premier, constitué de 7 membres pour les 4 fédérations fondatrices (UOIF, Mosquée de Paris, FNMF, CCMTF) et le second composé de personnalités cooptées par ces 4 fédérations, permettant d'y faire participer d'autres composantes du CFCM (Conseil français du culte musulman). Lorsque les statuts auront été approuvés par le Conseil d'Etat, cette Fondation sera placée sous le "contrôle de la Caisse des dépôts et consignations, répondant ainsi à une exigence de transparence.", "Elle recevra des dons privés ou étrangers" a précisé Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur.
L'UOIF, initialement opposée à la création de la Fondation, s'est finalement ralliée au projet, dans la mesure où, entre autres, sa demande d'associer le CFCM a été acceptée par les autres associations fondatrices. Le gouvernement se félicite de l'attitude de l'UOIF, qui a également permis de fixer au 19 juin les élections pour renouveler le CFCM, répondant ainsi au souhait du ministère.


La nouvelle mosquée de Bondy financée par les fidèles (C.C.)
Libération - 16 mars 2005 - (20 lignes)

Il aura fallu dix ans pour que cette nouvelle mosquée sans minaret, mais avec deux coupoles, voie le jour. "Sans un sous de l'étranger, ni subvention." Les fidèles seuls ont participé au financement du bâtiment pour un montant de 1,2 millions d'euros.


Un collège musulman à Marseille en septembre
Libération - 1er Mars 2005 - (8 lignes)

L'UOIF (Union des organisations islamiques de France) a annoncé la création d'un collège, sans doute dans les quartiers Nord de la ville, qui offrira un cursus complet d'ici 2008. L'ouverture d'une classe de 6ème est prévue pour septembre 2005. Le site "comprendrait aussi une salle de prière et un centre culturel."


Conseil français du culte musulman : le scrutin qui divise (Cécilia Gabizon)
Le Figaro - 15 février 2005 - (1/6 de page)

Le conseil d'administration du CFCM devait valider la date du 5 juin pour les prochaines élections, mais une majorité des délégués ont voté le report du scrutin sine die. Le ministère de l'Intérieur se montre agacé, car il lui faut reprendre les négociations avec les différentes fédérations afin de trouver un compromis avant le 16 avril, date de la prochaine assemblée ordinaire chargée de prolonger le mandat du bureau actuel du Conseil. La FNMF, proche du Maroc, propose des élections en septembre, tandis que les fondamentalistes et les ministères de l'intérieur, trouvant cette date trop proche des vacances et du Ramadan, sont favorables au mois de juin.
Par ailleurs, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, après plusieurs mois de blocage du CFCM, a "obtenu l'assurance d'être reconduit à la présidence", ce qui avait permis de reprendre le processus électoral. Mais Mohammed Bechari (FNMF) a remis en cause la date du 5 juin. Il estime en effet qu'il "nous faut plus de temps pour remobiliser" car selon lui, les associations ne voient pas trop l'intérêt de s'inscrire, considérant que "le CFCM n'a traité aucun de leurs problèmes concrets". Les représentants de la FNMF ne sont pas les seuls à traîner les pieds, ce qui a conduit au vote de dimanche, que le recteur de la Mosquée de Paris a tenté de minimiser en le qualifiant de décision "technique, pas politique", visant à "améliorer le calendrier".
Cependant, la FNMF et la Mosquée de Paris ont "longuement approuvé la formation linguistique" des imams afin de donner des gages de leur foi en la République et dans l'intégration de l'islam.


A Marseille, l'Aïd fêté au parc des expositions (Michel Henry)
Libération - 21 janvier 2005 - (1 page)

Sous-titre : Plus de 8000 fidèles, selon les organisateurs, se sont rassemblés hier matin pour prier et sacrifier l'agneau.
Pour l'imam Mourad Zarfaoui qui conduisait la prière et qui est également président du CRCM (Conseil régional du culte musulman), il fallait trouver un endroit "digne" et suffisamment vaste pour "en finir avec les clichés noirs des médias, les bêtes mal sacrifiées, la diabolisation. Notre islam n'est pas fondamentaliste, pas terroriste !"
Si les fidèles étaient nombreux, certains responsables musulmans opposés au CRCM ne sont pas venus. Les autorités françaises s'étaient déplacées : maire, président du conseil général, préfet. Jean Claude Gaudin a évoqué le projet de construction de la mosquée : "Quand la communauté musulmane parlera d'une seule voix, on sera capable de le faire."
Le sacrifice de l'agneau, à l'occasion de la fête de l'Aïd a eu lieu dans les anciens abattoirs du quartier Saint-Louis. "Deux chaînes d'abattage ont été mises en place pour mieux contrôler le processus". Même si celui-ci n'est pas exactement conforme aux recommandations de l'imam, 4200 bêtes vont y être égorgées en deux jours.
Les religieux n'ont pas le monopole de l'Aïd, puisque des laïcs ainsi que l'Union des familles musulmanes (UFM) ont également organisé des fêtes, des concerts et des débats, à l'aide d'une subvention de 15000 euros provenant des collectivités. "Ras le bol de l'image de l'Aïd basé sur le mouton et la prière en plein air. L'Aïd, c'est le partage." Selon Nassera Benmarnia, directrice de l'UFM, 10000 personnes ont assisté à l'Aïd, fête qu'elle aimerait voir partagée par tous, croyants ou non.


Les musulmans ont du mal à avaler la viande à la cantine (Olivier Bertrand)
Libération - 10 janvier 2005 - (1/2 page)

Sous-titre : Dans la région lyonnaise, plusieurs conflits autour du refus de manger non halal
Plusieurs dizaines de parents d'élèves s'indignent que l'on force leurs enfants à manger de la viande qui ne soit pas halal (non égorgée).
Par maladresse, reconnaît le maire, des familles de Villefranche-sur-Saône ont reçu des lettres d'écoles maternelles menaçant d'exclure leurs enfants de la cantine s'ils continuaient à ne pas manger de viande. L'intention était de rappeler que "la cantine a vocation à nourrir les enfants, pas à les laisser sortir de table le ventre vide." Les parents qui ont retiré leurs enfants de la cantine ne veulent pas qu'on les force à manger ce qu'ils ne veulent pas. Une entrevue avec le maire a permis d'apaiser la situation. La ville continuera d'inciter les élèves à manger de la viande, mais sans les forcer.
Certains parents demandent qu'il y ait des plats de substitution, d'autres qu'il y ait de la viande halal. Le CFCM (Conseil français du culte musulman) estime que cette dernière revendication n'est pas "extravagante" et demande aux autorités d'y répondre chaque fois que cela est possible, "sans se draper encore une fois dans les sacro-saints interdits de la laïcité." Indépendamment des problèmes de surcoût, un adjoint au maire de Lyon indique que "si l'on dit oui à la viande halal, on devra dire oui demain à d'autres exigences".


Fragile trêve entre fédérations musulmanes (Cécilia Gabizon)
Le Figaro - 7 janvier 2005 - (1/8 de page)

Lors de la première réunion de l'année du CFCM (Conseil français du culte musulman) les participants ont essayé d'éviter les sujets qui fâchent, à cinq mois des élections. Les principales fédérations musulmanes briguent la majorité au CFCM : UOIF (Union des organisations islamiques de France), proche des frères musulmans et qui sait mobiliser ses militants; la FNMF, proche du Maroc et disposant du plus grand nombre de présidents dans les CRFM (Conseils régionaux du culte musulman), et la Mosquée de Paris, proche de l'Algérie, qui aurait conclu un pacte de non-agression avec la FNMF. Le président de la FNMF, Mohamed Bechari, semble ne plus s'opposer à la réélection de Dalil Boubakeur.
Le CFCM a actuellement des problèmes concrets à résoudre, comme les visas pour les pèlerins de La Mecque. Tout en s'inquiétant des actes "islamophobes", il doit faire face à la démission de Dounia Bouzard, anthropologue, qui lui reproche de s'occuper davantage des élections que de l'islam. Elle dénonce notamment le "manque de réflexion" sur "la façon d'être musulman dans une société laïque, sur la séparation entre le profane et le sacré."



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