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Egypte

2011

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Début de la rubrique : Egypte



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L'armée et les Frères musulmans ont des intérêts communs (Jean-François Galletout)
L'Humanité - 26 décembre 2011

Jean-François Galletout est président de l'association Orient Méditerranée Inter Perspectives (OMIP).
"La démocratie naîtra-t-elle alors que les élections législatives se poursuivent en Égypte??
Alors que se tiennent les premières élections sincères en Égypte, le temps est venu de regarder la société égyptienne telle qu'elle est et non telle que l'Occident voudrait qu'elle soit. (...)
L'armée, institution respectée en Égypte depuis 1952, a évité au pays une guerre civile. Comme son homologue tunisienne, elle a pris le parti du peuple. Depuis Gamal Abdel Nasser et jusqu'à la mort de Anouar Al Sadate, l'armée dirigeait le pays aux côtés d'une administration tentaculaire génératrice d'emplois dans un pays marqué par une démographie galopante. Hosni Moubarak, général d'aviation et vice-président de Sadate, n'a eu de cesse, dès son accession au pouvoir, en 1981, d'affaiblir l'institution dont il était lui-même issu, par peur de ne pouvoir la contrôler. (...)
En même temps, les Frères musulmans, mouvement créé en 1928, alliés des militaires lors du coup d'État de 1952 et de la révolution qui a suivi (le général Neguib et Anouar Al Sadate étaient eux-mêmes membres de la confrérie) se trouvaient harcelés par le régime. Ils ont été tout à tour tolérés puis chassés, amadoués et poursuivis, jamais Moubarak n'a joué franc-jeu avec les Frères pourtant constitués en parti politique et ayant officiellement renoncé à l'action violente. Jamais ils ne purent trouver leur place dans la vie publique égyptienne.
Cela entraîna naturellement la radicalisation d'une minorité qui s'organisa pour constituer un mouvement salafiste clandestin, adepte d'un islam supposé être celui pratiqué par les ancêtres (salaf en arabe)."
[...]
http://www.humanite.fr/monde/l%E2%80%99armee-et-les-
freres-musulmans-ont-des-interets-communs-486618


Egypte: plus de 65% des voix pour les islamistes (avec AFP)
L'Express - 24 décembre 2011

"Lors de la deuxième phase des élections législatives, les principaux partis islamistes ont confirmé leur domination.
Ils sont les grands vainqueurs des urnes. En Egypte, les principaux partis islamistes ont confirmé leur domination en remportant plus de 65% des voix lors de la deuxième phase des élections législatives organisée entre le 14 et le 22 décembre, a annoncé samedi la commission électorale.
Le Parti liberté et justice, issu des Frères musulmans, a remporté 36,5% des voix et les salafistes d'Al-Nour 28,7% lors du scrutin organisé dans un tiers des 27 gouvernorats du pays, notamment Suez, Assouan et Guizeh."
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/egypte-plus-de-65-des
-voix-pour-les-islamistes_1065197.html


Egypte : les salafistes prônent l'union sacrée (Marion Guénard)
Libération - 21 décembre 2011

"Au Fayoum, à une centaine de kilomètres du Caire, les sympathisants du parti Al-Nour sont pour la plupart favorables à une coalition avec les Frères musulmans. Malgré les tensions entre les deux formations.
Diffusée par les haut-parleurs de la mosquée, la voix du cheikh claque dans le silence du vendredi midi. Quelques retardataires, vêtus d'une galabeya blanche (vêtement traditionnel), arrivent d'un pas pressé, ôtent leurs chaussures poussiéreuses et prennent place à l'extérieur de la salle de prière, déjà remplie de monde. A Halaket el-Samak, un quartier populaire du Fayoum, oasis de 300 000 habitants à une centaine de kilomètres du Caire, tout le monde connaît cette mosquée salafiste, modeste et inachevée, dont les murs sont encore de briques nues. Les fidèles écoutent avec ferveur la voix autoritaire du cheikh Abdallah, qui, bascule de la religion à la politique : "Aux partis qui veulent la victoire de l'islam, soyez honnêtes ! Vous ne pouvez pas vous allier avec les laïcs ! Il faut se mettre du côté des religieux !" [...]
"On peut travailler avec les libéraux et les laïcs dans l'intérêt de l'Egypte mais sans former de coalition. Si les Frères le font, c'est leur problème", avertit cheikh Abdallah. Quelques mois après la création du parti, les salafistes, à leur tour, doivent se former aux tactiques politiciennes. La fin justifie les moyens."
[...]
http://www.liberation.fr/monde/01012378849-egypte-les-salafistes-pronent-l-union-sacree


Rions des salafistes (Sabri Hassanein - Elaph)
Courrier International - 15 décembre 2011

"La peur que suscite chez certains la montée des extrémistes religieux s'est traduite par un nombre incalculable de blagues.
A peine connus les bons résultats des Frères musulmans et des salafistes [islamistes radicaux] lors de la première étape des élections législatives [début décembre], les Egyptiens ont inondé de blagues les réseaux sociaux pour exprimer leurs craintes de voir des islamistes prendre les rênes du pouvoir. A travers leurs sarcasmes, ils se demandent comment ils traiteraient alors les arts, les médias et le sport. (...) Autre blague : un salafiste prend un taxi. Il demande au chauffeur d'éteindre la radio : "Y avait-il la radio à l'époque du Prophète, que le salut et la prière de Dieu soient sur lui ?" Le chauffeur éteint la radio, et lui dit : "Bon, à l'époque du Prophète, les taxis n'existaient pas. Maintenant, descends et attends le passage d'une chamelle !"
Un salafiste arrive à dos de chamelle à l'université. Devant l'étonnement de ses camarades, il leur explique que c'est le moyen de transport mentionné dans le Coran. (...)
Les émissions de la télévision n'échappent pas à cette dérision. L'émission de débat Dix heures du soir s'appellera Dix heures si Dieu le veut, et le talk-show de la présentatrice Hala Serhane Les gens book sera rebaptisé Les imams book."
[...]
http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/15/rions-des-salafistes


Egypte : les listes islamistes remportent 65% des voix (AFP)
Libération - 4 décembre 2011

"Les résultats sont enfin officiels et confirment les bons résultats des Frères musulmans et des salafistes.
Les islamistes en Egypte, officiellement crédités de 65% des voix au premier tour des législatives, espéraient samedi améliorer davantage leur score à la veille du deuxième tour de ce scrutin qui devrait confirmer leur domination du futur Parlement.
Mais une rude bataille se profile au sein du camp islamiste pour ce deuxième tour organisé dans un tiers des gouvernorats, avec un duel attendu entre la confrérie des Frères musulmans et les salafistes du parti Al-Nour pour une partie des sièges attribués au scrutin uninominal.
La confrérie est officiellement créditée de 36,62% des voix et les salafistes -fondamentalistes musulmans - dont elle s'efforce de se démarquer la talonne avec 24,36% des voix. Une troisième liste islamiste, celle du Wassat, modéré, remporte 4,27% des suffrages."
[...]
http://www.liberation.fr/mode/01012375553-egypte-les-listes-islamistes-remportent-65-des-voix


L'ambassade de France au Caire, théâtre d'une manifestation contre "Charlie Hebdo" (avec AFP)
Le Monde - 10 novembre 2011

"Après l'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo à Paris le 2 novembre, une centaine de salafistes ont manifesté devant l'ambassade de France au Caire. Ces fondamentalistes musulmans voulaient dénoncer une caricature du prophète Mahomet parue la semaine dernière dans le journal satirique français.
Le Front salafiste égyptien avait organisé cette marche à l'issue de la prière musulmane hebdomadaire pour dénoncer la position du gouvernement français, qui a estimé, selon eux, que ces caricatures entraient dans le cadre de la liberté d'opinion, a expliqué Khaled Saïd, un responsable de l'organisation."
[...]
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/11/charlie-hebdo-des-salafistes-devant-l-ambassade-de-france-au-caire_1602579_3218.html


"Des crispations interreligieuses exacerbées" (Sophie Pommier, Marwan Chahine)
Libération - 11 octobre 2011

Sophie Pommier est spécialiste de l'Egypte. Elle analyse la cause des affrontements.
" (...) On ne peut pas nier qu'il y ait une dimension religieuse mais, même si les tensions sont exacerbées, il ne faut pas tout réduire à cela. Les problèmes sont nombreux et la question copte n'est qu'une de ces difficultés même si elle joue le rôle de caisse de résonance. Les crispations interreligieuses existent mais elles sont avivées par un contexte politique trouble et une crise économique et sociale.
La situation des coptes s'est-elle aggravée depuis la révolution ?
Ce n'est pas directement lié à la révolution, il y a un contexte plus profond. Cela fait déjà plusieurs années que la situation de cette minorité chrétienne s'est dégradée sous l'effet d'une réislamisation et même d'une salafisation de la société égyptienne. Lors des législatives de 2010, seuls trois coptes ont été élus. Cela a été vécu comme une véritable claque au sein de la communauté. Les tensions religieuses ne sont pas nouvelles. Le point de départ est presque toujours une affaire sentimentale entre personnes de religion différente ou à propos de travaux d'extensions d'église, souvent juridiquement complexes à réaliser pour les chrétiens."
[...]
http://www.liberation.fr/monde/01012364943-des-crispations-interreligieuses-exacerbee


Le sabre et le goupillon contre la voix du peuple (Pierre Barbancey)
L'Humanité - 10 octobre 2011

"Les affrontements qui ont eu lieu dimanche soir au Caire, pour dramatiques qu'ils soient, ne sont ni surprenants ni nouveaux. Les Coptes, qui représentent de 6 à 10% des Égyptiens, s'estiment discriminés dans une société en grande majorité musulmane. Ils ont été visés par plusieurs attentats, en particulier celui du nouvel an contre une église à Alexandrie (23 morts), au mois de janvier dernier. Le 7 mai, 15 personnes avaient été tuées et plus de 200 blessées au Caire lorsque des musulmans avaient attaqué deux églises, affirmant qu'une chrétienne convertie à l'islam était détenue dans l'un des lieux de culte. Bref, depuis plusieurs mois l'Égypte connaît une montée des tensions confessionnelles, alimentées notamment par des querelles de voisinage et des différends sur la construction d'églises. (...)
L'approche des élections fait maintenant s'affronter des idées antagonistes, des projets de société difficilement conciliables. De quoi alimenter un vrai débat démocratique. De quoi aussi alimenter les tensions, pour peu que la parole soit confisquée. Certains ont intérêt à cette dernière option?: les tenants de l'ordre martial, moral et religieux."
[...]
http://www.humanite.fr/monde/le-sabre-et-le-goupillon-contre-la-voix-du-peuple-481279


Egypte : Les laïcs, la révolution et le bikini (Al-Ayyam)
Courrier International - 22 septembre 2011

"Quelle place accorderont les islamistes à un athée ? se demande l'intellectuel palestinien Khaled Hroub, qui s'inquiète de certaines déclarations des Frères musulmans." [...]
http://www.courrierinternational.com/article/2011/09/22/les-laics-la-revolution-et-le-bikini


"L'Egypte débat sur la dose de religion à mettre dans la Constitution" (Stéphane Lacroix)
Le Nouvel Observateur - 5 août 2011

""Guerre de slogans" entre les forces islamistes et laïcs autour de la future constitution du pays. Interview de Stéphane Lacroix, spécialiste de l'islam politique.
Lors de vos séjours en Egypte à la fin du printemps, avez-vous pu constater une impatience, voire une incompréhension des Egyptiens ?
- Oui, très largement. Mais c'est quelque chose de classique dans une période post-révolutionnaire où personne ne trouve que le changement va assez vite. La situation en Egypte est particulière car le Conseil militaire supervise la transition et certains considèrent que la volonté de changement de l'institution militaire n'est pas sincère. (...)
Quels sont les principaux points d'achoppement entre islamistes et libéraux en Egypte?
- Le grand débat actuel est de savoir si la Constitution sera écrite avant ou après les élections qui devraient se tenir en octobre ou novembre puisque la date n'a pas encore été fixée par le Conseil militaire.
Un choix est à faire : soit la Constitution sera écrite par une assemblée constituante qui résultera du choix des urnes, soit une commission sera nommée avant les élections pour poser les grands principes de la nouvelle constitution égyptienne et dans ce cas-là, l'assemblée qui sera élue ne s'attellera qu'à la rédaction des détails. Les islamistes préfèrent des élections en amont car ils savent qu'ils ont des bonnes chances de faire un bon score, et pourront alors obtenir une Constitution reflétant leur projet.
A contrario, les forces libérales veulent dès maintenant inscrire dans le marbre certains principes constitutionnels directeurs, que les islamistes, même s'ils obtiennent la majorité dans la future assemblée, ne pourront remettre en cause. Il faut savoir qu'au moment du référendum du 20 mars, 77% des Egyptiens, à l'appel des islamistes, ont accepté que les affaires courantes soient régies, jusqu'aux élections, par une version légèrement amendée de la Constitution en vigueur sous Moubarak. Aux yeux des islamistes, cela exclut toute nouvelle activité constitutionnelle avant les élections - ce que les libéraux contestent."
[...]
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110805.OBS8174/l-egypte-debat-sur-la-dose-de-religion-a-mettre-dans-la-constitution.html


Démonstration de force des islamistes au Caire (Cécile Hennion)
Le Monde - 30 juillet 2011

"Le mot d'ordre qui devait rallier "un million" de manifestants égyptiens, vendredi 29 juillet, sur la place Tahrir du Caire, était "l'unité et la volonté du peuple". La mobilisation a été massive mais elle n'a pas aplani les dissensions entre les divers courants politiques qui, tous, avaient..." [...]
http://www.lemonde.fr/teaser/?url_zop=http%3a%2f%2fabonnes.lemonde.fr%2fafrique%2farticle
%2f2011%2f07%2f30%2fdemonstration-de-force-des-islamistes-au-caire_1554414_3212.html


Egypte. Accrochages : plus de 50 blessés (AFP)
Le Figaro - 15 mai 2011

"Cinquante et une personnes ont été blessées hier soir dans des accrochages entre musulmans et chrétiens au Caire, a indiqué ce dimanche un responsable du ministère de la Santé, tandis que les Coptes poursuivaient leur sit-in pour protester contre les violences. "La plupart des blessés souffrent de contusions et de fractures légères", selon Ayman Ragab, cité par l'agence officielle Mena.
Les incidents ont éclaté après une altercation entre un jeune musulman et des Coptes qui manifestent devant le bâtiment de la télévision publique, dans le centre du Caire, pour protester contre les violences ayant visé deux églises dans le quartier populaire d'Imbaba la semaine dernière. Le jeune musulman est revenu un peu plus tard avec un groupe de ses amis et a tiré sur les Coptes avec un fusil de chasse."
[...]
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/15/97001-20110515FILWWW00071-egypteaccrochages-plus-de-50-blesses.php


Violents affrontements entre coptes et musulmans en Egypte (avec AFP, Reuters)
Le Monde - 8 mai 2011

"L'Egypte craint une véritable recrudescence des affrontements interconfessionnels après que des heurts entre musulmans et chrétiens d'Egypte, les coptes, ont fait au moins neuf morts et plus d'une centaine de blessés, samedi 7 mai au soir, dans un quartier de l'ouest du Caire.
Les principaux affrontements se sont produits autour d'une église du quartier d'Imbaba. L'agence officielle Mena a fait état d'un bilan de neuf morts, sans donner de répartition par confession. Selon des journalistes présents sur place, des musulmans auraient lancé des cocktails molotov sur des chrétiens, brûlant deux églises dans le quartier. Un manifestant musulman, cité par l'AFP, affirme que ce sont les chrétiens "qui ont commencé à tirer sur nous".
Les églises auraient été attaquées au motif qu'une chrétienne supposée vouloir se convertir à l'islam y serait enfermée. Des polémiques alternant accusations et démentis sur ce thème alimentent depuis des mois une montée des tensions entre communautés. Des groupes salafistes, un courant extrême de l'islam, ont notamment manifesté ces dernières semaines à ce sujet."
[...]
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/05/08/violents-affrontements-entre-coptes-et-musulmans-en-egypte_1518730_3218.html


Des tensions entre coptes et musulmans agitent le centre de l'Egypte (avec AFP)
Le Monde - 21 avril 2011

"L'Egypte a renforcé la présence policière et militaire dans la province de Minya, au centre du pays pour mettre fin aux violences meurtrières provoquées par un conflit entre une famille chrétienne et une autre musulmane à propos de la construction d'un dos-d'âne, a indiqué jeudi 21 avril une source sécuritaire.
Deux musulmans ont été tués, et un couvre-feu a été imposé dans la ville d'Abou Qorqas. La communauté s'est vengée en brûlant mercredi des maisons et des commerces appartenant à des coptes (chrétiens d'Egypte). "Le calme est revenu dans la ville, mais la situation reste tendue", a indiqué la source de sécurité.
Ces violences interviennent alors que des milliers de personnes continuent de manifester dans la province voisine de Qena contre la nomination d'un gouverneur chrétien, dans une région qui a souvent été le théâtre de tensions religieuses et où les relations entre musulmans et chrétiens sont fragiles.
A Qena, les manifestants ont bloqué une importante ligne de chemin de fer et plusieurs des routes principales, affirmant qu'ils ne partiraient que lorsque Imad Mikhaïl serait démis de ses fonctions.
Le gouvernement égyptien a fermement condamné ces appels, estimant que les objections basées sur la religion étaient "inacceptables". "Le gouverneur de Qena n'a pas démissionné et ne démissionnera pas et il n'y a pas d'alternative", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Ahmed al-Samman."
[...]
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/04/21/l-egypte-renforce-la-securite-dans-le
-centre-apres-des-tensions-religieuses_1511064_3212.html


Les Frères musulmans veulent créer un parti politique (avec Reuters)
Le Monde - 15 février 2011

"Les Frères musulmans ont annoncé leur intention de créer un parti lorsque les restrictions limitant les activités politiques auront été levées par les nouvelles autorités égyptiennes. "Quand la revendication du peuple pour la liberté de formation de partis aura été entendue, le groupe trouvera un parti politique", précise la confrérie islamiste dans un communiqué mis en ligne lundi soir sur son site Internet.
Les Frères musulmans seront la seule organisation en ordre de bataille pour des élections législatives en Egypte si les autres partis ne bénéficient pas d'un délai d'au moins un an pour s'organiser, a prévenu un ancien membre de la confrérie. Abou Elela Madi a quitté les Frères dans les années 1990 pour tenter de fonder sa propre formation politique. Le régime d'Hosni Moubarak a refusé à quatre reprises la création de son parti Wasat (centre). "Ils ont fait de notre vie politique une mascarade", dit-il, en accusant Hosni Moubarak d'avoir cherché "la mort politique" de la société égyptienne. Auparavant omnipotent, le Parti national-démocrate (PND) de l'ex-président existe toujours, mais son siège a été incendié par les manifestants.
"Si des élections législatives ont lieu maintenant, le seul parti qui sera prêt, ce sont les Frères musulmans."
[...]
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/15/les-freres-musulmans-veulent
-creer-un-parti-politique_1480236_3218.html#ens_id=1470465


Les Frères musulmans ne savent plus à quel saint se vouer (Christophe Ayad, Claude Guibal)
Libération - 8 février 2011

"La confrérie islamiste, dépassée par la contestation, hésite sur la stratégie à adopter à l'égard du pouvoir égyptien.
Sur le rideau métallique contre lequel il a passé la nuit, allongé dans un sac de couchage, un seul mot, graffité à la bombe : Facebook. Il rigole. Avec sa barbe drue et grise, sa zebiba, le cal noirâtre marquant le front des hommes très pieux, Ahmed n'a pas le profil du jeune manifestant branché sur Internet. C'est un Frère musulman, section de Menoufeya, un gouvernorat du delta du Nil, d'où est originaire le président Moubarak. Six jours déjà qu'il campe là. Invisibles aux premières heures du soulèvement, les islamistes ont progressivement grossi les rangs des manifestants.
Les Frères musulmans ont amené leur nombre, mais aussi leur discipline et un sens poussé de l'organisation. La place Tahrir peut compter sur leur service d'ordre et leur capacité logistique à ravitailler les manifestants qui y campent la nuit. Cinq fois par jour, quand retentit l'adhan, l'appel à la prière, une partie de la foule se met en rang pour se prosterner dans la direction de La Mecque. Mais les prieurs sont loin de représenter la majorité des présents. Les autres continuent de déambuler, faisant juste un détour, par respect.
Peurs et fantasmes. Mouvement islamiste mais non violent, censé compter des millions de sympathisants dévoués, les Frères musulmans alimentent peurs et fantasmes. On craint que ces principaux rivaux du pouvoir depuis les années 50 profitent de la crise pour tenter de prendre le pouvoir."
[...]
http://www.liberation.fr/monde/01012318600-les-freres-musulmans-ne-savent-plus-a-quel-saint-se-vouer


Tunisie, Egypte : la démocratie au risque de l'islamisme radical ? (Romain Pigenel)
Marianne2 - 3 février 2011

"L'attitude des gouvernants à l'égard des évènements tunisiens et égyptiens est emblématique du dilemme entre volonté d'ingérence et respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, explique le blogueur Romain Pigenel.
L'ébullition qui, partant de la Tunisie, secoue aujourd'hui l'Égypte sur ses bases (en attendant peut-être d'autres pays) interroge doublement les démocrates, les progressistes, et la gauche en particulier. Premier doute : faut-il se mêler de ce qui se passe dans ces pays, au nom d'un droit d'ingérence démocratique, ou agir avec plus de prudence (et s'abstenir de soutenir un débouché plus précis que l'exigence de démocratie en général), au nom du respect de la souveraineté des pays étrangers, et du refus de ce qui pourrait ressembler à du colonialisme ou du paternalisme ? Deuxième doute : faut-il pousser à fond en faveur des soulèvements, et réclamer que table rase soit faite, quoi qu'il puisse en surgir ensuite, ou au contraire se soucier de l'après, et mettre dans la balance le pouvoir en place, mal que l'on connaît, avec les maux peut-être pires encore qui pourraient lui succéder ? La démocratie vaut-elle le risque de l'islamisme radical - puisque c'est de cette crainte qu'il s'agit - et donc de sa propre négation ? Deux tensions : universalisme contre souverainisme, morale des principes contre morale des conséquences. On comprend pourquoi la gauche semble discrète et timide, si ce n'est prudente, depuis le début de ces révoltes. A l'instar d'un Jean-Luc Mélenchon condamnant l'empressement de Jeannette Bougrab à demander le départ de Moubarak, et se livrant à une bien complexe casuistique ("Le militant que je suis dit à Moubarak "dégage!"; si j'étais le président de la République, je me garderais bien de tenir un tel discours à l'égard d'un autre peuple souverain et libre"). Au bout du compte, ces deux tensions se rejoignent et se résument à un débat sur le sens d'une formule qui met tout le monde d'accord - le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La démocratie doit-elle être défendue dans l'absolu et jusqu'au bout, ou au contraire être soumise à des considérations de souveraineté, et évaluée à l'aune des risques qu'elle ouvre - dans le cas présent, celui de l'islamisme ?"
[...]
http://www.marianne2.fr/Tunisie-Egypte-la-democratie-au-risque-de-l-islamisme-radical_a202390.html


Les Frères musulmans font profil bas (Cécile Hennion)
Le Monde - 30 janvier 2011

"Durant la montée de cette contestation sans précédent en Egypte, les Frères musulmans ont fait profil bas, distillant des commentaires avec prudence. Leur participation à la première grande manifestation, mardi 25 janvier, a été l'objet d'un âpre débat entre les dirigeants de la confrérie et les plus jeunes de leurs activistes. Mohammed Badie, leur guide suprême, avait fini par publier un communiqué annonçant qu'il n'appelait pas à participer au nom de la confrérie, mais que ceux qui le souhaitaient étaient libres de s'y rendre à titre personnel.
La crainte nourrie par les dirigeants, selon plusieurs sources concordantes au sein de la confrérie, était qu'un engagement plus actif donnerait au régime l'occasion d'en faire un "épouvantail islamiste" pour effrayer une partie des Egyptiens et la communauté internationale. Considérée comme la principale force d'opposition, malgré l'interdiction officielle dont elle fait l'objet, la confrérie a plusieurs fois démontré par le passé ses capacités à mobiliser les masses. Mais ses relations avec le régime, entre confrontation et compromis, restent complexes."
[...]
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/29/les-freres-musulmans-font-profil-bas_1472352_3212.html


Egypte : la plus haute institution islamique suspend son dialogue avec le Vatican
Le Monde - 20 janvier 2011

"La plus haute institution de l'islam sunnite, Al-Azhar, dont le siège est au Caire, a annoncé, jeudi 20 janvier, qu'elle suspendait ses réunions avec le Vatican en raison de remarques du pape Benoît XVI qui "attaquent" l'islam. Le Vatican a réagi peu après, affirmant vouloir poursuivre le dialogue.
Al-Azhar explique dans un communiqué que "le gel a été provoqué par les attaques répétées contre l'islam du pape Benoît XVI (...). Le pape a répété que les musulmans opprimaient les non-musulmans vivant avec eux au Moyen-Orient". Ces réunions avaient lieu jusqu'à présent deux fois par an.
"Quoi qu'il arrive, la ligne d'ouverture et de désir de dialogue du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux reste inchangée", a déclaré de son côté le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. "Le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux est en train de rassembler les informations nécessaires en vue d'une bonne compréhension de la situation", a-t-il précisé."
[...]
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/20/egypte-la-plus-haute-institution
-islamique-suspend-son-dialogue-avec-le-vatican_1468385_3218.html


Les principaux affrontements entre Coptes et musulmans en Egypte depuis 30 ans
Le Nouvel Observateur - 2 janvier 2011

"Les Coptes, dont une église à Alexandrie a été la cible pendant la nuit du Nouvel an d'un attentat ayant fait 21 morts, représentent 6 à 10% des quelque 80 millions d'Egyptiens. Ils ont été particulièrement visés par la vague de violence islamiste qu'a connue l'Egypte à partir de mars 1992. Voici les principaux affrontements depuis 30 ans :
- 17 juin 1981 : 14 morts et 50 blessés lors d'incidents entre Coptes et musulmans, qui, selon la version officielle à l'époque, a été déclenchée à l'issue d'une simple querelle entre deux voisins. Selon des témoins, ce conflit portait sur un morceau de terrain où une église devait être édifiée et que des intégristes islamistes avaient occupé pour y construire une mosquée.
- 4 mai 1992: 14 morts (13 chrétiens et un musulman), dans des affrontements à Manchiet Nasser, village de Haute-Egypte, déclenchés par la mort en mars d'un musulman à la suite d'un conflit à propos de l'achat d'une maison. (...)
- 6 jan 2010: Six Coptes et un policier sont tués à Nagaa Hamadi en Haute-Egypte lorsque trois inconnus ouvrent le feu sur une foule dans une rue commerçante à la veille de Noël. Le verdict dans cette affaire est attendu le 16 janvier.
- 24 novembre 2010 - Des affrontements entre la police et des manifestants chrétiens protestant contre l'interdiction de construire une église dans un quartier du sud-ouest du Caire font deux morts parmi les Coptes.
- 1er janvier 2011 - Un attentat fait 21 morts et 79 blessés, en grande majorité chrétiens, à la sortie d'une église copte après la messe du Nouvel An à Alexandrie, deuxième ville du pays. L'attentat, non-revendiqué, aurait été commis selon les autorités par un kamikaze commandité depuis l'étranger."

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110102.AFP8537/les-principaux-affrontements
-entre-coptes-et-musulmans-en-egypte-depuis-30-ans.html



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