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Les Frères musulmans

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le

Voir également la rubrique intégrisme.



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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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Plongée chez les Frères musulmans (Vladimir de Gmeline)
Marianne - 21 mai 2013

"Diffusé le 22 mai à 21h55 sur France 3, "La confrérie, enquête sur les Frères musulmans", un documentaire de Michaël Prazan, éclaire d'un jour inquiétant le mouvement au pouvoir en Égypte.
On les dit tenant d'un islam modéré, respectueux de la démocratie, non violents et, en un mot, facteur d'équilibre face aux mouvements radicaux, notamment salafistes. Les Frères musulmans, après avoir été traqués par les dictatures laïques, et notamment par le gouvernement Moubarak en Egypte, ont réussi à prendre en marche le train des révolutions arabes.
Ils sont désormais au pouvoir au Caire, depuis l'élection d'un de ses principaux représentants, Mohammed Morsi, leader du parti de la Liberté et de la Justice le 24 juin 2012. Les Frères bénéficient d'une forte implantation dans la société égyptienne.
Depuis leur création en 1928 par Hassan el-Banna, ils se sont attachés à palier les manques de gouvernements corrompus en créant des écoles, des hôpitaux, des hospices. Cette image de mouvement proche du peuple, avec ses dirigeants habillés à l'européenne, fait souvent oublier l'objectif des Frères : l'installation d'une véritable société théocratique, régie par la charia, le panislamisme et l'installation du califat mondial."
[...]
http://www.marianne.net/Plongee-chez-les-Freres-musulmans_a229004.html


Egypte : les Frères musulmans poursuivent leur percée électorale (Hervé Yannou)
LeMonde.fr - 27 novembre 2005 - (1/6 de page)

Les Frères musulmans ont remporté 29 nouveaux sièges à l’issue de la deuxième phase des élections législatives et ce malgré des "restrictions de vote et un vaste coup de filet parmi leurs sympathisants", selon la confrérie. Avec 76 sièges, elle conforte son statut de première force de l'opposition en Egypte.
La police aurait interpellé 860 sympathisants des Frères musulmans. "Des milliers de policiers anti-émeutes se sont déployés dans les circonscriptions où la confrérie des Frères musulmans présentait un candidat", fermant "dans de nombreux cas" des bureaux de vote ou en en limitant l'accès.
"Les magistrats (chargés de surveiller le scrutin) n'ont pas hésité à se rebeller, accusant les forces de sécurité d'empêcher les électeurs d'aller voter, à l'évidence pour barrer la route aux candidats des Frères musulmans, mouvement interdit mais toléré."
Même si la majorité au Parlement du PND, parti au pouvoir, en semble pas menacé, le succès des Frères musulmans a visblement ébranlé le gouvernement.


Egypte : tensions interreligieuses à l'approche des élections (Cécile Hennion)
Le Monde - 26 octobre 2005 - (1/6 de page)

A l'approche des élections législatives qui auront lieu le 9 novembre, de nouvelles perturbations de nature religieuse ont secoué l’Egypte. Le 21 octobre dernier, une manifestation autour de l'église Saint-Georges, à Alexandrie, s’est transformée en émeute anticoptes. Des voitures ont été incendiées, des églises et établissements chrétiens endommagés par des jets de pierres. Il y a eu trois morts et une soixantaine de blessés dans les affrontements avec la police.
A l’origine des incidents, il a le DVD d’une pièce de théâtre jugée anti-islamique, "J'étais aveugle, maintenant je vois", qui avait été jouée une seule fois dans l'église Saint-Georges, il y a deux ans. "Mais l'"insulte faite aux musulmans" a été largement relayée par les médias, provoquant le plus grave incident confessionnel depuis plusieurs années."
Chenouda III, le pape de l'Eglise copte, refuse de prononcer les excuses demandées par le Parti national démocrate (PND) au pouvoir et par les Frères musulmans, ce qui attise les tensions. Une jeune femme copte déclare : "Je pense que ces incidents sont le fruit de manipulations. Ils interviennent dans un contexte critique, entre les élections présidentielle et législatives. Et pendant le ramadan, une période propice à exacerber l'identité musulmane."
Officiellement interdits, mais tolérés par le régime, les Frères musulmans seront probablement les bénéficiaires de ces troubles religieux. Ils espèrent obtenir 70 des 454 sièges du futur Parlement. "Bien implantés à Alexandrie, leur slogan "L'islam est la solution" devrait faire des adeptes."


En Egypte, des islamistes illégaux mais courtisés (Antoine Guiral)
Libération - 3 septembre 2005 (1/3 de page)

La Confrérie des frères musulmans, tolérée bien qu’interdite en Egypte est "courtisée" à la l’approche de la première présidentielle multipartite. Ayman Nour, laïc et populiste, le plus virulent des adversaires d'Hosni Moubarak, s'est fait photographier à côté du guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Mehdi Akef. Il leur a promis "de les autoriser à se constituer en parti politique s'il remportait le scrutin du 7 septembre."
Noaman Gomaa, le candidat du parti Wafd, parti de la lutte anticoloniale, a quant à lui rendu une "visite amicale" aux Frères musulmans pour "souligner les "bonnes relations historiques" entre les deux mouvements".
Le candidat président Hosni Moubarak n’est pas venu expliquer à la Confrérie le contenu de son programme. Celle-ci avait déclaré ne soutenir aucun candidat, mais "engageait ses membres à ne pas voter pour un «oppresseur ou coopérer avec quelqu'un de corrompu ou un tyran». Une allusion au raïs, auquel la confrérie reproche, entre autres, de maintenir la loi d'urgence." Les Frère musulmans ayant appelé à voter le 7 septembre, contrairement à des partis de l’opposition, certains pensent cependant qu’il y a eu des tractations secrètes avec le pourvoir.
Forte de deux millions d’adhérents et le double ou le triple de sympathisants, la Confrérie martèle ses objectifs d’améliorer la société en faisant référence à la réforme et la démocratie. "Nous agissons dans un cadre pacifique, légal et constitutionnel», explique Mohammed Morsy, député de la confrérie, confirmant qu'une liste de candidats est prête pour les législatives de novembre. Les noms, en revanche, restent inconnus, par crainte d'autres arrestations"


Derrière al-Qaida, les Frères musulmans (Richard Labévière*)
Le Figaro - 28 juillet 2005 - (1/3 de page)

Depuis les attentats de Madrid, les enquêteurs anti-terroristes concentrent leurs efforts sur l’appareil international des Frères musulmans. Partisans d’une interprétation stricte et fondamentaliste des textes sacrés de l’islam sunnite, cette confrérie, née au sein de la paysannerie de la Haute Egypte dans les années 1920, "a beaucoup été influencée par l’idéologie corporatiste qui fonda le fascisme mussolinien".

A partir de 1970 sont apparus des groupements d’étudiants prônant la Djihad armée avec à leur actif l’assassinat d’Anouar el-Sadate en 1981. "C’est à l’éparpillement de ces djihadistes historiques que l’on doit la formation de la nébuleuse Ben Laden jusqu’au retrait soviétique d’Afghanistan en 1989, et l’installation de foyers djihadistes en Asie Centrale, en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Europe." Outre l’Egypte et "l’épicentre financier saoudien", les enquêteurs privilégient une piste pakistanaise. La ville de Karachi regroupe quelque 250 écoles coraniques où l’on enseigne la "haine confessionnelle".

"Les fabriques de djihadistes trouvent leur légitimation symbolique dans le déséquilibre, ou l’iniquité, des traitements politiques et diplomatiques de nombres de crises internationales, au premier rang desquelles figure la confrontation israelo-palestinienne." L’installation durable de troupes étrangères en Irak et de nouvelles bases américaines en Asie centrale, ainsi que le conflit en Tchétchénie, constituent autant d’autres références symboliques pour de nouveaux djihadistes.

Les Frères musulmans qui, officiellement, appellent les musulmans à respecter les lois de leurs pays d’accueil oeuvrent en privé pour que, en Occident, s’instaure un mur d’incompréhension entre les musulmans et les autres, les infidèles. Ils continuent "à fonctionner sur un mode sectaire où le savoir se mélange de manière inextricable à un pouvoir d’influence et de nuisance". Pour Richard Labévière, ceux qui luttent contre le terrorisme islamique devraient s’intéresser à l’ouvrage de Michel de Certeau, "La possession de Loudun", où l’auteur déchiffre les "rationalités" qui permettent à ce sectarisme de devenir un mouvement social et de révéler les inquiétudes de la société sur son fondement et ses finalités.

"Le Rideau de fumée d’al-Qaida commençant à s’estomper, peut-être pourrons-nous enfin nous attaquer à penser et à répondre aux stratégies idéologiques et pratiques de la confrérie des Frères musulmans."

* éditorialiste à RFI, auteur de "Les coulisses de la terreur"


Ramadan le conquérant (Catherine Coroller)
Libération - 26 novembre 2004 - (1/4 de page)

Sous-titre : Un ouvrage à charge contre le fondamentaliste.
A propos du livre de Caroline Fourest : "Frère Tariq, stratégie et méthode de Tariq Ramadan" (Grasset).
L’auteur, "spécialiste de l’islam", fonde ses critiques de Tariq Ramadan sur ses lectures des ouvrages et l’écoute des cassettes de l’intéressé. Fidèle à l’héritage spirituel de son grand-père, fondateur des Frères Musulman, Tariq Ramadan "ne prend pas réellement ses distances avec son frères, Hani Ramadan, qui présente la lapidation des femmes comme une "forme de purification"."
Inspiré par la doctrine des Frères musulmans, l’ambition du prédicateur Tariq Ramadan est "d’islamiser l’occident en décourageant les jeunes Arabes de choisir la voie de l’assimilation, en les incitant à se battre pour faire évoluer les lois républicaines vers plus d’islam".
Cependant pour l’auteur de l’article, "l'obsession de Caroline Fourest à noircir le personnage affaiblit la portée des attaques". Tariq Ramadan est-il en train de réussir sa mission ? Le livre répond par l’affirmative, mais sans en apporter la preuve. La France, "tellement peu sûre de sa capacité à intégrer de nouvelle vague d’immigration", ne finira-t-elle pas par croire à l’avènement, comme le pense Caroline Fourest, d’une république française islamique ?


Retour de la censure islamique en Egypte (Claude Guibal)
Libération - 8 juin 2004 - (1/3 de page)

Sous-titre : La mosquée Al-Azhar peut saisir tout bien culturel contraire à la morale et au dogme.
Les associations égyptiennes dénoncent ce "retour en arrière" qui autorise, sur décision de la justice, la mosquée Al-Azhar, la plus grande institution sunnite du monde, ce genre de saisie.
Pour le cheikh d'Al-Azhar, Mohamed Tantawi, il ne s'agit pas "atteinte à la liberté d'expression puisque ce contrôle s'applique aux livres religieux et non aux oeuvres littéraires". Dans la pratique ce n'est pas le cas puisque ses oulémas ont recommandé l'interdiction de "la chute de l'imam", un roman de Nawal el-Saadawi, bête noire des fondamentalistes depuis plusieurs années.
La raison de cette mesure est que "l'Etat cherche en fait à se doter d'un vernis islamiquement correct pour rassurer les milieux conservateurs, après avoir effectué le mois dernier, une vague monstre d'arrestations dans les rangs de la confrérie interdite des Frères Musulmans." Cette attitude ambiguë de l'Etat vient de l'hypothèse que ses opposants seraient bien plus dangereux s'ils n'étaient pas "encadrés" par les Frères Musulmans. L'Etat veut néanmoins montrer quelles sont les limites qu'il fixe à la Confrérie. Par ailleurs, Mohamed Akef, le nouveau chef des Frères Musulmans, veut se poser en défenseur des libertés publiques face à un Etat qui tarde à faire des réformes démocratiques.



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