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Une étude de la Bible


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Par Georges Timmermans  -  23 novembre 2003

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Le mont Sinaï

Où se situe le mont Sinaï ? La question agite le monde religieux et scientifique depuis des décennies. Le Djebel Moesa, où se situe le cloître Sainte Catherine, que l'église orthodoxe tient pour le véritable mont Sinaï, est balayé par un définitif "Aucun scientifique sérieux ne peut encore admettre que ce lieu soit celui où Moïse reçut les tables de la loi."
Mais alors que l'on avait renoncé à localiser l'authentique Mont Sinaï, l'archéologue italien, Emmanuel Anati, relance le débat, par une déclaration qui selon lui va "provoquer un tremblement de terre parmi les archéologues."
Il certifie que la montagne de Moïse se trouverait non pas au Sud mais au Nord de la péninsule du Sinaï, dans le désert du Néguev.

Emmanuel Anati, directeur du Centre d'études préhistoriques de Capo di Ponte (Lombardie) et chargé de mission par l'Unesco, a fouillé pendant 19 ans ce modeste plateau situé en plein Néguev. Exit la montagne tremblante et tonnante de la Bible, mais un haut lieu cultuel des peuples mégalithiques, qui regroupent des centaines de sites tels des tumulus, des pierres dressées, des sanctuaires et des rochers couverts de gravures.

Har Karkom

Voici des extraits des conclusions d'Emmanuel Anati qui confortent sa thèse sur le choix
d'Har Karkom comme la montagne qu'a gravi Moïse.

"J'ai visité Har Karkom pour la première fois en 1954. En arrivant sur place j'ai été frappé par cette montagne, un relief en forme de mésa, entourée de précipices et couronnée de deux proéminences. Le vent y souffle en permanence et projette le sable contre les rochers ce qui les fait chanter... en arabe cette montagne s'appelait djebel Ide id ou "La montagne de la célébration"... elle fut débaptisée pour recevoir le nom israélien de Har Karkom ou "montagne de safran". Les sites les plus anciens remontant à 500.000 ans, mais la majorité datent d'une période qui s'étend de 4300 à 2000 ans av. J.C. incluant le chalcolithique, le bronze ancien et le début du bronze moyen. Cette montagne sacrée est sans autre équivalent, dans la péninsule du Sinaï.
L'archéologue constate qu'à l'âge du bronze ancien, la montagne est réservée à une élite et que tout le monde ne peut s'y rendre pour le culte, cette conclusion il l'établit vu le bon état des lieux du culte. Pour lui il n'y a aucun doute c'est le premier point commun avec le mont Sinaï. "Le peuple ne peut gravir le mont Sinaï." (Exode 19,12-13)

Il note d'autres indices qui tous le confortent dans son jugement, les 12 piliers au pied de la montagne, "... et douze stèles pour les douze rameaux d'Israël." - l'Exode (24,4) :, les restes d'un petit sanctuaire, entourés de tumulus, et d'une accumulation de rochers gravés, parmi les motifs des empreintes de pieds dirigées vers le sommet signe qui depuis le néolithique signifie adoration, il compare les ruines avec le temple découvert par Moïse au sommet de la montagne. Pendant les fouilles de 1998, les chercheurs découvrent au centre d'une structure, composée de pierres noires, une pierre calcaire blanche intentionnellement taillée en demi-cercle et déposée là. "Selon nos observations, il s'agissait probablement d'un monument dédicatoire, érigé pour commémorer un événement d'importance...Le peuple qui habitait ce désert au bronze ancien aurait donc dédié ce tumulus à un dieu lunaire, symbolisé par cette pierre blanche, c'est-à-dire le dieu Sin. Har Karkom était la montagne du dieu Sin, ou comme le pensent certains spécialistes telle l'italienne Rosetta Bastoni, le mont Sinaï. Bien sûr les documents archéologiques collectés, s'ils font écho à la narration biblique, ne démontrent pas que la Bible dit vrai, ni ne prouvent la révélation de Moïse. Mais la découverte du tumulus dédicatoire au dieu de la lune en apporte clairement la preuve : nous ne sommes plus dans le domaine du mythe."
Ce site hors du commun dans la région fut peut -être visité par des témoins qui, fascinés par l'ensemble cultuel, auraient attribué à ces vestiges l'histoire de leurs pères. Ses observations ont peut-être servi pour la rédaction de ce qui deviendra l'Ancien Testament.
Geofroy de Monmouth au XII siècle, affirma que les mégalithes de Stonehenge étaient l'ouvre fabuleuse du non moins légendaire roi Arthur. Ce moine anglais est l'auteur d'une Histoire des Rois de Bretagne rédiger en latin entre 1135-1138.
Seulement un site chrétien sur le net "Kerk Web" relate d'autres affirmations d'Anati qui décrit des personnages "qui n'adoraient point la lune et le soleil mais un signe sans image : une simple ligne..." Selon les informations du site biblique l'équipe d'Anati découvre une grande quantité de gravures rupestres d'inspiration religieuse, le rédacteur s'empresse de les assimiler à des scènes bibliques ainsi qu'une table de pierre sur laquelle sont gravés les dix commandements.

Des découvertes archéologiques qui contredisent les études bibliques actuelles.

La thèse d'Emmanuel Anati contredit ceux qui remettent en question l'aspect historique de l'Ancien Testament. La réaction ne s'est pas fait attendre. "La thèse d'Emmanuel Anati, observe Jean-Baptiste Humbert, archéologue à l'Ecole biblique de Jérusalem, est anachronique. Sa datation de l'Exode précède de 2000 ans la rédaction de la Bible."

Pour Ora Lipschitz, spécialiste israélienne d'histoire biblique "La méthode consistant à mesurer l'âge de la patine qui recouvre les pierres gravées est en effet très approximative". Elle précise qu'effectivement ces vestiges se concentrent".... dans une région qui peut correspondre à celle du récit biblique... Mais qu'est-ce que cela prouve ? Rien, en fait. Har Karkom pourrait être le mont Sinaï, tout comme 300 ou 400 autres sommets dans la région !" L'historienne conclut "La bible est d'abord un texte composé et recomposé durant des centaines d'années par de nombreux auteurs aux points de vue souvent différents et contradictoires... A son propos, mieux vaudrait parler de littérature, de légende ou de conte, plutôt que d'histoire. Il est donc futile de se demander quelles sont les relations entre cette ouvre et les vestiges archéologiques".
Emmanuel Anati s'appuie sur les anciennes traditions orales des peuples du désert et d'une réinterprétation à l'époque de la rédaction des textes. Jean - Baptiste Humbert, acquiesce. "... mais le phénomène n'est pas original en soi. Au Moyen Age, en France, on a ainsi imaginé plusieurs légendes pour expliquer l'origine de la grotte aux Fées."


Le Vatican

Le Vatican a, lui, salué le travail d'Anati. Le 5 janvier 1999 après une campagne de fouilles couronnées de succès en 1998, l'Observatore romano, organe officiel du Vatican, reconnaissait la validité de son travail archéologique et encourageait l'archéologue à poursuivre son travail.

Identifier le mont Sinaï, et trouvé parmi les vestiges sacrés qui s'y sont accumulés pendant 500.000 ans, des gravures rupestres d'inspiration religieuse et interprétées comme biblique, peut être considérées comme un détournement en faveur du monothéisme mosaïque. Le Vatican ne s'y est pas trompé, et malgré sa prudence en la matière a souscrit aux conclusions en faveur de la thèse du préhistorien.

ILS ONT DES YEUX POUR VOIR ET ILS NE VOIENT PAS...

Comme dans l'histoire de Copernic ou Galilée, les progrès de la science bousculent chaque jour les dogmes historiques apparemment les mieux établis...L'archéologie biblique a commencé au début du XIX° siècle, avec les fouilles de Megiddo, Gezer, Massada, Jericho, Jérusalem, Asjkelon, Lachisj, Sichem, Ai, Givon etc. Ceci dans l'espoir que ces fouilles allaient confirmer le récit biblique. Mais ce fut le contraire qui se produisit à la grande déconvenue des archéologues de l'époque qui travaillaient "une Bible dans une main et la pelle dans l'autre" (selon l'archéologue Yigael Yadin). Les archéologues (1°) après 70 ans de fouilles intensives menées tant en Israël qu'en Palestine, sont arrivés à la conclusion (certaine et définitive) que les récits bibliques ne correspondent pas à la réalité historique même s'il contiennent parfois une part de vérité. Steven Rose et William Dever, deux pionniers de l'archéologie en Palestine, ont ainsi déclaré que "nous avons écrit le 'in mémoriam' de l'archéologie biblique et personne ne le regrette."




1 - citons parmi eux Zef Herzog (professeur de l'université de Tel Aviv). Israël Finkelstein (professeur de l'université de Tel Aviv) le professeur Ne'eman (auteur du livre "Que la Bible disparaisse d'une bibliothèque juive") Yigael Yadin (pourtant sioniste convaincu). Steven Rose, archéologue à l'université Ben Gourion, et William Dever de l'université d'Arizona. Beaucoup d'autres chercheurs, archéologues ou historiens, ont préféré garder un prudent anonymat sur ces sujets brûlants.

2- Article paru dans la revue Science et Avenir, février 1999.

3- Time- décembre 18, 1995 Volumes 146, Numéro 25.


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