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Les Migrants, ceux des siècles passés, que nous le sachions ou non, leurs chromosomes sommeillent au cour de nos maisons, de nos familles. Ceux d'aujourd'hui nous les croisons dans les rues de nos villes, dans les aéroports, dans nos vies. Et pourtant souvent indifférents nous avons oublié, nous ne voulons plus voir, que les migrants portent encore et toujours le souvenir des errances de l'humanité, qu'ils sont aussi notre mémoire.
Comment avons-nous pu oublier que depuis la nuit des temps, depuis l'ère du Big Bang jusqu'à l'Afrique nourricière de l'Homo Erectus vers les balbutiements de l'Homo Sapiens Sapiens, la vie tout au long des millénaires jusqu'à l'aube des premières civilisations n'a jamais cessé d'avancer au travers des pas des migrants ? Et d'ères en ères, de civilisations en civilisations, nous voilà, nous qui sommes aussi leurs descendants, des descendants arrêtés depuis longtemps à l'ombre d'une vénérable maison, d'un clocher ou d'un pays, inconsciemment imbus de ce que nous croyons notre supériorité grâce à des savoirs parfois étroits et des avoirs accumulés mais aussi grâce à la chance. Pourtant ce sont les migrants d'autrefois qui depuis toujours nous ont légué leurs aventures et leurs chromosomes, notre ADN.