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Au-delà de la non croyance

3/4 : Des actions sous forme d'opposition ou de rejet

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Blasphème

Un blasphème est un discours considéré comme irrévérencieux à l'égard de ce qui est vénéré par les religions ou de ce qui est considéré comme sacré. Pour le Petit Larousse, le blasphème est "une parole ou un discours qui insulte violemment la divinité". Il s'agit d'un outrage ou d'une injure envers la divinité ou ses représentants.
La notion de blasphème a été définie au XVIe siècle par le théologien espagnol Francisco Suárez comme "toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcée contre Dieu".

"Dès l'instant où il n'y a plus de Dieu, à quoi sert d'insulter son nom ? Mais c'est qu'il est essentiel de prononcer des mots forts ou sales dans l'ivresse du plaisir, et que ceux du blasphème servent bien l'imagination ; il faut orner ces mots du plus grand luxe d'expression ; il faut qu'ils scandalisent le plus possible ; car il est très doux de scandaliser ; il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner."
(Marquis de Sade / 1740-1814 / La Philosophie dans le boudoir / 1795)

Anticléricalisme

L'anticléricalisme est une attitude ou un comportement qui fait preuve d'hostilité envers le clergé ou tout au moins se montre très critique ou refuse toute forme de présence ou d'ingérence d'autorités religieuses dans l'organisation de la vie publique et dans la politique. Originaire d'Europe, et plus particulièrement de France, l'anticléricalisme s'est d'abord opposé à l'Eglise catholique qui n'est toutefois pas la seule cible des anticléricaux.

Divers mouvements sont anticléricaux, par doctrine ou par tradition, comme l'anarchisme, le communisme, la libre-pensée et la franc-maçonnerie du Grand Orient de France.
L'anticléricalisme s'oppose au cléricalisme qui juge et intervient dans la vie publique à la lumière des idées religieuses.

"Quoi donc ! Toujours par des budgets énormes
Nourrirons-nous ces pieux fainéants ?
Législateur, mettez-y moins de formes,
Ne craignez plus ces frocards arrogants.

A chaque instant contre la République,
Nous entendons beugler quelques prélats :
Appliquons donc le remède énergique
En séparant l'Eglise de l'Etat."

(L'Anticlérical n°10 / chanson "Séparons l'Eglise de l'Etat")

Antithéisme

L'antithéisme (ou aussi anti-théisme) est une opposition active et directe au théisme, c'est-à-dire aux religions organisées ou à la croyance en un dieu. Il est revendiqué par ceux qui considèrent le théisme comme dangereux et destructeur.
L'antithéisme peut prendre plusieurs formes, comme par exemple :
- essayer de convaincre les théistes qu'ils sont dans l'erreur,
- blâmer les croyants en mettant en avant la stupidité de leur croyance,
- rechercher activement les pires aspects d'une religion pour en faire une représentation de cette religion.
Dans un contexte théiste, l'antithéisme peut faire référence à l'opposition à un dieu ou des dieux spécifiques.

"Je ne suis pas seulement un athée, je suis aussi antithéiste; je n'affirme pas que toutes les religions sont des versions du même mensonge, mais je maintiens que l'influence des églises, et les effets de la croyance religieuse, sont clairement néfastes."
(Christopher Hitchens / 1949-2011 / Letters to a Young Contrarian / 2001)

Religiophobie

Le terme n'existe pas encore officiellement, mais on peut le définir en étendant à toutes les religions et à tous les croyants la définition de l'islamophobie.
Il pourrait ainsi désigner la peur et les préjugés à l'encontre de toutes les religions, mais aussi la peur et le rejet des personnes de toute confession. Il peut y avoir une confusion entre l'hostilité envers les religions et celle à l'encontre des pratiquants de ces religions, ce qui peut conduire certains à refuser l'utilisation de ce terme.
Ainsi selon le sens que lui donne celui qui l'utilise, le terme "religiophobie" peut signifier :
- l'hostilité ou un sentiment négatif envers les religions,
- une attitude considérée comme hostile, voire discriminatoire à l'encontre des croyants.;
La religiophobie peut se décliner en islamophoblie, cathophobie, protestantophobie, évangélicophonie, judéophobie, bouddhophobie, hindouophobie, etc., si le sentiment de rejet est orienté contre une seule religion.

"Je suis un peu islamophobe, ça ne me gêne pas de le dire. J'ai le droit, je pense (et je ne suis pas le seul dans ce pays), à penser que l'Islam, (je dis bien "Islam", je ne parle même pas des islamistes) en tant que religion, apporte une certaine débilité qui en effet me rend islamophobe. Il n'y a aucune raison, sous le prétexte de la tolérance, de s'abaisser jusqu'à renier des convictions profondes."
(Claude Imbert / 24 octobre 2003, sur LCI)

Le nihilisme

Le terme nihilisme fut employé pour la première fois par l'écrivain russe Ivan Tourgueniev (1818-1883) dans "Pères et fils" (nouvelle de 1861) pour désigner une critique sociale portée par une intelligentsia radicale russe ayant perdu ses illusions quant aux réformes politico-sociales. Refusant toute contrainte de la société sur l'individu, les nihilistes russes comme Dobrolioubov, Pissarev, Tchernychevsky, Lavrov et Kropotkine... prônent des actions directes et violentes pour renverser le régime afin de reconstruire un monde qui assurera le bonheur de la population. Le mouvement nihiliste parvient à assassiner le Tsar Alexandre II en 1881. La répression qui s'ensuit est fatale à cet éphémère mouvement, mais pas à ses idées.

"L'époque semble athée, mais seulement aux yeux des chrétiens ou des croyants. En fait elle est nihiliste.
Les tenants d'hier et d'avant hier ont tout intérêt à faire passer le pire et la négativité contemporaine pour un produit de l'athéisme."

(Michel Onfray / né en 1959 / Traité d'athéologie / 2005)

La lutte contre les sectes

De nos jours, le mot secte désigne certains Nouveaux Mouvements Religieux (notion introduite par les sociologues), avec une connotation négative pour attirer l'attention sur les dangers que représentent certaines de ces organisations pour les individus et pour la société.

D'un point de vue sociologique, la secte regroupe des personnes unies par un même idéal religieux ou philosophique qui, en général, est en rupture avec les croyances et les valeurs du reste de la société et qui se sentent portées par une mission. Cette forme de protestation sociale, parfois violente, suscite en retour l'hostilité de la société envers la secte.

Les sectes sont davantage caractérisées par leurs aspects négatifs ou leurs méfaits que par le contenu de leur doctrine, comme en témoigne la définition de la Commission des Droits de l'Homme (1993) : "groupements se présentant ou non comme religions, dont les pratiques sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l'Etat de droit."

Le comportement sectaire se manifeste alors par "le refus des lois, en exerçant des voies de fait, en accomplissant des détournements, des abus de confiance, des escroqueries, des infractions financières et fiscales, des mauvais traitements, de la non-assistance à personne en danger, des incitations à la haine raciale, des trafics de stupéfiants.

"La manipulation mentale déshumanisante est inhérente à tout système totalitaire. Le nazisme comme le stalinisme furent de formidables manipulations. Les sectes adoptent ces mêmes méthodes avec une diversité de moyens et d'applications."
(Bernard Fillaire / Les sectes)





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