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Témoignage

Dans un collège catholique

(Denis R..... -   01/03/2012)



Mon fils a quitté un Collège Catholique. Ci-après ce que nous avons écrit aux parents que nous connaissions.



    Chers Parents,


    Vladimir a donc quitté XXXXXXX fin décembre et il lui est arrivé, ce vendredi 3 février, de croiser un des ses ex-professeurs qui lui demanda tout de go "Alors, ils t'ont giclé ?". Si la formule est un peu cavalière, elle démontre néanmoins qu'il y a besoin ici de clarifications sur la raison de son départ volontaire de cette institution privée.

    Cela faisait quatre trimestres que Vladimir était à XXXXXXX, collège que nous avions choisi considérant que l'enseignement privé catholique offrait une attention plus personnalisée aux enfants. Nous mêmes, en Belgique étions de fervents défenseurs de l'enseignement libre catholique. Mais dès son entrée au collège, nous découvrîmes l'application de la discipline propre à XXXXXXX ainsi que son atmosphère que nous avons trouvée triste et austère ne correspondant pas à nos valeurs de vie.

    La discipline nous y est apparue de suite d'un autre âge, où les "malus" pleuvent pour un oui et pour un non et où les "bonus" sont accordés avec une parcimonie qui n'a d'égale que l'obséquieuse obéissance demandée alors aux élèves. Elle nous y a de suite semblé excessive, parfois brutale, triste et absconde. Nous nous sommes d'abord dit que cela constituait "un formatage" qui ne durerait pas. Nous nous trompions.

    Par trois fois Vladimir a été frappé de sanctions de retenue dont deux fois sur délation, que nous jugeons calomnieuses après avoir discuté longuement avec notre fils. Nous avons informé l'institution de notre désaccord quant à l'usage de la délation que nous considérons une pratique détestable et à la nécessité du respect du principe de la présomption d'innocence. Chaque fois, nous avons alerté l'institution sur une situation probable de harcèlement et avons marqué notre désaccord sur l'application jugée injuste de ces sanctions. L'établissement nous apparut sourd à chacune de nos réactions, immuable et monolithique, certain de son infaillibilité et de sa très haute mission éducatrice.

    La troisième de ces situations, relative à un crayon qui frappa le professeur de mathématique, fut catastrophique. Le jugement, une fois encore basé sur la délation, fut expéditif et la sanction prononcée au vu et au su de tous au conseil de classe qui avait lieu le soir même. Vladimir était rentré de l'école, ce jour-là, en parlant de suicide tant il était affecté par l'inanité de ce qui lui arrivait. Après le conseil, il était désormais étiqueté comme rebelle et menteur ; nous l'avons vu tant aux réactions de certains de ses condisciples que de ses professeurs dans les jours qui suivirent. Une dernière fois nous avons tenté d'ouvrir le dialogue avec la direction, mais nous avons compris clairement qu'il y avait eu faute en classe et qu'il devait y avoir une sanction fusse-t-elle injuste et que dès lors la sanction serait exécutée, sans discussion possible. Punir pour l'exemple en sorte.

    Au cours de ces quatre trimestres, nous avons pu constater également le climat de compétition intense existant entre de nombreux élèves, y amenant un relationnel au ton fort agressif, nombreux étant sûr d'appartenir à une élite et en compétition pour être le meilleur. Pourtant, les "Tire-toi pauvre con", "Casse-toi PD", et autre "Pétasse" ne sont pas rares mais il nous est apparu que tant que cela n'entache par l'image de perfection de l'institution, le personnel encadrant ne semble pas daigner y porter l'attention nécessaire et suffisante. Pourtant le lycée XXXXXXX n'est en rien mieux classé au Baccalauréat que les Lycées voisins.

    Nous n'avons trouvé à XXXXXXX ni la joie d'apprendre ni le plaisir de grandir. L'école nous est apparue définitivement triste et austère et le corps professoral et le personnel encadrant n'y distille, à notre avis, ni la joie de vivre ni les valeurs chrétiennes de l'évangile basées sur l'amour et l'espérance.

    Aussi quand à la troisième punition jugée injuste Vladimir nous a demandé de rejoindre un autre collège où ses amis de son groupe de théâtre sont inscrits nous n'avons pas hésité à considérer cette option. Nous nous sommes préalablement renseignés sur les possibilités de changement et une fois celles-ci confirmées, nous avons informé la principale, Madame XXXXXXX, de notre décision de quitter XXXXXXX, décision que avons immédiatement mise en oeuvre durant la dernière semaine de cours en décembre, obtenant avant la fin du premier trimestre un avis favorable de dérogation.

    Finalement, face à la surdité de l'institution, telle que nous avons pu la constater, et dès lors à son incapacité à gérer ces situations avec tact et intelligence, nous sommes heureux de la solution que nous avons trouvée et mise en oeuvre, libérés de cet abus de pouvoir permanent qui fait bien sentir que si l'on n'adhère pas inconditionnellement au fonctionnement de l'école, on peut partir.

    Ce changement volontaire s'est avéré immédiatement positif sur la motivation scolaire de Vladimir et donc ses résultats ainsi que sur son épanouissement personnel et social. C'est bien là, à nos yeux, l'essentiel.

    Nous respectons les choix et opinions de chacun, le vôtres bien sûr et ceux de XXXXXXX et son personnel. Nous n'exprimons ici que notre propre expérience et profonde déception vis-à-vis de l'établissement.

    Nous vous souhaitons sincèrement, à tous et toutes, bonne continuation et succès pour vos enfants car c'est ce qu'ils méritent et que tous nous leurs souhaitons quelque soit l'établissement scolaire où ils suivront leur scolarité.


    Denis R.....


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