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Eglise catholique :   Marianne - 14 au 20 août 2004

Revue de presse


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Où en sont les cathos ? (Violaine de Montclos)
Marianne – 14 au 20 août 2004 - n°382 (8 pages)

Il faut un événement comme la venue du pape à Lourdes pour remettre les catholiques sous le feu des projecteurs. Alors que dans les années 50, un demi-siècle après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le catholicisme était très présent dans la société, aujourd’hui, ses adeptes se montrent peu et sont vus "comme une espèce en voie de disparition". Les valeurs morales comme l’amour du prochain, l’humanisme, le respect de l’autres, ils les partagent avec d’autres. Seule leur foi les distingue, mais il n’est pas facile de mettre en avant des concepts comme l’incarnation du Christ ou la Trinité, dans une société rationaliste où les croyances sont en diminution. Même pour les intellectuels, il est difficile de s’afficher : "S’affirmer catholique, c’est prendre le risque d’être disqualifié sur le plan intellectuel" (René Rémond, académicien) alors que dans la première moitié du XXe siècle, l’humanisme chrétien était considéré comme un véritable courant de pensée.

Pour Damien Dufour, président de KTO, la chaîne TV catholique, "le complexe à se dire croyant est évident. L’image que les médias donnent de l’Eglise n’arrange rien". Des moines ou des religieuses, dans des situations grotesques, sont utilisés par les publicités. Imagine-t-on l’équivalent avec des rabbins ou des imams, sans que cela provoque de fortes émotions dans les communautés concernées ? "Ce sont des intellectuels agnostiques, comme Régis Debray ou Philippe Sollers, qui se font paradoxalement les défenseurs de ce patrimoine, rappelant régulièrement que la connaissance de cette religion nous est indispensable à tous. Ce n’est plus l’anticléricalisme qui est, aujourd’hui, le véritable danger pour le catholicisme, mais "l’indifférence polie ou amusée, doublée d’une grande méconnaissance".

Les résultats d’un sondage CSA d’avril 2003 (voir les chiffres ci-dessous) montrent de fortes baisses dans le nombre des baptêmes, des vocations et de la pratique. Si seulement 10% des français sont des pratiquants réguliers, 62% se disent catholiques, affichant ainsi "une identité qui relève de la culture, de l’histoire familiale, éventuellement d’une éducation reçue dans l’enfance. Mais qui ne relève pas, en tout cas pas forcément, de la croyance." A l’inverse des églises, les écoles catholiques affichent complet. Mais l'on y vient pour éviter la violence et l’échec scolaire. "Les parents sont attirés par l’encadrement, la discipline, une certaine rigueur qui a déserté le public. Mais on ne se bouscule pas à l’aumônerie."

La désertion des églises est positivée par les catholiques qui s’y retrouvent, entre croyants, guidés par une même conviction, et non plus, comme dans les années 50, par l’inertie de la tradition. "Le catholicisme devient une foi que l’on choisit. L’Eglise se dépouille de son passé sociologique et politique." (Monique Hébrard, sociologue).

Un autre phénomène observé est celui de la distance qui est de plus en plus fréquemment prise par les catholiques avec leur institution, au point de s’en détacher parfois complètement. L’origine remonterait au formidable espoir, d’une Eglise plus ouverte, suscité par le concile Vatican II ; espoir bien vite refermé pour un "raffermissement identitaire", que certains approuvent, mais qui conduit beaucoup de catholiques à se sentir perdus, à s’éloigner ou à protester. Le phénomène s'est renforcé au cours de l’actuel pontificat avec la promulgation de nouvelles règles strictes imposées aux catholiques. "Depuis Jean Paul II, tout débat théologique, toute évolution de la pratique est devenue impossible." (Christian Terras, directeur de "Golias")

La vision d’un pape moderne applaudi par des millions de jeunes aux JMJ(C) est en "trompe l’oeil" : "on se demande si cette papolâtrie ne cède pas un peu trop la place à l’émotion, au détriment d’une réflexion profonde et d’un débat urgent sur l’avenir de l’Eglise". Nombreux sont ceux qui voudraient que soient abordées les questions du mariage des prêtres et de l’ordination des femmes. Quant au catéchisme, les règles de conduite établiées pour la morale familiale sont telles qu’elles conduisent immanquablement à des "décalages". "On est bien obliger de bricoler, dit un père de famille."

L’article fait également le point sur les grands dossiers de la société sur lesquels l’Eglise de France a donné son avis. Elle est contre : le préservatif (sauf entre époux si l’un d'eux est séropositif), l’avortement, le clonage, l’euthanasie, la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école, l’ultralibéralisme et la mondialisation financière, les licenciements, la guerre en Irak. Pour les sans-papiers, "elle et favorable à leur accueil et à la désobéissance civile".

Henri Denis, théologien, ancien expert au Concile Vatican II, est pessimiste, au moins à court terme, car la curie romaine, qui refuse le Concile, a déjà amorcé "la restauration du passé préconciliaire" pour "réparer le quart d’heure de folie de Jean XXIII". Pour Henri Denis, le phénomène des JMJ(C), surmédiatisées, est sans lendemain. On assiste cependant à une transition d’une "religion d’obligation à une religion d’engagement". Mais les positions de l’Eglise sur les questions de morale familiale sont trop en décalage : "Je crois que l’on paiera très cher ces positions qui se prétendent prophétiques et qui, en fait, ignorent le monde auquel elles s’adressent."

Le panorama ainsi dressé du catholicisme en France est plutôt pessimiste. "Et la crise qu’il traverse n’a pas d’équivalent dans les autres religions.
On en sortirait presque nos mouchoirs. Dossier complet et objectif.

"Les cathos en quelques chiffres" (sondage CSA 2003) Extraits :
Les religions en France :
Musulmans : 6%
Protestants : 2%
Juifs : 1%
Autres : 2%
Sans religion : 27%
Catholiques : 62%
- pratiquants réguliers : 12%
- non pratiquants et pratiquants occasionnels : 50%

Baptêmes :
1992 : 449 571
1999 : 400 327
2002 : 385 460

Nombre de catéchumènes (adultes se préparant au baptème) :
1976 :    890
2003 : 9 200

Ordination des prêtres :
1000 par an au début des années 50
  105 en 2003

Prêtres diocésains :
1965 : 41 000
2001 : 18 528

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