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Politique, Dieu et promesses


par Alain Persat  -  21/06/2009




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Le meilleur moyen de prendre le pouvoir est de faire des promesses, tout politicien de base sait cela depuis la nuit des temps, et plus la promesse s’engage à résoudre des angoisses profondes des populations, plus elle est efficace. Les populations s’engagent alors avec docilité sous la coupe du beau parleur.

Mais reste un problème : Il faut tenir ces promesses, et cela devient plus difficile et là le pouvoir se perd vite avec la découverte de la supercherie, et c’est la concurrence qui s’y colle !

Alors l’astuce des politiques a été de s’occuper de l’angoisse maximale : La mort ! Et de faire une promesse d’éternité paradisiaque après la mort, mais comme personne de censé ne les aurait crus, il a suffit d’inventer un Dieu qui fait des promesses pour après la mort à leur place ! Comme c’est parfaitement invérifiable, personne ne pourra jamais les accuser de n’avoir point tenu parole, d’ailleurs depuis des milliers d’années personne n’a jamais pu prouver le contraire !

Mieux encore en supposant que quelqu’un démontre un jour que la promesse était mensongère ce ne serait même pas de leur faute mais celle d’un parfait absent : Dieu ! Cerise sur le gâteau : En affirmant que ce Dieu est parfait, les gens n’ont même plus le droit de le juger ! " Les voies impénétrables de Dieu ".

Après il ne reste plus qu’à offrir ce paradis promis contre une docilité et une soumission telle que tous les malheurs ne seront jamais du aux pouvoirs en place mais aux volontés divines, Même plus de besoin de contrôle sur qui que ce soit puisqu’il suffit de dire que Dieu voit tout ! Dieu est omniscient (le rêve de tout politicien !) Une simple présence régulière des foules dans des lieux bien policés permet d’évaluer l’efficacité du système

Reste à convaincre que ce pouvoir est d’origine divine, donc ce n’est plus lui qui a inventé Dieu c’est Dieu qui a inventé ce pouvoir ! Ce pouvoir se place lui-même au dessus- des critiques éventuelles : la raison d’état devient elle aussi voie impénétrable du pouvoir.

Les croyants gardant l’angoisse permanente de déplaire à leur Dieu, ils ne doivent donc surtout pas déplaire au pouvoir ! Pour les fautifs, pas besoin de cachots ou de châtiment, une promesse d’enfer éternel sera une menace aussi efficace qu’économique pour les dissuader, que le paradis éternel l’était pour les récompenser. Puisqu’ils ont cru à l’un pourquoi ne pas croire à l’autre ?

Ainsi le pouvoir peut s’exercer sans scrupules ni limites, en cas de pépins ou de promesses non tenues ce n’est plus sa faute, c’est la faute aux incrédules qui n’ont pas assez prié ! Et si les limites dépassent les bornes, il suffit de trouver des "moins" croyants ou de définir des comportements différents pour servir de boucs émissaires. Il faut alors affirmer que les malheurs du monde ne sont dus qu’à ces mécréants qui par leur mauvais comportements ont mécontenté Dieu, alors que dans les faits ils n’ont peut-être que mécontenté ce gouvernement par leur indocilité.

Il suffit d’observer qu’en général toutes les dictatures se sont appuyées sur une religion unique voire monothéiste, mais lorsqu’il existait une démocratie il pouvait exister en général plusieurs religions et plusieurs Dieux, qui n’avaient pas du tout le même rôle mais répondait au besoin humain de surnaturel de sacré et de merveilleux.

Cela a si bien marché que d’autres pouvoirs ont du inventer d’autres dieux pour exister et se retrouvent à rivaliser entre eux ! Alors comme certains ne croit pas au bon Dieu (c’est à dire le Dieu correspondant au pouvoir, pas un Dieu de bonté) ceux-là sont des traîtres qu’il faut combattre ou convaincre, mais ceux qui ne croient à aucun Dieu, tous les pouvoirs les rejettent, car le simple fait qu’ils existent nie le pouvoir lui-même.

L’histoire aurait pu durer longtemps mais un jour des dupés s’en sont rendus compte, ils ont rejeté cette utilisation divine du pouvoir, prôné la laïcité, d’où sont issus la séparation des pouvoirs, l’éducation critique, et la démocratie…


Alain Persat



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