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Credo in unum deum...


par J.J.  -  09/08/2009




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.



Cette page fait suite à Pour en finir avec l'éducation religieuse

Je reprends donc les termes de cette prière dans la version "symbole des apôtres" que l’on devait réciter par cœur (il existe d’autres versions plus ou moins sophistiquées, voir Wikipédia, un article très complet sur le sujet) pour en faire le catalogue de toutes les invraisemblances qui s’y nichent.

Je n’emploierai que des arguments de simple bon sens, essayant d’écarter les "illusions logiques et erreurs de raisonnement" et bien sûr sans essayer de regarder par le petit bout de la lorgnette théologique, domaine dans lequel je reconnais volontiers que je ne suis pas compétent.


Je crois en Dieu le père tout puissant créateur du ciel et de la terre.

A noter que dans le texte en latin, on est prié de croire en un seul dieu (en trois personnes…) .
C’est vrai que pour créer le ciel et la terre, il faut être puissant.

Deux hypothèses se présentent :

  • 1ère ) Ce père est-il vraiment si puissant que l’on veut bien nous le faire croire ?

    Comment se fait-il qu’il n’ait pas purement et simplement annihilé Lucifer, l’ange déchu ? Bien sûr il l’a précipité aux enfers, mais sans grand dommage et sans diminuer pour autant son pouvoir de nuisance, car il régnerait paraît-il encore comme puissance du mal sous diverses identités : satan, diable, malin etc…
    Un père vraiment tout puissant ne se laisse pas piétiner l’auréole par le premier ange déchu venu, serait-elle une de ses créatures échappée à son contrôle !

    Evidemment, on va me sortir, comme pour le serpent de l’Eden, le coup de la mise à l’épreuve, de la tentation et gnagnagna et gnagnagna, trop facile, on connaît l’antienne !

    [ J’écoutais il y a quelques jours une version sous titrée de La Création de Josef Haydn, une musique admirable, mais un livret inepte. Je constatais que dans cette version il n’est fait nulle part de la création de l’enfer. Existait-il donc avant, incréé, comme la divinité suprême ? Il en est de même des anges, jamais il n’est fait état de leur création et ils apparaissent comme des cheveux sur la soupe (peut-être est-ce pour cela que l’on nomme cheveux d’ange le vermicelle fin qui enrichit les potages, oui, je sais ce n’est pas de très bon goût, mis il faut bien décompresser de temps en temps) . Un oubli ou une incohérence de plus ?]

  • 2ème ) Ce père est vraiment très puissant et c’est en connaissance de cause qu’il a laissé faire ces créatures du mal. C’est donc pure méchanceté que de les avoir laissé sévir au détriment des pauvres pêcheurs.

Ces deux arguments, je les ai d’ailleurs trouvés exprimés par Epicure, qui a dit cela bien mieux que moi (voir Hitchens : dieu n’est pas grand, Belfond éditeur p. 257) .


Et en Jésus Christ son fils unique..

Unique ? Alors pourquoi appelle-t-on ce dieu "notre père" ? Les autres hommes ne seraient pas fils de dieu, à part le divin fils il n’aurait que des filles ? C’est sans doute pour cela que leur sort est tellement heureux et enviable dans les théocraties monothéistes ?


Notre seigneur..

Définition : propriétaire d’une seigneurie. Que signifie ce titre évoquant la soumission servile ?


Qui a été conçu du saint esprit et né de la vierge Marie

Cas classique et répandu de parthénogenèse dans les mythologies grecques (Persée, Dionysos, Adonis), égyptiennes (Horus et Isis), orientales (Mithra, Tammouz, Attis) et extrêmes orientales (Devaki, Krisna), voir amérindiennes (Huitziloptchli)….Rien d’original.

Il faut cependant préciser que la parthénogenèse est un mode de reproduction seulement pratiqué par les divinités et autres personnages mythologiques. Sauf à m’en fournir la preuve, la littérature médicale n’en n’a jamais rapporté de cas avérés.


A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,

Si je ne m’abuse, Ponce Pilate, était bien le représentant du pouvoir romain ? C’est bien lui qui, même en s’en lavant les mains a directement permis le supplice du condamné. Il aurait pu être accusé de "non assistance à personne en péril". Et il est bien sinon responsable, au moins complice, de l’ordre donné à un détachement de soldats romains d’escorter le condamné et de veiller à son exécution ? Et c’est bien un soldat romain, le centurion Longinus qui aurait achevé le Christ d’un coup de sa lance (laquelle lance a servi de thème à de rocambolesques histoires) ?

Alors pourquoi les juifs seuls sont-ils accusés d’être un peuple déicide ? Il y a au moins un partage des torts avec les romains ? Non ? Ah ! J’oubliais, eux ils ont le pape…


Est mort, a été enseveli…

Là il faut que je m’arrête, saisi d’un affreux doute métaphysique.
Reprenons : la sainte trinité se compose bien du père, du fils et du saint esprit ? D’après ce que l’on m’a dit de croire, à eux trois ils ne font qu’un.
Mais si un des trois est mort, comment les autres ont-ils survécu ? Comment peut-on être simultanément mort et existant ?
Quelqu’un s’est-il posé la question ?
Et pendant le supplice du fils qui fait un tout avec les deux autres, le père et le saint esprit, ils ont du déguster, non ?

Oui, je sais ça vole bas, ça manque d’élévation spirituelle, tout cela doit être compris comme un symbole, bien sûr. N’empêche que symbole ou pas, il y a quelques siècles (très peu), de tels arguments auraient conduits leur auteur au bûcher
C’est vrai, il vaut mieux croire sans essayer de comprendre.


Est descendu aux enfers (notez le pluriel)

Encore un voyage traditionnel des divinités, et personnages hors du commun !
Hercule et Orphée parmi les plus connus ont tenté avec succès le voyage, mais hélas ce sont encore des personnages mythiques et l’affaire s’est mal terminée pour eux.

Les enfers (séjour inquiétant habituel des trépassés, certes mais relativement serein) étaient à l’époque gérés par des dieux de l’Olympe qui ont cédé la place depuis au Prince des Ténèbres ( en perdant son s, l’enfer est devenu un lieu particulièrement désagréable, lieu de torture et de punition).
Il y eu bien des tentatives littéraires évoquant le même périple, entre autres, Dante et son enfer, et Gérard de Nerval qui prétendit avoir "traversé deux fois l’Achéron" (sonnet El Desdichado).
Là encore, rien d’original ni de vraisemblable.


Est ressuscité des morts le troisième jour

Encore un grand classique des mythes des cycles de la nature, on trouve ça depuis la plus haute antiquité. Essai raté par Gilgamesh, mais réussi par Isis et Osiris, puis Attis etc…
Encore un symbole….


Est monté aux cieux

Evidemment, il y a des esprits, cultivant le très mauvais goût, qui demandèrent à Youri Gagarine, à son retour à Baïkonour, s’il avait vu quelque chose de divin pendant son voyage dans l’espace… Mais même si la plaisanterie n’est pas très subtile, on peut cependant se demander où il se trouve ce fameux ciel. Question très terre à terre, si j’ose dire. Encore un symbole, sans doute ?


Est assis à la droite de dieu le père tout puissant

L’iconographie religieuse s’en est donnée à cœur joie avec ce thème : le père éternel (ou le père tout puissant, c’est au choix) est représenté, avec son fils assis à sa dextre (question à un denier : qui est assis à sa gauche ?) .
Qu’ils ont l’air de s’ennuyer ces braves gens ! Pourtant les anges musiciens sont là pour les régaler de mélodies célestes. Mais il faut bien avouer que leur instrumentarium est un peu désuet : sacqueboutes, vielles à archet, rebecs, cromornes, harpes antiques, chalèmies etc... Il y a même un ange qui s’exerce à la trompette naturelle, sans doute en prévision du jugement dernier. Les prophètes qui ont inspiré les artistes n’ont cependant prévu ni accordéon, saxophone, clarinettes. Quant au synthé ou aux ondes Martenot qui pourraient très bien se marier avec la harpe pour créer des sons "célestes", tels que l’imaginaire religieux les présente, inutile d’en parler.


D’où il viendra juger les vivants et les morts.

Ça va faire du monde, rien qu’avec les vivants ! Il est vrai que tous les non chrétiens seront théoriquement condamnés d’avance, ça va sélectionner !.


Je crois en l’esprit saint

Ça, c’est une question de foi tout à fait personnelle. Que donne-t-on comme motif pour croire à ce saint esprit ?
C’est vrai, étant enfant j’ai déjà posé la question et l’on m’a répondu qu’il fallait croire sans chercher à comprendre. Je m’obstine, je m’obstine. C’est fou ce que j’ai la tête dure !


A la sainte église catholique

Pour le coup, il faudrait être sourd et aveugle pour n’y croire point. Il suffit de regarder la télé, écouter la radio, lire les journaux. pour se rendre compte qu’elle est bien là avec tout son potentiel de nuisance. A noter qu’il est simplement recommandé d’y croire, point de lui obéir.


A la communion des saints

…Ou internationale des croyants, mais avec un substantif ambigu, ronflant et convenu (surtout pour un catéchumène de 10 ans) , comme les gens d’église les affectionnent, ça fait plus sérieux. On trouve comme ça : verbe, symbole, grâce, milice céleste, don, rachat, salut et autres termes creux.


A la rémission des péchés

Si les péchés doivent être remis (amnistie générale, je présume) , à quoi bon se torturer à n’en commettre point ? D’ailleurs des ecclésiastiques de toutes obédiences, de même que des laïcs de tout bord d’ailleurs, dans un bel œcuménisme ne s’en privent point. Voilà une communion qui n’est pas celle des saints.


A la résurrection de la chair

Et les occupants du World Trade Center le 11 septembre, les victimes d’autodafés et autres semblables joyeusetés, quel sera leur sort ?


A la vie éternelle

Pourquoi faire ? surtout qu’on doit trouver le temps long, surtout vers la fin, comme l’a assuré un mauvais plaisant.



En résumé, il faut reconnaître que le fait religieux a une emprise bien forte sur ses adeptes pour qu’ils acceptent sans sourciller ces monstrueuses accumulations d’invraisemblances et les faire prendre pour "parole d’évangile".
Façon de parler, car le même traitement que celui infligé au credo, appliqué aux évangiles, qu’ils soient synoptiques, canoniques ou apocryphes donnerait le même résultat.

Je pense que les religions passées, présentes et hélas peut-être à venir sont fondées sur une culture de la désinformation, de la contradiction.
Et plus c’est gros, mieux ça passe….


J.J., le 9 août 2009



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