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Bibliographie

Le déni de la violence monothéiste

Jean-Pierre Castel




Le déni de la violence monothéiste

Jean-Pierre Castel

L'Harmattan
(2010, 359 pages)
Présentation de l'éditeur
Le monothéisme biblique n'a pas seulement projeté son dieu hors du cosmos, il ne lui a pas seulement donné les traits d'une personne douée de parole ; il en a aussi fait un dieu jaloux, qui stigmatise les autres dieux comme des idoles à abattre, et qui impose une nouvelle notion, inconnue jusqu'alors : la vérité révélée, unique et universelle. De la prétention à détenir une telle vérité, "inventée" par Moïse, puis conservée par Jésus et par Mahomet, a émergé une nouvelle forme de violence, d'abord exclusive et défensive dans le judaïsme biblique, où elle était motivée par l'obsession de la pureté, puis inclusive et offensive dans le christianisme et dans l'islam, où elle est mue par le prosélytisme et le dogmatisme. Croyants ou non, la plupart des Occidentaux considèrent le monothéisme comme un aboutissement de l'esprit humain, jusqu'à occulter notre héritage gréco-romain, voire jusqu'à attribuer à la tradition judéo-chrétienne l'origine du développement scientifique moderne. Ils exonèrent en revanche le monothéisme de toute responsabilité quant aux violences commises pourtant en son nom, tant dans le texte biblique lui-même que dans la réalité de l'histoire depuis deux mille ans : soit ils dénient la réalité des massacres et des bûchers, soit ils en reportent la faute sur Constantin, sur Descartes, ou sur la violence humaine en général. Croisant l'anthropologie et l'histoire des faits, des idées, des religions et des sciences, cet essai s'interroge sur les résistances de l'humanité à dépasser ses mythes, et sur les conditions d'une transition de la vérité unique à la tolérance.

Biographie de l'auteur
Dirigeant industriel et consultant en stratégie, Jean-Pierre Castel a eu l'occasion de se confronter à la difficulté de concilier des objectifs souvent conflictuels, comme long et court terme, partenariat et compétitivité , éthique et efficacité. Le hasard des lectures et des rencontres l'a conduit à s'interroger sur le paradoxe de la violence au sein des religions monothéistes, et sur son déni.


Résumé
Deux relations tissent la trame de cet essai : au premier plan violence et monothéisme, en arrière-plan, vérité et tolérance. Le propos est illustré par la comparaison entre Athènes et Jérusalem, et par l'attitude des différentes religions à l'égard du rituel central et ancestral que constitue le sacrifice.

Avec le monothéisme, les Hébreux ont inventé une nouvelle "catégorie de vérité", inconnue jusque-là : la vérité révélée. Emanant d'un dieu transcendant, personnel et jaloux, cette vérité unique, universelle, et non révisable, constitue le dogme fondateur du monothéisme ; elle s'exprime dans des textes considérés comme sacrés, et dans une loi et une éthique réputées relever d'une origine divine.

La non-réfutabilité de la vérité divine constitue une forme d'absolutisme qui ? c'est du moins la thèse de cet essai ? est la cause première de la violence monothéiste. Cette racine est commune aux trois religions abrahamiques, même si la violence y prend différentes formes: dans le judaïsme biblique, l'obsession de la pureté, et dans le christianisme et l'islam, le prosélytisme et le dogmatisme. Cette violence fait l'objet d'un déni dont le but est de protéger le dogme fondateur. La grande variété d'arguments mobilisés à cette fin vont d'une exégèse appropriée des textes à la négation d'une quelconque spécificité de la violence religieuse au sein de la violence humaine en général.

Dans le domaine de l'éthique, la Loi hébraïque ne se distinguait en fait guère de la morale ni des lois des peuples voisins, sinon par son rigorisme, conséquence précisément de son origine divine. Si les Evangiles ont profondément renouvelé le message de non-violence et de responsabilité individuelle du judaïsme biblique, ils n'ont en revanche pas dénoncé la violence monothéiste. Jésus n'a pas prononcé le mot de tolérance. C'est dix-neuf siècles plus tard Gandhi, un polythéiste, qui en sera le porte-parole.

Le christianisme résulta de la rencontre entre la tradition grecque, caractérisée par la quête humaine de la vérité, et la tradition hébraïque, caractérisée par la prétention de détenir une vérité de source divine. La collusion entre l'Eglise et l'Empire Romain permit à la vérité révélée d'asservir la philosophie, c'est-à-dire d'étouffer la liberté de pensée. Il fallut attendre un millénaire pour qu'enfin la Renaissance renoue avec l'indépendance et l'esprit critique qui avaient caractérisé le "miracle grec".

L'Occident y compris le grand pourfendeur des religions qu'est Freud continue pourtant à voir dans la transcendance monothéiste l'aboutissement de l'esprit humain et le fondement de la civilisation dite judéo-chrétienne ? occultant au passage l'héritage gréco-romain. Il exonère en revanche le monothéisme de toute responsabilité quant aux violences commises pourtant en son nom, tant dans le texte biblique que dans la réalité historique depuis deux mille ans.
Croisant l'anthropologie et l'histoire des faits, des idées, des religions et des sciences, cet essai s'interroge sur les résistances de l'humanité à dépasser ses mythes, et sur les conditions d'une transition de la vérité unique à la tolérance.


Voir l'article de Jean-Pierre Castel : Existe-t-il des violences religieuses hors influence monothéiste ?.

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