En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
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Christophe contre la mort subite (Marcel Braudeau) Le Monde - 25 et 26 juillet 2004 - (1 page)
Les saints sont nombreux. Qu'ils soient pieux ou superstitieux, les hommes ont l'embarras du choix quand ils dovient demander une protection ou un secours. Il y a des saints pour toutes les professions et pour toutes les circonstances de la vie. On s'en sert également pour le choix des prénoms ainsi que pour désigner des lieux, des villes ou des villages.
La plupart de ces saints ne sont connus que de quelques érudits. C'est le cas de Saint Christophe, auquel de nombreux automobilistes confient encore leur sécurité. "Tout le monde connait en partie la fable du géant Christophe qui prit l'Enfant-Jésus sur ses épaules pour lui faire traverser un fleuve périlleux et faillit se noyer lorsque l'Enfant se mit à peser sur lui de tout le poids du monde."
Pour l'auteur de la "Légende dorée" (XIIIe siècle), Jacques de Voragine, Christophe était un géant du pays de Canaan qui mesurait plus de 5,5 m. Il partit à la recherche du plus grand prince du monde pour se mettre à son service. Un ermite lui enseigna qui était le Christ, à condition qu'il aide les voyageurs à traverser un fleuve. C'est là que l'Enfant-Christ vint à lui. Il partit ensuite en Lycie pour aider les chrétiens torturés par les païens et mourut décapité.
En fait, rien ne prouve qu'il ait existé. Le plus ancien témoignage remonte à 452 où une Eglise d'Asie Mineure lui est dédiée. C'est au Moyen Age que sa répution s'est construite, mais de manière inexpliquée, lorsqu'on lui attribue des pouvoirs "contre "la male mort", la mort subite qui mène en enfer ceux qu'elle frappe en état de péché".
Le culte de saint Chritophe disparut à partir du XVIe siècle pour réapparaître de manière foudroyante, avec l'arrivée de l'automobile, grande pourvoyeuse de "mort subite".
"L'Eglise n'a pas toujours apprécié la piété entourant ce saint, dont la légende a été tardivement rafistolée à partir d'éléments douteux, certains empruntés à des sources païennes."
Comme quoi, la supertition et le paganisme sont tenaces, même après 2000 ans de christianisme.
Santo Expedito trouvez-moi du boulot (Chantal Rayes) Libération - 10 mai 2004 (1/2 page)
Sous-titre : Au Brésil, le chômage ne cesse d'empirer. Les déçus de Lula s'en remettent à Dieu.
L'église de Sao Paulo dédiée à Santo Expedito, patron des causes urgentes rencontre beaucoup de succès. On y vient pour demander un emploi, la protection du sien ou en remerciement d'en avoir trouvé un.
Le chômage en hausse constante (il atteint 12,8% de la population, 20,6% à Sao Paulo) depuis plusieurs années, incite les croyants à se tourner vers Dieu par l'intermédiaire de ses saints. Souvent déçus par Lula, ils considèrent "désormais, pour que le Brésil change, il n'y a plus que la main de Dieu". Lula, lui-même fervent catholique, n'a-t-il pas lancé un appel au Seigneur : "Puisse-t-Il aider les chômeurs !"
Pauvre main de Fatma ! (Sophie Bessis, chargée de cours en science politique à l’univ. Paris 1) Le Monde - 16 janvier 2004 - (1/4 de page)
L’auteur explique la signification de la main de Fatma que sa grand-mère qui adorait le Dieu des juifs lui a offerte pour son baccalauréat. Pour elle, la France se couvrirait de ridicule si la loi l’incluait dans les signes religieux ostensibles. Au Maghreb, ce symbole s’appelle Khomsa et représente le chiffre 5 "qui a la vertu d’éloigner le mauvais œil". Il s’agit donc d’un simple porte-bonheur qui remonte à la nuit des temps, bien avant l’Islam, auquel personne ne l’a jamais associé. La méprise, propre à la France, viendrait de l’amalgame musulman = arabe fréquent dans notre pays et l’idée reçue qu’"il ne peut y avoir, au-delà de la Méditerranée, d’expression culturelle indépendante de la sphère religieuse"
Un simple grigri peut-il mettre en danger la laïcité ?
Croire au Père Noël (Catherine Vincent) Le Monde - 24 décembre 2003 - (1/3 page)
Cette "croyance" est réactivée chaque année à l’approche de Noël. Tout est fait pour la rappeler et recréer l’illusion, en particulier grâce à "l’économie marchande, qui multiplie les vitrines le mettant en scène [le Père Noël], les services client-courrier lui permettant de recevoir de missives et les faux Père Noël à barbe trop légère postés aux portes des grands magasins".
Lointain cousin de Saint-Nicolas, il est apparu aux Etats-Unis en 1823, issu de l’imagination du révérend Moore, pasteur luthérien, pour amuser ses enfants. Le Père Noël en a vite conquis des millions d’autres et a pris ses couleurs définitives, celles de Coca-cola, en 1930. L’Eglise catholique a craint une "paganisation" de esprits, mais il était trop tard, les parents trouvant trop de plaisir à "s’émerveiller de l’émerveillement" de leurs enfants. Une interprétation psychanalytique est donnée : "une valeur affective particulière, et qui lui [à l’enfant] permet d’adoucir la séparation temporaire d’avec sa mère… le fait que le Père Noël revienne une fois l’an lui permettrait ainsi de vivre en douceur la période intermédiaire durant laquelle, il ne sait pas très bien s’il y croit ou pas".