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Cinéma : "Laïcité, Inch'Allah"

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
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Nadia El Fani: "Je suis accusée de blasphème et d'atteinte à un rituel religieux" (Thierry Chèze)
L'Express - 21 septembre 2011

"Avec Laïcité Inch'Allah, la réalisatrice tunisienne signe un documentaire choc lui vaut aujourd'hui des menaces de mort de la part d'islamistes. Interview
Quel a été le point de départ de ce documentaire ?
Nadia El Fani : Depuis longtemps, je pense que réclamer la laïcité est le meilleur moyen d'accéder à plus de démocratie. Puisque, comme dans tous les pays arabes, le pouvoir de Ben Ali instrumentalisait la religion pour mieux asservir le peuple. Je savais que se lancer dans un tel projet était risqué. Mais à ce moment- là de ma vie, je me suis dit qu'il fallait que je sois cohérente et provoquer les débats que j'appelais de mes voeux. C'est le ras- le- bol de la situation qui m'a poussée à me lancer.
Comment s'est passé le tournage ?
N.E.F. : J'ai menti sur le sujet du film pour obtenir la demande d'autorisation de tournage en Tunisie, sans quoi on ne me l'aurait jamais accordé. Et on a fait le film à l'arrache avec des gens de bonne volonté : ma camera woman enceinte de 5 mois et une stagiaire. On était donc trois femmes de plusieurs générations à partir faire ce film pendant le Ramadan pour montrer ceux qui, en cachette, ne le faisaient pas et comment ils se débrouillaient. (...)
Vous êtes aussi actuellement menacée de mort par les Islamistes. Comment tout cela a démarré ?
N.E.F. : A la première projection du film, pas encore mixé et étalonné, à Tunis. Il y avait des Islamistes dans la salle et tout s'est très bien passé. Et puis j'ai donné une interview à la télévision et là ils se sont déchaînés : des insultes, des menaces de mort... L'Agence France Presse a été la première à en faire état et c'est revenu comme un boomerang en Tunisie. La projection suivante, le 26 juin, où je ne pouvais pas être là, a du coup été faite sous haute surveillance. Mais ça n'a pas empêché les Islamistes de frapper : ils ont attaqué le cinéma, tabassé le directeur de la salle et menacé mon père de l'égorger tout en expliquant aux gens présents que si le film était projeté, il y aurait du sang ! Ils étaient environ une cinquantaine et la police les a appréhendés. Mais le directeur de la salle a pris sous sa responsabilité de lancer la projection et les spectateurs sont restés. Ca, ce sont de vrais actes de courage."
[...]
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/laicite-inch-allah-l-interview-nadia-el-fani_1032236.html


Nadia El Fani : "Mon film est un plaidoyer pour la laïcité" (Entretien réalisé par Dominique Widemann)
L'Humanité - 21 septembre 2011

"En 2010, la réalisatrice décide de filmer le mois du ramadan en Tunisie. Surgit une révolution qui va bouleverser ce projet.

Pouvez-vous retracer la genèse de ce documentaire "rattrapé par l'histoire"?
Nadia El Fani. Nous étions très nombreux, sous la dictature de Ben Ali, à penser que pour réclamer davantage de démocratie, revendiquer la laïcité était un bon moyen de confronter le pouvoir à ses contradictions. En même temps qu'il se présentait comme le garant des libertés individuelles, Ben Ali lançait sa police sur les gens pour des motifs comme "l'atteinte aux bonnes mours" ou "l'atteinte aux principes religieux", n'hésitant pas à s'appuyer sur de vieilles lois coloniales. Il ne cessait de donner des gages aux islamistes. Le grand mufti annonçait le début du ramadan à la télévision comme s'il s'agissait d'un événement officiel. Lorsque j'ai réalisé le montage de mon film précédent, Ouled Lénine, j'ai cherché des traductions de l'Internationale. Je me suis aperçue que dans la version arabe, le début du couplet "Il n'est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun" était remplacé par une tout autre expression. Même chez les communistes, comme mon père, dirigeant du Parti tunisien, le refus de la référence à l'autorité de Dieu est un tabou que l'on ne pouvait transgresser. Il est impossible de se proclamer "athée". Partout, en terres d'islam, cette proclamation peut vous valoir la prison, la mise au ban de la société, voire la mort. Je voulais être de ceux qui s'impliquaient dans ce combat pour la liberté d'expression. (...)
L'exigence de laïcité a vite été très présente. Ce sont les séquences qui ouvrent le film actuel. Celles qui le ferment montrent que la question est en débat. Mais aucun parti progressiste ne s'en empare. Même l'Association tunisienne des femmes démocrates dont on voit qu'elles inscrivaient "laïcité" sur les pancartes dès les premières grandes manifestations n'a livré à ce jour?de déclaration claire. Laïcité, Inch'Allah est donc un plaidoyer pour la liberté de conscience et d'opinion. (...)
Le film n'est pas antireligieux, il n'insulte personne mais cela n'empêche pas les islamistes de lui jeter l'anathème sans que les Tunisiens puissent s'en faire leur propre idée. Sa présentation en France me semble importante en raison de la présence d'une forte communauté tunisienne mais pas seulement. En même temps que Nicolas Sarkozy ne cesse de bafouer la laïcité, les musulmans sont stigmatisés, on prend les immigrés au piège de la question identitaire."
[...]
http://www.humanite.fr/culture/nadia-el-fani%E2%80%89-%C2%AB%C2%A0mon-film-est-un-
plaidoyer-pour-la-laicite%C2%A0%C2%BB-479917


Laïcité Inch'allah (Charles Conte)
Mediapart - 30 juin 2011

"Le film de Nadia El Fany est une courageuse défenseuse de la laïcité.
Nadia El Fany est une réalisatrice franco-tunisienne. Fille d'un des fondateurs du Parti communiste tunisien, elle vit en France depuis une dizaine d'années. (...)
En 2010, avant la révolution de jasmin, elle se lance dans la réalisation d'un documentaire "Ni Allah ni maître".
Elle y dénonce "l'hypocrisie sociale" qui règne en Tunisie. Elle souligne que "Dans un Etat où il est décrété que tout le monde appartient à la même religion, il est d'autant plus compliqué de se réclamer d'une idée et d'une pensée au mieux ignorée, au pire dénigrée et combattue". Son film se veut clairement laïque et non antireligieux. Pour mieux l'affirmer, elle change son titre pour adopter "Laïcité Inch'allah"."
[...]
http://blogs.mediapart.fr/edition/laicite/article/300611/laicite-inchallah


Tunisie : la cinéaste Nadia El Fani traquée par les islamistes (Martine Gozlan)
Marianne2 - 12 mai 2011

"Son film "Ni Allah ni maitre" qui sera projeté à Cannes le 18 mai lui vaut une campagne d'insultes et d'intimidations dans son pays. La liberté de conscience est-elle interdite à Tunis ?
Elle ne s'est pas tue sous Ben Ali et elle croyait pouvoir parler librement après sa chute. Hélas, la cinéaste tunisienne Nadia El Fani découvre qu'il n'en est rien. Pour avoir osé travailler sur la question laïque et titré son film « Ni Allah ni maitre », l'artiste est devenue la cible de milliers d'obscurantistes qui en appellent sur le web à l'agression physique, voire au meurtre. La Quinzaine des réalisateurs rendra hommage aujourd'hui à son courage en ouverture du festival de Cannes, en même temps qu'au cinéaste iranien Jafar Panahi, condamné à six ans de prison par les mollahs de la république islamique.
" Ni Allah ni Maitre" ne sera toutefois pas présenté à la Quinzaine mais en projection publique, le 18 mai, au cinéma les Arcades, à 16 heures 15. Courez-y, elle a besoin de votre soutien ! Les Tunisiens, eux, en ont eu la primeur il y a quelques semaines. Un reportage a suivi sur la chaine Hannibal TV et c'est ce qui a mis le feu aux poudres. La cinéaste y expliquait tranquillement son propos : un voyage dans une Tunisie tolérante à l'été 2010, parmi ceux qui refusaient de faire le Ramadan. La révolution arrive alors qu'elle travaille sur le montage du document. Caméra au poing, elle se précipite dans la rue, sur l'esplanade de la Kasbah, et découvre que la laïcité est l'un des débats les plus importants et les plus passionnés de ces premiers jours d'un monde nouveau."
[...]
http://www.marianne2.fr/Tunisie-la-cineaste-Nadia-El-Fani-traquee-par-les-islamistes_a206057.html




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