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Les minorités chrétiennes au Moyen-Orient


par Amia  -  09/08/2007




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.




On en parle très peu en Europe.

Une compilation statistique portant sur 13 pays arabes du Moyen Orient montre que la proportion des chrétiens est passée de 20% après la dernière guerre mondiale à moins de 10% aujourd'hui.

Il y a deux raisons majeures à cette diminution, le plus faible taux de natalité des populations chrétiennes et leur exode de plus en plus important. À cela s'ajoute le massacre des populations dans les deux pays les plus peuplés de chrétiens, l'Egypte (11 millions) et le Soudan (7 millions).

L'Islam de l'empire ottoman était relativement tolérant vis à vis de ses minorités, surtout dans la période qui a précédé sa chute en 1917. Jusqu'en 1945, l'Islam radical était jugulé par la présence dans la région des forces armées anglaises et dans une moindre mesure françaises. Depuis la renaissance des nationalismes arabes, on a assisté parallèlement à la résurrection du citoyen "dhimmi", l'infidèle, le citoyen non musulman, de seconde zone et qui n'a pas les mêmes droits que les autres. Le dhimmi est soumis à des taxes particulières, à des restrictions sur le plan du culte; son témoignage auprès des tribunaux musulmans n'est pas recevable et il n'a pas accès à certaines professions. Il ne peut pas se marier avec un conjoint musulman sans se convertir et le prosélytisme chrétien est puni de mort.

Devant cet apartheid de fait, là où ils étaient en forte proportion, les chrétiens ont réagi, ce qui a déclenché des guerres civiles. Au Liban où les maronites représentaient en 1945, 55% de la population, la guerre civile a duré de 1975 à 1990, jusqu'à l'occupation du pays par son voisin musulman, la Syrie, occupation qui dure à ce jour. Au Soudan où la "shariah" (loi musulmane) est appliquée pleinement la population chrétienne des régions méridionales, représentant une forte minorité du quart du pays, s'est révoltée et la rébellion dure depuis vingt ans.

Ailleurs, les chrétiens cherchent l'apaisement pour survivre; en Syrie et en Irak ils sont devenus plus nationalistes et plus antisionistes que les musulmans afin de dévier l'hostilité de ceux-ci.

En Egypte, les Coptes sont les descendants des anciens égyptiens du temps des pharaons. Ils ont été christianisés très tôt dès le premier siècle et ont résisté à l'islamisation du 7ème siècle. À la fin de la dernière guerre mondiale, ils représentaient le quart de la population de l'Egypte, avec de fortes concentrations en moyenne et haute Egypte. Dès 1947, des églises sont incendiées par les "frères musulmans" de Hassan el Banna. Avec Nasser, la "dhimmitude" s'accentue: des villages entiers sont détruits, les églises sont pillées, les coptes sont lynchés ou violés, leurs biens spoliés. Après chaque agression contre les Coptes, les arrestations ont lieu dans les deux camps, les agresseurs rapidement libérés et les victimes renonçant à porter plainte par crainte de nouvelles agressions. Par haut-parleurs des minarets, l'incitation à la haine des Coptes est monnaie courante. Dès qu'une cloche sonne, elle est considérée comme une provocation de la part des Coptes et elle est le prétexte à agression. Les Coptes ne peuvent réparer, agrandir et encore moins construire un lieu de culte sans subir des tracasseries administratives malgré les autorisations et sans qu'un incident n'intervienne, provoquant souvent des morts et des blessés. Le gouvernement rémunère les imams mais pas les prêtres chrétiens. Sur 444 membres du parlement il n'y a que deux coptes. Il en est de même de toutes les institutions du pays, des syndicats ou des conseils populaires. Aucun copte ne peut devenir gouverneur, ni doyen d'une faculté.

Le radicalisme religieux musulman s'intensifie sous l'impulsion des centres de soins, des écoles et des mosquées financés par l'Arabie Saoudite. Les Coptes qui le peuvent n'ont pas d'autres choix que de s'expatrier en Europe et aux Etats-Unis.

Au Soudan, la discrimination va plus loin, car la loi musulmane est appliquée dans toute sa force, sous l'impulsion du doctrinaire Tourabi. Le Soudan méridional chrétien et animiste s'étant rebellé, il est en permanence sous le feu des forces gouvernementales. Après plus de 20 missions sur le terrain depuis dix ans, voici les conclusions de CSI, Christian Solidarity International, organisation caritative qui rachète notamment les "nouveaux esclaves" chrétiens soudanais.
  • 1 - Par la force et sous la bannière du "jihad" (guerre sainte), le NIF (forces nationales islamiques) insiste pour essayer de transformer ce pays doté d'une multitude d'ethnies et de religions, en un état islamiste totalitaire, ceci contre le gré de la grande majorité de la population, au Nord comme au Sud.

  • 2 - Les attaques du NIF dirigées contre des cibles civiles, que ce soit des assauts militaires ou la création de conditions de famine et le rejet de l'aide humanitaire, visent à déraciner les communautés ethniques et religieuses qui résistent à sa politique totalitaire, avec notamment l'arabisation et l'islamisation forcées.

  • 3 - Le "Jihad" du NIF a eu un effet dévastateur sur la population du Soudan, notamment sur les minorités religieuses et ethniques du Sud, des Montagnes Nuba, du nord du Nil Bleu et des provinces de Kassala et de la Mer Rouge. La mort, la destruction et le déplacement de personnes ont été si massifs dans ces régions, que le NIF se trouve en violation flagrante de la Convention de 1948 de l'ONU sur la prévention et la punition du crime de génocide. (Cette Convention définit comme acte de génocide tout acte tel que tuer les membres d'un groupe, faire subir délibérément certaines conditions de vie à un groupe dans le but de provoquer sa destruction physique, en tout ou partie, et transférer de force les enfants d'un groupe à un autre groupe qui a la ferme intention de le détruire, entièrement ou en partie, qu'il s'agisse d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux).

  • 4 - Plus d'un million et demi de personnes, en très grande majorité des africains noirs chrétiens et animistes, ont été tués et plus de 5 millions de personnes ont été chassées de leurs foyers, alors que la population de la région du Sud n'excède pas 7 millions de personnes.

  • 5 - Une très grande majorité des Arabes musulmans dans le Nord sont aussi victimes du NIF. Ce dernier ne représente pas plus de 10% de la population du Nord. Les chefs et les militants de base du mouvement pro démocratique du Soudan, qu'ils soient réels ou imaginaires, sont tués, emprisonnés et torturés dans les infâmes prisons du NIF et leurs "maisons fantômes" (centres de détention). Les citoyens qui ne sont pas des activistes ou des collaborateurs du NIF souffrent de discrimination au niveau de l'emploi, de l'éducation, du logement et des services sociaux.

  • 6 - Le NIF persécute les chrétiens et les autres minorités religieuses, les reléguant, légalement, au statut de dhimmis (citoyens de second rang) ou de Kafirs (infidèles qui sont entièrement hors la loi). Le NIF persécute également les chefs religieux légitimes des communautés musulmanes du Soudan, tels que les chefs des communautés Ansar Et Khatmiyya.

  • 7 - Le commerce d'esclaves se poursuit sur une grande échelle dans les régions du Soudan contrôlées par le NIF, particulièrement dans le sud du Darfur et du Kordofan. Le nombre d'esclaves vendus est évalué à plus de 100 000. Les esclaves africains noirs, des femmes et des enfants pour la plupart, sont contraints d'effectuer du travail domestique et agricole et de fournir des services sexuels contre leur volonté. En retour, ils reçoivent à manger juste de quoi survivre. On leur donne le plus souvent des noms arabes et on les oblige fréquemment à observer les rites musulmans. De nombreuses femmes esclaves subissent des mutilations génitales rituelles. Les esclaves peuvent être achetés et vendus.

  • 8 - Les raids d'esclaves sont entrepris principalement par des milices constituées en unités de la PDF (forces de défense populaires ou milices formées par le gouvernement pour contrer le mouvement de rébellion chrétienne SPLA, armée de libération du peuple Soudanais), avec le soutien logistiques et parfois la participation directe de l'armée régulière. Ils commettent des atrocités telles que meurtres, tortures, viols, pillages, destruction des biens et prise d'esclaves. La cible principale de ces raids est la communauté Dinka dans le nord du Bahr-El-Ghazal. les raids d'esclaves ne sont que l'une des nombreuses armes de guerre utilisées par le NIF pour déraciner les communautés ethniques et religieuses qui résistent à sa politique totalitaire. En font partie l'islamisation et l'arabisation forcées".
    Les pourparlers pour la suppression de la shariah et pour l'autodétermination du Sud du Soudan n'ont pas abouti à ce jour.

L'exode des Libanais en Europe et aux Etats-Unis se poursuit à grande allure. Il n'y a plus que 28% de maronites au Liban, contre 55% en 1945. 1,3 millions de Libanais ont quitté le pays en 30 ans sur 4,7 !

Il en est de même des chrétiens sous autorité Palestinienne dont la minuscule communauté réduite à 52 000 habitants est en voie d'extinction. En dehors de l'occupation de l'église de la Nativité de Bethlehem pendant plusieurs semaines et de son pillage, les chrétiens subissent des exactions quotidiennes, les magasins d'icônes sont vidés. A Ramallah, parce qu'un commerçant refusait de se soumettre à l'obligation de "protection" mafieuse, tous les magasins chrétiens ont été incendiés et pillés. À Hébron des chrétiens sont expropriés avec des documents officiellement falsifiés. À Bet Jala la population chrétienne est intimidée puis rançonnée: les chrétiens payent une taxe pour éviter que les Tanzim ne tirent sur Gilo à partir de leurs maisons; plus de la moitié des chrétiens sont partis au Chili. Des femmes sont enlevées et des cimetières désacralisés.

Ailleurs dans la péninsule arabique, les chrétiens sont surtout des étrangers séjournant temporairement. Là également ils subissent des pressions aux frontières (confiscation de bibles, d'ornements chrétiens) et dans la vie de tous les jours (les femmes ne peuvent pas conduire en Arabie et sont confinées comme les musulmanes, les employées philippines sont réduites à un quasi esclavage, leur passeport est confisqué…).

Nos sources sont essentiellement américaines et chrétiennes. Comment se fait-il que les élites et les médias européens soient discrets sur cet apartheid et ne s'inquiètent pas du tout du sort de 22 millions de chrétiens au Moyen Orient ? Alors qu'ils sont prompts à s'indigner quand il y a quelques rares bavures de l'armée américaine en Irak ou une incursion israélienne en territoire autonome ou une clôture de sécurité érigée. Les véritables raisons de ce comportement étrange sont encore difficiles à discerner. Les prochains événements nous éclaireront peut-être.


Amia, Algérie




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