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La charia et le droit musulman


par Georges Petitjean  -  27/01/2013




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.




Définition et origines

Le terme charia utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie : "chemin pour respecter la loi de Dieu". La charia réglemente les aspects publics et privés de la vie du croyant. Les musulmans considèrent cet ensemble de normes comme l'émanation de la volonté de Dieu (shar').

La charia n'a jamais été codifiée dans un livre de lois, elle trouve sa source dans certains versets du Coran et des Hadiths fournis par les émules du prophète. Des influences antérieures à l'Islam, sont très visibles. La charia s'inspire largement de la loi du Talion, des modes d'expiation des pêchés dans la culture judéo-chrétienne et du traitement des délits dans la société romaine. Flagellation, lapidation et amputation étaient d'un usage courant avant l'Islam. Elle se comprend comme une opinion partagée par tous les musulmans. L'islam sunnite ne disposant pas d'un clergé structuré, elle n'a probablement pas été écrite sous l'autorité d'un corps particulier.


La charia comme référence de l'islamité moderne

Dans les années soixante les appels à l'application de la charia deviennent la revendication commune principale des différents mouvements islamistes. La charia est proposée comme alternative au système juridique inspiré par les européens. Elle devient un label garantissant du caractère islamique d'une société.

La charia demanderait, pour son introduction complète, des changements très importants dans les lois commerciales et les codes pénaux déjà mis en place. A l'heure actuelle, son application n'est pas intégrale, mais elle est fortement présente dans la vie politique des pays islamiques. La tendance de ces gouvernements est de s'assurer de la conformité, ou plutôt du plus petit écart possible des codes juridiques avec les principes de la charia.

La liste des pays qui s'inspirent plus ou moins fortement de la loi islamique est la suivante : Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis, Qatar, Oman, Yémen, Iran, Pakistan, Afghanistan et Libye.

De plus, la charia a été introduite dans la législation de certains pays au cours du XXe siècle : au Soudan, Égypte (en tant que "source du droit"), Somalie et dans quelques États du nord du Nigeria. Le mariage civil n'existant pas en Israël, les musulmans de ce pays sont soumis au Droit musulman en ce qui concerne le statut personnel. Les derniers bouleversements dans le monde arabe laissent envisager l'allongement prochain de cette liste.


Incompatibilité entre droit musulman et droit européen

La cour européenne des droits de l'homme, en 2003 a rendu un jugement sans appel sur la charia : elle la déclare inconstitutionnelle. Elle souligne que l'aspect immuable de la loi coranique la rend impénétrable aux principes d'évolution d'une société moderne tels que : la participation politique, le pluralisme et les libertés publiques. En outre la place qui est réservée aux femmes est jugée contraire à l'esprit de La déclaration des droits de l'Homme. La cour relève que l'application de la charia est incompatible avec les "principes fondamentaux de la Démocratie".


La déclaration des droits de l'homme et la charia

La déclaration du Caire des droits de l'homme en Islam

La Déclaration des droits de l'homme en islam, adoptée au Caire le 5 août 1990 par l'Organisation de la conférence islamique (devenue Organisation de la Coopération Islamique le 28 juin 2011), est l'expression consensuelle des droits de l'homme selon l'interprétation de l'islam.

Cette adaptation s'est notamment traduite par une forte imprégnation religieuse et certaines modifications de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cinquante-sept états musulmans l'ont ratifiée :
    L'Afghanistan, l'Albanie, l'Algérie, l'Arabie Saoudite, l'Azerbaïdjan, Bahreïn, le Bangladesh, le Bénin, Brunei, le Burkina Faso, le Cameroun, Les Comores, la Côte d'Ivoire, Djibouti, l'Egypte, Les Emirats arabes unis, le Gabon, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, Guyana, l'Indonésie, l'Irak, l'Iran, la Jordanie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, les Maldives, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, Le Mozambique, le Niger, le Nigeria, Oman, l'Ouganda, L'Ouzbékistan, le Pakistan, la Palestine, le Qatar, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Suriname, la Syrie, le Tadjikistan, le Tchad, le Togo, le Turkménistan, la Tunisie, la Turquie et le Yémen.

L'article 1 de la déclaration plante d'emblée le décor : "toutes les créatures humaines sont les sujets d'Allah." Plaçant l'humanité entière sous la férule d'un dieu hypothétique, il rend illicite la liberté de conscience.

Le mot "droit", très explicite, de la chartre originelle est remplacé par celui plus évasif et sujet à diverses interprétations de "dignité humaine". Ainsi les hommes ne naissent-ils plus égaux en droits mais "tous les humains sont égaux en termes de dignité humaine".

Dans la "Déclaration universelle des droits de l'Homme", le mot "Homme" est utilisé au sens général d'humanité et non restrictif du genre. La version islamique, n'accorde pas le même traitement aux deux sexes. L'article 6 est consacré à la Femme. On y décrète qu'elle n'est l'égale de l'homme qu'en dignité humaine, qu'elle jouit de droits spécifiques à son genre et qu'il lui incombe des devoirs tout aussi particuliers.

Différents articles, sur la nature des crimes et délits (art.19), le bon usage de la force dans les conflits armés (art.3), la confiscation des biens (art. 15), la restriction des libertés d'expression (art. 22), déterminent à quel point, la déclaration des droits de l'homme islamique est imprégnée par l'esprit de la charia.


Aspect philosophique et juridique de la charia

La charia propose une évaluation de la peine à appliquer à un délit non pas en fonction du délit lui-même mais du statut social et religieux de la victime.

Le viol des femmes, le vol et le meurtre sont traités de manière particulière et très significative dans le Coran.
  • Le viol
    L'esclavage des femmes offrait un statut légal aux abus sexuels des hommes. La protection, toute relative, de la loi ne profitait qu'à une partie de la population féminine : celle qui était convertie.
    La quatrième et la trente-troisième sourate définissent le cadre de la législation sur le sujet :
      4:24 : "(.Vous sont interdites) les femmes mariées, sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété."

      33:52 : "Il ne t'est plus permis désormais de prendre [d'autres] femmes ni de changer d'épouses, même si leur beauté te plaît; à l'exception des esclaves que tu possèdes. Et Allah observe toute chose."

  • Le vol
    Il est sévèrement réprimandé, lorsqu'il se déroule à l'intérieur de la communauté :
      5:38 : " Au voleur et à la voleuse, vous couperez la main en punition de leur forfait"
    Mais lorsqu'il est perpétré par un musulman sur un non-croyant, il est parfaitement licite. Comme à son habitude, quand elles tournent à son avantage, Mahomet justifie des actions répréhensibles, en les rendant recommandables, grâce au jugement divin. Le vol n'échappe pas à la règle.
    La notion de tribut, absout totalement le vol et place le délit au rang de bienfait pour la communauté :
      33:27 :"Dieu vous a fait ainsi hériter de leur pays, de leurs demeures, de leurs richesses et d'une terre que vos pieds n'avaient jamais foulée. La puissance de Dieu n'a point de limite."

      8:41: "(...)sachez que, de tout butin que vous avez ramassé, le cinquième appartient à Allah, au messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs (en détresse), (.) et Allah est Omnipotent".

  • Le meurtre
    A ses débuts, l'islam s'est propagé en infligeant aux populations récalcitrantes, un traitement particulier. Les tribus locales qui avaient, depuis longtemps, développer leur propre organisation sociale, se sont trouvées dépouillées de leurs propres règles et de leurs droits essentiels. La fiscalité, les droits administratifs et les lois régissant les libertés individuelles rejetaient ces populations au ban de la nouvelle communauté.
    Insatisfait de l'effet limité que recueillaient ses nouvelles lois sur les populations à convertir et lassé par ses exhortations répétées à le rejoindre, le prophète fit appel à un argument plus persuasif : l'élimination physique de ses adversaires.
    L'appel au crime de masse ou individuel est explicite. Il résonne de manière entêtante dans presque chaque sourate et plus de cinquante versets s'en font l'écho. L'extermination est le thème majeur et quasi obsessionnel de la "religion de la paix". Le prophète donne l'exemple lui-même avec les massacres de Médine et l'élimination directe de ses concurrents. Le crime est sanctifié, prenant pour corolaire, la promesse du Paradis.

    L'Islam instaure un climat de guerre permanent et le combat perpétuel qui en découle, entretient le dévouement aveugle du croyant.
    La charia, véritable juridiction d'exception, émanant de cette philosophie guerrière, vient loger dans l'inconscient du musulman, l'idée d'une justice sélective et non pas universelle. Les délits perpétrés sur les non-croyants trouvent une justification quasi religieuse. De facto La charia place le croyant au dessus ou plutôt en dehors des lois séculières.
    Le tabou majeur et intransgressible des autres religions : Le meurtre, est sanctifié par l'islam et ériger sur le pinacle des gloires humaines.
    Le traitement particulier, réservé aux "mécréants" a été une des raisons majeures de la rapide propagation de l'islam, après son implantation à Médine.

    Comme pour garantir l'absolution permanente, dans la 2ème et 3ème sourate, le sceau de la perfection exonère le croyant de toutes fautes et l'idée de l'excellence conforte en chacun un sentiment d'infaillibilité et donc d'impunité.
      2:143: "Et aussi nous avons fait de vous une communauté éloignée des outrances.(sans excès, mesurée)".

      3:110: "Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah (.)".



    Georges Petitjean



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