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Citations par auteurs


Paul Smail

(né en 1970)

écrivain, France


"Appelez-moi Smaïl", tel est l’incipit de "Vivre me tue", premier roman d’un auteur inconnu, jeune beur parisien qui restera caché. Mais dont on sait qu’il est né de parents d’origine marocaine, et est titulaire d’un DEA de littérature comparée.

Il faudra attendre la bombe littéraire "Ali le Magnifique" pour qu’éclate l’identité de cet auteur génial, qui n’est autre que l’écrivain français de souche, mal aimé des critiques : Jack-Alain Léger.

Bibliographie de Paul Smaïl : Vivre me tue (1997), Casa, la casa (1998), La passion selon moi (1999), Ali le Magnifique (2001)

Voir la biographie de Jack-Alain Léger.


"Nous sommes, les uns et les autres, la descendance d'Ibrahim, alias Abraham. Seulement, Sarah, la snob, la juive, ne voulait pas que son fils chéri, Ishak - pardon : Isaac; j'écris comme je prononce, avec le sale accent beur des cités!... Sarah ne voulait pas que son fils Isaac joue avec son demi-frère, Ismai1. De la racaille, le fils d'Agar, la malheureuse Agar, la boniche que Abraham couchait avec parce que Sarah, sa légitime, hein... Et Ismai1, qui prononçait son nom comme ils prononcent dans les cités sensibles du 93, en mangeant le I initial: 'Smaï1, c'était un lascar, un pas comme il faut, le petit 'Smaïl! Pas question de le laisser jouer avec son demi-frère Isaac, qui irait, lui, dans un bon collège, puis un lycée chic! Et après, ce serait l'ENA, ou un Master à Harvard, Isaac, ce chéri! Non, mais! Qu'elle te les a jetés, Sarah, la snob, qu'elle te les a lourdés comme des malpropres, la pauvre Agar et son fils Ismaïl! Chassés au désert! Allez, dehors, la descendance d'Abraham et d'Agar! Vous vivrez sous la tente, dans des conditions précaires, des cités de transit, du provisoire qui dure, à la dure, pas d'eau courante, sans papiers ni papier cul, derrière des barbelés, dans des camps pour Palestiniens!... Putain! j'ai la haine! j'ai la haine! Intifada fissa ! Intifada ! Intifada !"
(Paul Smaïl / Ali le Magnifique, p230 / 2001)

"Un rabzouille peut faire aussi bien qu’un Feuj ! Tiens, pourquoi est-ce qu’on écrit Feuj avec une majuscule et pas rabza, pas rebeu, pas beur, pas bougnoule ? La culpabilité, peut-être ? Une conséquence de la Shoah ?Autrefois, on écrivait les Arabes, A majuscule et les juifs, j minuscule ? Aujourd‘hui : les beurs, b minuscule, mais les Feujs, F majuscule ! Chelou ! La culpabilité ? Auschwitz ? Les six millions de morts ? Mais nous sommes, les uns et les autres, des Sémites, hein, circoncis pareil, halal ou casher, pareil…"
(Paul Smaïl / Ali le Magnifique, p230 / 2001)

"Les chrétiens vous ont persécutés, ces fils de chiens ? Et les nazis, ces païens, vous ont exterminés ? C’est un fait. Un fait abominable, atroce. Mais nous, les Croyants ? […] On pue trop notre race, les enfants d’Abraham et d’Agar ? Salopards ! Snobs ! Les chrétiens sont antisémites, les nazis sont antisémites, mais, nous, nous sommes des Sémites comme vous, non ?"
(Paul Smaïl / Ali le Magnifique, p231 / 2001)

"Je le jure "Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer". Je ne cours pas grande risque : le dieu qui fut crucifié sur une croix de bois -dans mes souvenirs, elle n’était pas en fer-, n’est pas mon Dieu, mais un prophète mineur à qui le prophète n’a accordé qu’une place mineure dans le saint Coran. En revanche, Maryam, la mère de cet Issa, était tenue en très haute estime par le Tout-Puissant. Big shot sur la playing liste, la révérée Maryam ! beaucoup mieux que Madonna, à qui le saint Coran ne dédie pas un seul mot. Maryam, la révérée, a droit, elle, à une sourate entière, et qui porte son nom : la XIX. On y apprend comment elle fut visitée par Djebril l’Archange…"
(Paul Smaïl / Ali le Magnifique, p294 / 2001)

"Et quant à l’Archange Djebril, il est, dans le saint Coran, celui qui annonça à Maryam que, quoique vierge, elle enfanterait d’Issa. Et que Youcef, le chaste époux de Maryam, ne s’en inquiète pas."
(Paul Smaïl / Ali le Magnifique, p295 / 2001)

"Ah putain ! Lâ ‘llah illah Allah ! Il n’est de dieu que Dieu -notre profession de foi. Le début de tout et la fin. On pourrait se le passer et repasser en boucle, presser la touche full repeat, et nous serions sauvés, infiniment sauvés."
(Paul Smaïl / Ali le Magnifique, p305 / 2001)



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