"Vous [les catholiques de France] avez été, pendant plusieurs siècles, la partie la plus visible du christianisme ; ainsi, c'est par vous qu'on a pu juger de tout. Or quel jugement peut-on faire du christianisme, si on se règle sur votre conduite ? Ne doit-on pas croire, que c'est une religion qui aime le sang, et le carnage ; qui veut violenter le corps et l'âme ; qui, pour établir sa tyrannie sur les consciences, et faire des fourbes et des hypocrites, en cas qu'elle n'ait pas l'adresse de persuader ce qu'elle veut, met tout en usage, mensonges, faux serments, dragons, juges iniques, chicaneurs et solliciteurs de méchants procès, faux témoins, bourreaux, inquisitions ; et tout cela, ou en faisant semblant de croire qu'il est permis et légitime, parce qu'il est utile à la propagation de la foi, ou en le croyant effectivement ; qui sont deux dispositions honteuses au nom chrétien ?"
(Pierre Bayle / 1647-1706 / La France toute catholique sous le règne de Louis-Le-Grand, 1685)
"Car le châtiment sans jugement est supportable. Il a un nom d'ailleurs qui garantit notre innocence : le malheur."
(Albert Camus / 1913-1960 / La Chute)
"Une des erreurs de logique les plus ordinaires est celle-ci : quelqu'un est envers nous véridique et sincère, donc il dit la vérité. C'est ainsi que l'enfant croit aux jugements de ses parents, le chrétien aux affirmations du fondateur de l'Église."
(Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Humain, trop humain / 1878-1879)
"La liberté de conscience est fondée sur l'autonomie de jugement grâce à l'école de la République, la seule école vraiment libre, car elle s'ouvre gratuitement à tous les enfants du peuple, et n'a d'autre souci que de libérer les consciences humaines grâce à une culture universelle."
(Henri Pena-Ruiz, philosophe / MAIF infos septembre 2003)
"Que l'école reste ouverte à tous, qu'elle fasse profession d'élever l'esprit à la liberté de jugement, qu'elle n'impose aucun autre message particulier que celui de liberté d'une instruction émancipatrice suppose une application stricte de la laïcité. Ceci n'implique nullement la rupture du dialogue avec les religieux. Je n'ai jamais été anticlérical au sens réactif du terme, mais chacun doit rester à sa place. Si la religion est une démarche spirituelle, je ne vois pas pourquoi elle doit avoir des privilèges temporels."
(Henri Pena-Ruiz / Interview pour le Journal L'Humanité / 11/12/2003)
"Deux frères comparaissent au tribunal divin, le jour du jugement. Le premier dit à Dieu: "Pourquoi m'as-tu fait mourir si jeune ?" et Dieu répond: "Pour te sauver. Si tu avais vécu plus longtemps, tu aurais commis un crime, comme ton frère." Alors le frère demande à son tour: "Pourquoi m'as-tu fait mourir si vieux ?""
(Jean-Paul Sartre / 1905-1980 / L'être et le néant)
"Le jour du jugement dernier, Dieu comparaîtra devant moi.
(Jean Yanne / 1933-2003)