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Thomas Hobbes

(1588 - 1679)

Biographie de Thomas Hobbes :

Philosophe anglais, fils d'un ecclésiastique protestant, il est l'un des premiers penseurs de l'Etat moderne et fondateur de la philosophie civile. Thomas Hobbes débute comme précepteur de la famille Cavendish, comte de Devonshire et s'intéresse beaucoup aux mathématiques et à la physique. Il profite de déplacements de son élève sur le continent pour rencontrer des savants comme Galilée et Mersenne. Il travaille avec le chancelier et philosophe Francis Bacon avec lequel il s'oppose sur le plan des idées. Lors de la révolution anglaise, par prudence, il s'installe à Paris, en 1640, où il fréquente Descartes et Cassendi. Il subit l'influence des libertins et publie "Eléments philosophiques du citoyen".

Thomas Hobbes rentre en Angleterre en 1651 pour ne pas être contraint de se convertir au catholicisme. Cette attitude reflète moins sa fidélité au protestantisme que son anticléricalisme et ses convictions de la supériorité que doit avoir l'Etat sur l'Eglise. Il publie alors Léviathan, manuscrit écrit en France, qui fait la part entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Cette œuvre et les suivantes (Lettres sur la liberté et la nécessité, Du corps, De l'homme) le font accuser par le clergé anglais d'antireligiosité. Il est alors contraint de se réfugier à Chatsworth chez le comte de Devonshire.

Les guerres de religion en France et les guerres civiles en Angleterre l'amènent à développer une philosophie où il considère que seul l'absolutisme de l'Etat, à qui les hommes confient par contrat le soin de les gouverner, peut maintenir le droit et garantir la paix. Il refuse donc le pouvoir de droit divin. En matière de morale, Hobbes pense que l'homme doit agir selon les lois d'un "égoïsme utilitaire" qui découle de l'instinct de conservation (conatus) et de domination. Sa philosophie naturaliste construite à partir de la sensation, est inséparable de la science, notamment celle du corps humain. Pour lui, l'expérience est la seule base de toute connaissance. Sa pensée rationaliste, matérialiste - il nie l'existence de l'âme - et anticléricale inspirera Diderot, Holbach et Voltaire. Il n'est cependant pas allé au bout du matérialisme et concède que l'homme, ne pouvant connaître Dieu par la raison, doit le trouver par la foi.

Quatre ans après sa mort, ses œuvres "Du citoyen" et Léviathan furent condamnées par l'Université d'Oxford et brûlées sur un bûcher.
Bibliographie : Les éléments de la lois naturelle et politique (1640), De la nature humaine (1640), Du citoyen ou les fondement de la politique (1642), Léviathan (1651), De la liberté et de la nécessité (1654), Du corps politique (1655), Béhémoth (1668).
Liens:
      Université du Québec à Chicoutimi – Thomas Hobbes
      Encyclopédie de l’Agora - Thomas Hobbes


Citations de Thomas Hobbes :

"A l’état de nature, l'homme est un loup pour l'homme."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"Le premier arc-en-ciel qui fut aperçu dans le monde était un miracle, parce que c'était le premier, qu'en conséquence l'événement était insolite, et qu'il servait de signe venu de Dieu, placé dans le ciel pour assurer à son peuple qu'il n'y aurait plus de destruction universelle du monde par l'eau."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"[...] pour ce qui est des sorcières, je ne pense pas que leur sorcellerie soit un pouvoir véritable ; mais je pense qu'elles sont châtiées justement, à cause de cette croyance fausse qu'elles ont d'être capables d'accomplir de tels méfaits, croyance jointe au dessein de les accomplir si elles le peuvent ; car leur profession se rapproche davantage d'une nouvelle religion que d'une technique artificieuse ou d'une science."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"La papauté n'est rien d'autre que le fantôme du défunt Empire romain, siégeant couronné sur sa tombe."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"Ces quatre choses sont les germes naturels de la religion : l'idée qu'il y a des esprits, l'ignorance des causes secondes, la vénération de ce qui fait peur, et la prédiction de l'avenir à partir de choses accidentelles."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"Les mots sont les jetons des sages, qui ne s'en servent que pour calculer, mais ils sont la monnaie des sots, qui les estiment en vertu de l'autorité d'un Aristote, d'un Cicéron, d'un saint Thomas, ou de quelque autre docteur, qui, en dehors du fait d'être un homme, n'est pas autrement qualifié."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

" [...] telle est la nature des hommes, que, quelque supériorité qu'ils puissent reconnaître à beaucoup d'autres dans le domaine de l'esprit, de l'éloquence ou des connaissances, néanmoins, ils auront du mal à croire qu'il existe beaucoup de gens aussi sages qu'eux-mêmes. Car ils voient leur propre esprit de tout près et celui des autres de loin. Mais cela prouve l'égalité des hommes sur ce point, plutôt que leur inégalité. Car d'ordinaire, il n'y a pas de meilleur signe d'une distribution égale de quoi que ce soit, que le fait que chacun soit satisfait de sa part."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

" [...] la compétition dans la poursuite des éloges incline à révérer l'antiquité : car on rivalise avec les vivants, non avec les morts ; à ceux-ci, on attribue plus que leur dû, afin de pouvoir mieux obscurcir la gloire de ceux-là."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"Si la peur superstitieuse des esprits était écartée, et avec elle les pratiques divinatoires faites à partir des rêves, les fausses prophéties et beaucoup d'autres choses qui en dépendent, par lesquelles des individus adroits et ambitieux trompent les petites gens, les humains seraient mieux disposés qu'ils ne le sont à l'obéissance civile."
(Thomas Hobbes / 1588-1679 / Léviathan / 1651)

"La religion est la peur des puissances invisibles, peu importe qu'elles soient fictives ou admises universellement par des rapports, mais lorsque les puissances invisibles ne sont pas universellement admises, nous parlons de superstitions."
(Thomas Hobbes / 1588-1679)

"S'il était contraire à l'intérêt des hommes qui détiennent la domination que les 3 angles d'un triangle soient égaux à deux angles d'un carré, cette doctrine serait sinon contestée du moins supprimée par la mise au bûcher de tous les livres de géométrie."
(Thomas Hobbes / 1588-1679)

"Ceux qui approuvent une opinion l'appellent opinion; mais ceux qui la désapprouvent l'appellent hérésie."
(Thomas Hobbes / 1588-1679)



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