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Judaïsme

2005

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le


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Consistoire de Paris : la majorité remise en cause (Cécilia Gabizon)
Le Figaro - 29 novembre 2005 - (1/8 de page)

Des querelles de personnes et les problèmes financiers paralysent depuis des années le consistoire de Paris. Les élections de dimanche dernier, pour renouveler la moitié du conseil d'administration, ont permis à Joël Mergui, président du Conseil des communautés des Hauts-de-Seine, qui avait été battu deux fois par le passé, d'arriver en tête. Ce fils de rabbin, âgé de 47 ans, est "considéré comme un juif plus politique que religieux".
Le président du nouveau conseil d'administration sera désigné en janvier et devra résoudre des problèmes financiers. En effet, "les recettes de la viande casher, qui financent pour moitié les 1 000 fonctionnaires, dont les rabbins, sont menacées". On note ainsi l'apparition de viande casher concurrente, dont certaines moins chères, venant de l'étranger.
Pour le politologue Jean-Yves Camus, "le vieux modèle du consistoire centralisé est en train d'imploser". Les mouvements orthodoxes et les initiatives du grand rabbin Sitruk, qui voudrait instaurer son propre tribunal rabbinique, contribuent aussi à mettre à mal le magistère religieux. "Créé par Napoléon, le consistoire, qui des siècles durant avait incarné le judaïsme français, peine aujourd'hui à conserver l'unité."


La judaïté retrouvée de Belmonte (Luciana Leiderfarb)
Courrier International - 13 au 19 octobre 2005 - (2 pages)

Au coeur du Portugal, le village de Belmonde abrite un quartier "juif" où vivent des descendants de juifs contraints par l’Inquisition, à la fin du XVe siècle, d’adopter la religion catholique. Les rites cultuels se sont alors confinés à l’espace secret et privé du foyer, d’où le nom de "cryptojudaïsme" donné à ces pratiques.
Quelques siècles plus tard, "la croix est un symbole accepté, mais qui n’a aucune signification réelle ou sentimentale", dit l’un d’eux. Même si beaucoup sont baptisés et mariés à l’église, ils "sont de plus en plus nombreux à pratiquer la foi de leurs ancêtres au grand jour".


Ils ont choisi la Terre promise (Alain Chouffan)
Le Nouvel Observateur - 14 au 21 juillet 2005 - (2 pages)

Il y a un an, 200 juifs français embarquaient à Roissy pour s’installer en Israël. Un an après, ces olim hadachim (nouveaux arrivés) se souviennent : "La fièvre régnait à Roissy ce jour-là. Toutes les télés étaient présentes. L’aéroport était noir de monde. On nous a fait passer la douane comme des VIP. Sans être fouillés. Les gens pleuraient, riaient, s’embrassaient. On ne savait plus qui partait ou restait. Quelle émotion !" L’arrivée à l’aéroport Ben-Gourion, de Tel-Aviv, fut aussi "grandiose" que le départ. Le 25 juillet 400 autres Français partiront à nouveau vers la "Terre Promise". La vague d’attentat antisémite a parfois été le déclic qui les conduit à émigrer en Israël. Malgré l’aide du gouvernement aux nouveaux arrivants, il n’est pas toujours facile de trouver du travail, en effet le pays " regorge de surdiplômés". C’est le problème de l’emploi qui explique le faible nombre de juifs français venant s’installer en Israël. Malgré les difficultés économiques et les problèmes de sécurité, aucun des deux cents n’est revenu en France : "Nous misons tout désormais sur la réussite de l’intégration. Car les juifs de France font ce saut par choix et non pas par désespoir, comme ce fut le cas des juifs russes ou éthiopiens" précise David Roche, le directeur général de l’Agence juive en Europe. Il est cependant admis qu’une partie ces Français retourneront dans leur pays d’origine (on parle de 16%). "On n’en est pas encore là. Mais qu’en sera-t-il plus tard, une fois le pouponnage gouvernemental terminé ?".


Les colons messianiques comptent sur un miracle (Patrick Saint-Paul)
Le Figaro - 7 juin 2005 - (1/3 de page)

Sur fond de commémoration de la victoire dans la guerre des Six Jours, en 1967, les colons israéliens ultra orthodoxes et messianiques espèrent un nouveau miracle du même type. Bien qu'ils ne représentent pas plus de 15% du mouvement des colons, ils "se sentent investis d'une mission divine, pour protéger "Eretz Israël", la terre biblique du peuple juif". Selon ces ultra religieux, la victoire de 1967 sur les armées arabes était un signe de Dieu annonçant le "début de la rédemption du peuple juif" après deux mille ans d'exil. Ils craignent que le retrait de Gaza ne conduise à d'autres restitutions territoriales, ce qui mettrait un terme à leur ambition.
Des rabbins du mouvement sioniste religieux annoncent, en effet, un nouveau miracle. "Il n'est pas tiré par les cheveux de croire qu'une intervention divine arrêtera le plan de retrait." Néria Ofan est le symbole de cette lutte "messianique" contre le plan d'évacuation voulu par le Premier ministre Ariel Sharon. Le drapeau jaune de l'attente du Messie flotte sur sa maison, comme sur celles de la plupart des habitations d'Itzhar. Il précise : "Aucune conférence de paix n'a jamais dit ce qui est vraiment important : cette terre est à nous, peut importe qui était là en premier, parce que c'est écrit dans la Torah." Conscients que l'explosion démographique des palestiniens rendra bientôt les juifs minoritaires en Israël, les colons "messianiques" s'accrochent à ces territoires, provoquant ainsi "une rupture avec le courant dominant d'un Israël séculier prêt à rendre Gaza et plus de territoires, à contrecoeur, pour préserver le caractère démocratique de l'Etat hébreu." Certains d'accomplir une mission divine, ces fanatiques, qui ne représentent que 2% de la population, ont exploité l'incapacité d'Israël à prendre des décisions quant à ces territoires et ont installé 250 000 personnes sur les collines de Cisjordanie.


Même le roi Salomon a troqué des territoires (Allouf Ben et Yossi Verter)
Courrier International - 28 avril au 3 mai 2005 (3/4 de page)

Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, fait un parallèle entre l’épisode de la Bible (Livre des rois, chapitre IX) où le roi Salomon donna "vingt villes du pays de Galilée" en échange de bois pour construire le Temple qui porta son nom et la situation actuelle. Ariel Sharon souhaite que le désengagement israélien soit le plus pacifique possible. L’unité nationale qu’il tente de préserver est "nécessaire à l’accomplissement d’autres missions nationales telles que la colonisation de peuplement [juif] en Galilée [à majorité arabe], dans le Néguev et autour de Jérusalem".
Il est conscient de l’hostilité des peuples arabes, qu’ils jugent dangereux. Les paix signées avec l’Egypte et la Jordanie ne sont que des coopérations stratégiques. Les peuples continuent à rejeter Israël. "Les Arabes ne sont pas prêts à reconnaître le droit du peuple juif à disposer d’un Etat indépendant dans un pays qui est le berceau du peuple juif."
La vision d’Ariel Sharon est de considérer "que seuls les juifs ont tous les droits dans ce pays et eux seuls ont le droit d’accorder des droits à quiconque vit dans ce pays." Il ne parle jamais du "moindre droit des Palestiniens au moindre arpents de terre". La création d’un Etat palestinien n’est pour lui que pragmatisme face à la menace démographique. C’est ce qui a conduit au tracé de la clôture de séparation.
Quant aux futures frontières d’Israël, après le désengagement de Gaza, Ariel Sharon ne répond pas explicitement. Les récentes élections en Irak et les relations avec la Jordanie ne changent pas le fond du problème. "Nous devons conserver la vallée du Jourdain et les plateaux qui la surplombent", précise le Premier ministre.


Israël : fin d’un monopole religieux (Jean Claude Allouche)
Libération – 1er avril 2005 - (1/6 de page)

Décision historique de la Haute Cour de justice israélienne : "désormais la validité de la conversion au judaïsme n’est plus l’apanage, en Israël, des seuls orthodoxes". La Haute Court reconnaît les conversions préparées en Israël et confirmées devant des rabbins "réformés" ou "conservateurs". Jusqu’à présent, seuls les tribunaux rabbiniques "orthodoxes" pouvaient les valider.
Il s’agit en fait d’une modification profonde de la mise en oeuvre de la loi du retour de 1948. Cette loi "autorise tout juif à revendiquer la citoyenneté israélienne dès son arrivée dans le pays et à bénéficier d’avantages liés à son immigration". Dans les faits, l’exclusivité des orthodoxes était gênante pour le judaïsme américain où les réformés et les conservateurs sont les plus nombreux. Cette décision a provoqué un tollé chez les religieux : "Une catastrophe, une ceinture explosive contre l’identité juive. Bientôt, on pourra se convertir par SMS..." a déclaré le chef du parti orthodoxe séfarade Shas, Elie Ychaï.


La véritable histoire de Qumran (Patrick Jean-Baptiste)
Sciences et Avenir - janvier 2005 - (9 pages)

Sous-titre : Le "monastère" serait une fabrique de poterie
Les grottes situées près du site archéologique de Qumran, en Israël, ont révélé à partir de 1947 les fameux "manuscrits de la Mer Morte". Ces milliers de parchemins ont conduit depuis cette époque la majorité des scientifiques à considérer ce lieu comme celui du premier des monastères des esséniens. Le site n'ayant plus été fouillé depuis près de quarante ans, deux archéologues israéliens, Yitzhak Magen et Yuval Peleg ont entrepris entre 1994 et 2004, une nouvelle campagne de recherche. "Sciences et Avenir" révèle, en avant-première, le contenu des travaux qu'ils s'apprêtent à publier.
La version actuellement admise fait habiter le site de Qumran par une communauté judaïque, les esséniens, composés d'hommes pieux et rigoristes, vivant retirés, et qui sont "obsédés par la fin des temps, la lutte du Bien et du Mal, la rédemption et les ablutions purificatrices." Dans le Scriptorium, salle consacrée à l'écriture, ils auraient rédigé des textes religieux, "préfigurant l'eschatologie chrétienne telle qu'on la retrouve par exemple dans l'Apocalypse de Jean". En l'an 68, à l'approche des légions romaines, ils auraient caché leurs livres dans les grottes environnantes, dont certaines demeureront inviolées pendant près de deux mille ans.
Or, les conclusions auxquelles arrivent les deux chercheurs israéliens sont très différentes. "[...] le très riche matériel de cette période que nous avons exhumé ne cadre pas avec l'hypothèse d'un monastère ou d'une communauté essénienne" (Yuval Peleg). Pour eux, cette ancienne forteresse militaire aurait été transformée en fabrique de poterie. Cela expliquerait notamment la présence d'une grande quantité de vaisselle et les citernes munies d'un système de décantations du limon argileux. Les manuscrits de la Mer Morte n'auraient donc rien à voir avec ce site archéologique, mais proviendraient de synagogues des villes et villages environnants. Ils auraient été cachés en 68 dans la panique provoquée par l'arrivée des légionnaires romains.
Pour Magen Broshi, historien et archéologue israélien, il s'agit d'une "explication aberrante". "Qumran est situé en plein désert, pourquoi vouloir y installer une fabrique alors qu'il n'y a ni bois ni argile en quantité ? Que l'on est loin de tout, et que l'on risque de perdre une bonne part de la fragile production sur les chemins cahoteux qui mènent aux villes."


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