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Créationnisme

2005

Revue de presse



En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le



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Une victoire pour Darwin (E. Ta.)
L’humanité - 26 décembre 2005 (30 lignes)

Etats-Unis - Après six semaines de procès, le juge fédéral Jones, du tribunal de Harrisburg (Pennsylvanie), a estimé que "l’enseignement du "dessein intelligent" comme alternative à la théorie de l’évolution dans une classe de sciences d’une école publique était "inconstitutionnel"."
Il donne ainsi raison aux professeurs et parents d’élèves de Dover qui s’étaient opposés au bureau d’éducation locale qui "voulait qu’un texte présentant le "dessein intelligent" comme une alternative au darwinisme soit lu avant chaque cours de biologie".
La justice américaine a donc considéré que le "dessein intelligent", avatar du créationnisme, était "une forme déguisée de croyance religieuse et que son enseignement enfreignait la séparation des cultes et de l’État".
Cette décision est donc un revers pour les conservateurs protestants qui considèrent que "les théories darwiniennes ne permettent pas d’expliquer la complexité de la vie sur terre".
Une victoire sur l'obscurantisme.


L'enseignement des thèses créationnistes est "anticonstitutionnel" en Pennsylvanie (avec AFP)
Le Monde - 21 décembre 2005 (1/8 de page)

Etats-Unis - Mardi 20 décembre le juge John Jones du tribunal fédéral de Harrisburg (Pennsylvanie) a jugé que l'enseignement en classe de science du "dessein intelligent" ("intelligent design"), une théorie néocréationniste, était contraire à la constitution des Etats-Unis. "Cette thèse suppose que la nature est si complexe que seul un être supérieur intelligent a pu la créer." Cette décision de justice, qui fait suite à une plainte de parents d'élèves d'une école où cette théorie était enseignée, est considérée comme un revers pour les conservateurs américains partisans de l'"intelligent design", théorie religieuse concurrente à la théorie scientifique darwinienne de l'évolution.
Présentée comme une alternative, mais se gardant de faire référence à la Genèse, l'"intelligent design" est dénoncé par les scientifiques "comme le dernier avatar du créationnisme". George Bush avait apporté son soutien à cette théorie qui séduit les Américains dont "64 % sont favorables à l'enseignement du créationnisme ou du "dessein intelligent", en plus de la théorie de l'évolution".


L'Evolution a-t-elle un sens ? (Philippe Chambon, Pédro Lima, Nicolas Revoy)
Science & Vie - N°1059 - décembre 2005 - (19 pages)

Devant la complexité du vivant, certains chercheurs défendent la théorie selon laquelle la nature cacherait un "dessein intelligent", tandis que la théorie darwinienne de sélection naturelle suffit pour comprendre les mystères de l'évolution des êtres vivants.
>>>   Voir l'ensemble du résumé de l'article : L'Evolution a-t-elle un sens ?


Et Dieu ramena sa science sur Arte (Philippe Grangereau et Bruno Icher)
Libération - 5 novembre 2005 - (1/6 de page)

Le documentaire "Homo sapiens, une nouvelle histoire de l'homme", diffusé le samedi 29 octobre 2005 par Arte, axé sur les travaux d'Anne Dambricourt, chercheuse au CNRS, s’est avéré étayer les thèses "créationnistes". Arte, qui s'est rendu compte tardivement "de la nature tendancieuse de ce film sur les origines de l'homme", n'a pourtant pas jugé bon de le déprogrammer, mais a bricolé un "débat" de dernière minute à la fin du film. "Deux scientifiques s'y sont fait une joie de mettre en lumière l'inanité des thèses défendues." Pour l’un d’eux, Pierre-Henri Gouyon, directeur du laboratoire UPS-CNRS d'écologie, systématique et évolution, "il s'agit en fait d'un film de propagande déguisé".
En effet, la thèse d'Anne Dambricourt, présentée comme une "nouvelle théorie de l'évolution", est une forme de succédané du "créationnisme" qui rencontre beaucoup de succès dans les milieux protestants aux Etats-Unis. "L'évolution est, pour eux, guidée par une main divine, car la sélection naturelle à elle seule serait incapable de générer des organismes aussi complexes."
La chaîne Arte qui se défend d’être "anti-darwinien", "joue profil bas", tandis que Pierre-Henri Gouyon renchérit : "Anne Dambricourt mélange religion et activité scientifique".


En Pennsylvanie, Charles Darwin devant le tribunal (Eric Leser)
Le Monde - 30 octobre 2005 - (1/6 de page)

Depuis début octobre, se tient au tribunal fédéral de Harrisburg, en Pennsylvanie, un procès sur les théories de l'évolution qui risque d’être aussi retentissant que celui de 1925 dans le Tennessee qui "avait finalement abouti à éjecter la religion des cours de science".
A l’origine de ce nouveau procès, il y a la décision du conseil scolaire de la région de Dover, à l'ouest de Philadelphie, d’apprendre dans les cours de biologie le "dessein intelligent" (Intelligent Design), une nouvelle thèse concurrente de la théorie darwinienne de l'évolution. Cette thèse, dénoncée par les scientifiques comme un avatar du créationnisme, a reçu le soutien de George Bush qui s’est montré favorable à ce que les deux "écoles de pensée" soient présentées aux enfants. Des parents d’élèves qui ont saisi le tribunal fédéral demandent que la justice déclare que le "dessein intelligent" n'est pas une théorie scientifique.
Pour Michael Ruse, enseignant à l'université de Floride et auteur du livre "The Evolution Creation Struggle" ("le combat entre l'évolution et la création"), "il n'y a aucun doute sur le fait que les gens qui défendent le "dessein intelligent" sont déterminés et disposent de moyens considérables". Pour eux, tel Michael Behe, professeur de biochimie de l'université de Pennsylvanie qui a expliqué devant le tribunal les contradictions de la théorie de l’évolution, la vie humaine est trop complexe et seul Dieu peut en être la source. "C'est ce qu'un philosophe décrirait comme l'argument de l'ignorance. Parce que nous ne comprenons pas quelque chose, nous assumons que nous ne le comprendrons jamais et, du coup, nous invoquons un créateur surnaturel", a répondu Kenneth Miller, biologiste de la Brown University. Bien que les partisans du "dessein intelligent" évitent soigneusement de reprendre les thèses de la Genèse, "il s'agit d'une simple adaptation du créationnisme pour le rendre légal." précise Alan Leshner, directeur de l'Association américaine pour l'avancement des sciences.
L’opinion publique est favorable à 64% à l’enseignement du créationnisme ou du "dessein intelligent" en plus de la théorie de l'évolution et 38% voudraient que "l'on élimine tout simplement Charles Darwin de l'école pour mettre l'accent sur le rôle de Dieu." (Les Etats-Unis ne sont-ils pas en train de réinventer les cours obligatoires de catéchisme ? C’est tellement plus efficace pour un élevage en gros de moutons d’où aucune brebis ne peut s’égarer)
Pas de décision du tribunal avant le mois de décembre.


Un film soupçonné de néocréationnisme fait débat (Stéphane Foucart et Christiane Galus)
Le Monde - 30 octobre 2005 - (1/6 de page)

Un documentaire intitulé "Homo sapiens, une nouvelle histoire de l'homme", programmé sur ARTE le 29 octobre, a provoqué des remous au sein de la communauté scientifique. Le film présente les travaux d'Anne Dambricourt-Malassé, chercheuse au CNRS, comme une "nouvelle théorie de l'évolution", mais a omis de préciser qu'elle est l’objet d'une violente controverse depuis plusieurs années. La part des paléoanthropologues considèrent en effet que "ses travaux ne suivent pas une démarche scientifique". Ils sont basés sur la "théorie dite du "dessein intelligent" (Intelligent Design, en anglais), qui postule un Univers conçu pour l'homme selon une intention divine".
Pour Jean-Jacques Hublin, directeur du département de l'évolution humaine au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, à Leipzig, ces recherches relèvent d’une "vieille tradition française de défiance vis-à-vis du darwinisme", depuis l'abbé Breuil jusqu'à Teilhard de Chardin. Ce que confirme Pascal Picq, maître de conférences au Collège de France : "Ce courant de pensée est très présent en paléoanthropologie, et il est soutenu par des organisations efficaces dont les importants moyens financiers viennent parfois d'outre-Atlantique".
La thèse de Mme Dambricourt, qui remet en question le principe de Darwin de l'adaptation à l'environnement, considère que le moteur de l’évolution serait due au sphénoïde, un os en forme de papillon situé à la base du crâne. Chaque fois qu’il s’est infléchi, cela a conduit "à l'émergence de nouvelles espèces : singes, grands singes, australopithèques, puis représentants du genre Homo".
Pour Fernando Ramirez-Rozzi, paléoanthropologue au CNRS, "l'idée est très bonne. Car c'est un aspect quelque peu mis de côté par la théorie néodarwinienne de l'évolution", mais il estime que les conclusions de la chercheuse "relèvent du délire". M. Picq rajoute qu’elle "bute sur l'interprétation".
Le professeur d'anthropologie à l'université de Zurich, Christoph Zollikofer déclare pour sa part qu’"on ne peut pas perdre de vue l'adaptation comme force de la sélection" et que "lorsqu'on fait de la science, on ne commence pas par les réponses, mais par les questions".
Certains chercheurs vont plus loin, comme Jean-Jacques Jaeger, professeur de paléontologie des vertébrés à l'université Montpellier-II : "C'est la description d'un phénomène évolutif, formulée par quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de science. Ce qui est présenté n'a aucun sens quand on connaît la complexité des mécanismes de développement, ajoute-t-il. Des travaux de ce genre doivent être validés au plan international par des revues dotées de comités de lecture. Cela n'a jamais été le cas"
André Langaney, qui est directeur du laboratoire d'anthropologie biologique du Musée de l'homme (MNHN) et professeur à l'université de Genève, ajoute que Mme Dambricourt "fait du finalisme pour faire plaisir aux intégristes. Ce qu'elle écrit relève de la falsification".


Darwin, au bûcher ! (Thomas Cantaloube)
Marianne - 15 au 21 octobre 2005 - (3 pages)

Sous-titre : Comment les fêlés du créationnisme tétanisent les scientifiques
Etats-Unis. Les adeptes du créationnisme, pour lesquels l'homme ne descend pas du singe, mais est d'essence divine, veulent que cette théorie soit enseignée à l'école. C'est à cause d'eux si le film du français Luc Jacquet, "La marche de l'empereur", a connu le succès aux Etat-Unis; ils y ont vu "un hymne au monothéisme et la défense de la fidélité conjugale". Un autre film, "Les volcans au fond de la mer", a été retiré d'une douzaine de salles de la "Bible Belt" parce qu'il affirme que la vie serait née au fond des océans.
Les créationnistes font leur retour en force depuis l'élection de George W. Bush. Ils n'ont pas été calmés par la récente décision de la Cour Suprême : "Si les croyants insistent pour enseigner à leurs enfants qu'Adam et Eve sont les premiers humains, il leur est loisible de le faire chez eux. La tâche des enseignants est de présenter les faits scientifiques et d'exposer la théorie de l'évolution." La querelle des créationnistes contre les partisans de l'évolution se déroule maintenant de manière sournoise. Les "devins de la création en sept jours" espèrent l'emporter grâce à la "vox populi". En effet, selon une enquête d'opinion, 55% des Américains pensent que "Dieu a bel et bien créé les bipèdes et qu'au surplus l'adaptation des espèces obéit à un plan divin irréfutable. Pour éviter une attaque frontale avec les scientifiques, les créationnistes évitent de parler de la Bible ou de la Genèse, mais font de la "conception intelligente" (intelligent design), le concept central de leurs "élucubrations". "La notion de "conception intelligente" n'a aucune valeur scientifique", rétorque un microbiologiste de renom.
Rencontrant quelques succès sur le terrain, les "allumés" de la Genèse voudraient faire admettre que leur théorie doit être mise au même niveau qu'une théorie scientifique, "comme si les aperçus de la Bible étaient passibles d'une vérification en laboratoire". Malheureusement les scientifiques se laissent parfois piéger en rentrant dans ce type de débat et ont l'impression de ne pas être assez soutenus par les élites américaines. "Derrière les attaques sur l'héritage de Darwin, se profile le dogme messianique d'une nation gouvernée par deux Testaments." La lutte contre le "satanique Darwin" doit être replacer dans le cadre de l'offensive plus large des fondamentalistes, en particulier contre l'interruption de grossesse.
Pour le physicien Lawrence Krauss, "la communauté scientifique a commis l'erreur de considérer ces gens comme inoffensifs alors qu'ils sont l'incarnation moderne des adversaires de Galilée."


Témoins de Jéhovah et raéliens : Dérives créationnistes
Sciences et Avenir - septembre 2005 (1 page)

Les Témoins de Jéhovah affirment que la Genèse est scientifiquement valable en s'efforçant de montrer que les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur la question de l'évolution. Ils reprennent, en fait, les arguments des créationnistes américains. "Ces arguments ont même été listés et réfutés scientifiquement par John Rennie dans un article du Scientific American de juillet 2002, "15 réponses au non-sens créationniste"." Mais cela n'empêche pas les créationnistes d'avancer que le récit de la Création est cohérent du point de vue scientifique, comme l'ordre d'apparition des plantes, des animaux et des hommes. "Problème : les plantes vertes apparaissent avant la lumière !"

Les raéliens sont également créationnistes. Pour leur gourou Claude Vorilhon, Sa Sainteté Raël, sans doute inspiré par Jean Sendy, auteur ésotérique, "l'homme serait le fruit d'une expérience scientifique menée par des extraterrestres, les Elohims, que ces benêts de rédacteurs de la Bible ont pris pour Dieu." Des preuves ? L'arche de Noé serait un vaisseau spatial et la Tour de Babel, une fusée...


Comment répondre à un créationniste ? (Cornelia Dean)
Courrier International - 29 septembre au 5 octobre 2005 - (3/4 de page)

Voir le résumé de l'article : Comment répondre à un créationniste ?


Darwin desservi par les siens (Peter Dizikes)
Courrier International - 2 au 8 juin 2005 - (2 pages)

Sous-titre : Comment contrer l'offensive créationniste ?

Dans de nombreux Etats des USA, les créationnistes essaient de faire introduire dans les programmes scolaires la théorie de la "conception intelligente" qui selon eux rend davantage compte de la complexité de la vie et ne peut être que l'oeuvre d'un Créateur. La moitié des américains pensent que les hommes ont été créés il y a dix mille ans, tels qu'ils sont aujourd'hui (ou presque). Le philosophe des sciences, Michael Ruse, défenseur acharné de la théorie de l'évolution, auteur de "The Evolution-Creation Struggle" [combat], estime que certains "évolutionnistes" ont une part de responsabilité dans la situation actuelle. Ils ont trop souvent présenté l'évolutionnisme "comme le fondement de philosophies du progrès et du matérialisme, qui se trouvent immanquablement en concurrence avec la religion."

Dès la parution de "l'Origine des Espèces", de grands scientifiques et même des non-scientifiques (T.H. Huxley, Herber Spencer, R.A. Fisher, Julian Huxley, Edwards O. Wilson, Richard Dawkins...) s'en sont servis ou s'en servent pour démontrer le progrès social et prôner un "humanisme évolutionniste". Michael Ruse les accuse "d'avoir exacerbé le conflit entre évolutionnistes et créationnistes en contestant la validité de la foi religieuse". En dépassant le concept scientifique de l'évolution, ils ont créé "l'évolutionnisme" et en ont fait une "religion". Hostile à ce qu'un scientifique tienne des propos antireligieux (comme l'a fait le biologiste Richard Dawkins), Michael Ruse estime que cela "complique sérieusement la tâche de ceux qui cherchent à présenter l'évolution sous un jour acceptable à la portion sensée de l'opinion publique".

La question est de savoir si ces critiques, de l'intérieur, des défenseurs de la théorie de l'évolution serviront ou desserviront cette cause. Pour l'auteur de l'article, il ne faut pas sous-estimer les autres facteurs, sociaux ou institutionnels, qui ont favorisé l'opposition créationniste. Le développement des Eglises évangéliques, conservatrices sur le plan de la théologie, a accentué ce mouvement anti-évolutionnisme. Michael Ruse en est conscient et considère que "de nombreux croyants qui rejettent aujourd'hui la théorie de Darwin ou y sont indifférents peuvent finir par l'accepter, si tant est qu'on leur présente des faits strictement scientifiques et qu'on leur donne moins de raison de penser que l'évolution menace leurs valeurs sociales et spirituelles".


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