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Port de la burqa et du voile intégral

2009

Revue de presse


En quelques lignes, l'essentiel d'une sélection* d'articles de la presse écrite
(*) L'exhaustivité n'est pas recherchée.
Si un article qui vous paraît important a été omis, signalez-le


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En noir : synthèse la plus objective possible des articles ou des points paraissant importants.
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"Interdire le voile intégral au nom de la dignité de la personne" (L.Eq.)
Libération - 9 septembre 2009

"La présidente de Ni putes ni soumises Sihem Habchi et la philosophe Elisabeth Badinter ont toutes deux affirmé leur opposition au voile intégral en France, devant la commission parlementaire qui planche sur le sujet.
Reprise des travaux pour la commission parlementaire sur le voile intégral. Et, ce mercredi, des députés réunis sous la direction d’André Gerin (PCF) s’inquiètent. D'abord des résultats contradictoires sur le nombre de femmes portant le niqab ou la burqa en France: 367, selon une note de la sous-direction de l’information générale, contre 2.000 d’après un rapport confidentiel du ministère de l’Intérieur révélé ce mercredi par Le Figaro. S’il a demandé des précisions à Brice Hortefeux, André Gerin en fait "une affaire de principe, pas de chiffre". [...]
Assise face aux membres de la mission, Sihem Habchi, présidente de Ni Putes Ni Soumises, première à être auditionnée de mercredi, dégaine d’entrée. Contre le voile intégral bien sûr, "symbole le plus violent de l’oppression de la femme", "point culminant d’une vision archaïque qui n’a rien à voir avec ma religion". [...]
Revendiquant le "droit" pour les musulmanes "à la protection de la République", elle appelle les députés à "ne pas avoir peur" et à faire preuve de fermeté: "On peut interdire au nom de la dignité de la personne." [...]
Elisabeth Badinter, elle, a évidemment placé son intervention sur le terrain philosophique. Avec précision, elle tente de démonter les arguments des quelques "revendicatrices" du voile intégral. "Liberté de se vêtir" ? "Le visage n’est pas le corps et dans notre civilisation occidentale, il n’existe pas de vêtement du visage". Et si une poignée de femmes disent assumer leur choix de porter le niqab ou la burqa, les autres, "les soumises, les bâillonnées qui n’ont pas droit à la parole" doivent être protégées, fait-elle encore valoir.
Parlant d’une forme d’"automutilation civile", Elisabeth Badinter y voit aussi la négation de la valeur de fraternité, le voile intégral symbolisant la possibilité de voir le visage de l’autre sans être vue par lui et donc,"le refus d’entrer en contact avec l’autre, le refus de la réciprocité". "

http://www.liberation.fr/societe/0101589842-interdire-le-voile-integral-au-nom-de-la-dignite-de-la-personne


Bernard Debré : "Il faut une loi contre la burqa"
Le Figaro - 17 août 2009

Propos recueillis par Bruno Jeudy.
"Bernard Debré, député UMP de Paris, revient sur le voile intégral, la grippe A et le redécoupage électoral.
Êtes-vous favorable à une loi contre la burqa ?
Il faut une loi. La burqa représente quelque chose d'inacceptable pour la femme. C'est une humiliation à la fois pour la femme et pour les passants qui voient ses filles grillagées. C'est peut-être acceptable dans les pays musulmans qui la prônent, mais certainement pas en France. Quand bien même cela ne toucherait que quelque 300 femmes, il faut légiférer. On le voit bien avec cette dernière affaire du burkini, c'est-à-dire cette femme qui s'est présentée dans une piscine municipale. Il existe des règles d'hygiène et de bienséance dans les piscines publiques qui s'appliquent partout. Et ça, ça ne se discute pas !"
[...]
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/08/14/01002-20090814ARTFIG00635-bernard-debre-il-faut-une-loi-contre-la-burqa-.php


La burqa, les sophistes et la loi (Nathalie Heinich)
Le Monde - 14 août 2009

Nathalie Heinich est sociologue au CNRS.
"D'étranges arguments sont apparus ces derniers temps à propos du débat sur le port de la burqa. Le 1er août, dans Le Monde, un enseignant à l'EHESS, Farhad Khosrokhavar, critique son éventuelle interdiction au nom de l'idée qu'elle risquerait de radicaliser le fondamentalisme islamique, alors que la France devrait "favoriser un islam modéré".
Le 28 juillet, un anthropologue américain spécialiste de l'islam, John Bowen, s'inquiète, sur le site Nonfiction.fr, de ce qu'une telle interdiction, relevant d'un "ordre moral", pourrait constituer "une atteinte à la vie privée des gens, à la liberté dans la sphère privée". Et, la même semaine, l'annonce selon laquelle cette pratique ne concernerait que "367 femmes", selon une enquête de la police, amène certains à estimer que, pour si peu, une loi serait inutile, voire nuisible.
Etranges arguments ! Devrait-on renoncer à légiférer contre le crime parce que celui-ci ne serait le fait que de quelques individus ? La loi n'est pas affaire de nombre, mais de principe. Le problème posé par la burqa relève-t-il de la vie privée ? Evidemment non, puisque ce qui est en question est précisément son port dans l'espace public : personne, que je sache, n'a jamais songé à l'interdire dans les domiciles !
Le raisonnement de M. Bowen s'appuie sur une conception unilatéralement libérale de la citoyenneté, qui ne voit d'autre valeur à défendre que celle de la liberté individuelle, en vertu de laquelle tout un chacun devrait pouvoir faire tout ce qu'il veut, où il veut, comme il veut, à la seule condition qu'il soit bien mû par sa propre liberté, sans contrainte aucune. Ce faisant, il ignore qu'une autre réalité existe : celle qu'il nomme "ordre moral", mais que d'autres ne craignent pas de nommer "intérêt général" ou "bien commun" - une valeur tout aussi fondamentale à leurs yeux que celle de la liberté des personnes."
[...]
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/08/13/la-burqa-les-sophistes-et-la-loi-par-nathalie-heinich_1228252_0.html


A chacun sa burqa (Paul Vincent)
Le Monde - 7 août 2009

"Ayant reçu une excellente éducation catholique, je dus, durant toute ma jeunesse, admirer la vie exemplaire de sainte Thérèse de Lisieux. Pour ceux qui n'ont pas eu ce privilège, il s'agit d'une petite Normande qui, avec l'aide de ses parents, a réussi à ce que l'Eglise la laisse s'enfermer, à 15 ans, dans un couvent - le pape lui avait refusé une dispense pour qu'elle y entrât un an plus tôt - et qui, à force de sacrifices et de mortifications « pour plaire au bon Dieu », a réussi, dès l'âge de 24 ans, à « aller au Ciel ». Je suis d'accord pour déplorer que des jeunes filles s'enferment pour la vie dans une burka, mais que des catholiques participent à cette campagne me fait doucement rigoler. " [...]
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1093561


Moins de 400 femmes porteraient le voile intégral en France (source AFP)
Libération - 29 juillet 2009

"Une note du ministère de l'Intérieur révèle que seules 367 femmes en France seraient voilées intégralement sous une burqa ou un niqab.
Moins de 400 musulmanes - 367 précisément - porteraient en France le voile intégral (niqab ou burqa). L'information provient d'une note de la sous-direction de l’information générale (SDIG) du ministère de l'Intérieur, révélée par "Le Monde" et confimée par le ministère. Le phénomène concernait ainsi, en moyenne, une femme sur 90.000.
Ce nombre, a-t-on précisé à l’AFP, est une "première approche rapide qui sera suivie d’une étude plus approfondie". Le document dans lequel figure ce décompte a été remis au gouvernement au début du mois de juillet, au moment où la mission parlementaire d’information initiée par le député PCF du Rhône André Gerin commençait ses travaux.
Une "photographie", réalisée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), précise ce chiffre. On y évoque un phénomène marginal, concernant des femmes jeunes (moins de 30 ans), vivant le plus souvent en milieu urbain. Des femmes majoritairement volontaires - voire militantes - pour porter le voile intégral."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/0101582553-moins-de-400-femmes-porteraient-le-voile-integral-en-france


"L’islam n’est pas la burqa, il ne faut pas mélanger" (Olivia Cattan)
Libération - 17 juillet 2009

Olivia Cattan, de l’association Paroles de femmes, a été entendue par la mission parlementaire sur le port du voile. Interview réalisée par Leïla-Mathilde Méchaouri.
"Pourquoi avoir souhaité participer à cette mission sur le port du voile intégral ?
Je ne voulais pas que l’islam soit instrumentalisé, notamment en tant que juive. J’ai souhaité équilibrer le débat, montrer que l’islam peut être éclairé.
Pourquoi ne parlerait-on pas du problème de répudiation des femmes au lieu de se pencher sur la question de la burqa ? Parce que la burqa est plus visible. On parle moins facilement des violences invisibles faites aux femmes. La burqa fait peur. Elle me fait peur aussi. Mais l’islam n’est pas la burqa, il ne faut pas mélanger les choses. On est en train de lancer une polémique d’intellos dans laquelle la grande majorité des musulmans de France ne se retrouve pas.
Lors des auditions, la plupart des associations féministes ont dénoncé le port du voile, et non celui du voile intégral. Pourquoi ?
Il y a une forte confusion entre voile et voile intégral. Si une musulmane décide de porter le hijab ou une juive de porter une perruque, cela ne me dérange pas. Par contre, le voile intégral annihile la femme. Elle se crée son propre ghetto, et elle perd son regard sur le monde extérieur. Or, le regard est le miroir de l’âme. La burqa et le foulard sont deux choses très différentes."
[...]
http://www.liberation.fr/societe/0101580240-l-islam-n-est-pas-la-burqa-il-ne-faut-pas-melanger


Le débat sur la burqa nourrit des réactions identitaires au sein de la communauté musulmane (Stéphanie Le Bars)
Le Monde - 17 juillet 2009

"Beaucoup n'en reviennent pas eux-mêmes. Alors qu'il y a quelques semaines ils étaient les premiers à juger "inadapté" le voile intégral arboré par certaines de leurs "soeurs", des musulmans adeptes d'un "islam du juste milieu" se surprennent aujourd'hui à prendre leur défense ou tout au moins à exprimer leur "solidarité" avec ces femmes pourtant assez peu représentatives de l'islam de France.
"Jusqu'à présent, je pouvais dire sans problème aux jeunes filles qui se posaient la question, que cette tenue est inadaptée en France. Aujourd'hui, même si je le pense toujours, je ne peux plus le dire, témoigne Abdallah Dliouah, imam dans la région lyonnaise. Ce serait ressenti comme une trahison dans un contexte où les musulmans se sentent stigmatisés."
Echaudée par les débats qui ont précédé l'adoption de la loi de mars 2004 sur l'interdiction du foulard islamique à l'école, la communauté musulmane ressent comme une attaque contre l'islam en général les discussions engagées depuis l'installation de la mission d'information parlementaire sur le port du voile intégral en France, le 1er juillet. [...]
Une partie des musulmans regrette le fossé qui se creuse sur cette question avec les non musulmans, qu'ils sentent "majoritairement favorables à une loi". Des tensions sont en outre apparues entre des salafistes, partisans du niqab, et certains imams. Mahmoud Doua, imam à Talence en a fait les frais le 5 juillet : après une intervention télévisée dans laquelle il condamnait pourtant le principe d'une loi, il s'est fait molester par des salafistes. Il a porté plainte."
[...]
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/07/16/le-debat-sur-la-burqa-nourrit-
des-reactions-identitaires-au-sein-de-la-communaute-musulmane_1219513_0.html


Petits burnous et grosses burqas (Mathieu Lindon)
Libération - 4 juillet 2009

"La mission parlementaire sur la burqa manifeste les avancées obtenues en un siècle en matière de laïcité publique. Avant, avec Feydeau, c’était : Mais n’te promène donc pas toute nue ; aujourd’hui, c’est : "Mais n’te promène donc pas tout habillée." Bientôt, on dira aux filles : "Si tu ne mets pas une minijupe, interdiction de sortir de la maison." Fi des attentats à l’impudeur.
Naturellement, il est scandaleux d’obliger des femmes à porter la burqa. Mais on nous dit qu’il y a même en France des mariages forcés, va-t-on pour autant interdire le mariage ? Et que faire pour aider les femmes qui sont obligées d’aller dîner chez leur belle-mère ? Par souci de liberté, on pourrait divorcer d’office toutes les femmes qui portent la burqa et même, par principe de précaution, toutes les femmes, burqa ou pas, comme ça, on serait sûr que leurs maris ne les maltraitent pas, puisqu’elles n’en auraient plus. Il paraît que, grâce à ces mesures anti-burqa, le gouvernement plaît à la fois à l’extrême droite et aux associations féministes, groupes naguère plus différenciés. Les burqas seraient pourtant bien utiles pour aller aux manifestations, maintenant qu’on ne sera plus autorisés à y aller en cagoule. Ou est-ce que même les hommes n’auront pas le droit de la porter ? Même pas les jours de carnaval ?
Ça ne suffit plus de faire suer le burnous, il faut aussi faire suer la burqa. On ne peut s’empêcher de voir un soupçon de racisme bien-pensant et anti-arabes dans cette agitation. S’intéresse-t-on au statut des Chinoises en France ? Et les ateliers clandestins dont on nous rebat les oreilles, n’est-ce que du vent ? Les femmes n’ont pas le droit d’être ordonnées prêtres, poursuit-on l’église catholique pour sexisme ? Et y a-t-il discrimination religieuse quand on constate que, sur notre territoire même, aucun musulman n’est rabbin, aucun juif ayatollah et aucun protestant pape ?"
[...]
http://www.liberation.fr/chroniques/0101577840-petits-burnous-et-grosses-burqas


À Vénissieux, terre d'expansion de la burqa (Cécilia Gabizon)
Le Figaro - 1er juillet 2009

"Dans cette ville de la banlieue lyonnaise, le port du voile intégral se développe sur les visages féminins en même temps que s'ancre le rigorisme religieux.
"Vénissieux, c'est le pays de la burqa !", s'esclaffe Mourad, 19 ans, tandis que passe un couple : lui, barbe et petit calot ; elle, toute en noir «ensevelie». Dans les allées du vaste marché de la cité des Minguettes, elles ne sont qu'une poignée, ce jour-là, à porter le voile intégral. Un mot d'ordre est passé pour qu'elles se fassent discrètes. Les religieux essaient d'éteindre le feu. "D'habitude, on en voit une trentaine", raconte Corinne, qui vend des légumes. Au total, dans cette banlieue de 60 000 habitants mitoyenne de Lyon, elles seraient "plus d'une centaine", selon le maire communiste André Gérin. Une des concentrations les plus importantes de France. "La burqa est la pointe de l'iceberg. Dans certains quartiers, toutes les relations entre hommes femmes sont sous surveillance. L'islamisme nous menace réellement", explique l'élu, comme pour justifier le séisme qu'il a provoqué en réclamant une commission d'enquête parlementaire. Un pavé, un testament aussi. Après vingt-cinq ans de règne sur une ville autrefois érigée autour des industries de la région, le maire a décidé de passer la main avant la fin de son mandat. C'était la semaine dernière. Avant de partir, il a voulu alerter la République sur "l'intégrisme qui gangrène sa ville, et bien d'autres régions de France". "
[...]
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/07/01/01016-20090701ARTFIG00037--venissieux-terre-d-expansion-de-la-burqa-.php


Les partisans de la burqa dénoncent la France (Jean-Marc Leclerc)
Le Figaro - 25 juin 2009

"Des sites Internet radicaux aux médias arabes, les réactions se multiplient contre les projets français en la matière.
Le grand ayatollah Fadlallah, le plus influent religieux chiite libanais, n'aura pas attendu vingt-quatre heures pour répliquer aux propos de Nicolas Sarkozy sur la burqa qui ne serait "pas la bien­venue" en France. Appelant Nicolas Sarkozy à "reconsidérer" sa position, le religieux l'a accusé "d'opprimer la femme et de porter atteinte à sa volonté et à sa liberté de choix lorsqu'on lui interdit de choisir ses vêtements". Selon lui, "cette attitude est une forme de violation des libertés". [...]
La presse saoudienne s'est montrée beaucoup plus critique envers la position française. Le journal al-Hayat en appelle au "respect des traditions des gens et de la vie privée". "Quelle serait la réaction des Françaises et des Européennes si elles devaient couvrir leurs visages et cheveux dans les pays islamiques ?", demande l'un de ses éditorialistes. "Certes, mais le port du voile est imposé aux membres féminins des délégations officielles françaises lorsqu'elles se rendent, par exemple, en Iran", réplique spontanément un haut fonctionnaire français rentré il y a peu de Téhéran et d'Ispahan."
[...]
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/06/26/01016-20090626ARTFIG00007-les-partisans-de-la-burqa-denoncent-la-france-.php


Le voile des échecs de la République (Madjid Si Hocine et Mouloud Aounit)
L'Humanité - 24 juin 2009

Madjid Si Hocine et Mouloud Aounit sont membres du collectif l’Égalité d’abord.
"Faut-il légiférer sur l’interdiction de la burqa ?
Que les choses soient claires, nous réprouvons le port de toutes les formes de tenues vestimentaires qui réduisent la femme à un objet de tentation que l’on doit à tout prix masquer. Ces tenues aliènent celles qui les portent, elles sont le reflet d’une forme de pratique religieuse inquiétante, extrême, voire sectaire. Cette pratique ne concerne qu’une portion infime de la communauté musulmane de France (on estime qu’il n’y a pas plus de 50 000 salafistes contre plusieurs millions de musulmans français). Ces dérives aux confins de la pratique religieuse habituelle ne sont pas le propre de l’islam, elles existent dans les autres religions monothéistes et sont tout aussi inquiétantes quand elles deviennent promotrices de directives réductrices de la liberté de l’individu qui s’y soumet volontairement ou non. Cependant, nous restons stupéfaits par cette proposition surgie inopinément. Des députés voudraient qu’on légifère sur le port de la burqa. Bien étrange idée, qui, si elle se voyait appliquer, nous ferait entrer dans une nouvelle ère. Ainsi le législateur s’enticherait de définir quelle tenue serait "républicano-compatible". En parallèle, pourquoi ne lancerait-on pas un recensement de ces femmes ? Puis on pourrait imaginer les forces de police, chargées de faire appliquer la loi, les conduire en garde à vue. Seront-elles aussi chargées de dévêtir les récalcitrantes ? Une nouvelle ère disons-nous, une farce plutôt. Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Que fera-t-on pour les barbes ? Devra-t-on envisager des séances de tonte ?"
[...]
http://www.humanite.fr/2009-06-24_Tribune-libre_Le-voile-des-echecs-de-la-Republique


Sarkozy: "La burqa n'est pas la bienvenue sur le territoire de la République" (Source AFP)
Libération - 22 juin 2009

"La burqa "ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République", a déclaré Nicolas Sarkozy lundi devant le Congrès, assurant que le voile intégral n’était "pas un problème religieux", mais "de liberté et de dignité de la femme".
"Le problème de la burqa n’est pas un problème religieux, c’est un problème de liberté, de dignité de la femme. Ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement, c’est un signe d’abaissement", a-t-il lancé.
"Je veux le dire solennellement, elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République", a poursuivi le chef de l’Etat, alors que le débat sur le voile intégral a été récemment relancé avec la demande de création d’une commission d’enquête parlementaire, et que le gouvernement n’a pas exclu une loi.
"Nous ne devons pas nous tromper de combat, dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions", avait tenu à souligner M. Sarkozy juste avant d’aborder cette question."
[...]
http://www.liberation.fr/politiques/0101575590-sarkozy-la-burqa-n-est-pas-la-bienvenue-sur-le-territoire-de-la-republique


Le port du voile intégral bouscule la tradition laïque française (Stéphanie Le Bars)
Le Monde - 21 juin 2009

"Deux mots – burqa et nikab – ont suffi pour relancer le débat et amener Nicolas Sarkozy sur le sujet lors de son discours, prévu lundi 22 juin, devant le Congrès à Versailles. La burqa et le nikab, ces vêtements longs et sombres qui voilent entièrement le corps et le visage de certaines musulmanes, ont une nouvelle fois fait irruption dans la vie politique après la proposition de 65 députés de droite et de gauche de créer une commission d'enquête sur l'ampleur de ce phénomène en France "au nom de la laïcité".
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a jugé envisageable une loi interdisant la burqa ou le niqab, "s'il s'avérait qu'il est "subi", rejoignant en ce sens l'idée de la création d'une commission d'enquête. En revanche, le ministre de l'immigration, Eric Besson, estime que toute législation en la matière créerait des tensions inutiles." Il faut lutter contre le développement de la burqa, mais il faut le faire par l'éducation, par la pédagogie, par le dialogue", a-t-il souligné. Fadela Amara s'est prononcée à plusieurs reprises pour l'interdiction des différentes formes de voile musulman couvrant le corps et le visage. Enfin, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, a dit qu'elle n'était pas opposée à une loi "à titre de défense de la laïcité et de la dignité de la femme". [...]
"Le législateur sera-t-il à même de vérifier qui porte la burqa de manière Mais, au-delà des possibles atteintes au principe de laïcité induites par ces groupes, la radicalisation d'une frange de musulmans vivant en France, dont le nombre est évalué à quelques milliers, pose des questions à l'islam organisé. Cet islam "du juste milieu" voit rarement d'un bon œil le développement des pratiques salafistes et s'inquiète du dynamisme de ce mouvement en termes de réislamisation des jeunes générations, y compris dans des petites villes de province."

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/06/20/le-port-du-voile-integral-bouscule-la-tradition-laique-francaise_1209174_0.html


Le gouvernement n'exclut pas de légiférer sur le voile intégral (Avec AFP)
L'Express - 20 juin 2009

"Le gouvernement français légiférera-t-il sur le port du niqab ou de la burqa ? Une demande de commission d'enquête parlementaire sur le voile intégral relance le débat sur la laïcité en France, seul pays a avoir légiféré sur le port du voile à l'école.
Le gouvernement français n'a pas exclu vendredi une loi pour interdire le port du niqab ou de la burqa, devant le débat lancé par des parlementaires qui dénoncent ce voile intégral revêtu par certaines femmes musulmanes en France.
Une enquête "doit nous permettre de voir plus clair sur le sujet", de "mesurer l'ampleur du phénomène et puis ensuite de prendre les décisions qui s'imposeront", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. "Pourquoi pas" une loi, a-t-il dit.
Le président français Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il s'exprimerait sur le sujet lundi, lors d'un discours devant le Parlement, destiné à présenter de nouvelles réformes.
Une demande de commission d'enquête parlementaire sur le port de la burqa, signée par une soixantaine de députés a ravivé ces derniers jours la polémique sur la laïcité en France, seul pays européen à avoir légiféré, en 2004, pour interdire le voile islamique à l'école."
[...]
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/le-gouvernement-n-exclut-pas-de-legiferer-sur-le-voile-integral_768889.html


Qui sont les femmes qui portent la burqa en France ? (Cécilia Gabizon)
Le Figaro - 19 juin 2009

"Le gouvernement n'exclut pas de légiférer sur le port de ce voile, dont les adeptes en France sont souvent jeunes et proches du mouvement salafiste qui prône un islam rigoriste.
Si certaines femmes souffrent de ce voile qui les ensevelit de la tête au pied, "la majorité a volontairement adopté cette tenue", tranche Bernard Godard, spécialiste de l'islam (1). "Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on compte pas mal de converties dans leurs rangs", ajoute cet ancien du Bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. "Elles deviennent salafistes comme on entre dans une secte", poursuit-il.
Les salafistes, tenant d'un islam radical, restent minoritaires en France. Ils seraient entre 30 000 et 50 000. Mais ils progressent régulièrement, dopés par leur opposition à l'Occident. Un fondamentalisme qui, comme le tabligh, attire justement des jeunes en mal d'absolu, dont des femmes. Comme dans les sectes, leurs membres passent des heures à peaufiner les règles, à revoir les sourates, mais aussi les milliers de hadiths, ces paroles rapportées du Prophète qu'ils entendent respecter à la lettre. Or ces hadiths sont aussi riches que contradictoires."
[...]


Burqa : "Une manière d’adopter le stigmate par lequel on est discriminé" (Mohamed-Cherif Ferjan)
Libération - 19 juin 2009

Recueilli par Olivier Bertrand.
"Chercheur à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Mohamed-Cherif Ferjani est professeur de civilisation arabo-musulmane à Lyon-II. Après la demande, par le député maire communiste de Vénissieux, André Gerin, d'une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa, il revient pour Libération sur les pratiques vestimentaires revendiquées au nom de l’islam
Burqa, niqab, khimar, hijab : quelles origines pour ces différents vêtements et quels sens religieux ?
La burqa est un habit qui couvre la tête et le corps de la femme avec une grille au niveau des yeux permettant de voir sans être vue. La plupart des sociétés musulmanes ignoraient cet habit jusqu’à sa popularisation, via la médiatisation de la situation au Pakistan ou en Afghanistan. Il n’a aucun sens religieux. Le niqab est un voile couvrant le visage à l’exclusion des yeux; c’est aussi une façon traditionnelle de s’habiller dans les milieux citadins conservateurs de certains pays, dont l’Algérie. Comme toutes les pratiques vestimentaires dites islamiques, pour les femmes comme pour les hommes, il s’agit d’abord de coutumes, tribales ou citadines, qui n’avaient rien de religieuses. En revanche, le khimar, qui est une voilure que l’on rabat sur l’échancrure des vêtements, est mentionné dans le Coran. [...]
Observe-t-on un réel développement du port de la burqa et du niqab en France ?"
[...]
http://www.libelyon.fr/info/2009/06/une-mani%C3%A8re-dadopter-le-stigmate-par-lequel-on-est-discrimin%C3%A9-.html


L'idée d'une interdiction du voile intégral progresse en France (Mohamed-Cherif Ferjan)
L'Humanité - 18 juin 2009

"L’idée d’une interdiction en France des différentes formes de voile musulman couvrant le corps et le visage a été défendue jeudi par un membre du gouvernement, la secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara.
Son intervention va plus loin que l’initiative d’une soixantaine de députés qui demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur ce qu’ils perçoivent comme le développement du port de ce type de vêtement, vu comme une "atteinte aux libertés fondamentales" des femmes.
Le débat relance la question du port du voile en France, pays laïc qui ne reconnaît et ne subventionne aucun culte mais abrite la plus importante communauté de personnes de confession, de culture ou d’origine musulmane en Europe.
"Vous savez ce que je pense du voile, mais alors la burqa c’est encore pire. Ce n’est que l’expression visible et physique des fondamentalistes. Moi, je suis pour l’interdiction", a dit sur France Inter Fadela Amara, ancienne présidente d’une association militant pour l’émancipation des femmes."
[...]
http://www.humanite.fr/L-idee-d-une-interdiction-du-voile-integral-progresse-en-France



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