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Pourquoi je ne dis pas que je suis athée


par Yves Balme  -  26/12/2014




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La définition même de l'athéisme pose problème. Je ne suis sans doute pas le premier à le dire. Se dire "athée" est à la limite incongru.
De la même façon que je ne me définis pas comme a-théière, vous savez, cette hypothétique théière inventée malicieusement par Bertrand Russell, théière qui tournerait autour de la terre et dont personne ne peut prouver - ou infirmer - l'existence, eh bien je ne peux me définir comme niant ce qui n'existe pas.
Bref, se positionner négativement par rapport à une hypothèse nullement prouvée et donc sans valeur à priori paraît absurde.

L'ennui c'est qu'on n'a pas trouvé de terme plus adéquat que le mot "athée" pour se définir comme n'étant nullement concerné par l'hypothèse "dieu" et ses prolongements religieux. Bref, le terme "athée" ne me convient pas personnellement, pas plus que celui d'agnostique du reste. Je préfère me dire rationaliste ou matérialiste...

On m'accusera peut-être de sophisme mais ne sommes-nous pas piégés par un vocabulaire tout imprégné d'une culture religieuse ? Comme l'écrit Bruno Courcelle (voir son site), on devrait écrire : "le dieu des monothéismes" au lieu de Dieu", "la "vierge" Marie" au lieu de "la Vierge Marie", "le vendredi réputé saint" au lieu de "le Vendredi Saint" etc.


Autre sujet de réflexion : je trouve que tout un pan de la philosophie s'est fourvoyé en mettant l'hypothèse "dieu" (et pour certains c'est une hypothèse qui ne se discute même pas !) au cours de toute leur réflexion.
Je pense qu'on a perdu une énergie considérable avec ces chimères posées comme des a priori intangibles.
Je "prêche" (hi-hi !) pour une philosophie débarrassée de ce que je considère comme un égarement, quelque chose qui a obscurci notre vision de notre humaine existence.

En tant que psychologue je pense que c'est bien l'humaine pensée avec ses peurs et ses angoisses qui a déterminé la formation de toutes les superstitions qui en s'élaguant au cours des siècles sont devenues croyances structurées. L'histoire des religions avec en particulier l'évolution de l'animisme vers les monothéismes, leur multiplicité aussi, plaident du reste en leur défaveur. Un super-créateur ne se serait pas permis un tel bricolage. La pensée mystique évolue avec les progrès de la civilisation, c'est bien naturel et c'est bien humain !
L'ignorance et le sentiment d'être dépassé par tout ce que l'on ne comprend pas ont peuplé les cieux et le reste de créatures dotées de tous les attributs que nous n'avons pas ou que nous ne pouvons atteindre... La faiblesse humaine a conduit à fabriquer une sorte d'antidote : des dieux ou un dieu que l'on peut considérer comme des "bouche-trous". Bizarre : les miracles deviennent rares à notre époque. On le sait : quand la science progresse, la religion recule. Merci Galilée, merci Darwin ! Au-demeurant il est assez amusant de voir comment la religion essaie de retourner les arguments en sa faveur. Dans la bible ce qui était vérité intangible devient symbole que chacun aurait dû décrypter . Facile !


Yves Balme



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