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Pourquoi ?

Pourquoi sont-ils encore des millions à croire au Bon Dieu au XXIème siècle ?


par Jean-Pierre Chavaz  -  30/08/2009




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.




Certain(e)s croient qu’en multipliant les écrits sur la religion je manifesterais ainsi mes propres doutes concernant l’existence ou plutôt l’inexistence de Dieu. J’oppose un démenti formel à de telles suppositions. Oui, jusqu’à l’âge de quinze ans, j’étais un catholique fervent et c’est petit à petit qu’à force de réflexions les données de l’enseignement religieux que j’avais reçues se sont avérées à mes yeux contraires à la raison la plus élémentaire. Il m’a cependant fallu beaucoup de temps pour parvenir à comprendre que le christianisme est né d’une imposture perpétrée par les têtes pensantes de l’Eglise catholique au IVème siècle dans le but unique de dominer le monde; ce qui advint pendant un millénaire du moins en Occident ; ceci en faisant d’une part miroiter une félicité éternelle aux bien-pensants et en menaçant d’autre part les mécréants des flammes tout aussi éternelles de l’enfer. Pour ces stratèges, la création du mythe de Jésus-Christ, Fils de Dieu n’était que le faire-valoir de leur projet purement politique.

Ce qui me turlupine, c’est de constater qu’aujourd’hui des centaines de millions d’hommes et de femmes apparemment sains de corps et d’esprit sont encore les victimes consentantes de l’imposture hourdie par des personnages ayant vécu au sortir de l’Antiquité, avant le déclin de l’Empire romain. Ces chrétiens (catholiques, orthodoxes, protestants de tous poils) croient dur comme fer en l’existence d’un Dieu omniscient, infiniment bon et miséricordieux et même omnipotent alors que depuis sa mise en scène, il ne s’est jamais réellement manifesté. Alors qu’il n’existe aucune preuve objective de l’existence d’un Jésus historique, les bons chrétiens ne sont pas dérangés par le fait qu’il n’ait jamais rien écrit- peut-être était-il illettré ???- et que son message, pièce maîtresse du Nouveau Testament, ait été « recueilli » des décennies après sa disparition par des gens qui ne l’avaient jamais côtoyé de son vivant. Ces bons chrétiens ne se rendent pas compte que l’épisode de la Passion, élément paroxystique de leur religion, constitue la preuve flagrante du caractère politique de l’ouvrage. En présentant Ponce Pilate comme un personnage presque sympathique alors que de notoriété publique il avait été un procurateur particulièrement cruel et sanguinaire, les auteurs ont voulu éviter de froisser l’empereur Constantin Ier qui venait de promouvoir l’Eglise au rang de pilier de l’Empire. En revanche, ils ont chargé les Juifs au maximum car à cette époque, le judaïsme était un concurrent très sérieux du christianisme dans la quête de nouveaux adeptes. Affubler les Juifs de l’étiquette de peuple déicide allait freiner sérieusement leurs ardeurs prosélytes. Ces chrétiennes qui s’affichent fièrement avec une croix en pendentif ne sont pas conscientes qu’à l’origine la croix était un instrument de torture diabolique réservé aux criminels qui avaient attenté à la sûreté de l’Empire romain. Que penserait-on aujourd’hui de quelqu’un qui porterait en sautoir une guillotine ou une chaise électrique en miniature ???

C’était effectivement très audacieux de la part de l’Eglise de promouvoir la multiplication des crucifix dans les édifices religieux mais aussi dans des lieux publics et même chez les particuliers. A priori, un dieu qui se laisse épingler sur une croix comme un vulgaire malfrat, cela ne fait pas très sérieux mais quand on explique aux braves gens que le doux Jésus s’est soumis à cette cruelle épreuve – très provisoirement d’ailleurs puisqu’il a été très vite dépendu pour finalement ressusciter le lendemain – pour libérer l’humanité du péché originel – soit dit en passant, une punition absurde infligée par le Créateur à ses toutes premières créatures – alors ça change tout. On démontre ainsi que contrairement à ses prédécesseurs, ce dieu aime les hommes et qu’il s’est invité parmi les humains pour leur offrir les moyens d’accéder au salut éternel. Cette notion de salut était une grande nouveauté de l’époque qui permit à l’Eglise grâce à un réseau de rabatteurs d’attirer à elle une multitude d’âmes en déshérence. Encore fallait-il fidéliser ces nouvelles recrues.

C’est dans ce domaine que l’Eglise se montra d’une efficacité quasi diabolique. Elle fit construire des lieux de culte baptisés maisons du Seigneur un peu partout dans les villes et dans chaque village. Elle créa des rites pour impressionner les fidèles. Inlassablement, on célébrait toujours et encore l’histoire du petit Jésus, né dans une étable d’une femme vierge engrossée par le Saint-Esprit, de cet homme dont on ne sait absolument rien sauf que pendant les deux dernières années de sa vie, il aurait répandu la bonne parole et fait quelques miracles et au terme desquelles il aurait été jugé pour des motifs obscurs, condamné à être crucifié puis finalement exécuté. Une histoire somme toute très banale pour l’époque quoique pimentée de quelques séquences paranormales ; juste de quoi faire les choux gras d’une feuille de boulevard. A l’époque comme ce type de presse n’existait pas encore, personne n’avait relevé la trajectoire de vie de cet hypothétique fils de charpentier mort dans la trentaine.

Pour l’Eglise, il fallait que cette histoire plutôt terne se termine en apothéose avec la Résurrection et l’Ascension de Jésus devenu Jésus-Christ vers son papa Jéhovah, alias Eloïm qui avait dû être très étonné, c’est peu dire, de voir rappliquer ce fiston dont il ignorait l’existence et qui plus est, était accompagné d’un volatile répondant au joli nom de Saint-Esprit. La Trinité était ainsi réunie. Personne n’a jamais bien compris les raisons profondes de cet assemblage abracadabrant mais comme on dit souvent chez les ecclésiastiques : Les voies du Seigneur sont impénétrables ! Histoire de brouiller les pistes.

Pour captiver (rendre captif) les fidèles, l’Eglise leur imposa des corvées à répétitions : messe tous les dimanche avec les vêpres en prime, prière du matin et du soir, participation obligatoire aux cérémonies des fêtes carillonnées, baptême, mariage et obsèques à l’église et j’en passe. Aux éventuels récalcitrants on ne manquait jamais de rappeler qu’hors de la Sainte Eglise catholique et romaine, il n’y avait pas de salut. A ce régime-là, difficile de ne pas croire du fond du cœur au Bon Dieu et à ses saints ! Cette croyance s’est ainsi perpétuée au cours des siècles dans toutes les églises et sectes d’obédience chrétienne en dépit des luttes qui ont marqué les schismes et les sécessions. Ceci à un détail près. Chacune de ces chapelles du christianisme affirme détenir la Vérité, la Seule, la Vraie concernant ce Dieu …..parfaitement hypothétique.



Jean-Pierre Chavaz



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