Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion  >  Vos contributions    > Nous sommes un peuple...


Nous sommes un peuple de sauvages

(Je me suis réveillé un matin, j'avais révé d'en être)

Poème


par Luc Matignon  -  01/03/2015




Les textes publiés dans Vos contributions (rouge foncé) ne représentent que l'opinion de leurs auteurs.



Nous sommes d'un peuple de sauvages et qui n'a pas dieux,
Ainsi parlent de nous ceux des autres rivages,
Ceux qui sous d'autres cieux,
Obéissent à des dieux.

Nous n'avons pas de foi,
Nous savons simplement que les femmes sont douces
Aux caresses.
Nous voyons seulement que le soleil se lève,
Chaque matin à l'est.

Nous n'avons pas de foi,
Nous pensons simplement qu'il y a l'horizon,
Et plus loin.
Plus loin on ne sait pas.


Nous n'avons pas de dieu,
Nous savons simplement qu'il y a des rivages,
Où marcher,
Là où meurent les vagues.
Nous savons simplement qu'il y a des lagons,
Où pêcher.
Et l'océan profond.

Nous savons,
Les nuages qui passent,
Et le vent qui les chasse
Qui amènent la pluie
Quand ils en ont envie.

Nous n'avons pas de dieu,
Nous savons,
Autant qu'on s'en souvienne,
Que les oiseaux s'en vont,
S'élèvent dans les cieux,
Et parfois s'en reviennent.

Nous n'avons pas de dieu,
Mais nous sentons le vent,
Sur la peau.
La peau des femmes est douce,
Et les petits enfants,
Et la mort qui nous prend.


Nous n'avons pas de foi,
Nous pensons simplement que le soleil est chaud,
Sur la peau.

Nous n'avons pas de foi,
Nous savons simplement que les vagues nous bercent,
Et la mer.

Nous n'avons pas de dieu,
Mais connaissons le feu,
Et la terre et la mer et le chant des oiseaux.

Nous n'avons pas de maitre,
Nous voyons chaque soir,
Le soleil disparaitre,
Et quand le ciel est noir,
Les étoiles nous regardent
Et parfois elles nous parlent.

Nous n'avons pas d'autels,
Mais nous avons le ciel,
Et les eaux du lagon,
Et l'océan profond,
Et nous les remercions.

Nous n'avons pas de maitre,
Nous avons nos ancêtres,
Qui nous ont désirés,
Qu'ils en soient remerciés.
Nous avons nos ancêtres,
Et nous voulons transmettre,
Ce qu'ils nous ont donné.


Nous n'avons pas de dieu,
Et pensons que nous sommes,
Perdus dans l'univers et l'infini du temps.

Nous n'avons pas de foi,
Nous savons simplement que le soleil se couche,
Chaque jour.
C'est ce que de mémoire d'homme,
Nous savons.

Nous n'avons pas d'enfer,
Ailleurs que sur la terre,
Ailleurs que dans notre âme,
Ailleurs que dans nos drames.
Et pas de paradis,
Au-delà d'aujourd'hui.
Et pas de paradis,
Ailleurs que dans la vie,

Nous n'avons pas de dieu,
Nous regardons le ciel, la nuit, et ses étoiles,
La lune et ses quartiers qui règlent les marées.


Nous n'avons pas de dieu,
Mais la pluie nous abreuve et fait couler les sources,
Où se lavent les femmes.
La peau des femmes est douce.

Nous n'avons pas de foi,
Nous savons simplement que le soleil se couche,
Chaque jour.
C'est ce que de mémoire d'homme,
Nous savons.

Que le soleil nous chauffe,
Et que le vent nous pousse,
Et que la mer est douce,
Dans les eaux du lagon,
Et qu'il faut bien pêcher,
Pêcher car on a faim,
Et que les enfants pleurent.

Nous n'avons pas de dieu,
Mais nous rendons hommage,
A la beauté des cieux,
A celle des rivages,
Aux eaux de ces lagons
A l'océan profond.
Et nous les remercions,
De leurs dons.

Nous n'avons pas de dieu,
Et pourtant nous prions,
Nous n'avons pas de dieu,
Pourtant nous vénérons,
De la source son eau,
Pour boire et se baigner,
Et guetter ses reflets.

Nous n'avons pas de dieu,
Mais nous nous excusons
Auprès des animaux,
Dont nous prenons la vie
Car il faut bien tuer,
Car il faut bien manger.

Nous n'avons pas de dieu,
Mais pensons que des lieux,
Des choses sont sacrées,
Et que c'est judicieux,
Que de les honorer.

Nous n'avons pas de dieu,
Nous aimons l'univers,
Nous aimons notre terre,
Nous aimons ce qui vit,
Nous aimons notre vie.

Nous n'aimons pas de dieu,
Nous aimons notre terre,
Et nous aimons les mers,
Et nous aimons les pierres,
Et leur poids,
La légèreté de l'air,
Et le son de sa voix.

Pour calmer nos détresses,
Nous avons des caresses,
Et contre la tristesse,
Nous avons la tendresse,
Le soleil qui nous chauffe,
Et le vent qui nous pousse,
Et la peau qui est douce,
Et il faut bien pêcher,
Pêcher car on a faim,
Et que les enfants pleurent.


Luc Matignon



Voir les pages d'accueil sur l'athéisme et la littérature et la posésie



Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion   Vos contributions    Haut de page    Contactcontact   Copyright ©