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Expliquer la mort à un enfant
quand on est athée ?


par Par Foufou de Bassan  -  13/11/2007




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Bonjour aux amis athées (et aussi à ceux qui ne le sont pas)

Nous qui sommes athées, nous avons fait notre deuil d'une vie "après" : pas de paradis et pas d'enfer, seulement le néant. Ce ne fut pas forcément facile mais quand on est enfin parvenu à assumer ce néant cela donne une sorte de sérénité face à un "après" qui n'existe pas (je parle pour mon cas propre).

Mais le problème se pose avec les enfants qui sont confrontés à la mort d'un être cher (un grand-parent par exemple). Il est alors difficile de leur dire "ton grand-père, il n'existe plus, il n'est plus rien" car à 5 ou 10 ans on n'a pas eu cette démarche de l'athée face à la mort que j'évoquais plus haut. Oh combien il est facile alors de leur dire "ton grand-père il est parti pour un long voyage au paradis et tu le retrouveras un jour quand toi aussi tu vas mourir car on va tous mourir un jour".

Je n'ai jamais été confronté à cette situation avec un enfant mais j'ai des amis qui l'ont été. Ils sont athées comme moi et pourtant ils ont dit à leur garçon (7 ans) que son grand-père était parti pour le paradis. On en a discuté ensemble et ces amis m'ont dit : "tu comprends, il était tellement désespéré, il pleurait tellement, que nous n'avons pas pu ne pas lui dire que son grand-père n'était plus rien. On lui expliquera plus tard quand il sera grand". Et puis un jour ce petit garçon m'a parlé de son grand-père et m'a dit "il est au paradis, hein ?". Alors moi, l'athée je lui ai répondu "oui", car c'était la seule réponse que ce garçon attendait de moi. Bien sûr je ne suis pas très fier, je n'ai pas renié mon athéisme mais je ne pouvais pas lui dire "ben non, le paradis ça n'existe pas", cela aurait été une telle violence envers lui et envers son chagrin pour la perte de son grand-père.

Assumer son athéisme et l'absence d'un "après", cela nécessite une démarche philosophique (je dirais même spirituelle) de renoncement qui n'est pas évidente et qui est hors de portée des enfants ou même des personnes hyper-sensibles, c'est pour ça que ceux-ci sont des proies faciles pour les religions "officielles" et pour les sectes. Et si l'homme de Neandertal a commencé à ensevelir et honorer ses morts c'était dans l'espoir d'un "après" car lui aussi se projetait dans le futur de cet "après".

Donc je me demande parfois, avec tristesse, si l'athéisme n'est pas l'apanage d'esprits éclairés et développés (pêché d'orgueil diraient les cathos) mais difficilement à la portée de personnes dont l'esprit fonctionne plus par les émotions que par la raison, ce qui est le cas des jeunes enfants.

Cette expérience douloureuse avec le fils de mes amis m'a fait interroger certains de mes collègues (il n'est pas facile d'engager ce genre de conversation) et ceux qui m'ont répondu m'ont tous dit qu'ils avaient fait miroiter à leurs enfants confrontés à la mort l'existence d'un "après" et de retrouvailles un jour car la confrontation d'un enfant à la mort lui fait penser à sa propre mort, sans doute pour la première fois.

Si parmi ceux qui me lisent il y a des athées, qui ont été confrontés à ce problème d'expliquer la mort à leur enfant, j'aimerais savoir comment ils ont agi, ce qu'ils ont dit et s'ils ont dit qu'il n'y avait rien, pas d'après, alors comment leur enfant a réagi.

Amicalement


Foufou de Bassan





Réactions d'internautes


Bonjour
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre message. Indiscutablement athée, je me suis souvent posée la question que vous soulevez ici. Mes enfants n'ont pas encore été confrontés à la mort d'un proche mais la possible existence d'un dieu les choque déjà. La tâche m'est donc facilitée. J'ai posé la question suivante à ma fille de 9 ans : "Où va le mort après son décès ?" Elle m'a répondu : "Dans sa tombe !"

Quoiqu'il en soit, face au chagrin causé par la perte d'un être cher, je pense que je leur donnerais le fond de ma pensée c'est à dire que le mort ne vit plus sur terre ni ailleurs mais que tant qu'ils ne l'oublieront pas, il sera vivant dans leur coeur. Pas besoin de paradis, de rite religieux ou de je ne sais quel artifice pour atténuer le chagrin. Croire à l'immortalité n'est pas la seule solution.

Dire à un enfant que penser au disparu, se rappeler les bons moments partagés avec lui c'est, d'une certaine manière, le faire vivre encore un peu. Bien sûr, on ne peut plus rire avec lui, se serrer dans ses bras, mais le souvenir de tous ces moments apaise la douleur.
J'espère vous avoir apporté un élément de réponse.
Cordialement
(Mandarine / 005/12/2007 12:53)


Eléments de réflexion à Foufou de Bassan
J'ai lu avec attention votre texte. Je suis athée ou peut-être agnostique convaincu et j'ai (53 ans) été qq fois confronté à ce genre de situation.
Mes parents sont "morts" il y a une dizaine d'année et afin de me motiver moi-même et justement ne pas tomber dans la facilité de nos cultures j'ai trouvé une parade à laquelle je crois.
Nous sommes une partie de la personne disparue et il est heureux de penser que l'on est de ce fait L'AUTRE puisque nous disposons de son héritage génétique.
Et voilà, quand je regarde la mer mes parents voient la mer à travers mes yeux puisque je suis aussi eux.
Il n'y a pas de paradis et la procréation engendre l'évolution bien au-delà du Moi unique qui lui, engendre l'affectif et la peur de ne plus Etre.......
Donc il y a bien des façons de parler aux enfants qui une fois mis au contact de la facilité y trouveront un refuge bien pratique mais persistant.
Pas facile tout ça !!!!!!!!!!
(ARROYO / 17/11/07 - 17:39)


Réponse à Foufou de Bassan.
Comment parler de la mort.
(JMF / 16/11/2007)


Réponse à Foufou de Bassan

Je n'ai jamais été confrontée à ce cas. Mais, lorsque j'avais 9 ans, ma grand-mère et marraine de surcroît est décédée. J'adorais cette femme, elle était ma 2eme maman.
Pour m'apprendre sa mort, mon père m'a juste dit: "marraine est morte" et je suis partie jouer car je ne comprenais pas ce que cela voulait dire exactement. Ce n'est que 10 ans après que je me suis surprise à en pleurer. Jusqu'à ce jour, je n'avais plus jamais été face à la mort et donc n'y pensais jamais. Il y a sûrement dû y avoir une histoire avec un mort ou quoi. Je ne m'en souviens pas vraiment.
Tout ça pour dire qu'étant enfant, on ne m'a jamais parlé du paradis et je n'en ai pas souffert pour autant.
(Martine / 15/11/07 - 16:55)



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